Clarté

Prolétaires de tous les pays, peuples et nations opprimés, unissez-vous!
Mai 2006 - Vol. 2, no 6

Sommaire (partiel)

1. Le Parti communiste du Canada demande votre aide pour choisir son nouvel emblème
2. Immigration: Gare aux conservateurs!
3. Le Directeur Général des Élections accorde notre nom, Le Parti Communiste du Québec, à un groupe renégat
-Tant Pis! Le vrai PCQ, c'est nous quand même - Éditorial

4. Frappons les points faibles des conservateurs - Éditorial
5. «Regardez-nous aller» - Françoise David
6. À propos de la chasse au phoque
7. «Intensifions notre lutte contre les conservateurs»
Un appel du Parti communiste

8. Le financement des services publics et les communistes
9. Normand Béthune, communiste canadien
Promoteur du système de santé public
10. «Une ouverture au privé plus grande que ne le prétend le gouvernement»
11. France - La rue vire le CPE
12. France - Plus de 2 millions de manifestants contre le CPE !
13. France: jeunes et travailleurs ensemble pour de vrais boulots
14. Européens contre Union européenne
15. Grève générale pour la démocratie au Népal
Interview de Sunil Manandahar, dirigeant syndical népalais
16. Canada, Haiti et la lutte pour la justice
17. Vingt ans après
les enfants de Tchernobyl se soignent aussi à Cuba
18. Milosevic assassiné par le soi-disant
" Tribunal pénal international "

19. Bush :  une nouvelle stratégie de sécurité
qui annonce de nouvelles agressions
20. Nouvelles armes nucléaires
21. Uruguay - Le «Frente Amplio» et Les Disparus/ues
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Rédacteur en chef: Robert Luxley

3961, av. Barclay, app. 4
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Courriel : pueblo@sympatico.ca

Clarté est publié 8 fois par année par
Les « Éditions de SICG »

La reproduction des articles et des photos est autorisée( et même encouragée) à condition d’en mentionner la source.
Dépôt légal Bibliothèque Nationale, 2004.

Imprimé par les travailleuses et travailleurs syndiqués de l’Imprimerie Payette & Simms

Les articles non signés expriment le point de vue de l’organisation. Les articles signées sont personnels.

Nous invitons nos lecteurs et lectrices a nous écrire

Collaborateurs et collaboratrices: Pierre Bibeau, Paul Fougères, Fabiola Mella, William Sloan

Traducteurs: Antonio Artuso, Normand Raymond

Infographie: Sylvain Archambault, Antonio Artuso

Le PCQ en quelques mots

Le Parti communiste du Québec est un parti dédié à la défense des intérêts de la classe ouvrière. Ses membres sont actifs au sein des syndicats, des organisations communautaires et populaires, auprès des jeunes, du mouvement des femmes et des organismes de solidarité internationales.

Les rangs du PCQ sont ouverts à tous ceux et celles qui veulent lutter contre l’exploitation et contre toutes les formes d’injustice, en particulier l’oppression du peuple québécois, et pour l’abolition du système capitaliste et son remplacement ultime par le socialisme, puis par le communisme. Pour parvenir à ces objectifs, nous croyons essentiel que la classe ouvrière s’unisse et conquière, en alliance avec les autres couches exploitées de la population,le pouvoir politique.

Les membres du PCQ font également partie du Parti communiste du Canada (PCC). Le PCQ possède cependant un statut particulier au sein du PCC. Ce statut découle de la reconnaissance au sein du mouvement communiste du fait national québécois.

Depuis sa fondation, en 1921, le Parti communiste a accumulé une grande expérience. Son histoire est intimement liée à de nombreuses avancées des mouvements ouvrier et populaire.

. Joignez-vous à un parti qui met au premier plan les intérêts du peuple, avant les profits des entreprises.

. Joignez vous à un parti dont les différentes composantes, d’un bout à l’autre du pays, oeuvrent sans relâche pour contrer le discours néo-libéral, favoriser le développement d’un mouvement de riposte et faire progresser le combat social.

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Le Parti communiste du Canada demande votre aide pour choisir son nouvel emblème



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Immigration: Gare aux conservateurs!

Les travailleurs d'autres pays qui vivent au Canada depuis un certain temps, ayant contribué avec leur sueur, leur sang et leurs larmes, doivent avoir un moyen efficace pour faire avancer leurs dossiers de façon équitable, pour régulariser leur statut.

Pourtant, les actions récentes du duo Stockwell Day/Monte Solberg suggèrent que J-M LePen fait des incursions au Canada. La déportation d'un groupe de travailleurs de la construction Portugais, de Toronto, est contraire à une politique bien établie - l'intégration au marché du travail est généralement considérée suffisante pour permettre à des immigrés potentiels de rester au Canada. Ainsi, ils/elles deviennent des participants à part entière dans notre société, et leurs enfants sont les premiers à en bénéficier, de l'école, aux soins de santé, garderies subventionnées, allocation familiale, etc. C'est pourquoi les illégaux sont du cheap labour,  parce qu'ils gagnent beaucoup moins de l'heure, mais qu'on leur nie, à eux et leurs enfants, l'accès à des services sociaux coûteux.  Souvent, les enfants sont Canadiens, mais on leur refuse l'accès aux services parce que leurs parents n'ont pas de statut légal de résident permanent. Une demande pour Motifs Humanitaires peut traîner 3 à 4 ans avant même d'être étudiée. L'argument du gouvernement, de manque de ressources, ne tient pas l'eau. Les frais de traitement du dossier sont encaissés d'avance.

Solberg et Day n'ont pas beaucoup parler de l'approche que prendra leur Parti envers les Immigrants. Vont-ils jouer aux durs, comme pour la descente au
Centre Commercial Dufferin à Toronto en fin mars, où les agents d'immigration ont obligés les gens à s'identifier, et en ont arrêté plusieurs, ou l'autre, au Sheridan Mall la semaine suivante? Dans la même semaine ils ont obligé des gens à s'identifier en entrant dans le METRO sur la ligne Bloor Yonge, encore à Toronto. Il y a eu des descentes à des chantiers de construction à Toronto et sur des autobus qui transportent des travailleurs vers des sites de travail, à Montréal et Toronto.

On commence  avec la carte d'identité pour les immigrants, c'est confirmé par la Cour, ensuite ils vont nous tatouer un BAR CODE sur la nuque et éventuellement nous implanter une micro-puce programmable. C'est un scénario extrême, mais la carte d'identité pour tous, si, elle est sur l'agenda des Conservateurs. C'est la plus grosse affaire qui est ressorti du Sommet à Cancun.

Aux aéroports et frontières, de jeunes agents sans expérience ont un pouvoir énorme sur la vie des gens, sans surveillance pour prévenir les abus. Non seulement leur "formation" ne prépare pas contre les abus, on semble leur enseigner que les garanties procéduriers ne sont que des nuisances. Imaginer une force policière qui peut vous arrêter, accuser, juger et jeter en prison, le tout dans l'heure de votre première rencontre. A l'aéroport c'est "Tu remonte sur l'avion et tu crisse ton camp d'icitte." Pas d'interprète, pas d'avocat, pas de cour, pas de dignité, pas de justice, aucune chance.

Les manifs monstres des immigrants aux USA ces derniers jours peuvent nous éclairer le chemin, tout comme celles contre les CPE en France. Rappelons que les Contrats de Première Embauche était la réponse du gouvernement français aux émeutes dans les banlieues immigrants ou le chômage chez les jeunes est quasi majoritaire. Comme nous l'ont si bien enseigné Wal*Mart et McDo, c'est une question d'exploitation. Si la classe ouvrière agit ensemble, nous pouvons nous défendre et même riposter. Sinon, le Front National pourra utiliser le Canada comme exemple.

