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Immigration:
Gare aux conservateurs!
Les travailleurs d'autres pays qui vivent
au Canada depuis un certain temps, ayant contribué avec leur
sueur, leur sang et leurs larmes, doivent avoir un moyen efficace pour
faire avancer leurs dossiers de façon équitable, pour
régulariser leur statut.
Pourtant, les actions récentes du duo Stockwell Day/Monte
Solberg suggèrent que J-M LePen fait des incursions au Canada.
La déportation d'un groupe de travailleurs de la construction
Portugais, de Toronto, est contraire à une politique bien
établie - l'intégration au marché du travail est
généralement considérée suffisante pour
permettre à des immigrés potentiels de rester au Canada.
Ainsi, ils/elles deviennent des participants à part
entière dans notre société, et leurs enfants sont
les premiers à en bénéficier, de l'école,
aux soins de santé, garderies subventionnées, allocation
familiale, etc. C'est pourquoi les illégaux sont du cheap
labour, parce qu'ils gagnent beaucoup moins de l'heure, mais
qu'on leur nie, à eux et leurs enfants, l'accès à
des services sociaux coûteux. Souvent, les enfants sont
Canadiens, mais on leur refuse l'accès aux services parce que
leurs parents n'ont pas de statut légal de résident
permanent. Une demande pour Motifs Humanitaires peut traîner 3
à 4 ans avant même d'être étudiée.
L'argument du gouvernement, de manque de ressources, ne tient pas
l'eau. Les frais de traitement du dossier sont encaissés
d'avance.
Solberg et Day n'ont pas beaucoup parler de l'approche que prendra leur
Parti envers les Immigrants. Vont-ils jouer aux durs, comme pour la
descente au
Centre Commercial Dufferin à Toronto en fin mars, où les
agents d'immigration ont obligés les gens à s'identifier,
et en ont arrêté plusieurs, ou l'autre, au Sheridan Mall
la semaine suivante? Dans la même semaine ils ont obligé
des gens à s'identifier en entrant dans le METRO sur la ligne
Bloor Yonge, encore à Toronto. Il y a eu des descentes à
des chantiers de construction à Toronto et sur des autobus qui
transportent des travailleurs vers des sites de travail, à
Montréal et Toronto.
On commence avec la carte d'identité pour les immigrants,
c'est confirmé par la Cour, ensuite ils vont nous tatouer un BAR
CODE sur la nuque et éventuellement nous implanter une
micro-puce programmable. C'est un scénario extrême, mais
la carte d'identité pour tous, si, elle est sur l'agenda des
Conservateurs. C'est la plus grosse affaire qui est ressorti du Sommet
à Cancun.
Aux aéroports et frontières, de jeunes agents sans
expérience ont un pouvoir énorme sur la vie des gens,
sans surveillance pour prévenir les abus. Non seulement leur
"formation" ne prépare pas contre les abus, on semble leur
enseigner que les garanties procéduriers ne sont que des
nuisances. Imaginer une force policière qui peut vous
arrêter, accuser, juger et jeter en prison, le tout dans l'heure
de votre première rencontre. A l'aéroport c'est "Tu
remonte sur l'avion et tu crisse ton camp d'icitte." Pas
d'interprète, pas d'avocat, pas de cour, pas de dignité,
pas de justice, aucune chance.
Les manifs monstres des immigrants aux USA ces derniers jours peuvent
nous éclairer le chemin, tout comme celles contre les CPE en
France. Rappelons que les Contrats de Première Embauche
était la réponse du gouvernement français aux
émeutes dans les banlieues immigrants ou le chômage chez
les jeunes est quasi majoritaire. Comme nous l'ont si bien
enseigné Wal*Mart et McDo, c'est une question d'exploitation. Si
la classe ouvrière agit ensemble, nous pouvons nous
défendre et même riposter. Sinon, le Front National pourra
utiliser le Canada comme exemple.
Sommaire
Le Directeur Général
des Élections accorde notre nom, Le Parti Communiste du
Québec, à un groupe renégat
-Tant
Pis! Le vrai PCQ, c'est nous quand même
- Éditorial
Nous avions perdu la reconnaissance
légale par le Directeur général des
élections lors des dernière élections provinciales
en 2003. Nous avions alors décidé de ne pas
présenter le minimum requis de 20 candidats exigé par la
loi électorale du Québec pour avoir une reconnaissance
légale, afin de ne pas nuire à l'UFP. Nous avions
prévu entreprendre des procédures judiciaires pour
contester la constitutionnalité de la loi
québécoise en nous appuyant sur la décision de la
Cour suprême qui invalidait plusieurs dispositions similaires
dans la loi électorale fédérale que le Parti
communiste du Canada, auquel nous sommes liés, avait
contesté au début des années 90.
Finalement, cette poursuite devint inutile parce que le gouvernement du
Québec (qui est intervenu en tant qu'amicus curiae en soutien au
gouvernement fédéral dans la cause du PCC) décida
finalement de se conformer à la décision de la Cour
suprême et amenda sa propre loi. Notamment, il n'est
désormais plus nécessaire maintenant de présenter
un minimum de candidats pour maintenir un statut légal, et il ne
suffit plus que de récolter la signature d'une centaine de
personnes se déclarant membre du parti pour établir au
départ ou récupérer une reconnaissance
légale.
C'est d'ailleurs ce que nous nous apprêtions à faire.
Malheureusement, notre nom, Parti communiste du Québec, lorsque
nous avions perdu la reconnaissance légale, avait
été réservé par le chef du Parti en son nom
personnel. Profitant de sa position, il a par la suite reconduit cette
réservation en 2005 comme la loi lui en donnait le
privilège, alors que le parti vivait une grave crise.
Cette crise survint parce que le chef du parti, constatant que sa
position nationaliste étroite était minoritaire dans le
parti, tenta alors d'imposer ses vues non par un débat franc,
mais en ralliant en masse de jeunes nationalistes pour rendre sa
position majoritaire. Le problème est que ces gens ralliaient le
parti pour s'opposer à son programme, ce qui était et est
toujours contraire aux statuts. C'est comme si les membres du Parti
libéral cherchaient à infiltrer le PQ à son insu
pour y gagner la majorité et le rendre fédéraliste.
Pour arriver à ses fins, le chef du parti n'hésita pas
à transgresser les statuts allègrement, et ne recula
devant aucune basse manoeuvre, de telle sorte que le parti n'eut
d'autre choix que de l'expulser lui et ses principaux acolytes.
Cependant, lui et ses partisans alors déclarèrent
être le PCQ, mais désormais indépendantiste et
séparé du Parti communiste du Canada. Leur ligne est
plutôt confuse, se déclarant eux-mêmes fortement
patriotes. Ainsi, ils soutiennent le Bloc québécois. Ils
se déclarent électoralistes, pacifistes et volontiers
«révisionnaires». Sur le plan de leurs
références idéologiques, ils seraient
majoritairement trotskistes. Leur insistance à nous combattre et
à nuire à la cause du communisme en font un groupe
indubitablement contre-révolutionnaire.
Le fait qu'un tel groupe usurpe notre nom peut certes être
nuisible et contribuer à semer la confusion. Mais ce n'est pas
un obstacle insurmontable, car, ce n'est pas le nom du parti qui
détermine s'il est vraiment communiste ou pas, pais sa ligne
politique. C'est pour cette raison que nous demeurerons le parti
communiste du Québec.
Sommaire
Frappons les points faibles
des conservateurs
-
Éditorialdu journal «People's Voice»
Traduction d'un article
publié dans le numéro du 1er au 15 avril 2005 du journal
«People's Voice»
Le Parlement se réunira
à nouveau le 3 avril, et les conservateurs de Stephen Harper
essaieront d'imposer, au moyen d'une guerre-éclair, leur
programme politique à l'opposition divisée qui
siège à la Chambre des communes. Mais nous pouvons
ralentir et même bloquer toutes les attaques des conservateurs si
les mouvements ouvrier et populaires s'unissent et frappent avec force
leurs points faibles.
