Nosy Boraha, ce nom reste légendaire, apparenté a l'aventure de Jonas, Boragny un pêcheur de baleine d'origine inconnue (malgache, Européen, arabe...) fut emporté lors d'une chasse et échoua sur l'île ste-marie.
Cette tradition orale est déjà largement contreversée dans les archives Françaises et Anglaises. Une autre version parle d'un homme de couleur blanche (antalaote?), échoué sur une ile uniquement peuplée de femmes, qui eu la vie sauve grâce à un grand poisson qui l'amena sur son dos jusqu'à l'actuelle ste-marie. En échange de ce service, l'homme demanda au poisson (baleine?) ce qu'il pouvait faire pour lui, et celui-ci lui répondit qu'il pouvait lui donner à manger de la chair de bénitier (intéressant lien avec les nombreux fady concernant le bénitier et l'histoire de Tsin'guisa grand esprit protecteur des Betsimisaraka le plus fréquemment appélé lors des cérémonies de tromba "l'orsque l'esprit parle à travers la bouche d'un vivant"et qui serait mort noyé le pied pris dans un bénitier géant!). L'homme s'éxécuta et en retour le poisson fit jaillir une source d'eau douce à l'origine du premier village de l'île (Ankobahoba).
Qu'il puisse y avoir un lien fort entre la mer et les habitants d'une ile n'a rien d'exceptionnel, mais le parralèle avec Jonas est plaisant!
Nosy Boraha fut aussi Nosy Hibrahim (Abraham?) et les légendes orales malgaches font référence à une fille de Mahomet, ainsi qu'avec l'épisode de l'éxode des juifs hors d'Egypte...
L'histoire, en tant qu'écrite (en faisant abstraction des sorabe) ne remonte qu'en 1609 (Hieronimus Megisser) Allemand qui laisse le premier écrit non contesté par son authenticité mais qui garde le charme fabuleux de l'époque!
Mais Simbad le marin est néanmoins passé à madagascar (l'oiseau Roc= première desciption de l' Aepurnis"), Marco Polo en avait entendu parler lors de ses tribulations, Pline l'ancien peut-être, Ptolémée sûrement (si l'on accepte ses erreurs de longitude!), et il est fort probable que des études dans cette direction sur les hiéroglyphes égyptiens donneront des dates plus anciennes!
Actuellement, l'origine du peuplement de Madagascar se situe dans une fourchette de -4000 à +1000 selon les chercheurs!
les études archéologiques (quasi-inexistantes) ont laissé place à la linguistique et à l'ethnologie mais, si l'origine malayo-polynésienne est indéniable, la datation des premiers occupants reste actuellement impossible à définir avec certitude!
Et c'est un des atouts de cette ïle, le mystère, Ste-Marie est nimbée d'un voile de légendes et chaque voyageur le ressent en posant les pieds sur l'île!
N'ayons pas peur de le dire, Ste-Marie est unique, elle possède sa propre histoire, sa propre manière de vivre, une richesse culturelle méconnue mais pourtant bien vivante!
Et c'est malheureusement cet aspect qui est généralement occulté pour ceux qui viennent pour un court séjour!
Il faut pouvoir se laisser prendre au charme, à la douceur de cette île pour profiter pleinement de son voyage!
Sainte-Marie, l'île des pirates, pour beaucoup, l'île des baleines à bosses pour d'autres (et nous retrouvons ici un rapport direct avec la plus vieille légende orale st-marienne)!
Megaptera Novaeangliae, de son nom scientifique, plus familèrement appellée baleine à bosse sont des baleines qui ont la particularité d'avoir de très longues nageoires pectorales, ce qui permet de les identifier facilement et le projet Megaptera est bien avancé dans ce sens.
Elles se nourissent de krill dans les eaux froides et viennent se reproduire en au chaude dans certains endroits de la planète encore préservés de la pollution et des prédations humaines, comme la zone comprise entre la baie de Tintingue et le canal de ste-marie!
