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Clarté
Prolétaires de tous les pays, peuples et nations opprimés. Unissez-vous! Rédacteur
en chef: Robert Luxley
3961, av. Barclay, app. 4 Montréal (Québec) Canada H3S 1K9 Téléphone : (514) 737-4682 - Télécopieur : (514) 737-7817 Courriel : pueblo@sympatico.ca Clarté est publié 8 fois par année par Les « Éditions de SICG » La reproduction des articles et des photos est autorisée( et même encouragée) à condition d’en mentionner la source. Dépôt légal Bibliothèque Nationale, 2004. Imprimé par les travailleuses et travailleurs syndiqués de l’Imprimerie Payette & Simms Les articles non signés expriment le point de vue de l’organisation. Les articles signées sont personnels. Nous
invitons nos lecteurs et lectrices a nous écrire
Collaborateurs et collaboratrices: Pierre Bibeau, Paul Fougères, Fabiola Mella, William Sloan Traducteurs:
Antonio Artuso, Normand Raymond Infographie:
Sylvain Archambault, Antonio Artuso Le PCQ en quelques mots Le Parti communiste du Québec est un parti dédié à la défense des intérêts de la classe ouvrière. Ses membres sont actifs au sein des syndicats, des organisations communautaires et populaires, auprès des jeunes, du mouvement des femmes et des organismes de solidarité internationales. Les rangs du PCQ sont ouverts à tous ceux et celles qui veulent lutter contre l’exploitation et contre toutes les formes d’injustice, en particulier l’oppression du peuple québécois, et pour l’abolition du système capitaliste et son remplacement ultime par le socialisme, puis par le communisme. Pour parvenir à ces objectifs, nous croyons essentiel que la classe ouvrière s’unisse et conquière, en alliance avec les autres couches exploitées de la population,le pouvoir politique. Les membres du PCQ font également partie du Parti communiste du Canada (PCC). Le PCQ possède cependant un statut particulier au sein du PCC. Ce statut découle de la reconnaissance au sein du mouvement communiste du fait national québécois. Depuis sa
fondation,
en 1921, le Parti communiste a accumulé une grande
expérience. Son histoire est intimement liée à de
nombreuses avancées des mouvements ouvrier et populaire. . Joignez-vous à un parti qui met au premier plan les intérêts du peuple, avant les profits des entreprises. . Joignez vous à un parti dont les différentes composantes, d’un bout à l’autre du pays, oeuvrent sans relâche pour contrer le discours néo-libéral, favoriser le développement d’un mouvement de riposte et faire progresser le combat social. Contactez-nous! |
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Cela devient particulièrement évident lorsqu’on compare la situation au Québec, pays impérialiste faisant pourtant partie des pays les plus riches, avec la situation à Cuba, pays considéré comme un pays en développement, ayant des ressources naturelles relativement limitées (si nous comparons avec le Québec), et vivant depuis 1959 le poids d’un embargo commercial imposé pa les États-Unis.
Par exemple, alors qu’au Québec nous disposons d’un peu moins de 2 lits d’hospitalisation pour 1000 habitants, Cuba en a 6,4. En fait, malgré les difficultés économiques engendrées par la disparition de l’URSS au début des années 1990, Cuba n’a fermé aucun hôpital. Ils ont 270 hôpitaux, 440 polycliniques, 258 foyers de maternité et des dizaines d’autres cliniques spécialisées, tous des établissements publics.
Contrairement au Québec, le système des médecins de famille est très développé à Cuba. Les médecins généralistes travaillent dans des consultarios. Au rez-dechaussée se trouve le cabinet médical, au premier étage l'appartement du médecin et au deuxième celui de l'infirmière. Aucun cubain ne vit à plus de 20 minutes d'un consultario.
Le nombre de médecins est impressionnant : Cuba possède 30 000 généralistes et 35 000 spécialistes, c’est-à-dire 65 000 médecins pour 11 millions d’habitants. Cela donne un ratio de près de 6 médecins pour 1000 habitants, soit un médecin pour 170 Cubains. Au Québec il y a 14 500 médecins, divisés presqu’également entre généralistes et spécialistes, pour environ 7,2 millions d’habitants. Cela donne un ratio d’un peu moins de 2 médecins pour 1000 habitants, soit un médecin pour 500 Québécois.
