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R?sumer l'Histoire de la vielle en quelques lignes est quasimment impossible, tant son ?volution, sur le plan de la lutherie comme sur le plan social, a ?t? grande. N?anmoins, voici quelques points importants qui ont marqu? la vie de cet instrument.
Si le principe de cordes frott?es nous vient de l'Orient, la vielle ? roue (premier instrument ? cordes sur lequel un clavier est appliqu?) est tr?s vraisemblablement d'origine europ?enne, m?me si certains la voient arriver sur notre vieux continent avec les invasions Mauresques. On en trouve les premi?res traces (sous sa forme ancestrale) vers 1100 dans un texte r?dig? dans une abbaye b?n?dictine en Bavi?re, et sur les frontons de cath?drales espagnoles (Saint Jacques de Compostelle notament).
L'Organistrum, anc?tre de la vielle, ?tait un instrument jou?
par deux personnes : l'un tournait la roue, l'autre poussait ou tirait les touches.
Utilis? essentiellement dans l'interpr?tation de musiques sacr?es
(en accompagnement de chants liturgiques), on trouve de repr?sentations
de cet instrument datant du 12?me si?cle, en Espagne et dans le
Nord de l'Europe. Si le principe de fonctionnement est ? peu pr?s
rest? le m?me depuis son origine, la vielle a subi quelques modifications
avec le temps.
A partir du 13?me si?cle,
l'instrument subit une ?volution par la recherche d'un confort pour les
joueurs. Il devient plus court, et sa manipulation ne n?cessite plus
qu'une seule personne ; d?sormais on pousse les touches vers soi. Au
d?but de ce si?cle, sous le nom de symphonia, cet instrument sert
surtout ? l'interpr?tation de musique que l'on qualifie de savantes.
Mais vite d?tr?n?e par l'orgue qui accompagne de plus en
plus les chants religieux, la symphonia devient profane du fait de l'extension
de son r?pertoire, souvent dans?, et de multiples am?liorations
techniques modifiant petit ? petit sa personnalit?. Changements
techniques, changement social : les bandits et truands la r?cup?reront
fin 13?me.
A u
14?me si?cle le chien fait son apparition, et est utilis?
uniquement pour les danses dans les campagnes. Le nombre de cordes augmente
?galement pour passer ? cinq voir six (deux cordes m?lodiques,
une corde rythmique, deux ? trois bourdons) ; quant ? la tessiture,
elle ?volue petit ? petit d'un octave diatonique vers deux chromatiques
complets. Ainsi ce si?cle a ?t? une v?ritable p?riode
charni?re pour la chiffonie. On la trouve aussi bien dans les ?glises,
? la cour des Rois que chez les bandits, et jusqu'au 19?me elle
subira une oscillation entre ces milieux. En ce qui concerne sa forme, elle
passe du rectangulaire ? l'ovale trilob?e (fin 15?me),
forme que l'on retrouve dans les repr?sentations de vielleux du peintre
fran?ais De La Tour.
Ses
accords ne seront codifi?s qu'au 18?me si?cle. C'est d'ailleurs
? partir de cette ?poque que l'on peut v?ritablement parler
de vielle ?, roue. Les premi?res m?thodes apparaissent,
ainsi que la notion de "coups de poignets". L'instrument - au corps
de guitare - entre partout, il devient ? la mode et avec l'?poque
baroque appara?t tout un raffinement quant ? sa d?coration
: les chevillers se trouvent orn?s de magnifiques t?tes sculpt?es
(inspir?es des manches de violes), les plumiers et tables d'harmonies
sont recouverts de marqueteries, etc. De nombreuses sonates pour vielles, violons
et basses sont compos?es par Chedeville, Corette... on cite m?me
les noms de Mozart et de Vivaldi. La noblesse - dont la qualit? du jeu
importait moins que l'effet de mode - s'approprie v?ritablement la vielle
? roue, laquelle avait ?t? maintenue jusque l? par
une classe sociale largement m?pris?e par ces derniers.
Si
nous devons ? un luthier de Versailles, d?nomm? B?ton
l'Ancien, les vielles ? corps de guitare (vers 1716), nous lui devons
?galement les vielles ? corps de luth (1720). Mais les progr?s
faits en lutherie pour le violon r?duiront ce succ?s. La R?voltuion
fran?aise ach?vera ce travail par la destruction de nombreuses
vielles consid?r?es comme instruments bourgeois et nobles. L?
aussi de nombreuses t?tes tomberont !
Le 19?me si?cle verra cependant sa renaissance progressive dans les campagnes. De nombreux luthiers parisiens ont fuit la capitale lors de la Terreur pour se r?fugier en Berry et en Bourbonnais ; ce sera l'?ge d'or de la vielle ? roue en France et ce jusqu'au d?but du 20?me si?cle. Malheureusement la vielle se retrouvera une nouvelle fois d?tron?e, cette fois-ci par l'accord?on diatonique qui apparait mieux adapt? pour les airs en vogue. Les R?volutions ne r?ussissent d?cidemment pas ? la vielle ? roue, l'Industrielle lui est fatale ? moyen terme.
A partir des ann?es 1970, la vielle renait doucement, notemment aupr?s des jeunes. Des musiciens comme le franco-suisse Ren? Zosso, mais aussi des luthiers, vont faire revivre l'instrument en lui apportant un regard nouveau. La notion d'id?e culturelle favorise tr?s nettement cet renaissance.
Aujourd'hui,
la vielle est pr?sente dans de nombreux groupes folkloriques, groupes
de musique ancienne et traditionnelle, mais ?galement dans des formations
contemporaines. On constate un certain regain croissant de la part des jeunes
pour cet instrument.
De plus, la Lutherie - tout en gardant le c?t? traditionnel de
l'instrument - commence ? y int?grer de plus en plus des techniques
nouvelles. Un des plus grands luthiers en mati?re de vielle, Jean-Luc
Bleton, dit d'ailleurs :
"On peut faire un instrument ?lectrique et passer ensuite par
des amplis ou une sono, mettre toutes les bo?tes possibles et imaginables,
faire un clavier MIDI, attaquer un ?chantilloneur, un synth?,
ce que l'on veut. Techniquement tout est possible, et cela fonctionne bien.
L'instrument peut rentrer dans ce troisi?me mill?naire sans probl?me
! "
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