* Programmes
sociaux : La majorité du peuple canadiens apppuie le
régime d'assurance-maladie universelle et un programme complet
applicable dans tout le Canada. La stratégie de Harper, qui
consiste à laisse les gouvernements provinciaux de droite
détruire ces politiques, doit être dénoncée
et critiquée à toutes les occasions possible.
*
Égalité de droits : Le caucus conservateur est
dominé par des fondamentalistes fanatiques, mais la plupart des
Canadiens/iennes appuient les droits reproductifs et le mariage
égal. Il ne faut pas permettre aux conservateurs de rejeter les
valeurs égalitaires prônées par la grande
majorité de l'électorat.
* Paix et
guerre : Harper a essayé de jouer sur les sentiments
patriotiques des gens en posant pour les médias avec des soldats
en Afghanistan, mais l'électorat, dans sa grande
majorité, se méfie énormément des mesures
visant à rapprocher le Canada de la machine de guerre des
États-Unis et à l'enchaîner à celle-ci. Nous
devons faire connaître partout la vérité : la
guerre d'Afghanistan est une guerre de Bush et non une mission de paix
du Canada.
* Le nouveau
déficit démocratique : dès son arrivée au
pouvoir grâce aux actions hautement anti-démocratiques des
libéraux de Martin, Harper s'est transformé en un
autocrate imbu de lui-même, qui limite l'accès des
médias et nomme des ministres qui n'ont pas été
élus. Il faut toujours rappeler les
députés/ées conservateurs/trices et les
médias que ce gouvernement n'a reçu que 36% des votes
populaires.
Il ne suffit pas d'envoyer des appels
aux partis de l'opposition. Le Congrès du Travail du Canada et
l'ensemble des principaux mouvements démocratiques doivent
s'unir et mobiliser les Canadiens/iennes pour lutter sur ces questions
avant qu'il ne soit trop tard.
Sommaire
«Regardez-nous aller» -
Françoise David
Par
Pierre Bibeau
Québec Solidaire (QS) et Manon
Massé va chercher le vote d'un votant sur cinq dans le
comté Sainte-Marie, Saint-Jacques. Le PQ remporte toutefois
l'élection avec plus de 10% de majorité sur sa principale
rivale Libérale Nathalie Malépart et l'ADQ est
repoussé dans la marginalité. Un taux de participation de
seulement 30% dénote un désintérêt pour
cette élection.
Les contrastes étaient frappants le soir des élections
dans chacun des lieux de rassemblements des partis où les
caméras nous ont présenté et l'ambiance qui y
régnait. En effet les gens des partis du PQ et des
Libéraux s'affairaient, regardaient anxieusement les
résultats sur l'écran mais dans [?] pour le clan de QS
les gens chantaient et l'ambiance était à la fête
dès l'annonce des premiers résultats : imaginez, QS,
devançait les Libéraux en selle pour la deuxième
place. La correction s'est finalement faite sentir peu de temps
après mais avec ses 22% de voix, QS atteint son objectif de
dépasser les 15% requis au remboursement de la moitié de
ses dépenses électorales. L'ambiance survolté
à fait dire à Amir Khadir, porte-parole de QS, un peu
pompeusement, faut avouer : Cette
percée électorale formidable s'ajoute à toute une
série d'événements qui ont fait du 10 avril une
grande journée pour la gauche à travers le monde.
Victoire des étudiants à Paris, triomphe à Rome
avec la défaite de Berlusconi et avancée populaire au
Pérou avec la victoire au premier tour d'Ollanta Humalla.
Poursuivant sur sa lancée, Amir Khadir ajouta : Ici, au Québec, au moment
même où certains membres de la communauté
artistique remettent en question la vision péquiste d'un
Québec souverain, une nouvelle alternative de gauche s'est
formée. Elle est souverainiste, mais aussi écologiste,
féministe, altermondialiste. Et ce soir, le score de Manon
Massé me permet de dire aux Québécois et
Québécoises : votez sans crainte pour vos convictions.
L'ambiance rappelle celle de l'élection de Mercier ou Paul
Cliche avait également bien paru mais surtout fait mordre la
poussière et propulser Nathalie Malépart qui avait
emporté l'élection à l'arraché. Ce score
avait été le prélude à la formation de
l'UFP dont Paul Cliche avait été un artisan majeur, lui
dont l'unité de la Gauche et la réforme du mode
électoral a été ses credo.
Martin Tremblay était sans doute le candidat le plus
articulé et confiant des sept candidats mais son arrogance et
ses attaques hors propos lui ont sans doute nui. Ça
enlève rien au score de Manon Massé qui a
mené une campagne classique et propre-trop ? en ratissant le
comté avec son équipe de 200 militants qui, tout au long
de l'élection, ont porté le message. Manon Massé
est présente dans le comté depuis 20 ans comme
Coordonnatrice d'un centre de femmes, Manon Massé a
milité au Comité social Centre-Sud, du YMCA
Hochelaga-Maisonneuve et de la Fédération des femmes du
Québec. Son engagement l'a amené à coordonner la
Marche mondiale des femmes en l'an 2000 ainsi que des luttes entourant
le logement social, l'immigration et les droits des gais et lesbiennes.
Aux côtés de Françoise David, elle a
participé à la fondation d'Option citoyenne en 2004. Beau
parcours...
Une bonne couverture médiatique
Fait nouveau - hormis la campagne de Paul Cliche - pour une
organisation de Gauche, Manon Massé et QS ont reçu une
couverture journalistique correcte au même titre, sinon plus, que
les Péquistes, les Libéraux ou l'ADQ. La Presse à Desmarais
voulait peut-être une division de votes favorable aux
Libéraux comme en 2001 avec l'élection
complémentaire de Mercier ?
Le Conseil Central du Montréal Métropolitain, CSN,
fidèle à son nouvel engagement politique appuya la
candidature de Manon Massé et possiblement celle de QS à
la prochaine élection générale. Arthur Sandborn
déclara à pour l'occasion : « A la lumière de la
déclaration de principe du parti Québec solidaire et des
engagements politiques de leur candidate Manon Massé, il nous
apparaît, à ce moment-ci, que les orientations du parti
répondent favorablement à nos orientations syndicales et
sociales. Ce parti se déclare de gauche, écologiste,
démocrate, féministe, altermondialiste, souverainiste,
pour un Québec pluriel et est voué entièrement
à la défense du bien commun, ce qui est le reflet des
valeurs véhiculées par le conseil central au sein de la
société québécoise».
Sommaire
«Intensifions
notre lutte contre les conservateurs»
Un
appel du Parti communiste
Commentaire du journal
«People's Voice»
Traduction d'un
article publié dans le numéro du 1er avril 2006 du
journal «People's Voice»
DANS LA FOULÉE de la victoire
arrachée de justesse par les conservateurs aux élections
fédérales, le Comité central du Parti communiste
du Canada s'est réuni à Toronto au cours de la fin de
semaine du 11 et 12 mars pour évaluer la situation
politique actuelle au pays.
La réunion a débuté par le rapport du chef du PCC,
Miguel Figueroa, qui analyse les facteurs ayant conduit les
libéraux de Martin à la défaite et les
conservateurs de Stephen Harper à la victoire électorale
leur permettant de constituer le nouveau gouvernement minoritaire. Le
rapport signale que les concessions temporaires accordées par
les libéraux sur plusieurs questions ont déplu au plus
haut point les milieux d'affaires d'extrême droite, qui ont
jeté leur dévolu sur les conservateurs et ont
exercé de fortes pressions pour que les élections aient
lieu plus tôt.