Spontanément,
vous seriez portés à penser que nous manquons
probablement de médecin? Or ce n’est pas le point de vue de la
classe dominante au Canada et au Québec, pour qui 1
médecin pour 500 habitants, c’est beaucoup trop.
Lorsqu’ils ont
institué le système public au Canada au début des
soixante, les spécialistes (Commission Hall) avaient
estimé que le ratio idéal serait d’un
médecin pour 860 habitants. Ils avaient prévu alors que
la population du Canada serait de 35 millions d’habitants au
début des années 90. Ils ont utilisé ces
projections pour planifier à l’époque, l’offre de
médecins et
les besoins de leur formation. Or leurs prévisions ne se sont
pas réalisées puisqu’il n’y avait que 28 millions
d’habitants en 1991. Le nombre de médecins étant alors
beaucoup plus grand que souhaité, l’offre de services devint
plus grande et plus accessible, faisant monter les coûts
considérablement.
Ayant
échoué à contrôler le nombre des
médecins, la classe dominante au pays a alors essayé de
contrôler indirectement la quantité des traitements q ’un
médecin pouvait offrir en lui limitant l’accès aux lits,
aux salles d’opération et aux autres infrastructures publiques.
C’est ce qui explique
la pénurie des ressources (fermeture de lits et
d’hôpitaux) et la gestion des listes d’attente.
Nous du Parti communiste considérons qu’il n’existe pas réellement de difficultés insurmontables pour assurer que tous aient accès très rapidement à tous les services requis au Canada dans un service public. Si un petit pays comme Cuba en est capable pourquoi le Canada et le Québec ne le seraient-ils pas? Et si le seul obstacle est leur système économique basé sur le profit et la propriété privée, c’est que ce système n’est pas bon.
Alors changeons-le!¦
Par Pierre Bibeau
La privatisation des
soins de santé entraîne avec elle, inexorablement, une
hausse vertigineuse des coûts des médicaments. L’industrie
pharmaceutique a connu une expansion et un développement
incroyable. Au point où certains travailleurs au Québec
ont vu doubler leurs primes d’assurances en 10 ans : en 1995, un
préposé aux
bénéficiaires, syndiqué à la CSN, payaient
16,83 $ de prime par deux semaine de travail, aujourd’hui, en 2005, ce
même travailleur paye exactement 35,58 $ de
prime à la SSQ, en plus d’avoir vu sa couverture
d’assurance diminuer légèrement — un nettoyage dentaire
aux
9 mois plutôt qu’aux 6 mois. La cause
du doublement de sa prime ne provient pas uniquement de la hausse du
prix des médicaments, d’autres facteurs comme : la hausse de
l’âge moyen et une hausse des diagnostics de maladies diverses
doivent être prises aussi en considération, mais
selon la SSQ, c’est d’abord le prix des nouvelles molécules qui
vient gonfler la prime.
Le prix des médicaments — les nouveaux surtout — est devenu carrément prohibitif : le Taxol de la compagnie Bristol-Myers-Squibb coûte de 10 000 à 20 000 $ par an de traitement pour un patient; le nouveau Gleevec de la compagnie Novartis — qui remplace l’Interféron — pour combattre la leucémie myéloïde chronique coûte 27 000 $ par an pour traiter un malade. L’exemple le plus extrême de cette escalade des prix est probablement le Cerezyme, un enzyme synthétique fabriqué par la puissante société de biotechnologie Genzyme.
Cette enzyme synthétique s’adressant à une très rare maladie héréditaire du métabolisme, mortelle dans tous les cas, et qui ne touche que 5 000 personnes dans le monde (la maladie de Gaucher).
Donc, la société Genzyme facture de 200 000 à 300 000 $ par an pour un traitement qui doit être maintenu à vie. On pourrait croire qu’étant donné le petit nombre de malades auquel ce médicament s’adresse et les longues recherches qu’il a fallut pour découvrir et commercialiser l’enzyme, il serait normal d’avoir un prix qui reflète cet état de fait.
Pourtant, ce n’est pas Genzyme qui a découvert l’enzyme en question mais bien trois chercheurs indépendants et affiliés à une National Institutes of Health (NIH) financée par les deniers publics américain. Puisqu’il n’est pas possible qu’une NIH soit dépositaire d’une molécule et encore moins la commercialiser, ce sont deux des trois scientifiques chercheurs qui ont fondé la compagnie Genzyme et exploiter leur découvertes.