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Le Directeur Général des Élections accorde notre nom, Le Parti Communiste du Québec, à un groupe renégat
-Tant Pis! Le vrai PCQ, c'est nous quand même
- Éditorial

Nous avions perdu la reconnaissance légale par le Directeur général des élections lors des dernière élections provinciales en 2003. Nous avions alors décidé de ne pas présenter le minimum requis de 20 candidats exigé par la loi électorale du Québec pour avoir une reconnaissance légale, afin de ne pas nuire à l'UFP. Nous avions prévu entreprendre des procédures judiciaires pour contester la constitutionnalité de la loi québécoise en nous appuyant sur la décision de la Cour suprême qui invalidait plusieurs dispositions similaires dans la loi électorale fédérale que le Parti communiste du Canada, auquel nous sommes liés, avait contesté au début des années 90.

Finalement, cette poursuite devint inutile parce que le gouvernement du Québec (qui est intervenu en tant qu'amicus curiae en soutien au gouvernement fédéral dans la cause du PCC) décida finalement de se conformer à la décision de la Cour suprême et amenda sa propre loi. Notamment, il n'est désormais plus nécessaire maintenant de présenter un minimum de candidats pour maintenir un statut légal, et il ne suffit plus que de récolter la signature d'une centaine de personnes se déclarant membre du parti pour établir au départ ou récupérer une reconnaissance légale.

C'est d'ailleurs ce que nous nous apprêtions à faire. Malheureusement, notre nom, Parti communiste du Québec, lorsque nous avions perdu la reconnaissance légale, avait été réservé par le chef du Parti en son nom personnel. Profitant de sa position, il a par la suite reconduit cette réservation en 2005 comme la loi lui en donnait le privilège, alors que le parti vivait une grave crise.

Cette crise survint parce que le chef du parti, constatant que sa position nationaliste étroite était minoritaire dans le parti, tenta alors d'imposer ses vues non par un débat franc, mais en ralliant en masse de jeunes nationalistes pour rendre sa position majoritaire. Le problème est que ces gens ralliaient le parti pour s'opposer à son programme, ce qui était et est toujours contraire aux statuts. C'est comme si les membres du Parti libéral cherchaient à infiltrer le PQ à son insu pour y gagner la majorité et le rendre fédéraliste.

Pour arriver à ses fins, le chef du parti n'hésita pas à transgresser les statuts allègrement, et ne recula devant aucune basse manoeuvre, de telle sorte que le parti n'eut d'autre choix que de l'expulser lui et ses principaux acolytes. Cependant, lui et ses partisans alors déclarèrent être le PCQ, mais désormais indépendantiste et séparé du Parti communiste du Canada. Leur ligne est plutôt confuse, se déclarant eux-mêmes fortement patriotes. Ainsi, ils soutiennent le Bloc québécois. Ils se déclarent électoralistes, pacifistes et volontiers «révisionnaires». Sur le plan de leurs références idéologiques, ils seraient majoritairement trotskistes. Leur insistance à nous combattre et à nuire à la cause du communisme en font un groupe indubitablement contre-révolutionnaire.

Le fait qu'un tel groupe usurpe notre nom peut certes être nuisible et contribuer à semer la confusion. Mais ce n'est pas un obstacle insurmontable, car, ce n'est pas le nom du parti qui détermine s'il est vraiment communiste ou pas, pais sa ligne politique. C'est pour cette raison que nous demeurerons le parti communiste du Québec.

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Frappons les points faibles des conservateurs
- Éditorialdu journal «People's Voice»

Traduction d'un article publié dans le numéro du 1er au 15 avril 2005 du journal «People's Voice»

Le Parlement se réunira à nouveau le 3 avril, et les conservateurs de Stephen Harper essaieront d'imposer, au moyen d'une guerre-éclair, leur programme politique à l'opposition divisée qui siège à la Chambre des communes. Mais nous pouvons ralentir et même bloquer toutes les attaques des conservateurs si les mouvements ouvrier et populaires s'unissent et frappent avec force leurs points faibles.

    * Programmes sociaux : La majorité du peuple canadiens apppuie le régime d'assurance-maladie universelle et un programme complet applicable dans tout le Canada. La stratégie de Harper, qui consiste à laisse les gouvernements provinciaux de droite détruire ces politiques, doit être dénoncée et critiquée à toutes les occasions possible.

    * Égalité de droits : Le caucus conservateur est dominé par des fondamentalistes fanatiques, mais la plupart des Canadiens/iennes appuient les droits reproductifs et le mariage égal. Il ne faut pas permettre aux conservateurs de rejeter les valeurs égalitaires prônées par la grande majorité de l'électorat.

    * Paix et guerre : Harper a essayé de jouer sur les sentiments patriotiques des gens en posant pour les médias avec des soldats en Afghanistan, mais l'électorat, dans sa grande majorité, se méfie énormément des mesures visant à rapprocher le Canada de la machine de guerre des États-Unis et à l'enchaîner à celle-ci. Nous devons faire connaître partout la vérité : la guerre d'Afghanistan est une guerre de Bush et non une mission de paix du Canada.

    * Le nouveau déficit démocratique : dès son arrivée au pouvoir grâce aux actions hautement anti-démocratiques des libéraux de Martin, Harper s'est transformé en un autocrate imbu de lui-même, qui limite l'accès des médias et nomme des ministres qui n'ont pas été élus. Il faut toujours rappeler les députés/ées conservateurs/trices et les médias que ce gouvernement n'a reçu que 36% des votes populaires.

Il ne suffit pas d'envoyer des appels aux partis de l'opposition. Le Congrès du Travail du Canada et l'ensemble des principaux mouvements démocratiques doivent s'unir et mobiliser les Canadiens/iennes pour lutter sur ces questions avant qu'il ne soit trop tard.

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«Regardez-nous aller» - Françoise David

Par Pierre Bibeau

Québec Solidaire (QS) et Manon Massé va chercher le vote d'un votant sur cinq dans le comté Sainte-Marie, Saint-Jacques. Le PQ remporte toutefois l'élection avec plus de 10% de majorité sur sa principale rivale Libérale Nathalie Malépart et l'ADQ est repoussé dans la marginalité. Un taux de participation de seulement 30% dénote un désintérêt pour cette élection.

Les contrastes étaient frappants le soir des élections dans chacun des lieux de rassemblements des partis où les caméras nous ont présenté et l'ambiance qui y régnait. En effet les gens des partis du PQ et des Libéraux s'affairaient, regardaient anxieusement les résultats sur l'écran mais dans [?] pour le clan de QS les gens chantaient et l'ambiance était à la fête dès l'annonce des premiers résultats : imaginez, QS, devançait les Libéraux en selle pour la deuxième place. La correction s'est finalement faite sentir peu de temps après mais avec ses 22% de voix, QS atteint son objectif de dépasser les 15% requis au remboursement de la moitié de ses dépenses électorales. L'ambiance survolté à fait dire à Amir Khadir, porte-parole de QS, un peu pompeusement, faut avouer : Cette percée électorale formidable s'ajoute à toute une série d'événements qui ont fait du 10 avril une grande journée pour la gauche à travers le monde. Victoire des étudiants à Paris, triomphe à Rome avec la défaite de Berlusconi et avancée populaire au Pérou avec la victoire au premier tour d'Ollanta Humalla.

Poursuivant sur sa lancée, Amir Khadir ajouta : Ici, au Québec, au moment même où certains membres de la communauté artistique remettent en question la vision péquiste d'un Québec souverain, une nouvelle alternative de gauche s'est formée. Elle est souverainiste, mais aussi écologiste, féministe, altermondialiste. Et ce soir, le score de Manon Massé me permet de dire aux Québécois et Québécoises : votez sans crainte pour vos convictions.

L'ambiance rappelle celle de l'élection de Mercier ou Paul Cliche avait également bien paru mais surtout fait mordre la poussière et propulser Nathalie Malépart qui avait emporté l'élection à l'arraché. Ce score avait été le prélude à la formation de l'UFP dont Paul Cliche avait été un artisan majeur, lui dont l'unité de la Gauche et la réforme du mode électoral a été ses credo.