Figueroa a souligné qu'au cours de la campagne, dès que
les libéraux ont commencé a vaciller, «les
monopoles ont transféré leur appui de façon
décisive aux conservateurs partout à travers le Canada, y
compris au Québec. Ce transfert d'appui, associé à
l'absence d'une classe ouvrière puissante et unie et d'une
alternative démocratique, a crée les conditions
permettant une victoire conservatrice, bien que celle-ci n'a pas
été aussi décisive que le souhaitaient les
monopoles.»
La campagne des conservateurs, étroitement réglée
dans les moindres détails, a tiré profit du désir
généralisé de "changement" tout en cachant le
véritable programme conservateur, affirme Figueroa.
Malgré ces facteurs, le pourcentage des votes populaires aux
conservateurs n'a pas augmenté de beaucoup, n'atteignant que
36,5%. La plupart des centres urbains ont rejeté les
conservateurs. Les gains inattendus des conservateurs au Québec
sont dus à la promesse de Harper que le Québec nommerait
un représentant à l'UNESCO et dans des institutions
semblables, promesse qui a suscité le vote de libéraux
mécontents et de partisans/annes instables du Bloc
québécois. Mais dans l'ensemble, les résultats
électoraux n'accordent nullement à Harper quelque mandat
clair lui permettant d'opérer un tournant à droite.
Le rapport de Figueroa et les discussions des membres du Comité
central ont également porté sur la campagne
électorale du Nouveau Parti démocratique (NPD). Figueroa
a signalé que «bien qu'ils/elles aient accueilli avec
plaisir les gains électoraux du NPD, les travailleurs/euses, les
militants/antes sociaux/ales et même les membres du NPD ont
été surpris par le virage à droite dans les
politiques adopté par ce parti.»
Le Comité central a mentionné quelques exemples du virage
opéré par le NPD : Layton semble avoir accepté de
tolérer les cliniques privées de santé; il n'a pas
promis d'accroître les impôts des grandes entreprises et
des nantis; il a appuyé le projet de loi chauvin sur la
clarté référendaire qui refuse au Québec le
droit à l'autodétermination; il a appuyé
l'augmentation des dépenses militaire canadienne en Afghanistan;
et il a fourni un appui opportuniste à la campagne de droite en
faveur de la "ligne dure" en matière de violence par armes
à feu et de criminalité juvénile.
Au cours de la campagne, la direction du NPD a adopté comme
stratégie de concentrer ses attaques contre les libéraux
de Martin et n'ont pas fait grande chose pour alerter
l'électorat des dangers que représentent les
conservateurs.
Figueroa a indiqué que «bien la politique opportuniste du
NPD justifie tout à fait la frustration et la déception
ressenties», il importe de souligner que le caucus NPD
fédéral élargi peut être un allié
utile pour résister aux attaques des conservateurs et du grand
capital, si l'on est capable de faire pression sur le NPD pour qu'il
joue une rôle d'appui plus puissant dans la riposte
extraparlementaire.
Le Comité central s'est aussi penché sur le rôle du
mouvement ouvrier et des mouvements sociaux au cours des
élections. Il a souligné la faiblesse de la
stratégie du Syndicat des travailleurs/euses canadiens/ennes de
l'automobile, qui a qualifié les libéraux d'"amis des
travailleurs/euses". Il a également souligné que le
Congrès du travail du Canada, au cours de la campagne
électorale, s'est limité à des "questions de
travail".
Figueroa a signalé la volonté des travailleurs/euses
syndiqués/ées de s'engager dans de plus grandes luttes.
Il a cité comme exemple la grève des professeurs de
Colombie britannique de l'automne dernier, ainsi que le fait qu'une
grève générale a presque éclaté au
Québec. Mais la collaboration de classe et le syndicalisme
d'affaire au plus haut niveau «conduisent à se replier en
adoptant une attitude de passivité politique». Ce rapport
insiste sur la nécessité de développer une action
politique coordonnée dans l'ensemble du mouvement syndical, et
d'avoir recours à un plus grand nombre d'initiatives dans ce
sens par les forces de gauche au sein du mouvement ouvrier.
Le Parti communiste amorcera une de ces initiatives: il diffusera une
«Lettre ouverte», qui sera un appel au mouvement syndical
et à toutes les forces démocratiques pour
développer un mouvement de résistance unifiée
contre les conservateurs de Harper. La campagne basée sur cet
appel sera abondamment couverte dans les prochains numéros du
journal «People's Voice».
La réunion du Comité central a adopté une
résolution spéciale sur le 85ème anniversaire du
Parti communiste du Canada, qui sera célébré
prochainement. Il lancera un appel pour l'organisation d'une
série d'activités et pour l'adoption de plans visant
à développer le parti. Malgré certaines
difficultés survenues l'an dernier, en particulier les divisions
créées au Québec par l'ex-chef du Parti communiste
du Québec, André Parizeau, le recrutement a
augmenté au cours des derniers mois, entre autres durant les
élections. Le Comité central a également
voté que le 35ème Congrès central du Parti
communiste du Canada aurait lieu au cours de la fin de semaine du 2 au
4 février 2007.
D'autre part, à ce sujet, des mesures concrètes ont
été adoptées par le Parti communiste du Canada
pour appuyer la reconstruction de la Ligue des jeunesses communistes du
Canada.
A la réunion du Comité central, les membres ont
également discuté des dangers de la situation
internationale, particulièrement le renouvellement des menaces
lancées par l'impérialisme états-unien au sujet de
l'Asie et du Moyen Orient. Une résolution spéciale a
été adoptée et diffusée sous forme de tract
lors des manifestations anti-guerre organisées à travers
le Canada le 18 et le 19 mars. Elle exigeait le rejet total du Canada
des initiatives guerrières des États-Unis, l'adoption
d'une politique étrangère indépendante visant la
paix et le désarmement. Le Comité central a
également adopté une résolution appuyant
totalement la lutte contre la position de la République
tchèque visant à rendre illégales les jeunesses
communistes tchèques, position qui montre la vague
anticommunisme grandissante qui se développe en Europe.
Tous les documents de la réunion du Comité central seront
bientôt disponibles dans le site Internet du Parti communiste du
Canada, dont l'adresse est: http://www.communist-party.ca.
Sommaire
Le financement des
services publics et les communistes
Par Pierre Bibeau
Alors
que le financement des soins de santé préoccupe les
québécois, la solution unique proposée en
est une de privatisation. Les tenants de la privatisation
allèguent ne pas pouvoir faire autrement puisque l'augmentation
des coûts du systèmes public explosent. Ils omettent de
mentionner que bien que l'état paie la note, les plus fortes
augmentations des coûts sont dû au prix des
médicaments, des nouvelles technologies et de besoins
grandissants. Les pendules doivent être remis à l'heure et
mentionner que les deux premiers paramètres les plus haussiers
sont du domaine privé ainsi que la rétribution des
médecins qui agissent majoritairement comme des contractuels du
système. Le privé, et toutes les études le
prouvent, coûte et coûterait plus cher si on y augmente sa
part qui est déjà considérable - autour de 30%.
Il en est de même pour l'éducation où on veut
refiler la note aux étudiants. Tout passe par le sacro-saint
privé, même ceux qui rapportent comme la SAQ, la SAAQ et
l'électricité, ce dernier est dans la mire des
privatisations dont le processus est commencé dans le processus
est commencé dans certains secteurs comme les éoliennes
et les projets de petits barrages. Le bon vieux principe de
l'utilisateur payeur élaboré dans les années 80's
n'a jamais vraiment disparu.