Ce qui a fait dire à un père d’un des enfants malades que : « Cette technologie a été développée grâce aux interminables heures d’efforts des services de l’État et non celles consenties par Genzyme. Les NIH ont tout fait.
Mais dès l’instant où le gouvernement a transformé la propriété intellectuelle à la compagnie, il a perdu tout contrôle sur le prix ». Le consommateur quant à lui paie deux fois, une fois via ses impôts et l’autre, via le prix coûtant lors de l’achat.
Autre vice du
système pharmaceutique : les «
moi-aussi ». Cette appellation originale provient de la
professeure Marcia Angell qui fût rédactrice en chef de la
prestigieuse revue médicale New
England Journal of Medecine. Ce
terme se réfère aux compagnies pharmaceutiques qui
veulent leur part du gâteau lorsqu’un compétiteur
commercialise un nouveau médicament et engrange le profit. Il est
fréquent de retrouver ce phénomène en grand nombre
parmi les nouvelles molécules dans le secteur précis de
la psychiatrie, mais il présent partout. Le « moi aussi
» est une nouvelle molécule copié
sur un compétiteur. Sa composition est presque identique
à l’original. Il n’y pas, a proprement parlé, alors de
singularité innovante et révolutionnaire à ce
produit puisqu’il n’est finalement ni mieux, ni pire que l’original
—sauf exception— il est simplement légèrement
différent.
Le Prozac,
fabriqué par Eli Lilly,
fut le premier d’un nouveau type
d’antidépresseur appelé inhibiteur sélectif du
recaptage de la sérotonine (ISRS), développé
principalement à partir de
recherche fondamentales dont la compagnie a grassement
profité. La FDA américaine a homologué la
molécule en 1987 pour le traitement de la dépression, en
1994, pour celui des troubles obsessionnels compulsifs, en 1996, pour
la boulimie et en 1999 pour les dépressions gériatriques.
Le Prozac a presque
immédiatement remplacé les anti-dépresseurs
antérieurs à cause d’effets secondaires moins
sévères. Il a mis peu de temps a représenté
jusqu’au quart des revenus d’Eli
Lilly, avec des ventes annuelles
totalisant 2,6 milliards de dollars. Devant l’importance du
marché et son potentiel d’expansion d’autres compagnies se sont
aussitôt jetées sur les ISRS à coup de «
moiaussi » et d’abord Glaxo-Smith-Kline
avec son Paxil, en 1997, le Zoloft
de Pfizer en 1999, l’Effexor
qui est une variante, le Serzone
— qui vient
d’être retirer au Canada pour effets secondaires nocifs — et le
Luvox en sont d’autres.
Aujourd’hui chaque multinationale du
médicaments à son « moi aussi », le Celexa,
de la compagnie Forest Laboratories
qui est lui-même un «
moi aussi » du Prozac,
a son propre « moi aussi »,
soit le Lexapro.
L’avantage avec le « moi aussi » est multiple pour la firme pharmaceutique : il demande peu de recherche et développement (R&D); il est généralement plus sécuritaire et il peut être commercialisé rapidement, bref il génère des profits. Le seul hic dans cette belle histoire vient du fait que pour les malades qui souffrent de dépressions, ils ont un choix astronomiques de produits mais ceux-ci sont, à toutes fins utiles, identiques, point de vue efficacité.
Les « moi aussi » draine donc des cerveaux vers des copies plutôt que vers de la R&D( recherche et développement) de nouveaux médicaments innovants.
Avec des moyens extrêmement réduits, Cuba, arrive à concurrencer les grandes multinationales sur le plan de l’innovation et la recherches de produits pharmaceutiques vraiment nouveaux.
Comme pour le traitement d’infections aux yeux et de certains cancers. Pourtant, Cuba à une partie infinitésimale des budgets dont disposent les grandes compagnies.
Pour freiner l’appétit gargantuesque des financiers du commerce de la pilule, le Brésil d’avant Lula a mis sur pied sa propre compagnie pharmaceutique.
Les résultats
furent probants sur le prix des médicaments, il chuta et permis
à l’état
brésilien de faire des économies substantielles.
Ici, au Canada, et en particulier au Québec, plus que le vieillissement de la population, la principale hausse des frais de santé se situe au niveau de l’explosion de frais reliés aux nouveaux médicaments.