Une hypothèse à été faite quand à la possibilité d'une mémoire génétique et collective qui les feraient revenir à l'endroit où elles sont nées, mais les études scientifiques n'ont pas encore dévoilé ce mystère!
Néanmoins tous les ans, de juillet à octobre, un nombre important de ces cétacés se regroupent en ce lieu pour s'accoupler et donner les premiers rudiments d'éducation aux jeunes baleinaux avant de reprendre la grande migration vers les eaux froides!
Ste-marie est aussi, et nous gardons cela pour les fines bouches, un canevas historique dont les fils ont été dispersés aux quatres coins du globe!
Chercher à renouer ces fils et redécouvrir l'histoire de l'île est un travail de longue haleine, historiens ou simples passionnés nous comptons sur vous pour nous faire partager vos découvertes!
Ste-Marie, la pirate :
Idéalement placée sur les voies maritimes où voguaient des navires chargés de cargaisons tentatrices : épices des indes, or, argent, pierres précieuses…l’île Ste-Marie, accueillait ses légions de pirates, leur offrant ses mouillages secrets, son eau douce à profusion, des fruits et de la viande pour se refaire une santé après des voyages éprouvants. Le charme des jeunes femmes malgaches n’était certainement pas le dernier des atouts de Ste-marie la douce qui devint entre la fin du 16ème siècle et le milieu du 18ème le fief de figures légendaires de la piraterie et les nombreux enfants métis issus de ces rapprochements culturels eurent un poids important dans le déroulement des évènements historiques de cette période. Leur mémoire demeure et certains sont encore honorés comme Ratsimilao fils de Thomas White et d’une princesse de Fénerive « Rahena » qui fut à l’origine de la fondation de l’ethnie Betsimisaraka. Sa tombe ainsi que celle de son épouse « Matavy » fille du roi Sakalava « Ramahasariki »demeure à Nosy Akoho, îlot situé en face de Fénérive, et les chefs Betsimisraka viennent ponctuellement solliciter son esprit lors de cérémonies secrètes lors desquelles de grands chaudrons en bronze sont exhumés de cachettes ancestrales afin de partager la nourriture sacrée. Les St-mariens sont fiers d’appartenir à ces ethnies des zafin’malata, les petits enfants mulâtres, et les derniers descendants du Roi de Tintingue « Tsifanin » lui-même fier de son ancêtre vazaha, occupent encore sa terre sacrée et gardent le souvenir des échanges avec les anciens pirates et des expéditions maritimes qui en découlèrent : « cf ; expéditions maritimes Betsimisaraka ».
L'île aux Forbans, au coeur de la baie d' Ambodifotatra, la capitale de Sainte Marie, abrite le cimetière des pirates où quelques hommes de cette époque épique reposent à jamais là ou leur destin les avait conduits : Olivier Levasseur dit
Ces hommes ne connurent pas les joies des prises extraordinaires comme celle de «
Des vestiges de ces bateaux pirates sont régulièrement exhumés : en 2001 c’est « l’Adventure galley », navire du capitaine Kidd retrouvé à quelques mètres de l’îlot aux forbans. En 2003 le Sérapis célèbre car américain et chargé d’histoire !
En 2005, une véritable expédition scientifique (démarré par la redécouverte du fameux pictogramme de Olivier Levasseur aux archives de la marine nationale française), permettra de retrouver «
Ste Marie la pirate n’a pas fini de nous faire rêver, et elle abrite encore de nombreux trésors, qu’ils soient d’or et d’argent ou d’histoires extraordinaires !
Comme celle de RATSIMILAHO, de Betia, et Labigorne
Ratsimilaho, Tamsilaho, Maromanompo, différents noms pour un seul homme qui sera le seul Roi betsimisaraka. Fils de Thomas White (pirate Anglais) et de la princesse de Fénérive Rahena.