Martin Tremblay était sans doute le candidat le plus articulé et confiant des sept candidats mais son arrogance et ses attaques hors propos lui ont sans doute nui. Ça enlève rien au score de Manon Massé qui  a mené une campagne classique et propre-trop ? en ratissant le comté avec son équipe de 200 militants qui, tout au long de l'élection, ont porté le message. Manon Massé est présente dans le comté depuis 20 ans comme Coordonnatrice d'un centre de femmes, Manon Massé a milité au Comité social Centre-Sud, du YMCA Hochelaga-Maisonneuve et de la Fédération des femmes du Québec. Son engagement l'a amené à coordonner la Marche mondiale des femmes en l'an 2000 ainsi que des luttes entourant le logement social, l'immigration et les droits des gais et lesbiennes. Aux côtés de Françoise David, elle a participé à la fondation d'Option citoyenne en 2004. Beau parcours...

Une bonne couverture médiatique

Fait nouveau - hormis la campagne de Paul Cliche - pour une organisation de Gauche, Manon Massé et QS ont reçu une couverture journalistique correcte au même titre, sinon plus, que les Péquistes, les Libéraux ou l'ADQ. La Presse  à Desmarais voulait peut-être une division de votes favorable aux Libéraux comme en 2001 avec l'élection complémentaire de Mercier ?

Le Conseil Central du Montréal Métropolitain, CSN, fidèle à son nouvel engagement politique appuya la candidature de Manon Massé et possiblement celle de QS à la prochaine élection générale. Arthur Sandborn déclara à pour l'occasion : « A la lumière de la déclaration de principe du parti Québec solidaire et des engagements politiques de leur candidate Manon Massé, il nous apparaît, à ce moment-ci, que les orientations du parti répondent favorablement à nos orientations syndicales et sociales. Ce parti se déclare de gauche, écologiste, démocrate, féministe, altermondialiste, souverainiste, pour un Québec pluriel et est voué entièrement à la défense du bien commun, ce qui est le reflet des valeurs véhiculées par le conseil central au sein de la société québécoise».

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«Intensifions notre lutte contre les conservateurs»
Un appel du Parti communiste

Commentaire du journal «People's Voice»

Traduction d'un article publié dans le numéro du 1er avril 2006 du journal «People's Voice»

DANS LA FOULÉE de la victoire arrachée de justesse par les conservateurs aux élections fédérales, le Comité central du Parti communiste du Canada s'est réuni à Toronto au cours de la fin de semaine du 11 et  12 mars pour évaluer la situation politique actuelle au pays.

La réunion a débuté par le rapport du chef du PCC, Miguel Figueroa, qui analyse les facteurs ayant conduit les libéraux de Martin à la défaite et les conservateurs de Stephen Harper à la victoire électorale leur permettant de constituer le nouveau gouvernement minoritaire. Le rapport signale que les concessions temporaires accordées par les libéraux sur plusieurs questions ont déplu au plus haut point les milieux d'affaires d'extrême droite, qui ont jeté leur dévolu sur les conservateurs et ont exercé de fortes pressions pour que les élections aient lieu plus tôt.

Figueroa a souligné qu'au cours de la campagne, dès que les libéraux ont commencé a vaciller, «les monopoles ont transféré leur appui de façon décisive aux conservateurs partout à travers le Canada, y compris au Québec. Ce transfert d'appui, associé à l'absence d'une classe ouvrière puissante et unie et d'une alternative démocratique, a crée les conditions permettant une victoire conservatrice, bien que celle-ci n'a pas été aussi décisive que le souhaitaient les monopoles.»

La campagne des conservateurs, étroitement réglée dans les moindres détails, a tiré profit du désir généralisé de "changement" tout en cachant le véritable programme conservateur, affirme Figueroa. Malgré ces facteurs, le pourcentage des votes populaires aux conservateurs n'a pas augmenté de beaucoup, n'atteignant que 36,5%. La plupart des centres urbains ont rejeté les conservateurs. Les gains inattendus des conservateurs au Québec sont dus à la promesse de Harper que le Québec nommerait un représentant à l'UNESCO et dans des institutions semblables, promesse qui a suscité le vote de libéraux mécontents et de partisans/annes instables du Bloc québécois. Mais dans l'ensemble, les résultats électoraux n'accordent nullement à Harper quelque mandat clair lui permettant d'opérer un tournant à droite.

Le rapport de Figueroa et les discussions des membres du Comité central ont également porté sur la campagne électorale du Nouveau Parti démocratique (NPD). Figueroa a signalé que «bien qu'ils/elles aient accueilli avec plaisir les gains électoraux du NPD, les travailleurs/euses, les militants/antes sociaux/ales et même les membres du NPD ont été surpris par le virage à droite dans les politiques adopté par ce parti.»

Le Comité central a mentionné quelques exemples du virage opéré par le NPD : Layton semble avoir accepté de tolérer les cliniques privées de santé; il n'a pas promis d'accroître les impôts des grandes entreprises et des nantis; il a appuyé le projet de loi chauvin sur la clarté référendaire qui refuse au Québec le droit à l'autodétermination; il a appuyé l'augmentation des dépenses militaire canadienne en Afghanistan; et il a fourni un appui opportuniste à la campagne de droite en faveur de la "ligne dure" en matière de violence par armes à feu et de criminalité juvénile.

Au cours de la campagne, la direction du NPD a adopté comme stratégie de concentrer ses attaques contre les libéraux de Martin et n'ont pas fait grande chose pour alerter l'électorat des dangers que représentent les conservateurs.

Figueroa a indiqué que «bien la politique opportuniste du NPD justifie tout à fait la frustration et la déception ressenties», il importe de souligner que le caucus NPD fédéral élargi peut être un allié utile pour résister aux attaques des conservateurs et du grand capital, si l'on est capable de faire pression sur le NPD pour qu'il joue une rôle d'appui plus puissant dans la riposte extraparlementaire.

Le Comité central s'est aussi penché sur le rôle du mouvement ouvrier et des mouvements sociaux au cours des élections. Il a souligné la faiblesse de la stratégie du Syndicat des travailleurs/euses canadiens/ennes de l'automobile, qui a qualifié les libéraux d'"amis des travailleurs/euses". Il a également souligné que le Congrès du travail du Canada, au cours de la campagne électorale, s'est limité à des "questions de travail".

Figueroa a signalé la volonté des travailleurs/euses syndiqués/ées de s'engager dans de plus grandes luttes. Il a cité comme exemple la grève des professeurs de Colombie britannique de l'automne dernier, ainsi que le fait qu'une grève générale a presque éclaté au Québec. Mais la collaboration de classe et le syndicalisme d'affaire au plus haut niveau «conduisent à se replier en adoptant une attitude de passivité politique». Ce rapport insiste sur la nécessité de développer une action politique coordonnée dans l'ensemble du mouvement syndical, et d'avoir recours à un plus grand nombre d'initiatives dans ce sens par les forces de gauche au sein du mouvement ouvrier.

Le Parti communiste amorcera une de ces initiatives: il diffusera une «Lettre ouverte», qui sera un appel au mouvement syndical et à toutes les forces démocratiques pour développer un mouvement de résistance unifiée contre les conservateurs de Harper. La campagne basée sur cet appel sera abondamment couverte dans les prochains numéros du journal «People's Voice».

La réunion du Comité central a adopté une résolution spéciale sur le 85ème anniversaire du Parti communiste du Canada, qui sera célébré prochainement. Il lancera un appel pour l'organisation d'une série d'activités et pour l'adoption de plans visant à développer le parti. Malgré certaines difficultés survenues l'an dernier, en particulier les divisions créées au Québec par l'ex-chef du Parti communiste du Québec, André Parizeau, le recrutement a augmenté au cours des derniers mois, entre autres durant les élections. Le Comité central a également voté que le 35ème Congrès central du Parti communiste du Canada aurait lieu au cours de la fin de semaine du 2 au 4 février 2007.