Nous ne pourrons faire face très longtemps à ce phénomène. Lorsque nous parlons de privatisation de service de santé, ayons à l’esprit ce que nous coûte le fait d’avoir un monopole de la part de l’industrie privé de médicaments. En ces temps de grippe aviaire et de SIDA, rappelons-nous également le peu de rendement de cette industrie qui n’est même pas capable aujourd’hui de guérir un rhume ou la grippe — seuls les symptômes sont atténués avec la panoplie de pilules sur les tablettes.
Ici, un chapitre devrait être exclusivement attribué au fait que des millions de gens du tiers-monde meurent chaque année de maladies facilement traitables : c’est inconcevable, ni acceptable et criminel.
Vivement une
couverture d’assurancemédicament étatisée pour
tous les citoyens ! La fin des brevets de
20 ans avant la commercialisation par les compagnies productrices de
médicaments génériques ! La fin également
des subventions et
crédits d’impôt accordés pour la R&D aux
compagnies qui se servent de ces subventions pour faire du marketing !
L’obligation de fournir les médicaments requis aux pays en voie
de développement qui ne peuvent se l’offrir ! Bref, un coup de
balai
s’impose, il s’agit de vie humaine après tout.
Clarté reproduit ici in extenso un texte publié récemment par la Coalition Solidarité- Santé dans lequel elle exprime son point de vue sur la portée réelle et les conséquences du jugement Chaoulli. La Coalition Solidarité-Santé regroupe des organismes populaires et communautaires ainsi que la majorité des organisations syndicales qui sont impliqués dans la Santé et les services sociaux et est la principale organisation de lutte pour la sauvegarde de notre système de santé au Québec.
La Cour suprême rendait public, en juin 2005, l’arrêt Chaoulli, qui pourrait entraîner des conséquences majeures sur notre système public de santé. Les appelants, Georges Zeliotis et le médecin Jacques Chaoulli, ont argumenté qu’advenant le cas de longues listes d’attente dans le système public, les Québécois et les Québécoises devraient pouvoir contracter des assurances privées pour des services médicaux et hospitaliers couverts par l’assurance maladie. Selon eux, l’interdiction d’y avoir recours est une violation du droit à la vie et à la sécurité, droit protégé par les chartes des droits et libertés québécoise et canadienne.
Le jugement fut
serré : quatre des sept juges ont donné raison aux
appelants en ce qui concerne la violation de la Charte
québécoise. Ainsi, la Cour invalide les articles de la
Loi sur l’assurance maladie du
Québec et de la Loi
sur
l’assurance
hospitalisation qui
interdisent de souscrire à une assurance
privée. Les 3 juges dissidents ont présenté de
longs motifs expliquant avec précision leur désaccord.
À la suite
d’une demande de sursis du gouvernement
québécois, l’application de
l’arrêt est suspendue jusqu’au 9 juin 2006, le gouvernement a mis
en place un comité
interministériel chargé d’étudier
différentes avenues possibles. Un rapport d’orientation est
attendu pour le début de l’année 2006, qui sera suivi
d’une commission parlementaire. Par la suite, le gouvernement entend
déposer un projet de loi au printemps 2006. Nul doute que ce
sera un moment important qui permettra de réitérer notre
refus d’un système de santé et de services sociaux
à deux vitesses au Québec.
Qui est le bon docteur Chaoulli ?
Depuis des
années, le docteur Chaoulli, chercheur associé à
l’ultraconservateur
Institut économique de Montréal, fait la promotion d’une
privatisation des soins de santé. À la suite de la
publication du jugement, le docteur Chaoulli a effectué une
tournée des instituts conservateurs des États-Unis,
où il a été accueilli comme une « superstar
du mouvement de privatisation de la santé ». Au cours de
sa tournée américaine, selon le Globe and Mail, il a
notamment déclaré : « Je voudrais faire
équipe avec des entrepreneurs américains pour revenir au
Canada et créer un système parallèle privé
de
santé. J’aimerais montrer aux
Canadiens ce que peut être un système de santé de
qualité
et à bon marché ».
Ce que dit le jugement
Afin de bien
comprendre les enjeux, il est important de rappeler qu’au
Québec, il
existe deux catégories de médecins, les participants
rémunérés par la RAMQ et
les non-participants œuvrant à l’extérieur du secteur
public. Les médecins québécois
peuvent choisir d’œuvrer dans le secteur privé, mais la loi les
empêche de travailler à la fois dans le privé et
dans le public.