Il est important d’insister sur la francisation des noms malgaches, ou au contraire de la malgachisation des noms européens, de nombreuses pistes historiques se terminent en cul de sac par une mauvaise transcription d’un nom.
Un exemple frappant : l’origine du nom de Tamatave (toamasina), est souvent expliqué par la phrase de Radama goûtant l’eau de mer pour la première fois et s’exclamant « Toa masina » = c’est salé.
Mais si l’on reprend la généalogie de Ratsimilaho une autre piste n’en est pas moins aussi crédible.
Thomas White était installé à Tamatave, et la prononciation de Thomas en malgache devient « Tomasy ». White, grâce à ses prises célèbres et l’aide du clan de son épouse fit prospérer la ville qui prit le nom de Tomasy. Ratsimilaho qui grandit à Tomasy prit pour épouse une princesse Sakalava du nom de Matavy (fille du roi Ramahasariky), de cette union naquirent deux enfants, une fille « Betia » (la très aimée qui sera en français Betti) et Jean Harry (qui devint Zagna hare puis Zanahary). Ces deux enfants grandirent entre Foulpointe et Tomasy, la contraction phonétique de l’héritage de leur grand-père Tomasy (White) et de leur mère donne Tamatavy ! Ainsi même l'origine du nom « Foulpointe » remonterait à l'arrivée du navire "Hopewell" de White. Cela aurait été son premier établissement nommé : "Hopewell Point" ! L’implantation réussie, suivie d’un mariage heureux aurait transformé le nom en « Hopefull point » (l’endroit chargé d’espoir !) pour un avenir meilleur ? Lorsque le comptoir passa aux mains des Français cela donna « Foulpointe » !
Le fils de Ratsimilaho, (Jean Harry) qui devint finalement Zanahary engendrera beaucoup d’erreurs dans la transcription orale de l’histoire ! Zanahary ne pouvait être que bon, ou tout du moins spécialement charismatique, il n’en est rien. Jean Harry sera finalement tué par ses sujets en 1767, et son règne ne laisse aucune trace dans l’histoire, si ce n’est sa vaine cruauté !
L’histoire de Thomas White laisse aussi la place à l’homonymie ! Il aurait eu une carrière de pirate très brève (1705-1719), originaire de Plymouth (Angleterre), il ne serait devenu flibustier qu’après avoir été lui-même été fait prisonnier par des pirates français. Sa première arrivée à Madagascar est déjà contreversée. L’une d’elle fait état d’un naufrage dans lequel il n’aurait sauvé que sa vie. Récupéré par des esclaves Malgaches qui s’étaient enfuis de St-Paul (île de
Pour revenir à l’histoire de Ratsimilaho, il faut remonter quelques siècles en arrière (15ème ?). Lorsque la côte-est était régie par un système clanique connu sous le nom des Filoha ou des tarika (des groupes familiaux plus ou moins étendus).
La lutte pour obtenir les meilleurs lieux d’échanges avec les navigateurs étrangers s’étendait depuis la baie d’Antongil jusqu'à Vatomandry. (Le premier traité officiel d’une nation étrangère avec les Malgaches est celui de Van Den Stel en 1642 avec le Filohabe d’Antongil). Guerres importantes pour la survie des clans car ces échanges étaient les seules opportunités d’obtenir des fusils et des mousquets. La ligne de démarcation entre ces différents clans était la rivière Ivoloina (
Il sut laisser suffisamment de place à chaque Filoha dans les échanges avec les bateaux étrangers pour qu’une période de paix entre les différents chefs de clans marque son règne !
Atteint d’une maladie pernicieuse (fièvres ?) et sentant sa fin proche il désigna lui-même sa fille Bétia comme son héritière ! Avait-il suffisamment de clairvoyance pour savoir que son fils n’était pas de la trempe dont on fait les grands meneurs d’hommes ? Nous ne pouvons que supputer.