D'autre part, à ce sujet, des mesures concrètes ont été adoptées par le Parti communiste du Canada pour appuyer la reconstruction de la Ligue des jeunesses communistes du Canada.

A la réunion du Comité central, les membres ont également discuté des dangers de la situation internationale, particulièrement le renouvellement des menaces lancées par l'impérialisme états-unien au sujet de l'Asie et du Moyen Orient. Une résolution spéciale a été adoptée et diffusée sous forme de tract lors des manifestations anti-guerre organisées à travers le Canada le 18 et le 19 mars. Elle exigeait le rejet total du Canada des initiatives guerrières des États-Unis, l'adoption d'une politique étrangère indépendante visant la paix et le désarmement. Le Comité central a également adopté une résolution appuyant totalement la lutte contre la position de la République tchèque visant à rendre illégales les jeunesses communistes tchèques, position qui montre la vague anticommunisme grandissante qui se développe en Europe.

Tous les documents de la réunion du Comité central seront bientôt disponibles dans le site Internet du Parti communiste du Canada, dont l'adresse est: http://www.communist-party.ca.

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Le financement des services publics et les communistes

Par Pierre Bibeau

Alors que le financement des soins de santé préoccupe les québécois, la solution unique proposée  en est une de privatisation. Les tenants de la privatisation allèguent ne pas pouvoir faire autrement puisque l'augmentation des coûts du systèmes public explosent. Ils omettent de mentionner que bien que l'état paie la note, les plus fortes augmentations des coûts sont dû au prix des médicaments, des nouvelles technologies et de besoins grandissants. Les pendules doivent être remis à l'heure et mentionner que les deux premiers paramètres les plus haussiers sont du domaine privé ainsi que la rétribution des médecins qui agissent majoritairement comme des contractuels du système. Le privé, et toutes les études le prouvent, coûte et coûterait plus cher si on y augmente sa part qui est déjà considérable - autour de 30%.

Il en est de même pour l'éducation où on veut refiler la note aux étudiants. Tout passe par le sacro-saint privé, même ceux qui rapportent comme la SAQ, la SAAQ et l'électricité, ce dernier est dans la mire des privatisations dont le processus est commencé dans le processus est commencé dans certains secteurs comme les éoliennes et les projets de petits barrages. Le bon vieux principe de l'utilisateur payeur élaboré dans les années 80's n'a jamais vraiment disparu.

Une situation intenable

Faut reconnaître qu'un coup de barre doit être donné; qu'il est évident que nous nous dirigeons vers un cul de sac financier. Face à l'offensive orchestrée par les tenants du tout au marché qui se résume à moins d'État et plus de responsabilité aux usagers, le mouvement progressiste résiste en défendant bec et ongles les outils collectifs pourtant élaborés à l'origine pour assurer la pérennité du système en place.

Le financement (ou non) de la chose publique prend ici toute son importance. Elle est déterminante. C'est pourquoi les tenants du maximum au marché, malgré quelques divergences mineures, réclament à hauts cris une baisse généralisée des impôts. Ils sont conscients qu'une telle mesure entraînerait une pression immense sur les finances publiques qui obligeraient les politiciens élus complices et les élus suivants - mis devant le fait accomplis il est d'autant plus difficile de retourner en arrière - à poursuivre la démolition en ayant recours à la privatisation. Le tout se fait souvent insidieusement, par phases et par pans. Tranquillement.

Face à l'offensive populaire de la baisse des impôts pour tous, il est indéniable de constater que les plus riches en sont le plus grands gagnants, en effet si on baisse les impôts de 1% pour tous, le 1% de 30 000$ n'est pas le même que le 1% de 400 000$, pas besoin d'un fiscaliste pour le comprendre. La mesure fait quand même mouche puisque les classes laborieuses paient un lourd tribut en impôt et que toutes mesures d'allégements sont les bienvenues pour elles.

Une logique apatride, amorale et asociale

Sachant cela, les centrales syndicales québécoises réagissent défensivement contre les baisses d'impôts et demande ni plus ni moins le statu quo. Malgré une certaine proportionnalité des échelles d'impôts, le système est pourtant unique pour les travailleurs. Ceux-ci étant les véritables pourvoyeurs du système public. Les riches et les compagnies ont vus au fil des décennies leurs parts de la'assiette fiscale se rétrécir comme peau de chagrin.

La rétrocession au privé de la construction  de «l'État providence» propulserait les sociétés modernes an arrière et les mettraient sur le même bien que celles du tiers-monde. Ce qui différencient les pays développés de ceux appelés «en émergence», à part des infrastructures modernes, se situe justement au niveau d'un état présent, efficient et régissant les règles sociales. Pour ce faire, on doit payer suffisamment les fonctionnaires pour éviter les pots de vin; établir des règles qui seront suivis et établir un système de droits. Les capitalistes ont dû antérieurement céder de leurs privilèges à la chose publique. Faut-il rappeler que la logique marchande n'a pas de vision en soi, à part celle du profit? Sa vision est tout sauf humaniste et la propulse jusqu'à couper le dernier arbre d'un territoire pour une compagnie forestière pour satisfaire son appétit irrationnel de profitabilité. Après? Elle ira ailleurs, se convertira dans un autre domaine, les mines, l'eau, la fabrication de fourchettes, pourquoi pas, pourvu qu'il y ait un profit à en tirer. Michel Chartrand disait du capitalisme qu'il était «la recherche unique du profit maximum sans aucune espèce de considération sociale, nationale ou de frontière.» On ajouterait aujourd'hui : environnementale.

Passons à l'offensive

Bien que la recherche du profit maximum est la donne principale, les capitalistes mènent dans un premier temps un combat d'ordre idéologique puisqu'ils y voient l'occasion, à terme, d'aller chercher de gros contrats et des avenues qui autrefois étaient fermées mais qui pourront enfin être exploitées. Selon une étude de KPMG, une entreprise spécialisée en fiscalité, déjà, au Québec, nous sommes l'endroit dans le monde où il est le plus avantageux pour une entreprise de venir s'y établir.

Pour notre part, du PCQ-PCC, nous refusons les diktats de la bourgeoisie et leurs valets les financiers, les économistes et les fiscalistes de toutes sortes ainsi que les politiciens à leurs suites. Dans notre programme: Notre avenir au Canada, Le socialisme, au chapitre 6, «Pour un gouvernement populaire» nous traitons de ces questions et avons des revendications offensives sur le sujet. Nous partons du point de vue des travailleurs et travailleuses sur qui reposent l'économie et les profits des entreprises. L'économie au service du peuple et non le contraire nous sert de slogan. Ces mesures ou l'esprit de celles-ci doivent être mises de l'avant, elles nous donneront la crédibilité nécessaire auprès des travailleurs et travailleuses où les choix offerts sont insatisfaisants peu importe ce qui est proposé. Nous ne pouvons plus nous contenter de faire le dos rond.

En ce qui concerne le financement explicite de la chose publique, nous revendiquons qu'immédiatement des points d'impôts payés par les travailleurs soient transférés vers les sociétés dont les profits payés aux actionnaires sont sans cesse en augmentation. En terminant nous ajoutons un extrait du programme Notre avenir au Canada, le socialisme, au chapitre 6. «Pour un gouvernement populaire».

Extraits du programme du PCC, chapitre 6

« Les communistes lutteront pour obtenir l'appui au programme de transformations politiques, économiques et sociales le plus avancé possible selon l'analyse de l'évolution de la situation. Le programme doit viser les objectifs suivants :

(1) s'opposer et restreindre le pouvoir du capital financier (aussi bien étranger que local), et étendre la propriété publique aux secteurs clés de l'économie;

(2) redistribuer la richesse et élever les conditions de vie de la grande majorité du peuple; et

(3) introduire des réformes démocratiques radicales pour renforcer le contrôle et la gestion populaire de l'État canadien et des gouvernements à tous les niveaux.»