Une situation intenable
Faut reconnaître qu'un coup de barre doit être
donné; qu'il est évident que nous nous dirigeons vers un
cul de sac financier. Face à l'offensive orchestrée par
les tenants du tout au marché qui se résume à
moins d'État et plus de responsabilité aux usagers, le
mouvement progressiste résiste en défendant bec et ongles
les outils collectifs pourtant élaborés à
l'origine pour assurer la pérennité du système en
place.
Le financement (ou non) de la chose publique prend ici toute son
importance. Elle est déterminante. C'est pourquoi les tenants du
maximum au marché, malgré quelques divergences mineures,
réclament à hauts cris une baisse
généralisée des impôts. Ils sont conscients
qu'une telle mesure entraînerait une pression immense sur les
finances publiques qui obligeraient les politiciens élus
complices et les élus suivants - mis devant le fait accomplis il
est d'autant plus difficile de retourner en arrière - à
poursuivre la démolition en ayant recours à la
privatisation. Le tout se fait souvent insidieusement, par phases et
par pans. Tranquillement.
Face à l'offensive populaire de la baisse des impôts pour
tous, il est indéniable de constater que les plus riches en sont
le plus grands gagnants, en effet si on baisse les impôts de 1%
pour tous, le 1% de 30 000$ n'est pas le même que le 1% de 400
000$, pas besoin d'un fiscaliste pour le comprendre. La mesure fait
quand même mouche puisque les classes laborieuses paient un lourd
tribut en impôt et que toutes mesures d'allégements sont
les bienvenues pour elles.
Une logique apatride, amorale et
asociale
Sachant cela, les centrales syndicales québécoises
réagissent défensivement contre les baisses
d'impôts et demande ni plus ni moins le statu quo. Malgré
une certaine proportionnalité des échelles
d'impôts, le système est pourtant unique pour les
travailleurs. Ceux-ci étant les véritables pourvoyeurs du
système public. Les riches et les compagnies ont vus au fil des
décennies leurs parts de la'assiette fiscale se
rétrécir comme peau de chagrin.
La rétrocession au privé de la construction de «l'État providence»
propulserait les sociétés modernes an arrière et
les mettraient sur le même bien que celles du tiers-monde. Ce qui
différencient les pays développés de ceux
appelés «en émergence», à part des
infrastructures modernes, se situe justement au niveau d'un état
présent, efficient et régissant les règles
sociales. Pour ce faire, on doit payer suffisamment les fonctionnaires
pour éviter les pots de vin; établir des règles
qui seront suivis et établir un système de droits. Les
capitalistes ont dû antérieurement céder de leurs
privilèges à la chose publique. Faut-il rappeler que la
logique marchande n'a pas de vision en soi, à part celle du
profit? Sa vision est tout sauf humaniste et la propulse jusqu'à
couper le dernier arbre d'un territoire pour une compagnie
forestière pour satisfaire son appétit irrationnel de
profitabilité. Après? Elle ira ailleurs, se convertira
dans un autre domaine, les mines, l'eau, la fabrication de fourchettes,
pourquoi pas, pourvu qu'il y ait un profit à en tirer. Michel
Chartrand disait du capitalisme qu'il était «la recherche unique du profit
maximum sans aucune espèce de considération sociale,
nationale ou de frontière.» On ajouterait
aujourd'hui : environnementale.
Passons à l'offensive
Bien que la recherche du profit maximum est la donne principale, les
capitalistes mènent dans un premier temps un combat d'ordre
idéologique puisqu'ils y voient l'occasion, à terme,
d'aller chercher de gros contrats et des avenues qui autrefois
étaient fermées mais qui pourront enfin être
exploitées. Selon une étude de KPMG, une entreprise
spécialisée en fiscalité, déjà, au
Québec, nous sommes l'endroit dans le monde où il est le
plus avantageux pour une entreprise de venir s'y établir.
Pour notre part, du PCQ-PCC, nous refusons les diktats de la
bourgeoisie et leurs valets les financiers, les économistes et
les fiscalistes de toutes sortes ainsi que les politiciens à
leurs suites. Dans notre programme: Notre
avenir au Canada, Le socialisme, au chapitre 6, «Pour un gouvernement
populaire» nous traitons de ces questions et avons des
revendications offensives sur le sujet. Nous partons du point de vue
des travailleurs et travailleuses sur qui reposent l'économie et
les profits des entreprises. L'économie au service du peuple et
non le contraire nous sert de slogan. Ces mesures ou l'esprit de
celles-ci doivent être mises de l'avant, elles nous donneront la
crédibilité nécessaire auprès des
travailleurs et travailleuses où les choix offerts sont
insatisfaisants peu importe ce qui est proposé. Nous ne pouvons
plus nous contenter de faire le dos rond.
En ce qui concerne le financement explicite de la chose publique, nous
revendiquons qu'immédiatement des points d'impôts
payés par les travailleurs soient transférés vers
les sociétés dont les profits payés aux
actionnaires sont sans cesse en augmentation. En terminant nous
ajoutons un extrait du programme Notre
avenir au Canada, le socialisme, au chapitre 6. «Pour un
gouvernement populaire».
Extraits du programme du PCC, chapitre 6
« Les communistes lutteront pour obtenir l'appui au programme de
transformations politiques, économiques et sociales le plus
avancé possible selon l'analyse de l'évolution de la
situation. Le programme doit viser les objectifs suivants :
(1) s'opposer et restreindre le
pouvoir du capital financier (aussi bien étranger que local), et
étendre la propriété publique aux secteurs
clés de l'économie;
(2) redistribuer la richesse et
élever les conditions de vie de la grande majorité du
peuple; et
(3) introduire des réformes
démocratiques radicales pour renforcer le contrôle et la
gestion populaire de l'État canadien et des gouvernements
à tous les niveaux.»
« Les communistes proposent un programme populaire visant
à réduire le pouvoir des monopoles par des
réformes fiscales radicales, qui augmenteraient
considérablement les impôts sur les revenus des grandes
entreprises et sur les revenus personnels importants, par
l'établissement de contrôles sur les investissements, sur
les échanges et les activités spéculatives, par
l'expansion des droits de la classe ouvrière en matière
de réglementations concernant les lieux de travail, la gestion
et les investissements. Le programme populaire comprendrait
également l'arrêt de la politique de privatisations et le
passage à une politique de nationalisation et de mise sous
contrôle démocratique populaire des monopoles existant
dans les secteurs vitaux de l'économie, particulièrement
dans le secteur financier (banques et institutions financières),
dans le secteur de l'énergie et des ressources naturelles
(extraction, production, etc.), et dans le secteur des transports et
des communications.»
Sommaire
Normand
Béthune, communiste canadien
Promoteur
du système de santé public
Sommaire
«Une ouverture au privé
plus grande que ne le prétend le gouvernement»
Santé et
services sociaux - Réponse du gouvernement Charest au jugement
Chaoulli
(Coalition
Solidarité-Santé)
Par Paul
Fougère
À la surprise de plusieurs qui
craignaient, dans certains cas, ou espéraient, dans d'autre cas,
que le gouvernement Charest, connu pour ses préjugés
favorables aux monde des affaires et au secteur privé, propose
à la suite du jugement de la Cour Suprême dans l'affaire
Chaoulli, une ouverture béante et un recours massif au secteur
privé pour soi-disant régler l'accès aux services
de santé, il semble proposer plutôt une approche
apparemment modérée, en ne permettant les assurances
privées que pour des interventions ciblées et une fois
qu'une garantie d'accès dans un certain délai soit
dépassée. Le ministre Couillard y va même en
passant de ses critiques contre la privatisation tout azimut.
Mais cette réponse est en fait
de la poudre aux yeux. A une année des élections, le
gouvernement ne peut ignorer la grande préoccupation de la
population pour les services de santé. La pilule se devait donc
d'être bien enrobée pour que les boucliers se baissent et
que la mobilisation soit désamorcée.