Néanmoins, c’est peu de temps avant la mort de Ratsimilaho (1750-1751), qu’apparaît dans l’histoire orale ce fameux Labigorne : une embarcation fait naufrage au nord de l’île et un certain Jean Onésime Filet fait son apparition. Connu aussi sous le surnom de Caporal
L’origine de la cession de l’île Ste Marie à
Gosse se crut en pays conquis, commanda en colonisateur et la résultat ne se fit pas attendre : les St Mariens se révoltèrent et massacrèrent tous les français dont Gosse « 1753 ». (Seuls les proches de Betia échappèrent à la mort). Le royaume de Ratsimilaho était en train de se déliter, allant même jusqu’à la profanation de sa tombe à Foulpointe. C’est sans doute à cette époque que ses restes furent transférés sur l’îlot devant Fénérive, ville qui fut à l’origine de sa grandeur.
Betia, préférera retourner à Foulpointe avec sa suite et c’est la frégate « Le Mars » qui viendra la chercher pour l’emmener à Ste Marie accompagnée des chefs locaux pour établir le deuxième acte de possession de l’île (15 juillet 1753). Elle finira par abdiquer en faveur de son frère cadet (Jean Harry-Zagna Hary) en 1757 et finira ses jours à l’île de France ? (Île Maurice). A partir de 1750, le destin de Ste Marie et de
On retrouve les traces de Labigorne à Ste Marie comme traitant pour la compagnie des Indes (1758) aurait ensuite épousé Betia, puis à Foulpointe en 1762 où il combat Jean Harry, son décès est présumé entre 1773 et 1775. Il entrera plus haut dans les terres (appelé par les antanbanivolo pour combattre les Antakaye). Lors du voyage à la cour de Radama de A. Coppalle le chef du village de Manankanbany ( Diamanira) montrera les manguiers plantés par
En ce qui concerne Foulpointe ou « Mahavelona », (le nom serait à l’origine d’un rétablissement miraculeux d’un chef St Marien nommé « Tam »), dès 1761 cet établissement de traite fut préféré à Ste Marie car il était mieux pourvu en zébus, mais ce ne fut pas toujours de tout repos : 520 hommes du régiment Allemand Le Marck restent 4 mois pour sécuriser la traite en 1782. Le Commandant en chef Hamelin des frégates «
Le destin de Tsifanin, sera intimement lié aux rivalités politiques des anglais et des français : en 1818, Sylvain Roux débarque à Madagascar à bord du « Golo » commandé par le Baron de Mackau pour faire une nouvelle tentative de colonisation. Il reprend officiellement possession de Ste Marie, accueilli à bras ouvert par Tsifanin. Le gouvernement de Ste marie avait été confié à Tsifanin (qui régnait sur les restes du royaume de Ratsimilaho) au nord de Lokintsy (Louis quinze), et à Siba (sœur du Roi Tsimarovolan de Manantsatrana) pour le sud. Le baron de Mackau estime que l’implantation doit se faire à Tintingue (pour la qualité de son mouillage, la position stratégique, et le bois de construction navale) et récupère le Fort Dauphin. Sylvain Roux repartira en France avec deux princes Malgaches, (Notamment le petit fils de Tsifanin (Manditsara), qui seront présentés au Roi et qui recevrons les rudiments de l’éducation française de l’époque au pensionnat de Mr Morin.
Sylvain Roux saura plaider les intérêts d’une implantation française conséquente à Madagascar puisqu’il revient en 1821 à la tête d’un détachement de 60 ouvriers militaires, de colons, d’officiers : débarquement en octobre à Ste Marie depuis
Un nouveau traité d’alliance avec
Tous ces efforts seront contrecarrés par la politique de Robert Farcquard ! Son agent, Hastie,(né en Irlande en 1786, offocier de l’armée des Indes, 56 ème régiment de Port-Louis) négocie avec Radama un traité comprenant le droit aux anglais de s’installer en Imerna et en quelques années plus de trente écoles de langue anglaise avaient vu le jour ainsi que les premiers imprimeurs (Griffith).