« Les communistes proposent un programme populaire visant à réduire le pouvoir des monopoles par des réformes fiscales radicales, qui augmenteraient considérablement les impôts sur les revenus des grandes entreprises et sur les revenus personnels importants, par l'établissement de contrôles sur les investissements, sur les échanges et les activités spéculatives, par l'expansion des droits de la classe ouvrière en matière de réglementations concernant les lieux de travail, la gestion et les investissements. Le programme populaire comprendrait également l'arrêt de la politique de privatisations et le passage à une politique de nationalisation et de mise sous contrôle démocratique populaire des monopoles existant dans les secteurs vitaux de l'économie, particulièrement dans le secteur financier (banques et institutions financières), dans le secteur de l'énergie et des ressources naturelles (extraction, production, etc.), et dans le secteur des transports et des communications.»

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Normand Béthune, communiste canadien
Promoteur du système de santé public



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«Une ouverture au privé plus grande que ne le prétend le gouvernement»

Santé et services sociaux - Réponse du gouvernement Charest au jugement Chaoulli
(Coalition Solidarité-Santé)

Par Paul Fougère

À la surprise de plusieurs qui craignaient, dans certains cas, ou espéraient, dans d'autre cas, que le gouvernement Charest, connu pour ses préjugés favorables aux monde des affaires et au secteur privé, propose à la suite du jugement de la Cour Suprême dans l'affaire Chaoulli, une ouverture béante et un recours massif au secteur privé pour soi-disant régler l'accès aux services de santé, il semble proposer plutôt une approche apparemment modérée, en ne permettant les assurances privées que pour des interventions ciblées et une fois qu'une garantie d'accès dans un certain délai soit dépassée. Le ministre Couillard y va même en passant de ses critiques contre la privatisation tout azimut.

Mais cette réponse est en fait de la poudre aux yeux. A une année des élections, le gouvernement ne peut ignorer la grande préoccupation de la population pour les services de santé. La pilule se devait donc d'être bien enrobée pour que les boucliers se baissent et que la mobilisation soit désamorcée.

La Coalition Solidarité Santé qui regroupe 52 organisations communautaires, religieuses et syndicales a déposé en mars dernier son mémoire devant la commission des affaires sociales sur le livre blanc du gouvernement. La Coalition Solidarité Santé est la principale organisation vouée à la défense des services publics de santé et des services sociaux. Le texte qui suit est composé d'extraits du mémoire de la Coalition.

Selon la coalition le livre blanc ne répond pas vraiment à la Cour suprême, et loin d'être modéré, «il vise... à ouvrir une large place au secteur privé au sein du système de santé et de services sociaux.» Le message du premier ministre au début du document est très explicite: «notre gouvernement a toujours affirmé son attachement inébranlable à un système de santé public à l'intérieur duquel le secteur privé pourrait jouer un rôle accru».

Dans les faits, la stratégie du gouvernement consiste à se servir du principe de la garantie d'accès pour, avant tout, ouvrir les soins au secteur privé.

Les listes d'attente

Dans son mémoire, la coalition indique... «de manque de disponibilité de services médicaux résulte de choix politiques exercés au cours de la dernière décennie. Le sous-financement du réseau, les compressions budgétaires, les mises à la retraite
accélérées des médecins, d'infirmières et autres catégories de personnel, le virage ambulatoire, les réformes en série ont eu des répercussions importantes sur l'organisation et l'accessibilité des soins. Ce contexte explique le développement de longs délais d'attente en chirurgie, mais aussi dans plusieurs catégories de services tels l'hébergement pour soins de longue durée, les services à domicile, la réadaptation, les services psychosociaux...» pour lesquels le gouvernement ne propose d'ailleurs absolument rien qui vaille.

Selon la coalition, le gouvernement escamote complètement la réalité des listes d'attente. D'abord, il ne considère que l'attente pour obtenir une chirurgie et non pas pour les autres catégories de services. Ensuite, il ne compte le début du délai d'attente qu'au moment où une personne obtient un diagnostic et une recommandation d'un spécialiste pour une chirurgie, c'est-à-dire au moment où le patient est inscrit officiellement sur une liste.

Mais la réalité est tout autre. D'abord, compte tenu de la pénurie de médecins, les gens ne trouvent pas de médecins de familles. Ils se présentent alors à une clinique sans rendez-vous ou à l'urgence et ils attendent plusieurs heures avant de voir un médecin. Ce dernier peut prescrire des examens diagnostiques, des tests de laboratoire ou d'imagerie médicale qui peuvent générer chacun de longs délais d'attente. Un autre délai survient dans l'attente de voir un spécialiste. Selon les données de l'Institut canadien d'information sur la santé à propos des remplacements du genou et de la hanche, 30% de l'attente moyenne s'écoulait avant le premier rendez-vous avec le chirurgien orthopédiste.

«La réponse gouvernementale pour corriger le problème des délais d'attente repose sur trois mécanismes:
Garanties d'accès aux chirurgies dans des délais fixés

Le livre blanc prévoit que pour chacune des chirurgies identifiées, le gouvernement fixera des délais d'attente médicalement acceptables. Ainsi, au-delà d'un certain délai, le patient pourrait être transféré dans un autre établissement, dans un autre région ou dans une clinique privée affiliée. Si ce n'est pas encore suffisant, le patient pourra être traité dans une clinique privée opéré par un chirurgien qui ne participe pas à la RAMQ, mais c'est le gouvernement qui assumera le coût.

«Ce mécanisme s'applique uniquement aux chirurgies électives (non urgentes) qui ont une garantie d'accès. Le livre blanc mentionne les chirurgies de la cataracte, du genou et de la hanche. Parallèlement, les patients prêts à assumer personnellement les coûts ou qui auraient réussi à contracter une assurance privée pourraient être opérées dans une clinique privée et ce, dans les jours suivants le diagnostic.»

Le gouvernement entend privilégier la création de cliniques spécialisées affiliées qui appartiendront à des intérêts privés. Le gouvernement s'apprête ainsi à fournir un incitatif puissant à l'investissement par des intérêts privés, qui se verront garantir un volume d'interventions chirurgicales dans ces cliniques à but lucratif.»

D'autre part, cela pourrait s'avérer particulièrement dangeureux dans le contexte où le Canada est signataire de l'ALÉNA. «Si certains médecins, alliés à des investisseurs québécois, pourront voir une occasion d'affaires en ouvrant des cliniques privées, ne pourra-t-il en être de même pour les grandes chaînes d'hôpitaux américains, et les Health Maintenance Organizations (HMO) qui demanderont à l'intégrer le marché québécoise sous l'ALÉNA?» (Mémoire de la coalition) En fait en vertu de ces accords commerciaux, le gouvernement n'aura pas le choix de les laisser intégrer le marché québécois et canadien.

Pour la Coalition, s'il est nécessaire de créer des cliniques pour certaines chirurgies réalisées hors des centres hospitaliers, celles-ci doivent être publiques et être rattachées à une administration hospitalière. Il existe de plus en plus de preuves de l'échec de la privatisation. En effet, «...l'expérience du Royaume-Uni, de l'Australie et de l'Irlande indique que l'achat de services dans le secteur privé entraîne un transfert des ressources humaines du secteur public vers le secteur privé et que ce transfert ne conduit pas à augmenter l'offre globale des services. Le secteur privé a tendance à ne traiter que les cas mineurs. Pour les hôpitaux publics, la pression de la demande augmente, puisque ce sont eux qui continuent de traiter les cas urgents, complexes et coûteux, soit ceux qui nécessitent une expertise médicale élevée et un plateau technique sophistiqué.»