Depuis la publication
de l’arrêt Chaoulli, le gouvernement Charest et bon nombre de
partisans de la privatisation des soins de santé extrapolent la
portée et la teneur de ce jugement. Certains voudraient faire
croire que l’arrêt Chaoulli permet le recours à des
assurances privées pour des services de médecins
participants qui pratiquent au sein du régime public. Pourtant,
comme le demandaient les appelants, la Cour ouvre un recours aux
assurances privées pour des services fournis par des
médecins travaillant entièrement dans le privé. En
fait, la Cour avance même que ces catégories de
médecins constituent, un rempart suffisant à la
levée de l’interdiction
des assurances privées pour les médecins
non-participants, vouloir aller plus
loin, détournerait les choses.
En pratique, le
jugement stipule donc que les médecins travaillant dans le
secteur
privé, soit environ 80 des 15 000 médecins qui pratiquent
au Québec, et uniquement
eux, devraient pouvoir recevoir des paiements d’une compagnie
d’assurance, en plus des paiements directs des patients.
Nulle part dans le jugement, on ne retrouve de directives pour le développement d’un système de santé à deux vitesses. De même, le jugement n’affirme pas que l’interdiction de recourir à des assurances privées constitue, en soi, une violation des droits et libertés de la personne. Elle ne le devient que lorsque le système de santé produit des listes d’attente « déraisonnables » pour avoir accès à des soins. La Cour ne précise toutefois pas ce qui, en pratique, est considéré comme étant déraisonnable.
Bien que dans son affidavit transmis à la Cour suprême en soutien à sa demande de sursis, le gouvernement québécois précise qu’il entend proposer « des mesures permettant de préserver l’intégrité du système public québécois », on apprenait récemment que le gouvernement québécois aurait déjà fait le choix de se conformer à la décision de la Cour suprême en autorisant la création d’un réseau parallèle de soins de santé, et en permettant aux assureurs privés d’offrir une couverture de services présentement couverts par la Régie de l’assurance maladie du Québec.
Le gouvernement envisagerait même de mettre fin à l’interdiction faite aux médecins rémunérés par la RAMQ d’œuvrer aussi dans le secteur privé. Il appert que le gouvernement s’inspirerait du modèle français. Les comparaisons répétées avec la France sont néanmoins boiteuses, puisque plusieurs modalités de leur système de santé public sont différentes de celles du Québec.
Les promoteurs de la privatisation du système de santé font souvent miroiter que le «privé viendrait en appui au public ». Mais cela est-il vrai ?
Avec sa Loi 11, le
gouvernement de l’Alberta a récemment permis l’introduction
graduelle du système privé, soi-disant en renfort au
public. Quelques années plus
tard, les faits parlent d’eux-mêmes :
· Les «hôpitaux» privés se sont installés uniquement en zone urbaine, où une masse critique de clients était déjà installée.
· Les listes d’attente les plus longues du système public se retrouvent dans les régions où les hôpitaux privés se sont installés.
· Les hôpitaux privés ont offert les chirurgies très rentables pour eux, les chirurgies d’un jour, et laissé au secteur public, les chirurgies dispendieuses.
· Le personnel médical est invité à déserter le public pour œuvrer dans le secteur privé et ce, même s’il y a pénurie de personnel dans les établissements publics.
· Les hôpitaux privés n’ont pas aidé le secteur public, ils l’ont plutôt cannibalisé.
Selon l’Organisation
mondiale de la santé : «L'assujettissement au
marché pour le
financement de la santé entraîne des
inégalités intolérables dans l'exercice d'un
droit fondamental de tout être humain et, en outre, les
recherches et l'expérience
montrent de plus en plus que le marché de la santé est
inefficace» (OMS, 1999).
Aux États-Unis,
le système de santé à deux vitesses a de quoi nous
convaincre du bien-fondé de cet énoncé. En effet,
tout en étant le système le plus inéquitable des
pays riches, il est aussi le plus dispendieux au monde. Face aux
discours idéologiques, on ne peut qu’opposer
des faits : les systèmes publics sont les systèmes les
plus efficaces
au plan médical, les plus équitables au plan social et
les plus
efficients au plan économique. Pourquoi accepterions-nous de
nous en
priver ?