Hastie, saura exécuter les directives de Farcquard et fournir, armes, instructeurs et officiers à Radama. L’un deux « Brady » sergent jamaïcain du 22ème régiment garnissaire de Port-Louis,entraînera si bien les troupes de Radama qu’il sera nommé Général. Radama, à la tête de trois mille hommes s’empara de Foulpointe, et ensuite entreprit de mater les chefs Betsimisaraka. Tsifanin, fourni en fusil et en poudre par le France concentra toutes les forces des Betsimisaraka du nord à la jonction de Sonierana-Ivongo et Manompana pour stopper la marche victorieuse de l’héritier d’Andrianapoinimerina. Hastie mettant à la disposition des troupes de Radama une corvette, opérera un mouvement de prise en tenaille en débarquant 250 hommes bien encadrés par des officiers Anglais à la pointe à l’Arrée. Pris entre deux feux, ignorés par les français repliés sur Ste Marie, les forces Betsimisaraka sont décimées et Tsifanin décapité. La route du nord étant ouverte, Radama ne rencontrera plus de résistance il ne verra sur son passage que des femmes le visage couvert de blanc(coutume Betsimisaraka qui rendait les femmes de guerriers partis au combat « mifady =taboue ») et pourra poursuivre son chemin sans combattre jusqu’à Maroentsetra (fond de la baie d’Antongil). On raconte d’ailleurs que le nom de cette ville viendrait d’un dernier coup de génie de Radama qui fit planter tellement de sagaie « maro entsetra » devant le dernier bastion Betsimisaraka qu’ils acceptèrent de se soumettre sans combattre.
Un dernier sursaut d’honneur verra les derniers guerriers valides de feu Tsifanin partir à l’assaut du fort construit par Radama à Foulpointe (27 juin 1825 relation écrite de A.Coppalle qui participera au combat en tant que servant de canon). Tsasy, commandant les Antavaratra Malata attaqua Foulpointe à la tête de 2000 hommes, Rafaralaha (11 honneurs) commanadant de foulpointe et préféré de Radama avait demandé des secours de la part de Jean René alors Mpankajaka de Tamatave. Celui-ci lui envoya une pièce de campagne, 20 soldat merina et 200 Betanimena en renfort. Les Betsimisraka se jettèrent au combat en poussant force cris et utilisaient une sorte de cor « conque marine », les ravages causés par les pièces de canons ainsi que l’organisation militaire des soldats hovas eurent raison de cette dernière tentative de rebellion des Betsimisaraka. Les morts furent décapités et leurs têtes plantées sur des piques, les quelques survivants qui furent faits prisonniers seront exécutés à la mort de Radama (1828). Jean René (malate né à Fort Dauphin vers 1773 d’un français de la compagnie des Indes nommé Bouchet et d’une Betsimisaraka Antatsimo) ne parut qu’une fois le combat fini.
Cent quatre vingt années plus tard, (2008), quelques familles peuvent encore justifier de leur ascendance avec ces hommes qui marquèrent l’histoire de la côte est, que ce soit du côté de Ratsimilaho (familles Botomora et Ngazy), de Tsifanin (descendants de Manditsara qui fut le premier à importer des plants de girofle de zanzibar, les Zafin’bala de Tintingue et de Maroantsetra), de Tsimarovolan, sans oublier les zanamalata de Mananara… Ne soyez pas étonnés de croiser des visages ornés d’yeux couleur d’émeraude ou du plus pur azur, sans parler de ces visages d’anciens qui imposent le respect ! L’épopée mythique des pirates, corsaires et flibustiers est bien révolue, mais autant que l’esprit, les gènes, ici, demeurent !!!