«Plusieurs avantages résultent de la mise sur pied de cliniques affiliées publiques. Elles peuvent recevoir les patients à faible risque chirurgical, libérant ainsi les blocs opératoires conventionnels qui serviront pour les chirurgies majeures. L'évaluation pré-opératoire peuvent se faire dans les infrastructures déjà existantes du centre hospitalier public. Étant intégrées dans le système public de santé, l'évaluation de la qualité des soins, la rémunération des médecins et des professionnels de la santé, l'enseignement des chirurgies pour la relève et le suivi auprès des patients, seront les mêmes que ceux déjà en place dans le réseau. Les avantages de tels établissements publics intégrés au système de santé et de services sociaux ne sont plus à démontrer.»

L'ouverture aux assureurs privés : ce n'est que le début

«Au départ, les assureurs privés ne pourront offrir une couverture que pour trois chirurgies, réalisées par des médecins non participants: le traitement des cataractes, le remplacement de la hanche ou du genou. Ce sont les trois seules chirurgies pour lesquelles des délais d'attente ont déjà été fixés dans le livre blanc.»

«Toutefois, la situation n'en restera pas là. La liste pourrait s'allonger par simple voie réglementaire, sans débat public. Le premier ministre Jean Charest a même précisé en entrevue qu'il est dans l'intention de son gouvernement de fixer des délais d'attente maximaux pour toutes les chirurgies médicalement requises. Cela signifie que chaque fois qu'une nouvelle garantie d'accès sera annoncée, les assureurs privés pourront élargir leur couverture, permettant aux assurés d'échapper aux délais inhérents au mécanisme de la garantie d'accès. Autrement dit, le patient assuré pourra contourner les délais d'attente du système public en ayant accès à des cliniques privées où les soins seraient donnés par des médecins non participants au régime public et dont le nombre risquera d'augmenter dramatiquement.»

Le gouvernement «dit que les personnes auront le choix de s'assurer privément pour des services définis par règlement et qui sont également visés par la garantie d'accès. La coalition pense que ce lien est dangereux et sciemment voulu par le gouvernement. Plus la gamme de services hospitaliers visés par le mécanisme de garantie d'accès s'élargira, plus la gamme de services pouvant être couverts par les assurances privées s'élargira elle aussi. Et cela se fera sans débat public, par simple voie réglementaire et déterminée par le ministre de la Santé et des Services sociaux ou le conseil des ministres.»

La Solution : renforcer le secteur public

«Il ne manque pas de solutions pour répondre aux carences du système public de santé et de services sociaux. En fait, il faut de la volonté politique et une conviction que le système public est le seul capable de répondre à tous les citoyens et à toutes les citoyennes sans égard aux revenus de chacun. Et c'est encore dans le public que les soins de santé coûtent moins chers. C'est possible de le faire! Le gouvernement a réussi à régler les délais d'attente en cardiologie tertiaire et en radio-oncologie à l'intérieur du système public, sans ouvrir à l'assurance duplicative privée, ni à la prestation privé à la but lucratif. Alors, pourquoi ne pourrait-il pas régler les listes d'attente dans d'autres domaines?»

«La Coalition Solidarité Santé demande que le débat sur le financement des services de santé et de services sociaux soit le plus large possible et permette à l'ensemble de la population de se prononcer. C'est pourquoi, il doit être reporté à l'automne. Il faut également qu'il soit fait à l'aide de toute l'information et de tous les éléments pertinents pour en débattre adéquatement.»

«Il est impératif de donner au réseau public de santé et des services sociaux les moyens de fournir à la population tous les services médicalement et socialement requis. Par une meilleure utilisation des ressources du réseau et par des investissements publics aux bons endroits, il est possible de diminuer les temps d'attente. La seule solution viable passe par le renforcement de notre système public, parce que toute expérience démontre qu'il coûte moins cher, qu'il est plus efficace et qu'il est plus équitable.»

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France - La rue vire le CPE



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France - Plus de 2 millions de manifestants contre le CPE !



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France: jeunes et travailleurs ensemble pour de vrais boulots


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Européens contre Union européenne

Éditorial - Solidaire No 14 du 5 avril 2006 (Belgique)

David Pestieau 05-04-2006


Mardi 28 mars, 9h du matin : écoles, transports publics, administrations locales sont en grève. Un million et demi de travailleurs. La plus grande grève qu'ait connue le pays depuis 1926. Contre une réforme des pensions qui veut faire passer l'âge de la retraite de 60 à 65 ans. Nous sommes dans la Grande-Bretagne de Tony Blair.

A l'autre bout de l'Europe, des dizaines de milliers d'employés de banque arrêtent le travail contre les réformes des pensions. Nous sommes dans la Grèce du Premier ministre Costas Carananlis.

28 mars, 14h. Dans tout le pays, lycéens, étudiants, travailleurs, parents et grands-parents défilent: trois millions de gens contre le contrat de première embauche. Nous sommes dans la France de Jacques Chirac.

28 mars, 24h. Des milliers de métallos débraient pour obtenir une augmentation salariale de 5%. Pendant ce temps, des dizaines de milliers d'employés des services publics locaux continuent leur grève entamée il y a huit semaines contre l'allongement de la durée du temps de travail. Nous sommes dans l'Allemagne d'Angela Merkel.

Ce 28 mars, les Européens se sont levés contre l'Union Européenne.

Qui offre des retraites retardées pour les seniors, des contrats bidonnés pour les jeunes et des bas salaires pour tous. Une politique inspirée par la sinistre stratégie de Lisbonne décidée en 2000 par Chirac, Blair et consorts. Qui vise à dépasser les États-Unis dans la course au profit.

Une politique rejetée par la rue. Car ce 28 mars a un lendemain. Le mois d'avril s'annonce chaud. En France, l'épreuve de force continue cette semaine. En Allemagne, les actions menacent de se durcir après Pâques. Et en Grande-Bretagne, une nouvelle vague de grèves s'annonce pour la fin avril.

Et chez nous? Guy Verhofstadt s'est réjoui de la déclaration commune patrons-syndicats sur la compétitivité.

 Une déclaration qui pourrait se résumer ainsi: vous devriez quasiment bloquer vos salaires pour assurer que votre patron puisse faire concurrence aux autres. Et entraîner une spirale vers le bas avec vos collègues allemands, français ou britanniques.

Le monde du travail n'a pas besoin de ce genre de déclarations communes avec les patrons.

Le monde du travail ici a, par contre, besoin d'urgence d'actions de solidarité avec ceux de Grande-Bretagne, d'Allemagne et de France. Pour qui'ils gagnent. Et pour que l'Union européenne du profit d'abord recule.

Le retrait du CPE en France empêcherait son équivalent en Allemagne prévu pour juin et peut-être dans les années à venir ici.

Un échec de la réforme des pensions en Angleterre freinerait une nouvelle attaque sur les (pré)pensions ailleurs.

Et une augmentation des salaires en Allemagne serait un bon coup de pouce pour vous qui voulez aussi gagner un peu plus. Pour pouvoir nouer les deux bouts à la fin du mois.

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Grève générale pour la démocratie au Népal
Interview de Sunil Manandahar, dirigeant syndical népalais



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Canada, Haiti et la lutte pour la justice

Interview accordée par Patrick Elie

Traduction d'un article publié dans le numéro du 16 au mars 2006 du journal «People's Voice»

Patrick Elie est un ex-ministre et un dirigeant de premier plan du mouvement de défense des droits de la personne en Haïti. Il a été un ardent opposant du coup d'État perpétré en 2004 contre le gouvernement élu de Jean-Bertrand Aristide. Il effectue actuellement une tourné de cinq semaines à travers le Canada. Derrick O'Keefe, co-éditeur de «Seven Oaks», a récemment interviewé Elie au téléphone.

Derrick O'Keefe : Patrick, votre visite au Canada a été retardé par les événements récents survenus en Haïti. Et à votre arrivée ici, vous avez été soumis à un traitement plutôt rude. Pouvez-vous nous dire ce qui s'est passé?

