L'Outre-bulletin

Bulletin de l'association de circonscription d'Outremont

Volume 1, no 4 

Octobre-décembre 2008  

Pour la gratuité scolaire

L’éducation est une question prioritaire dans une société

Les engagements de Québec solidaire

Gratuité scolaire: Trois scénarios d’application

Suggestion de lecture

La marchandisation de la société

Mon école

 

Notre adresse courriel : qs_outremont@yahoo.ca

Section Outremont sur le site du national   

Pour la gratuité scolaire

Université de MontréalLa gratuité scolaire a mauvaise réputation au Québec. Pourquoi les étudiants ne devraient-ils pas payer des frais de scolarité alors que grâce à leurs études ils vont pouvoir obtenir un emploi qui leur permettra de gagner leur vie? Pourquoi la société devrait-elle payer au profit d’un petit nombre d’individus? Et cela ne favorise-t-il pas l’échec scolaire et le gaspillage, puisque des étudiants qui ne paient pas sont moins motivés à réussir leurs études? À toutes ces questions, Québec solidaire répond négativement.

Nous considérons que les études sont un droit, et non pas un privilège réservé uniquement à ceux qui peuvent se le permettre. La société dans son ensemble y gagne lorsque la population peut faire des études universitaires : mieux informés, plus vigilants, grâce à l’éducation les individus deviennent des citoyens. Et à l’argument que les étudiants sont moins motivés s’ils ne paient pas leurs études, à Québec solidaire nous répondons en posant la question : un étudiant a-t-il plus de chance de réussir ses études si en plus de celles-ci il doit travailler pour se les payer ? Cela ne le conduit-t-il pas tout droit à l’échec ? Pour nous, non seulement la gratuité scolaire est un droit, mais elle est socialement et économiquement rentable. Dans ce numéro thématique sur l'éducation, vous trouverez plusieurs articles qui le montrent.

 

 

 

RETOUR

L’éducation est une question prioritaire dans une société

C’est notre droit d’obtenir une éducation publique, laïque, gratuite et de qualité. Le Comité de mobilisation pour la grève à l'Université de Laval a avancé que selon les plans du gouvernement, les frais de scolarité pourraient passer de 1668$ par année, pour un étudiant qui commence un programme de baccalauréat, à 2167$ en 2011-2012. Soit une hausse de près de 600$ et ce montant ne tient pas compte des frais afférents qui, eux, sont laissés à la discrétion de chaque université. Ceci est inacceptable.

RETOUR

Les engagements de Québec solidaire

Proposition #18 :

Une plus grande accessibilité à l’éducation :

Québec solidaire réduira progressivement, et ce à tous les niveaux, le nombre d’élèves par classe.

Québec Solidaire éliminera progressivement les subventions aux établissements privés et les frais de scolarité et ajoutera des ressources complémentaires dans le but d'offrir à tous et toutes une éducation publique laïque, gratuite et de qualité.

Québec solidaire embauchera, dans chaque commission scolaire, des employé-e-s spécialisé-e-s pour fournir les services adéquats aux élèves en difficulté d’adaptation et d’apprentissage.

Québec solidaire éliminera l’endettement étudiant et réformera le régime d’aide financière aux études en consultation avec le mouvement étudiant, de façon à ce qu’il corresponde aux besoins des étudiant-e-s.

Un gouvernement de Québec solidaire fera du programme de l’Aide financière aux études un système intégralement public et fera en sorte que la dette des étudiant-e-s se rapporte au patrimoine individuel afin que cette dernière soit comptabilisée en cas de faillite personnelle.

 RETOUR

Gratuité scolaire: Trois scénarios d’application

Rapport de recherche publié le 15 octobre 2007
par Philippe Hurteau et Marc Daoud

Dans cette recherche, l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) explore l’éventualité d’une abolition des frais de scolarité comme moyen d’éliminer les obstacles financiers à la poursuite d’études supérieures et d’un réinvestissement majeur menant au règlement du sous-financement structurel des institutions d’enseignement postsecondaire. De plus, nous proposons trois scénarios de mise en application de cette politique en vue de démontrer sa viabilité pour les finances publiques du Québec.

Principales conclusions

• Le coût cumulé de l’abolition de la tarification de l’éducation postsecondaire et du règlement du sous-financement de ce réseau d’enseignement s’élève à 1,22 MM $ ;

• Un scénario d’application d’une telle mesure sur 10 ans n’entraînerait qu’une augmentation de 0,2 % par année du budget du Québec ;

• La tarification des études postsecondaires cause plusieurs problèmes économiques et sociaux liés à l’endettement étudiant et à l’accessibilité pour les moins nantis dont la fréquentation des universités canadiennes est deux fois moindre que celle des familles ayant un revenu annuel supérieur à 100 000 $ ;

• L’augmentation des frais assumés par les étudiants n’est pas un réinvestissement en éducation, mais il est généralement utilisé par les gouvernements comme un substitut au financement public. Au Québec, le financement étatique des universités est passé de 87 % en 1988 à 71 % en 2002;

• Comme le démontre l’expérience britannique, l’augmentation des frais de scolarité entraîne une chute des inscriptions et une réorientation des étudiants vers des domaines plus techniques ;

Bref, un réinvestissement important orienté vers l’abolition des frais de scolarité et le refinancement des cégeps et des universités apparaît comme étant économiquement viable et socialement plus équitable que la hausse de la tarification.