La Coalition Solidarité
Santé qui regroupe 52 organisations communautaires, religieuses
et syndicales a déposé en mars dernier son mémoire
devant la commission des affaires sociales sur le livre blanc du
gouvernement. La Coalition Solidarité Santé est la
principale organisation vouée à la défense des
services publics de santé et des services sociaux. Le texte qui
suit est composé d'extraits du mémoire de la Coalition.
Selon la coalition le livre blanc ne
répond pas vraiment à la Cour suprême, et loin
d'être modéré, «il vise... à ouvrir
une large place au secteur privé au sein du système de
santé et de services sociaux.» Le message du premier
ministre au début du document est très explicite: «notre gouvernement a toujours
affirmé son attachement inébranlable à un
système de santé public à l'intérieur
duquel le secteur privé pourrait jouer un rôle
accru».
Dans les faits, la stratégie du
gouvernement consiste à se servir du principe de la garantie
d'accès pour, avant tout, ouvrir les soins au secteur
privé.
Les listes
d'attente
Dans son mémoire, la coalition
indique... «de manque de disponibilité de services
médicaux résulte de choix politiques exercés au
cours de la dernière décennie. Le sous-financement du
réseau, les compressions budgétaires, les mises à
la retraite
accélérées des médecins,
d'infirmières et autres catégories de personnel, le
virage ambulatoire, les réformes en série ont eu des
répercussions importantes sur l'organisation et
l'accessibilité des soins. Ce contexte explique le
développement de longs délais d'attente en chirurgie,
mais aussi dans plusieurs catégories de services tels
l'hébergement pour soins de longue durée, les services
à domicile, la réadaptation, les services
psychosociaux...» pour lesquels le gouvernement ne propose
d'ailleurs absolument rien qui vaille.
Selon la coalition, le gouvernement escamote complètement la
réalité des listes d'attente. D'abord, il ne
considère que l'attente pour obtenir une chirurgie et non pas
pour les autres catégories de services. Ensuite, il ne compte le
début du délai d'attente qu'au moment où une
personne obtient un diagnostic et une recommandation d'un
spécialiste pour une chirurgie, c'est-à-dire au moment
où le patient est inscrit officiellement sur une liste.
Mais la réalité est tout autre. D'abord, compte tenu de
la pénurie de médecins, les gens ne trouvent pas de
médecins de familles. Ils se présentent alors à
une clinique sans rendez-vous ou à l'urgence et ils attendent
plusieurs heures avant de voir un médecin. Ce dernier peut
prescrire des examens diagnostiques, des tests de laboratoire ou
d'imagerie médicale qui peuvent générer chacun de
longs délais d'attente. Un autre délai survient dans
l'attente de voir un spécialiste. Selon les données de
l'Institut canadien d'information sur la santé à propos
des remplacements du genou et de la hanche, 30% de l'attente moyenne
s'écoulait avant le premier rendez-vous avec le chirurgien
orthopédiste.
«La réponse gouvernementale pour corriger le
problème des délais d'attente repose sur trois
mécanismes:
- Des garanties d'accès aux
chirurgies dans des délais fixés;
- La réalisation de
chirurgies par des cliniques privées dites
«spécialisées affiliées»;
- L'ouverture aux assurances
privées pour des interventions ciblés par la garantie
d'accès.»
Garanties
d'accès aux chirurgies dans des délais fixés
Le livre blanc prévoit que pour chacune des chirurgies
identifiées, le gouvernement fixera des délais d'attente
médicalement acceptables. Ainsi, au-delà d'un certain
délai, le patient pourrait être transféré
dans un autre établissement, dans un autre région ou dans
une clinique privée affiliée. Si ce n'est pas encore
suffisant, le patient pourra être traité dans une clinique
privée opéré par un chirurgien qui ne participe
pas à la RAMQ, mais c'est le gouvernement qui assumera le
coût.
«Ce mécanisme s'applique uniquement aux chirurgies
électives (non urgentes) qui ont une garantie d'accès. Le
livre blanc mentionne les chirurgies de la cataracte, du genou et de la
hanche. Parallèlement, les patients prêts à assumer
personnellement les coûts ou qui auraient réussi à
contracter une assurance privée pourraient être
opérées dans une clinique privée et ce, dans les
jours suivants le diagnostic.»
Le gouvernement entend
privilégier la
création de cliniques spécialisées
affiliées qui appartiendront à des
intérêts privés. Le gouvernement s'apprête
ainsi à fournir un incitatif
puissant à l'investissement par des intérêts
privés, qui se verront
garantir un volume d'interventions chirurgicales dans ces cliniques
à
but lucratif.»
D'autre part, cela pourrait s'avérer particulièrement
dangeureux dans
le contexte où le Canada est signataire de l'ALÉNA.
«Si certains
médecins, alliés à des investisseurs
québécois, pourront voir une
occasion d'affaires en ouvrant des cliniques privées, ne
pourra-t-il en
être de même pour les grandes chaînes
d'hôpitaux américains, et les
Health Maintenance Organizations (HMO) qui demanderont à
l'intégrer le
marché québécoise sous l'ALÉNA?»
(Mémoire de la coalition) En fait en
vertu de ces accords commerciaux, le gouvernement n'aura pas le choix
de les laisser intégrer le marché québécois
et canadien.
Pour la Coalition, s'il est nécessaire de créer des
cliniques pour
certaines chirurgies réalisées hors des centres
hospitaliers, celles-ci
doivent être publiques et être rattachées à
une administration
hospitalière. Il existe de plus en plus de preuves de
l'échec de la
privatisation. En effet, «...l'expérience du Royaume-Uni,
de
l'Australie et de l'Irlande indique que l'achat de services dans le
secteur privé entraîne un transfert des ressources
humaines du secteur
public vers le secteur privé et que ce transfert ne conduit pas
à
augmenter l'offre globale des services. Le secteur privé a
tendance à
ne traiter que les cas mineurs. Pour les hôpitaux publics, la
pression
de la demande augmente, puisque ce sont eux qui continuent de traiter
les cas urgents, complexes et coûteux, soit ceux qui
nécessitent une
expertise médicale élevée et un plateau technique
sophistiqué.»
«Plusieurs avantages résultent de la mise sur pied de
cliniques
affiliées publiques. Elles peuvent recevoir les patients
à faible
risque chirurgical, libérant ainsi les blocs opératoires
conventionnels
qui serviront pour les chirurgies majeures. L'évaluation
pré-opératoire
peuvent se faire dans les infrastructures déjà existantes
du centre
hospitalier public. Étant intégrées dans le
système public de santé,
l'évaluation de la qualité des soins, la
rémunération des médecins et
des professionnels de la santé, l'enseignement des chirurgies
pour la
relève et le suivi auprès des patients, seront les
mêmes que ceux déjà
en place dans le réseau. Les avantages de tels
établissements publics
intégrés au système de santé et de services
sociaux ne sont plus à
démontrer.»
L'ouverture aux assureurs
privés : ce n'est que le début
«Au départ, les assureurs privés ne pourront offrir
une couverture que
pour trois chirurgies, réalisées par des médecins
non participants: le
traitement des cataractes, le remplacement de la hanche ou du genou. Ce
sont les trois seules chirurgies pour lesquelles des délais
d'attente
ont déjà été fixés dans le livre
blanc.»
«Toutefois, la situation n'en restera pas là. La liste
pourrait s'allonger par simple voie réglementaire, sans
débat public. Le premier ministre Jean Charest a même
précisé en entrevue qu'il est dans l'intention de son
gouvernement de fixer des délais d'attente maximaux pour toutes
les chirurgies médicalement requises. Cela signifie que chaque
fois qu'une nouvelle garantie d'accès sera annoncée, les
assureurs privés pourront élargir leur couverture,
permettant aux assurés d'échapper aux délais
inhérents au mécanisme de la garantie d'accès.
