(Musique Traditionnelle malgache MANDIHIZA RAHITSIKITSIKA - DANSE CRECERELLE, DANSE !)
BASES SYMBOLIQUES DE LA TRADITION MALGACHE
Peu d'arbres fleurissent sans feuillage,
peu de fleurs éclosent sans parfum
et peu de fruits mûrissent sans pulpe
tu as le feuillage, tu as le parfum,
tu as la pulpe du vieil arbre
qu'est ma race à lamba.
Ton nom rime bien avec jambes
dans cette longue que j'ai choisis
pour préserver mon nom de l'oubli,
dans cette langue qui parle à l'âme
alors que la nôtre murmure au cœur.
Ton nom rime bien avec jambes
avec les jambes que couvre ta finesse
transparente:
mais toi, tu rimes bien avec plusieurs autres choses
dans ma pensée.
Ton apparition rime avec les rochers,
en Imerina,
quand il y a fête et que la foule va sur les terrasses:
avec les bandes d'aigrettes pacifiques
qui viennent se poser sur les forêts de joncs
dès que chavire le soleil.
Avec la terre rouge qui nourrit les bambous;
avec les huttes qui bordent les futaies
- quelles ruches pleines de femmes-enfants ?
quelles femmes-enfants enduites de graisses végétales ?
- avec le sable étincelant
et les sources que cèlent les ronces,
et toutes les beautés inconnues de l'île australe
que tu animes enroulé sur les épaules des miens,
ô lamba que j'ai délaissé
mais qui m'envelopperas, à la fin,
dans le silence de la terre
d'où jaillira l'élan des herbes.
J. J. RABEARIVELO
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ENGLISH TRANSLATION
SYMBOLIC BASES OF THE MALAGASY TRADITIONS LAMBA*
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Lamba (traditional toga malagasy)
Few trees bloom without leaves,
Few flowers bloom without perfume
and few fruits mature
without pulp you have the foliage,
you have the perfume,
you have the pulp of the old tree
that is my race in lamba.
Your name rhymes well with legs
in this long that I chose
to protect my name of the forgetting,
in this language which speaks to the soul
while ours murmurs to the heart.
Your name rhymes well with legs
with the legs which covers
your transparent sharpness:
But you, you rhyme well with several other things in my thought.
Your appearance rhymes with rocks, in Imerina.
.When there is feast and that the crowd goes on terraces:
With the strips of peaceful egrets
which come to arise on the forests of rushes
as soon as the sun capsizes.
With the red ground which feeds bamboo;
With the huts which line forests
- what hives full of women-children ?
What women-children coated with vegetable fats ?
- with the glittering sand
and the springs which conceal brambles,
and all the unknown beauties of the southern island
which you stimulate rolled up on l
Ô lamba that I abandoned
but which will surround me,
at the end, in the silence of the ground
where from will spring the moose of spices.
RAMANATANTARA, 02/03/07
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VALIHA
Blocs d'émeraude pointus
surgis du sol
parmi l'herbe dont le fleuve est cilié,
et ressemblant à d'innombrables cornes de jeunes taureaux
enterrés vivants par un clair de lune.
Il est une eau pure, il est une eau secrète,
froide comme le sable où elle se cache,
qui remplit ces frêles conques non perforées.
Puis deviennent une forêt de flûtes non travaillées,
deviennent un peuple de fûts
où de l'eau est captive depuis les origines:
deviennent des bambous bruissant de nids
et de vents.
Ils y résonneront
jusqu'à ce qu'y vienne un artiste
qui brisera leur jeunesse de dieux
et qui les écorchera dans sa cité
et tendra leur peau
avec des fragments de calebasses
et des bribes de lianes.
Et lorsque le soleil sera rouge,
lorsque les étoiles écloront
ou que les matins battront des ailes,
au bord de l'être
ou sur une natte neuve,
les bambous ne seront plus
que des choses chantantes
entre les mains des amoureux.