Patrick Elie : Je devais arriver au Canada le 14 février, mais en raison des élections et des tentatives de fraude qui ont eu lieu, la population d'Haïti est descendue dans la rue et a voté en manifestant après avoir utilisé ses bulletins de vote. A cause de cela, Air Canada a annulé son vol hebdomadaire partant de Port-au-Prince, et j'ai dû commencer ma tournée avec une semaine de retard.

J'ai quitté Haïti le 21 février et je suis arrivé à Montréal avec assez de temps pour participer à une assemblée à l'Université Concordia. Mais une fois arrivé aux douanes, j'ai été arrêté et fouillé.

Tous mes documents ont été examinés, mes papiers personnels, mes notes, mon agenda, bref tout ce que j'avais sur moi. Les agents m'ont enlevé mes documents. J'ai exigé d'être présent quand ils examineraient ces papiers, mais ils ont refusé. J'avais un caméscope, et ils ont insisté pour l'enregistrement qu'il contenait. Ils ont pris mon ordinateur portatif et exigé toutes sortes de stupidités. Ils ne pouvaient, bien sûr, rien me reprocher. Le superviseur des douanes est alors arrivé. Il m'a dit que l'inspection était terminée, mais que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) allait me rencontrer.

O'Keefe : Quelle a été la durée de votre rencontre avec le SCRS, et quelle a été l'attitude de ce dernier envers vous?

Patrick Elie : Je dirais que l'attitude des agents n'était pas agressive, mais qu'ils voulaient savoir nombre de choses qui ne les regardaient pas, par exemple qui m'avait invité, quels étaient mes contacts à Montréal, etc. Ils voulaient savoir également où j'allais loger à Montréal et quel étaient mon numéro de téléphone. Je leur ai dit que cela ne les regardait pas. Ils voulaient aussi savoir (et ceci est très intéressant), quel est le contenu des conversations privées que j'ai eu avec le président Aristide depuis son exil. Au bout d'une demi-heure, je leur ai dit : «Je suis fatigué de tout cela. Je suis déjà en retard. Alors, à moins que vous ne m'arrêtiez, je vais m'en aller.» J'ai pris mes bagages et je suis parti.

 A cause de tout cela, je n'ai pu quitter l'aéroport que vers dix heures du soir, manquant ainsi ma rencontre à l'Université Concordia. Heureusement le lendemain matin a eu lieu à Montréal une conférence de presse, qui a été assez bien couverte par les médias.

O'Keefe : L'Élection de René Préval m'a frappé parce qu'elle constitue une autre victoire pour le peuple haïtien. Les États-Unis, la France et le Canada ont, au début, aidé à organiser le changement de régime. Pensez-vous que ces pays avaient prévu un tel résultant? Et comment croyez-vous que ces pays essaieront maintenant de maintenir leur contrôle sur Haïti?

Patrick Elie : Je crois que ces pays se sont d'abord énervé quand les citoyens/ennes ont commencé à enregistrer (sur les listes électorale) en un nombre beaucoup plus grand que prévu. Puis ils se sont à nouveau énervés quand le processus d'enregistrement s'est accéléré après que Préval a soumis sa candidature de façon plutôt tardive, vers la fin du processus électoral. Je crois que s'il s'était présenté plus tôt, en même temps que les autres candidats, ces pays auraient organisé un autre type de plan pour s'occuper de sa candidature.

Alors lorsque vous ne réussissez pas à faire dérailler ou à saboter des élections avant la date du scrutin, vous devez le faire après cette date. Après la première élection d'Aristide, en 1990, ils ont dû agir après, en organisant le coup d'État. Je suppose que cette fois-ci, ils n'avaient pas prévu un coup d'État, et ont dû l'organiser après, et ont commencé à manipuler les résultats.

D'après moi, le peuple haïtien a remporté deux victoires: la première lorsque le peuple, par une manoeuvre rapide contre le piège que constituaient ces élections, est allé voter massivement le 7 février; et la seconde victoire, plus importante et plus belle que la première selon moi, lorsque le peuple est sorti le 13 février pour manifester sa volonté de ne pas permettre que son vote soit volé. Je pense que cela a été une preuve encore plus grande de la détermination et du bon sens politique du peuple haïtien.

O'Keefe : Quel résultat prévoyez-vous aux élections de l'Assemblée nationale?

Patrick Elie : Les résultats partiels du premier tour semblent indiquer que le parti de Préval était en avance partout où il a présenté des candidats, et qu'il menait par une marge importante. Si le second tour n'est pas frauduleux et si Préval réussit à se faire quelques alliés, il pourra constituer un bloc majoritaire au Parlement, c'est-à-dire qu'il sera capable de trouver un premier ministre qui sera coopératif plutôt qu'antagonique. Mais il faut, bien sûr, pour cela qu'il n'y ait pas d'autres fraudes concernant les résultats.

D'habitude, le peuple haïtien accorde plus d'importance aux élections présidentielles qu'aux élections parlementaires, au cours desquelles le peuple a tendance à relâcher ses efforts. J'espère, par conséquent, que le parti de Préval organisera une mobilisation vraiment énergique pour que le vote sorte au second tour et pour que tous les candidats de la plateforme soient effectivement élus.

O'Keefe : Vous avez mentionné la question d'un nouveau premier ministre. Que deviendront maintenant les prisonniers politiques de Lavalas, entre autres le premier ministre Yvon Neptune? Y a-t-il quelques chances qu'il soit libéré prochainement en raison des résultats des élections?

Patrick Elie : Je crois que le président élu Préval a dit que cette question fait partie de ses priorités, et qu'elle est relativement facile à régler. Je crois que le premier ministre Neptune a écrit une lettre à Préval, lettre que je n'ai pas lue moi-même, dans laquelle il disait que la libération devrait avoir lieu avant l'entrée en fonction du président, à moins qu'elle ne soit interprétée comme une décision politique basée plutôt sur le favoritisme que sur la justice. Alors je pense que nous devons pousser le régime «de facto» qui a incarcéré ces prisonniers politiques, à les libérer avant l'entrée en fonction du président Préval.

O'Keefe : Actuellement le public se pose beaucoup de questions sur Haïti, entre autres les deux suivantes. Les troupes des Nations Unies quitteront-elles Haïti, et si oui, quand? Aristide retournera-t-il en Haïti, et si oui, quand?

Patrick Elie : Ce sont les membres élus du gouvernement d'Haïti qui peuvent répondre à ces deux questions. Quand vous êtes responsable d'un pays en étant le président, le premier ministre et le ministre de la Justice de tout le pays, vous devez peser avec soin le pour et le contre de toute action que vous comptez entreprendre. Vous devez définir les bonnes orientations à prendre mais aussi un rythme à adopter qui soit réaliste pour ce que vous allez faire. Prenons par exemple les Nations Unies: leur présence est tellement massive que si nous leur demandons de se retirer rapidement cela pourrait constituer un élément de déstabilisation. Alors je pense que le président Préval a indiqué que la mission devrait changer et je suppose aussi qu'un calendrier devrait être établi pour leur départ en douceur. Je crois aussi que l'une des premières choses à faire consistera à se débarrasser du bataillon jordanien, qui constitue vraiment une calamité.

O'Keefe : Vous effectuez une grande tournée à travers le Canada. Quel est votre principal message pour les gens d'ici? Croyez-vous qu'une ouverture pour un véritable changement de la politique canadienne envers haïti serait possible?