Autrement dit, le patient assuré pourra contourner les
délais d'attente du système public en ayant accès
à des cliniques privées où les soins seraient
donnés par des médecins non participants au régime
public et dont le nombre risquera d'augmenter dramatiquement.»
Le gouvernement «dit que les personnes auront le choix de
s'assurer privément pour des services définis par
règlement et qui sont également visés par la
garantie d'accès. La coalition pense que ce lien est dangereux
et sciemment voulu par le gouvernement. Plus la gamme de services
hospitaliers visés par le mécanisme de garantie
d'accès s'élargira, plus la gamme de services pouvant
être couverts par les assurances privées s'élargira
elle aussi. Et cela se fera sans débat public, par simple voie
réglementaire et déterminée par le ministre de la
Santé et des Services sociaux ou le conseil des ministres.»
La Solution : renforcer le
secteur public
«Il ne manque pas de solutions pour répondre aux carences
du système public de santé et de services sociaux. En
fait, il faut de la volonté politique et une conviction que le
système public est le seul capable de répondre à
tous les citoyens et à toutes les citoyennes sans égard
aux revenus de chacun. Et c'est encore dans le public que les soins de
santé coûtent moins chers. C'est possible de le faire! Le
gouvernement a réussi à régler les délais
d'attente en cardiologie tertiaire et en radio-oncologie à
l'intérieur du système public, sans ouvrir à
l'assurance duplicative privée, ni à la prestation
privé à la but lucratif. Alors, pourquoi ne pourrait-il
pas régler les listes d'attente dans d'autres domaines?»
«La Coalition Solidarité Santé demande que le
débat sur le financement des services de santé et de
services sociaux soit le plus large possible et permette à
l'ensemble de la population de se prononcer. C'est pourquoi, il doit
être reporté à l'automne. Il faut également
qu'il soit fait à l'aide de toute l'information et de tous les
éléments pertinents pour en débattre
adéquatement.»
«Il est impératif de donner au réseau public de
santé et des services sociaux les moyens de fournir à la
population tous les services médicalement et socialement requis.
Par une meilleure utilisation des ressources du réseau et par
des investissements publics aux bons endroits, il est possible de
diminuer les temps d'attente. La seule solution viable passe par le
renforcement de notre système public, parce que toute
expérience démontre qu'il coûte moins cher, qu'il
est plus efficace et qu'il est plus équitable.»
Sommaire
France
- La rue vire le CPE
Sommaire
France
- Plus de 2 millions de manifestants contre le CPE !
Sommaire
France:
jeunes et travailleurs ensemble pour de vrais boulots
Sommaire
Européens
contre Union européenne
Éditorial -
Solidaire No 14 du 5 avril 2006 (Belgique)
David Pestieau
05-04-2006
Mardi 28 mars, 9h du matin :
écoles, transports publics, administrations locales sont en
grève. Un million et demi de travailleurs. La plus grande
grève qu'ait connue le pays depuis 1926. Contre une
réforme des pensions qui veut faire passer l'âge de la
retraite de 60 à 65 ans. Nous sommes dans la Grande-Bretagne de
Tony Blair.
A l'autre bout de l'Europe, des
dizaines de milliers d'employés de banque arrêtent le
travail contre les réformes des pensions. Nous sommes dans la
Grèce du Premier ministre Costas Carananlis.
28 mars, 14h. Dans tout le pays,
lycéens, étudiants, travailleurs, parents et
grands-parents défilent: trois millions de gens contre le
contrat de première embauche. Nous sommes dans la France de
Jacques Chirac.
28 mars, 24h. Des milliers de
métallos débraient pour obtenir une augmentation
salariale de 5%. Pendant ce temps, des dizaines de milliers
d'employés des services publics locaux continuent leur
grève entamée il y a huit semaines contre l'allongement
de la durée du temps de travail. Nous sommes dans l'Allemagne
d'Angela Merkel.
Ce 28 mars, les Européens se
sont levés contre l'Union Européenne.
Qui offre des retraites
retardées pour les seniors, des contrats bidonnés pour
les jeunes et des bas salaires pour tous. Une politique inspirée
par la sinistre stratégie de Lisbonne décidée en
2000 par Chirac, Blair et consorts. Qui vise à dépasser
les États-Unis dans la course au profit.
Une politique rejetée par la
rue. Car ce 28 mars a un lendemain. Le mois d'avril s'annonce chaud. En
France, l'épreuve de force continue cette semaine. En Allemagne,
les actions menacent de se durcir après Pâques. Et en
Grande-Bretagne, une nouvelle vague de grèves s'annonce pour la
fin avril.
Et chez nous? Guy Verhofstadt s'est
réjoui de la déclaration commune patrons-syndicats sur la
compétitivité.
Une déclaration qui
pourrait se résumer ainsi: vous devriez quasiment bloquer vos
salaires pour assurer que votre patron puisse faire concurrence aux
autres. Et entraîner une spirale vers le bas avec vos
collègues allemands, français ou britanniques.
Le monde du travail n'a pas besoin de
ce genre de déclarations communes avec les patrons.
Le monde du travail ici a, par contre,
besoin d'urgence d'actions de solidarité avec ceux de
Grande-Bretagne, d'Allemagne et de France. Pour qui'ils gagnent. Et
pour que l'Union européenne du profit d'abord recule.
Le retrait du CPE en France
empêcherait son équivalent en Allemagne prévu pour
juin et peut-être dans les années à venir ici.
Un échec de la réforme
des pensions en Angleterre freinerait une nouvelle attaque sur les
(pré)pensions ailleurs.
Et une augmentation des salaires en
Allemagne serait un bon coup de pouce pour vous qui voulez aussi gagner
un peu plus. Pour pouvoir nouer les deux bouts à la fin du mois.
Sommaire
Grève
générale pour la démocratie au Népal
Interview
de Sunil Manandahar, dirigeant syndical népalais
Sommaire
Canada,
Haiti et la lutte pour la justice
Interview
accordée par Patrick Elie
Traduction d'un article publié
dans le numéro du 16 au mars 2006 du journal «People's
Voice»
Patrick Elie est un ex-ministre et un
dirigeant de premier plan du mouvement de défense des droits de
la personne en Haïti. Il a été un ardent opposant du
coup d'État perpétré en 2004 contre le
gouvernement élu de Jean-Bertrand Aristide. Il effectue
actuellement une tourné de cinq semaines à travers le
Canada. Derrick O'Keefe, co-éditeur de «Seven Oaks»,
a récemment interviewé Elie au téléphone.
Derrick O'Keefe : Patrick,
votre visite au Canada a été retardé par les
événements récents survenus en Haïti. Et
à votre arrivée ici, vous avez été soumis
à un traitement plutôt rude. Pouvez-vous nous dire ce qui
s'est passé?
Patrick Elie : Je devais
arriver au Canada le 14 février, mais en raison des
élections et des tentatives de fraude qui ont eu lieu, la
population d'Haïti est descendue dans la rue et a voté en
manifestant après avoir utilisé ses bulletins de vote. A
cause de cela, Air Canada a annulé son vol hebdomadaire partant
de Port-au-Prince, et j'ai dû commencer ma tournée avec
une semaine de retard.
J'ai quitté Haïti le 21 février et je suis
arrivé à Montréal avec assez de temps pour
participer à une assemblée à l'Université
Concordia. Mais une fois arrivé aux douanes, j'ai
été arrêté et fouillé.
Tous mes documents ont été examinés, mes papiers
personnels, mes notes, mon agenda, bref tout ce que j'avais sur moi.