La proposition de
faire une plus grande place aux assurances pour la
couverture des soins est contraire à la logique. Plus une
personne est pauvre, plus elle risque d’être confrontée
à des maladies ou à des incapacités temporaires et
/ou permanentes et moins elle aura les moyens de payer la prime
exorbitante que lui réclamera la
compagnie d’assurance qui la jugera très à risque. Les
compagnies seront peu enclines à assurer des personnes
âgées, celles qui ont des limitations fonctionnelles,
celles qui ont des maladies chroniques, celles qui ont eu des maladies
cardiaques
ou celles qui vivent avec des problèmes de santé mentale.
Le Québec n’a pas le choix de répondre… mais il a le choix de la réponse !
Le jugement de la Cour
suprême n’impose pas au gouvernement du Québec de
créer un système de santé à deux vitesses
ou même d’accentuer la privatisation de
notre système de santé et des services sociaux. Il
identifie le problème des listes
d’attente comme pouvant constituer une atteinte à la vie et
à la santé des personnes.
Le jugement précise en effet que si les services de santé
sont raisonnables tant
sur le plan de la qualité que sur celui de l’accès en
temps opportun, l’interdiction
de recourir à des assurances privés n’aurait pas
été levée (Par.158).
Le Québec a le pouvoir de répondre à la Cour en proposant des mesures qui permettraient de réduire les listes d’attente faisant en sorte de renforcer l’accessibilité en toute égalité aux services universels et publics. À cette fin, la Coalition formule une série de mesures visant à :
1. Renforcer l’accessibilité en toute égalité aux services universels et publics
· Assurer au réseau de la santé et des services sociaux un niveau de financement qui permet l’ajout de ressources humaines et matérielles.
· Intégrer à la loi québécoise, les cinq grands principes de la Loi canadienne sur la santé : l’universalité, le caractère public, la transférabilité, l’accessibilité, l’intégralité et la gratuité (sans contribution directe des usagers et usagères).
· Assurer
la couverture publique de tous les services médicalement et
socialement requis, dont ceux qui sont le plus fortement
privatisés actuellement, les services diagnostics.
2. Réduire les listes d’attente · Assurer l’analyse et la gestion publique des listes d’attente.
· Coordonner les soins pour corriger les écarts entre la capacité et la demande, utiliser le plein potentiel des professionnels de la santé et favoriser la collaboration multidisciplinaire.
· Optimiser l’usage des équipements du réseau (concentrer le même type d’opérations dans les mêmes établissements).
· Revoir l’allocation budgétaire dans le réseau de la santé afin de mieux répondre aux besoins de la population.
· Adopter une stratégie québécoise qui vise à garantir l’accès en temps opportun aux soins appropriés.
·
Modifier la Loi sur les services de santé et de services sociaux
afin d’inclure le droit d’accès aux services appropriés
en temps opportun et en cas de refus d’accès, prévoir un
recours.
· Confier au futur Commissaire à la santé et au bien-être le mandat de fournir des avis quant aux objectifs de réduction des listes d’attente et d’ouvrir le débat public sur cette question.
3. Contrer la
présence et l’expansion d’un système privé
parallèle
· Maintenir la catégorie des médecins non participants de sorte qu’un médecin ne peut à la fois pratiquer dans le secteur privé et le secteur public.
· Interdire aux médecins nonparticipants de réclamer des honoraires supérieurs à ceux des médecin participants.
· Réserver exclusivement à l’usage du secteur public l’équipement des établissements publics.
Et maintenant, que faire ?
La création et
le développement de notre système public de santé
et de services sociaux sont le fruit de luttes de milliers de personnes
et d’organisations. De par l’interprétation de l’arrêt
Chaoulli que semble faire le gouvernement Charest, notre système
de santé public est à la croisée des chemins.
Utilisé comme
un cheval de Troie, l’arrêt Chaoulli semble être le
prétexte parfait qu’attendait le gouvernement pour poursuivre
ses projets de privatisation.
Face à ces menaces, il est plus qu’urgent que tous les citoyens et organisations du Québec, ayant à cœur la sauvegarde de notre système de santé public, s’unissent pour clamer, haut et fort, leur refus d’un système de santé à deux vitesses. La Coalition Solidarité Santé invitent donc tous les citoyens et organisations à :
· Écrire au premier ministre Jean Charest et au ministre de la santé et des services sociaux Philippe Couillard.