Patrick Elie : Une telle possibilité existe toujours lors d'un changement du gouvernement. Mais cela ne resterait qu'une possibilité de changement si le peuple canadien ne se manifestait pas pour dire que «nous ne voulons pas que l'argent de nos impôts soit utilisé contre un autre peuple». Et pour que cela arrive, le public canadien doit être informé de la vraie situation dans laquelle se trouve la vraie Haïti, le vrai peuple haïtien, qui a si mal été décrit par les grands médias et par les soi-disant experts sur Haïti, qui se sont maintes et maintes fois trompés au sujet du peuple haïtien. La réalité l'a clairement montré. Pourtant, à la Société Radio-Canada et à la CBC, c'est toujours à ces personnes que l'on donne le microphone, bien qu'elles soient complètement incompétentes, comme cela a été prouvé aux dernières élections. Étant donné que c'étaient ces personnes qui décrivaient Haïti aux Canadiens/iennes, il n'est pas étonnant que le public ait été indifférent envers Haïti et même hostiles envers le peuple haïtien. Et cela permet le genre de politique malencontreuse que le Canada a appliqué en Haïti au cours des cinq dernières années.

O'Keefe : Au cours des années 1990, vous avez, en tant que ministre du gouvernement démocratique d'Haïti, joué un rôle historique en démantelant l'armée haïtienne, devenue tristement célèbre pour son caractère répressif et parce qu'elle avait été associée à tant de dictatures.

Patrick Elie : J'ai fait cela parce que c'était nécessaire. Je suis chimiste de profession et j'ai un doctorat en chimie organique, mais mon pays avait besoin de moi. Il avait besoin de moi pour assumer les travaux les plus difficiles, c'est-à-dire la lutte contre le trafic de la drogue, puis le démantèlement de l'appareil de sécurité de l'État, l'armée, et enfin la création d'une nouvelle police. Il fallait que cela se fasse. Je n'avais pas de reçu de formation formelle dans ce domaine, mais la situation exigeait que je m'en occupe. Quand vous devez apprendre un métier sur le tas vous l'apprenez sur le tas et vous faites tour votre possible. C'est ce qu j'ai fait.

O'Keefe : Je ne sais pas quelles sont vos relations avec le président élu, mais vous voyez-vous à nouveau assumer des responsabilités au sein du gouvernement en Haïti?

Patrick Elie : En ce qui concerne mes relations avec monsieur Préval, nous nous connaissons depuis une trentaine d'années et nous sommes des camarades de lutte politique. Il n'y a pas de problème à ce sujet. Je pense cependant que je suis plus utile hors du gouvernement qu'en travaillant en son sien. Car si tout le monde travaille au sein du Gouvernement, qui restera hors de ce dernier pour surveiller? Mais je ne considérais qu'un seul poste, celui d'ombudsman (protecteur de citoyen). Le système judiciaire haïtien est dans un tel état de ruine que je pense pouvoir être utile au cours de son redressement. Pendant ce temps, un grand nombre de personnes, surtout les pauvres, deviennent victimes de ce système. Et je crois que le rôle de défenseur du citoyen pourrait, en partie, alléger le poids de ces problèmes.

Pour de plus amples informations sur la tournée de Patrick Elie à travers le Canada, visitez le site
: http://www.canadahaitiaction.ca.

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Vingt ans après
les enfants de Tchernobyl se soignent aussi à Cuba




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Milosevic assassiné par le soi-disant
" Tribunal pénal international "

Par Stephen Von Sychowski

Traduction d'un article publié dans le numéro 1er au 15 avril 2006 du journal «People's Voice»


LE 11 MARS dernier, l'ex-président yougoslave, Slobodan Milosevic, a été trouvé mort dans sa cellule de prison. Le tribunal des Nations Unies et les médias capitalistes ont annoncé, à plusieurs reprises, que Milosevic était décédé de "causes naturelles". Les causes de sa mort étaient-elles cependant aussi naturelles qu'on le prétend?

Pendant des décennies, différentes nations avaient coexisté en paix à l'intérieur des frontières d'une république socialiste, la Yougoslavie. La fin de la "Guerre froid" et le courant contre-révolutionnaire subséquent avaient produit l'effondrement de la plupart des pays socialistes et l'affaiblissement considérable de eux qui restaient. Ces conditions avaient permis à l'impérialisme de promouvoir la contre-révolution dans les pays socialistes restants.

Sous la direction de l'impérialisme états-unien, l'OTAN avait aidé des organisations nationalistes, terroristes et extrémistes telles que l'Armée de libération du Kosovo" (AKA) à orchestrer la guerre, à stimuler la haine nationale et ethnique et finalement à diviser le pays. La campagne de bombardements intenses menée par l'OTAN avait détruit en grande partie les preuves des ces crimes, tandis que les "gardiens de la paix" de cette organisation avaient contribué à éliminer la dissidence. C'est ainsi que la vérité sur la guerre avait été effacée.

En 2002, Milosovic avait été traduit devant le tribunal de l'OTAN pour "crimes contre l'humanité", accusé d'être responsable des atrocités de la guerre qu'avait déclenchée l'impérialisme. Bien que Milosevic souffrait de troubles cardiaques et d'hypertension chroniques, il avait, durant tout son procès, été systématiquement privé de ses soins dont il avait besoin, et contraint de subir son procès même lorsqu'il était souffrant. On lui avait refusé de voyager à Moscou pour y recevoir les soins médicaux nécessaires, et il n'avait pas pu être soumis à des examens de santé réguliers. Selon l'Associated Press, peu après mort, le tribunal «n'avait pas pu préciser immédiatement la date de son dernier examen médical». Or tel n'avait pas été le cas d'Augusto Pinochet, ex-dictateur fasciste du Chili. Ce dernier avait pu reporter son procès plusieurs fois en raison de sa mauvaise santé et avait reçu les meilleurs soins de santé.

Il est évident que le Tribunal pénal international n'a pas fourni de tels soins à Milosevic. Un tribunal des Nations Unies est certainement capable d'assurer à tout accusé les traitements nécessaires, et l'a sûrement fait dans d'autres cas. Mais n'ayant pas de preuves concrètes lui permettant de condamner Milosevic, le tribunal a fait en sorte que le procès se termine par un autre type d'exécution. En refusant systématiquement à Milosevic les soins médicaux qui lui étaient nécessaires, et en créant des conditions qu'il ne pouvait surmonter, le tribunal l'a en fait exécuté avant d'avoir prononcer la sentence.

Nous n'oublierons pas les crimes commis par l'OTAN et par l'impérialisme dans l'ex-Yougoslavie. Nous n'oublierons pas non plus le meurtre de Slobodan Milosevic, qui n'a eu droit ni à un procès équitable ni à des traitements appropriés pour les troubles dont il souffrait qui ont fini par le tuer. La contre-révolution en Yougoslavie a triomphé et se maintient pour l'instant. Les Balkans sont encore sous le contrôle des exploiteurs et des oppresseurs internationaux, permettant à ces derniers de faire des millions de profits grâce au travail pénible et à la souffrance des peuples de cette région. Nous sommes solidaires de ces peuples et des forces progressives et révolutionnaires qui luttent vaillamment pour renverser le régime capitaliste qui vient de reprendre temporairement le pouvoir. Mais tout change constamment, et un jour les véritables criminels seront jugés. Nous vaincrons!

Pour de plus amples informations, consultez le site Internet, en anglais seulement, de l'«International Committee to Defend Slobodan Milosevic»:  http://www.icdsm.org/

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Bush :  une nouvelle stratégie de sécurité
qui annonce de nouvelles agressions



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Nouvelles armes nucléaires

Pour la première fois en plus de 20 ans, les physiciens atomiques américains sont en train de mettre au point une nouvelle bombe thermonucléaire. Il s'agit de la première d'une série de bombes s'inscrivant dans le cadre de nouveaux projets nucléaires. Si cette phase réussit, les États-Unis disposeront d'ici un quart de siècle d'un arsenal d'armes nucléaires entièrement neuf. «C'est le début d'une période palpitante», a déclaré Linton Brooks, le plus haut responsable américain pour les armes nucléaires.

[The Oakland Tribune, 7 février 2006]

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Uruguay - Le «Frente Amplio» et Les Disparus/ues



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