Les agents m'ont enlevé mes documents. J'ai exigé
d'être présent quand ils examineraient ces papiers, mais
ils ont refusé. J'avais un caméscope, et ils ont
insisté pour l'enregistrement qu'il contenait. Ils ont pris mon
ordinateur portatif et exigé toutes sortes de stupidités.
Ils ne pouvaient, bien sûr, rien me reprocher. Le superviseur des
douanes est alors arrivé. Il m'a dit que l'inspection
était terminée, mais que le Service canadien du
renseignement de sécurité (SCRS) allait me rencontrer.
O'Keefe : Quelle a
été la durée de votre rencontre avec le SCRS, et
quelle a été l'attitude de ce dernier envers vous?
Patrick Elie : Je dirais que
l'attitude des agents n'était pas agressive, mais qu'ils
voulaient savoir nombre de choses qui ne les regardaient pas, par
exemple qui m'avait invité, quels étaient mes contacts
à Montréal, etc. Ils voulaient savoir également
où j'allais loger à Montréal et quel
étaient mon numéro de téléphone. Je leur ai
dit que cela ne les regardait pas. Ils voulaient aussi savoir (et ceci
est très intéressant), quel est le contenu des
conversations privées que j'ai eu avec le président
Aristide depuis son exil. Au bout d'une demi-heure, je leur ai dit :
«Je suis fatigué de tout cela. Je suis déjà
en retard. Alors, à moins que vous ne m'arrêtiez, je vais
m'en aller.» J'ai pris mes bagages et je suis parti.
A cause de tout cela, je n'ai pu quitter l'aéroport que
vers dix heures du soir, manquant ainsi ma rencontre à
l'Université Concordia. Heureusement le lendemain matin a eu
lieu à Montréal une conférence de presse, qui a
été assez bien couverte par les médias.
O'Keefe : L'Élection de
René Préval m'a frappé parce qu'elle constitue une
autre victoire pour le peuple haïtien. Les États-Unis, la
France et le Canada ont, au début, aidé à
organiser le changement de régime. Pensez-vous que ces pays
avaient prévu un tel résultant? Et comment croyez-vous
que ces pays essaieront maintenant de maintenir leur contrôle sur
Haïti?
Patrick Elie : Je crois que
ces pays se sont d'abord énervé quand les citoyens/ennes
ont commencé à enregistrer (sur les listes
électorale) en un nombre beaucoup plus grand que prévu.
Puis ils se sont à nouveau énervés quand le
processus d'enregistrement s'est accéléré
après que Préval a soumis sa candidature de façon
plutôt tardive, vers la fin du processus électoral. Je
crois que s'il s'était présenté plus tôt, en
même temps que les autres candidats, ces pays auraient
organisé un autre type de plan pour s'occuper de sa candidature.
Alors lorsque vous ne réussissez pas à faire
dérailler ou à saboter des élections avant la date
du scrutin, vous devez le faire après cette date. Après
la première élection d'Aristide, en 1990, ils ont
dû agir après, en organisant le coup d'État. Je
suppose que cette fois-ci, ils n'avaient pas prévu un coup
d'État, et ont dû l'organiser après, et ont
commencé à manipuler les résultats.
D'après moi, le peuple haïtien a remporté deux
victoires: la première lorsque le peuple, par une manoeuvre
rapide contre le piège que constituaient ces élections,
est allé voter massivement le 7 février; et la seconde
victoire, plus importante et plus belle que la première selon
moi, lorsque le peuple est sorti le 13 février pour manifester
sa volonté de ne pas permettre que son vote soit volé. Je
pense que cela a été une preuve encore plus grande de la
détermination et du bon sens politique du peuple haïtien.
O'Keefe : Quel résultat
prévoyez-vous aux élections de l'Assemblée
nationale?
Patrick Elie : Les
résultats partiels du premier tour semblent indiquer que le
parti de Préval était en avance partout où il a
présenté des candidats, et qu'il menait par une marge
importante. Si le second tour n'est pas frauduleux et si Préval
réussit à se faire quelques alliés, il pourra
constituer un bloc majoritaire au Parlement, c'est-à-dire qu'il
sera capable de trouver un premier ministre qui sera coopératif
plutôt qu'antagonique. Mais il faut, bien sûr, pour cela
qu'il n'y ait pas d'autres fraudes concernant les résultats.
D'habitude, le peuple haïtien accorde plus d'importance aux
élections présidentielles qu'aux élections
parlementaires, au cours desquelles le peuple a tendance à
relâcher ses efforts. J'espère, par conséquent, que
le parti de Préval organisera une mobilisation vraiment
énergique pour que le vote sorte au second tour et pour que tous
les candidats de la plateforme soient effectivement élus.
O'Keefe : Vous avez
mentionné la question d'un nouveau premier ministre. Que
deviendront maintenant les prisonniers politiques de Lavalas, entre
autres le premier ministre Yvon Neptune? Y a-t-il quelques chances
qu'il soit libéré prochainement en raison des
résultats des élections?
Patrick Elie : Je crois que le
président élu Préval a dit que cette question fait
partie de ses priorités, et qu'elle est relativement facile
à régler. Je crois que le premier ministre Neptune a
écrit une lettre à Préval, lettre que je n'ai pas
lue moi-même, dans laquelle il disait que la libération
devrait avoir lieu avant l'entrée en fonction du
président, à moins qu'elle ne soit
interprétée comme une décision politique
basée plutôt sur le favoritisme que sur la justice. Alors
je pense que nous devons pousser le régime «de
facto» qui a incarcéré ces prisonniers politiques,
à les libérer avant l'entrée en fonction du
président Préval.
O'Keefe : Actuellement le
public se pose beaucoup de questions sur Haïti, entre autres les
deux suivantes. Les troupes des Nations Unies quitteront-elles
Haïti, et si oui, quand? Aristide retournera-t-il en Haïti,
et si oui, quand?
Patrick Elie : Ce sont les
membres élus du gouvernement d'Haïti qui peuvent
répondre à ces deux questions. Quand vous êtes
responsable d'un pays en étant le président, le premier
ministre et le ministre de la Justice de tout le pays, vous devez peser
avec soin le pour et le contre de toute action que vous comptez
entreprendre. Vous devez définir les bonnes orientations
à prendre mais aussi un rythme à adopter qui soit
réaliste pour ce que vous allez faire. Prenons par exemple les
Nations Unies: leur présence est tellement massive que si nous
leur demandons de se retirer rapidement cela pourrait constituer un
élément de déstabilisation. Alors je pense que le
président Préval a indiqué que la mission devrait
changer et je suppose aussi qu'un calendrier devrait être
établi pour leur départ en douceur. Je crois aussi que
l'une des premières choses à faire consistera à se
débarrasser du bataillon jordanien, qui constitue vraiment une
calamité.
O'Keefe : Vous effectuez une
grande tournée à travers le Canada. Quel est votre
principal message pour les gens d'ici? Croyez-vous qu'une ouverture
pour un véritable changement de la politique canadienne envers
haïti serait possible?
Patrick Elie : Une telle
possibilité existe toujours lors d'un changement du
gouvernement. Mais cela ne resterait qu'une possibilité de
changement si le peuple canadien ne se manifestait pas pour dire que
«nous ne voulons pas que l'argent de nos impôts soit
utilisé contre un autre peuple». Et pour que cela arrive,
le public canadien doit être informé de la vraie situation
dans laquelle se trouve la vraie Haïti, le vrai peuple
haïtien, qui a si mal été décrit par les
grands médias et par les soi-disant experts sur Haïti, qui
se sont maintes et maintes fois trompés au sujet du peuple
haïtien. La réalité l'a clairement montré.