· Écrire, rencontrer, téléphoner à son député de l’Assemblée nationale.
· Participer à la commission parlementaire.
· Utiliser les médias : lignes ouvertes, lettres des lecteurs, etc..
·
S’impliquer au sein de coalitions et de groupes d’action sociale
travaillant dans le domaine de la
santé.
· Diffuser l’information.
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LA SANTE A DEUX VITE$$ES NON MERCI! Méfions-nous
des remèdes miracles du gouvernement Charest
Certes, le jugement Chaoulli est inquiétant! Toutefois…
Le gouvernement Charest utilise de façon opportuniste le jugement Chaoulli pour tenter d’étendre la privatisation… Le gouvernement peut adopter une approche qui évitera une privatisation généralisée du système de santé et réduira les délais d’attente. Le
gouvernement peut
préserver l’universalité,
l’accessibilité, la gratuité, l’intégralité
et le caractère public de notre
système de santé et de services sociaux. C’est une question de
volonté politique !
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Venez
dire en
grand
nombre à Monsieur Charest NON à la privatisation des services de santé! Non
à un
système à deux vite$$es !
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Le 23 janvier 2006,
les Canadiennes et les Canadiens sont appelés aux urnes pour
élire un nouveau gouvernement fédéral. Peu de gens
manifestent un grand enthousiasme en regard de cette élection.
Non seulement arrive-t-elle en hiver, peu après les Fêtes
de Noël et du Jour de l’An, mais on voit mal en quoi elle pourrait
améliorer le sort de la population canadienne.
Les gens ont des
préoccupations pourtant. Un récent sondage montrait pour
une Nième fois que le système de santé
était de très loin la principale préoccupation de
la population, bien loin avant le scandale des commandites par exemple.
La manifestation monstre de plus de 40 000 à Montréal le
3 décembre à l’occasion de la
conférence internationale sur le climat illustre la grande
préoccupation des gens pour l’environnement. Mais que peut-on
espérer des principaux partis en lice à ce propos? De
plus en plus de gens se rendent bien compte que ces partis susceptibles
de former le prochain gouvernement sont bien plus une partie des
problèmes que des solutions.
Le Parti communiste du Canada quant à lui va présenter des candidats dans une majorité de provinces pour promouvoir une plateforme qui défend réellement les intérêts de la classe ouvrière et du peuple. En voici quelques éléments importants :
· Mettre fin à la participation canadienne à la machine de guerre des Etats-Unis, retirer les militaires canadiens d’Afghanistan et d’Haiti, retirer le Canada de l’OTAN.
·
Nationalisation de l’industrie énergétique,
pétrole gaz etc.
· Abolition du traité de libreéchange et défense de la souveraineté canadienne.
· Reconnaissance des droits nationaux du Québec et des nations autochtones, dans le cadre d’une nouvelle constitution assurant un partenariat volontaire et égalitaire des nations au Canada.
· Fin de
des attaques racistes contre les libertés civiles et les droits
démocratiques sous prétextes de lutte au terrorisme.
La reconnaissance des droits de tous les travailleurs et les travailleuses de s’organiser, se syndiquer, de négocier leurs convention collective et de faire la grève.
Au Québec, le Parti communiste présentera deux candidats dans la région de Montréal. Ils profiteront de l’élection pour faire campagne principalement sur le thème de la défense du système public de santé, qui est actuellement très menacé suite à l’arrêt-Chaoulli de la Cour Suprême.
Le gouvernement du
Québec qui veut profiter de l’occasion pour ouvrir les portes
aux compagnies privées d’assurances, vient d’annoncer qu’il va
retarder le dépôt de son projet de loi pour ne pas
interférer dans les élections fédérales
avec la question de la santé.
Nous croyons quant à nous qu’au contraire, les élections fédérales sont une occasion excellente de faire le débat, et c’est pour cette raison que nous lançons l’opération Béthune durant cette période.
Voter pour les
candidats communistes est l’expression la plus claire en faveur d’une
société réellement meilleure, nous dirigeant vers
un Canada socialiste ou nous mettrons fin pour toujours à
l’exploitation, à l’iniquité et à l’oppression.
Si vous voulez vous impliquer dans cette campagne, contactez le PCC à info@cpc-pcc.ca ou visitez le site web http://www.communist-party.ca.