SOILWORK Sworm to A Great Divide | 6/10
Death Metal Mélodique - 2007



S’il est bien un groupe de death mélodique sur le déclin depuis quelques temps, c’est bien Soilwork (accompagné d'In Flames). Depuis plusieurs années (depuis la sortie de Figure Number Five pour être précis), les albums des Suédois ne font plus l’unanimité et le fossé qui sépare les fans de la glorieuse époque A Predator’s Portrait et les nouveaux ayant découvert la formation avec Natural Born Chaos voire Figure Number Five ne cesse de se creuser.

Le problème avec Sworn To A Great Divide c’est que l’on a l’impression que Soilwork se retrouve à nouveau le cul entre deux chaises, tout comme à la sortie de Figure Number Five. Sauf qu’il s’agit ici de la deuxième fois, et que ca commence, honnêtement, à faire beaucoup compte tenu de la qualité de jeu de chaque musicien qui compose le groupe. Peut-être est-ce dû à l’arrivée de Daniel Antonsson (Dimension Zero) pour pallier l’absence de Peter Wichers, principal compositeur et tête pensante de la formation, ou à un Speed de plus en plus présent, aiguisant désormais son chant clair au détriment de son registre hurlé.
Avec la sortie de Stabbing The Drama en 2005, le groupe avait clairement affirmé son nouveau virage musical bien plus néo (pop?) que death mélodique. Soilwork tente ici un timide retour aux sources… Sans succès. Le resultat n’est pas celui escompté et on a la ferme impression à l’écoute de certains titres comme "Light Discovering Darkness" ou "Exile" (ce dernier, qui remporte haut la main la palme du plus mauvais titre de l’album, peut aussi se vanter d’être l’un des pires morceaux que Soilwork ait pu composer) que tous les membres du groupe sont sous-exploités. Preuve en est, on ne peut s’empêcher de se demander ce qu’un batteur aussi technique et talentueux que Dirk Verbeuren fait là. Le Français, que l’on avait l’habitude de voir blaster et contre-attaquer avec des rythmiques dévastatrices dans ses précédents projets, baîlle aux corneilles et ne démontre à aucun moment l’étendue pourtant immense de ses capacités. Hormis sur la surprenante "The Pittsburgh Syndrome" (LE morceau rentre dedans de cet opus, exactement à la manière de "Blind Eye Halo" sur Stabbing The Drama) où il nous gratifie de quelques blasts, on n’a pas franchement l’impression que c’est Verbeuren qui est derrière les fûts.
De même pour les guitaristes qui ne balancent plus, ou presque plus, de riffs mélodiques comme par le passé. Quelques soli par-ci par-là comme sur « Breeding Thorns » mais rien de bien convaincant. A ce niveau-là, la page est bel et bien tournée pour Soilwork en ce qui concerne la place imposante que prenait les riffs dans la musique du groupe. Et ce au profit d’un certain Bjorn Strid.

Mais alors que reste-t-il de Sworn To A Great Divide? Hé bien, Bjorn Strid justement! Le crâne toujours aussi lisse et reluisant qu’un boule de billard bien astiquée, Speed est sur tous les fronts, à la manière d’Anders Friden (In Flames, vous connaissez?) : les compositions tournent désormais uniquement autour de son chant. Il faut reconnaître que contrairement à Anders, Speed maîtrise l’alternance des chants death/clairs à la perfection. Difficile une fois de plus de ne pas rester bouche bée à l’écoute de chaque refrain tant ceux-ci sont d’une justesse qui impose le respect. Bien que moins inspiré que par le passé, ceux de "Breeding Thorns", "Your Beloved Scapegoat" et "20 More Miles" ne vous laisseront pas de marbre.
Mais les chants clairs les plus courts sont les meilleurs. Et ca, Bjorn ne l’a vraisemblablement toujours pas compris. Le Suédois incorpore malgrés tout quelques nouveautés bienvenues dans son registre, mais à tendance a en abuser. On se retrouve ainsi avec des mélodies vocales à ne plus savoir qu’en faire qui ont pris le dessus sur le chant death, toujours aussi puissant et reconnaissable au passage, et qui rendent l’album rapidement saoûlant mais surtout bien plus accessible qu’à l’accoutumée. Sworn To A Great Divide ne pèse pas bien lourd sur le long terme et on le cerne de bout en bout après 5 ou 6 petites écoutes attentives.

"The Pittsburgh Syndrome", "As The Sleeper Awakes" et "Martyr" (qui fait office de bonus track sur l’édition limitée, un comble!) sont les seuls bons titres que Soilwork ait pu nous pondre pour cette cuvée 2007 qui ne fera absolument pas date dans la discographie du sextet Suédois.
L’intention de départ était pourtant bonne et cette galette s’annoncait prometteuse mais vous l’aurez compris, Sworn To A Great Divide n’est rien d'autre qu’un gros pétard mouillé. Le constat est amer et la déception immense, ce 7ème album des Suédois ne fera sûrement pas oublier le très mitigé Stabbing The Drama, qui aurait pu passer pour une simple expérimentation si cette suite n’avait pas été aussi fade.
Soilwork continue de creuser sa propre tombe et le cauchemar continue…

PS: L’édition limitée est fortement conseillée si, en tant que fan, vous souhaitez rentabiliser votre achat. Celle-ci comprends le très bon " Martyr" en bonus sur l’album et un DVD comprenant des studio-reports enregistrés en Suède et au Canada (au studio d’enregistrement de Devin Townsend (Strapping Young Lad)) ainsi qu’un concert entier de la tournée 2006 et le clip vidéo de "Exile".

Chronique par Tyhaich

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