Pourtant, à la Société Radio-Canada et à la
CBC, c'est toujours à ces personnes que l'on donne le
microphone, bien qu'elles soient complètement
incompétentes, comme cela a été prouvé aux
dernières élections. Étant donné que
c'étaient ces personnes qui décrivaient Haïti aux
Canadiens/iennes, il n'est pas étonnant que le public ait
été indifférent envers Haïti et même
hostiles envers le peuple haïtien. Et cela permet le genre de
politique malencontreuse que le Canada a appliqué en Haïti
au cours des cinq dernières années.
O'Keefe : Au cours des
années 1990, vous avez, en tant que ministre du gouvernement
démocratique d'Haïti, joué un rôle historique
en démantelant l'armée haïtienne, devenue tristement
célèbre pour son caractère répressif et
parce qu'elle avait été associée à tant de
dictatures.
Patrick Elie : J'ai fait cela
parce que c'était nécessaire. Je suis chimiste de
profession et j'ai un doctorat en chimie organique, mais mon pays avait
besoin de moi. Il avait besoin de moi pour assumer les travaux les plus
difficiles, c'est-à-dire la lutte contre le trafic de la drogue,
puis le démantèlement de l'appareil de
sécurité de l'État, l'armée, et enfin la
création d'une nouvelle police. Il fallait que cela se fasse. Je
n'avais pas de reçu de formation formelle dans ce domaine, mais
la situation exigeait que je m'en occupe. Quand vous devez apprendre un
métier sur le tas vous l'apprenez sur le tas et vous faites tour
votre possible. C'est ce qu j'ai fait.
O'Keefe : Je ne sais pas
quelles sont vos relations avec le président élu, mais
vous voyez-vous à nouveau assumer des responsabilités au
sein du gouvernement en Haïti?
Patrick Elie : En ce qui
concerne mes relations avec monsieur Préval, nous nous
connaissons depuis une trentaine d'années et nous sommes des
camarades de lutte politique. Il n'y a pas de problème à
ce sujet. Je pense cependant que je suis plus utile hors du
gouvernement qu'en travaillant en son sien. Car si tout le monde
travaille au sein du Gouvernement, qui restera hors de ce dernier pour
surveiller? Mais je ne considérais qu'un seul poste, celui
d'ombudsman (protecteur de citoyen). Le système judiciaire
haïtien est dans un tel état de ruine que je pense pouvoir
être utile au cours de son redressement. Pendant ce temps, un
grand nombre de personnes, surtout les pauvres, deviennent victimes de
ce système. Et je crois que le rôle de défenseur du
citoyen pourrait, en partie, alléger le poids de ces
problèmes.
Pour de plus amples informations sur
la tournée de Patrick Elie à travers le Canada, visitez
le site: http://www.canadahaitiaction.ca.
Sommaire
Vingt
ans après
les
enfants de Tchernobyl se soignent aussi à Cuba
Sommaire
Milosevic
assassiné par le soi-disant
"
Tribunal pénal international "
Par Stephen Von
Sychowski
Traduction d'un
article publié dans le numéro 1er au 15 avril 2006 du
journal «People's Voice»
LE 11 MARS dernier, l'ex-président yougoslave, Slobodan
Milosevic, a été trouvé mort dans sa cellule de
prison. Le tribunal des Nations Unies et les médias capitalistes
ont annoncé, à plusieurs reprises, que Milosevic
était décédé de "causes naturelles". Les
causes de sa mort étaient-elles cependant aussi naturelles qu'on
le prétend?
Pendant des décennies, différentes nations avaient
coexisté en paix à l'intérieur des
frontières d'une république socialiste, la Yougoslavie.
La fin de la "Guerre froid" et le courant contre-révolutionnaire
subséquent avaient produit l'effondrement de la plupart des pays
socialistes et l'affaiblissement considérable de eux qui
restaient. Ces conditions avaient permis à l'impérialisme
de promouvoir la contre-révolution dans les pays socialistes
restants.
Sous la direction de l'impérialisme états-unien, l'OTAN
avait aidé des organisations nationalistes, terroristes et
extrémistes telles que l'Armée de libération du
Kosovo" (AKA) à orchestrer la guerre, à stimuler la haine
nationale et ethnique et finalement à diviser le pays. La
campagne de bombardements intenses menée par l'OTAN avait
détruit en grande partie les preuves des ces crimes, tandis que
les "gardiens de la paix" de cette organisation avaient
contribué à éliminer la dissidence. C'est ainsi
que la vérité sur la guerre avait été
effacée.
En 2002, Milosovic avait été traduit devant le tribunal
de l'OTAN pour "crimes contre l'humanité", accusé
d'être responsable des atrocités de la guerre qu'avait
déclenchée l'impérialisme. Bien que Milosevic
souffrait de troubles cardiaques et d'hypertension chroniques, il
avait, durant tout son procès, été
systématiquement privé de ses soins dont il avait besoin,
et contraint de subir son procès même lorsqu'il
était souffrant. On lui avait refusé de voyager à
Moscou pour y recevoir les soins médicaux nécessaires, et
il n'avait pas pu être soumis à des examens de
santé réguliers. Selon l'Associated Press, peu
après mort, le tribunal «n'avait pas pu préciser
immédiatement la date de son dernier examen
médical». Or tel n'avait pas été le cas
d'Augusto Pinochet, ex-dictateur fasciste du Chili. Ce dernier avait pu
reporter son procès plusieurs fois en raison de sa mauvaise
santé et avait reçu les meilleurs soins de santé.
Il est évident que le Tribunal pénal international n'a
pas fourni de tels soins à Milosevic. Un tribunal des Nations
Unies est certainement capable d'assurer à tout accusé
les traitements nécessaires, et l'a sûrement fait dans
d'autres cas. Mais n'ayant pas de preuves concrètes lui
permettant de condamner Milosevic, le tribunal a fait en sorte que le
procès se termine par un autre type d'exécution. En
refusant systématiquement à Milosevic les soins
médicaux qui lui étaient nécessaires, et en
créant des conditions qu'il ne pouvait surmonter, le tribunal
l'a en fait exécuté avant d'avoir prononcer la sentence.
Nous n'oublierons pas les crimes commis par l'OTAN et par
l'impérialisme dans l'ex-Yougoslavie. Nous n'oublierons pas non
plus le meurtre de Slobodan Milosevic, qui n'a eu droit ni à un
procès équitable ni à des traitements
appropriés pour les troubles dont il souffrait qui ont fini par
le tuer. La contre-révolution en Yougoslavie a triomphé
et se maintient pour l'instant. Les Balkans sont encore sous le
contrôle des exploiteurs et des oppresseurs internationaux,
permettant à ces derniers de faire des millions de profits
grâce au travail pénible et à la souffrance des
peuples de cette région. Nous sommes solidaires de ces peuples
et des forces progressives et révolutionnaires qui luttent
vaillamment pour renverser le régime capitaliste qui vient de
reprendre temporairement le pouvoir. Mais tout change constamment, et
un jour les véritables criminels seront jugés. Nous
vaincrons!
Pour de plus amples informations, consultez le site Internet, en
anglais seulement, de l'«International Committee to Defend
Slobodan Milosevic»: http://www.icdsm.org/
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Bush
: une nouvelle stratégie de sécurité
qui
annonce de nouvelles agressions
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Nouvelles armes nucléaires
Pour la première fois en plus de 20
ans, les physiciens atomiques américains sont en train de mettre
au point une nouvelle bombe thermonucléaire. Il s'agit de la
première d'une série de bombes s'inscrivant dans le cadre
de nouveaux projets nucléaires. Si cette phase réussit,
les États-Unis disposeront d'ici un quart de siècle d'un
arsenal d'armes nucléaires entièrement neuf. «C'est
le début d'une période palpitante», a
déclaré Linton Brooks, le plus haut responsable
américain pour les armes nucléaires.
[The Oakland Tribune, 7
février 2006]
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Uruguay
- Le «Frente Amplio» et Les Disparus/ues
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