Libertalia (1693-1719)
Ratsimilaho sut sans doute reprendre à son compte l’échec que fut l’entreprise de Libertalia dans la baie d’Antongil. Cet épisode obscur de cette république libertaire avant l’heure, est souvent évoqué mais jamais reconnu. Pourtant amplement citée par Charles Johnson (Daniel Defoe ), restée ancrée dans l’histoire orale des Antavatra d’Antongil, elle a certainement existée ! (Les fameuses lettres de Misson reçues par Defoe depuis
Le capitaine Johnson raconte qu’à la fin du dix septième siècle, Thomas Tew se serait associé à un prêtre défroqué (Caraccioli) et à un Français (Misson) capturés tous les deux par les barbaresques en méditerranée et délivré par des pirates ! Misson et Caraccioli, d’abord réfractaires, auraient ensuite usés de leur influence pour adoucir les mœurs des pirates et finalement devenir leurs chefs. Après quelques prises heureuses, ils décidèrent de s’installer à Madagascar et fignolèrent le code des pirates pour en faire une véritable constitution. C’est ainsi que la première république pirate serait née. Johnson a sans doute volontairement exagéré les vertus de ces hommes, car leur rôle était quand même d’avitailler les navires de Tew. Ils auraient aboli l’esclavage avant l’heure, et c’est peut-être ce fait qui nous rapproche de la réalité. Le commerce des esclaves était largement développé à Madagascar et l’installation des Libertaires n’auraient été possible qu’après un accord avec les chefs locaux dans lequel il était stipulé que les pirates ne feraient jamais de prisonniers parmi les malgaches. La survie sur la côte est de Madagascar demande une santé de fer, peu habitués à travailler la terre et à cours de prises il semblerait qu’à cause d’un manque de vivres ils aient rompu leur alliance avec les chefs locaux pour fournir en esclaves un navire Hollandais ! La sanction fut immédiate et sans appel, les filoha d’Antongil s’allièrent et la fameuse république libertaire de Libertalia se termina par la mort de ces étrangers qui n’avaient pas respecté le traité.
Selon le mythe Betsimisaraka, deux hommes seulement survécurent à ce massacre, échappés de justesse sur une barque salvatrice ils réussirent à rejoindre
Généalogie de ratsimilaho
Thomas White-Tew ? 1519---------+----------Rahena (princesse de Fénérive)
Ratsimilaho ? 1950 51----------+-----------Matavy (princesse sakalave)
Betia ? et Jean Harry (1534-1567)
Iavy (1767-1791)
Zakavola (1791-1803)
Anarchy (1803-1811) (référence à Libertalia ?)
Sources :
Description véritable de l’île de Madagascar. Hieronimus Megiser. 1609
Histoire de la grande île de Madagascar. Flacourt. 1658
Boothby et LLoyd. 1647
Remefort. 1668
Dubois. 1674
Saussay et Ambroise paré. 1721
Archives nationales de la marine Française.
Archives nationales de la navy (Angleterre)
Père Botomora Emilien (prêtre diocésien d’Antsiranana)
Eugène Régis Mangalaza (vie et mort chez les Betsimisaraka) L’harmattan
Hubert Deschamps (histoire de Madagascar) Berger-Levrault deuxième édition Capitaine Johnson. « A General History of Pyrates » 1724
Frederic Victor C Chasseriau. 1845
Précis sur les établissements Français à Madagascar. 1836
Histoire et Géographie de Madagascar. Henry d’Escamp, Macé Descartes. 1846
Connaissance de Madagascar. Louis Philiber Lacaille. 1863
Charles Ogé Barbaroux. 1857
Voyage à Madagascar et aux îles Comores. BF Leguével et Lacombe. 1840
Ida Pfeiffer, voyage à Madagascar. 1881
Voyage dans l’intérieur de Madagascar et dans la capitale du Roi Radame en 1825 et
Archives familiales des Zafin’bala de Tintingue.
J.C Hébert. Les razzias Malgaches aux îles comores et sur la côte orientale africaine.
Taniko. Morceaux d’histoire et de généalogie.
Haisoratra : Actualités littéraires La chaîne des ancêtres
Create a free website at Webs.com