J. J. RABEARIVELO
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ENGLISH TRANSLATION
VALIHA
Sharp blocks of emerald appear
from the ground
among the herb the river of which is ciliate,
and resembling in uncountable
horns of young alive buried bulls by a moonlight.
It is a pure water, it is a water secret,
cold as the sand where it hides,
which performs these frail not drilled conches.
Then become a forest of not worked flutes,
become people of trunks
where some water is captive since the previous history:
Bamboo bruissant of nests and winds becomes.
They will resound there
until comes there an artist
who will break their gods' youth
and who will skin them in his city
and will stretch out the skin
with fragments of gourds
and the fragments of lianas.
And when the sun will be red,
when stars will bloom
or when mornings will beat wings,
at the edge of the being
or on a new braid,
bamboo will be only melodious things
in the hands of the lovers.
RAMANATANTARA, Paris, 02/04/07
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DANSES
Chuchotement de trois valiha,
son lointain d'un tambour en bois,
cinq violons pincés ensemble
et des flûtes bien perforées:
la femme-enfant avance avec cadence,
vêtue de bleu – double matin !
Elle a un lamba rose qui traîne,
et une rose sauvage dans les cheveux.
Est-ce une pousse d'herbe haute, est-ce un roseau
qui s'agite à l'orée du bois ?
Est-ce une hirondelle des jours calmes,
ou une libellule bleue au bord du fleuve ?
La femme-enfant avance avec cadence,
muette soudain de bonheur.
Elle écoute trois valiha, un tambour en bois,
des violons et des flûtes.
Mais voici que ses lèvres tremblent,
où surgissent des songes
irrésistibles au point de devenir des plaintes,
et même des chants après !
Et la vieille femme s'émeut aussi
et vient prendre part à la danse:
un pan de son pagne est dans la poussière,
tout comme ses jours qui déclinent.
Ce ne sont ni plaintes, ni chants
qui fleurissent son visage:
des larmes l'imprègnent seules
au souvenir de tous les morts...
Se souvenir... Comme une pleine lune
près de chavirer et de n'être plus visible,
voici le printemps qui s'effeuille
et n'est plus qu'un tombeau de feuilles mortes...
Et les doigts se rencontrent:
les doigts frêles de la femme-enfant
et les doigts inertes de la vieille femme,
doigts pareillement translucides
se rencontrent et forment comme une passerelle
qui relie le crépuscule
déjà éclos sur les collines
avec le jour qu'annonce le coq !
J. J. RABEARIVELO
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ENGLISH TRANSLATION
DANCE
Whisper of three valiha,
distant sound of a wooden drum,
five violins were together pinched
and well drilled flutes:
The woman-child moves with cadence,
dressed in blue - double in the morning !
She has a pink lamba which dawdles,
and a wild rose in hair.
Is it a shoot of high herb,
is it the reed which stirs in the edge of the wood ?
Is it a swallow of quiet days,
or a blue dragonfly at the edge of the river ?
The woman-child moves with cadence,
dumb suddenly of happiness.
She listens to three valiha, a wooden drum,
violins and flutes.
But and her lips tremble,
where appear irresistible dreams
in the point of future of the complaints,
and even songs later !
And the old woman is also moved
and comes to take part in the dance:
A piece of its loincloth is in the dust,
quite as its days which fade.
It is neither pitied, nor songs
which decorate with flowers the face:
Tears fill it only
in the memory of every deaths...
Remember... As a full moon
to capsize and not to be visible any more,
here is the spring which
remove the leaves fromand is not more than a grave of dead leaves...
And fingers meet:
The frail fingers of the woman-child
and the sluggish fingers of the old woman,
in the same way translucent fingers meet
and form as a bridge which connects
the twilight already hatched on hills
with the day which announces the cock !
RAMANATANTARA, Paris, 02/04/07
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J.J. RABEARIVELO LE POETE MALGACHE bilingue le plus connu dans le monde
Romancier, Dramaturge, Critique LITTERAIRE - POETE In Encyclopédie Universelle Membre Académie Malgache
Webmestre Olga HELISOA