Pour plus amples informations consulter le document à : www.iris-recherche.qc.ca

RETOUR

Suggestion de lecture

Bavardages d'un vieux prof avec son petit-fils
Une révolution non violente en éducation
Constantin Fotinas

ISBN 2-921561-42-5 277 pages 23 $

Bavardages d'un vieux prof« Nous devons nous lever et partir ; descendre dans les rues et marcher avec nos frères et sœurs dans la même direction sans rien dire ; le temps de la parole et des discussions est révolu ; réaliser la grande marche vers la sortie de la ville : "Formez vos bataillons" ; réaliser le grand exode vers les champs, vers la terre fertile. Oui, nous avons besoin d'un grand exode, d'une révolution non violente en éducation ou nous sommes perdus. Notre avenir dépend de cette révolution et son succès repose sur des visages paisibles comme ceux des Lapithes, hommes et femmes, que j'ai vus sur le fronton du temple de Zeus à Olympie. »

Dans ce livre, Constantin Fotinas insiste sur la nécessité de redonner à l'éducation la place qui lui revient comme véritable pilier de toute société.

L'éducation ne doit pas servir à produire des êtres dociles, facilement contrôlables par les autorités. Elle doit plutôt former des adultes épanouis, libres, originaux, capables de penser par et pour eux-mêmes. Dans la première partie de ce livre, l'auteur nous confie ses vues sur la nature humaine et la société actuelle. Il parle entre autres de la peur viscérale que nous avons du changement et surtout, d'être rejetés par notre groupe d'appartenance et il explique comment cette peur est entretenue par le syndrome de l'abondance et de l'excellence.

Dans la seconde partie, Fotinas nous entraîne dans son monde intérieur, véritable miroir de celui de tout être humain. Il nous fait découvrir comment tout n'est qu'illusion et que chacun de nous possède ses propres vérités, ses propres questions et ses propres réponses.

Finalement, il partage avec nous un des « grands amours de sa vie », le Café-École de quartier, cet endroit de la rue où tous, hommes et femmes, peuvent entreprendre le cheminement de toute une vie... leur éducation.

Constantin Fotinas a été professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal pendant près de trente ans. Auparavant, il a fait du droit, de la criminologie, de l’ethnologie, du cinéma, de la pédagogie audiovisuelle et des sciences religieuses.

RETOUR

La marchandisation de la société

Liasse de billetsLe gouvernement de Jean Charest adopte les principes de l’économie néolibérale en désengageant l’État des services publics et en accordant plus de pouvoir aux corporations.  Le néolibéralisme est un modèle économique qui privilégie le profit et son accumulation.  Ils deviennent une fin en soi dans un marché où l’individu n’est qu’une ressource utilisée.  Il en résulte que l’éducation, la santé, la sécurité et l’emploi perdent leur raison d’être, leur essence, pour être subordonnés à une panacée qui est la croissance économique.  Le droit à l’éducation comme un service public et accessible à tous est un mythe au Québec.  L’augmentation des frais de scolarité postsecondaires et la promotion de l’école privée ne favorise qu’une certaine couche de la population.  L’universalité des soins de la santé est un mythe également.  Pour la RAMQ, les immigrants reçus (ou les résidents permanents) doivent attendre trois mois avant d’être assurables pour obtenir des soins gratuits.  Quant à la médecine à deux vitesses qui est en train de s’implanter au Québec … elle est déjà ici, à côté de chez nous, sur la rue Rockland.

Lorsque l’on s’intéresse à l’actualité on peut avoir l’impression que certains ministres du Parti Libéral siègent à la Chambre de Commerce de Montréal.  Le gouvernement Libéral se demande ce qui pourrait être rentable pour notre économie.  C’est avant tout la mentalité de la croissance économique qui prime.  L’éducation : quel est le besoin en main d’œuvre de nos   entreprises?  L’immigration : quel est le besoin en main d’œuvre pour nos entreprises?  Les ressources naturelles : de quelles façons peut-on encourager les entreprises à exploiter ces ressources?  L’industrie pharmaceutique : de quelles façons peut-on encourager les entreprises privées à faire de la recherche.  L’art : de quelle façon peut-on encourager l’entreprise privée à subventionner l’art?

Mais attendez, est-ce que l’on a pensé à combien je paie les médicaments, à l’enseignement dans nos écoles, à la qualité de l’eau de nos rivières, aux artistes ou aux besoins des immigrants?

Les Libéraux, le PQ et l’ADQ croient que la CORPORATION est un contribuable responsable.  Elle agit en bon parent de famille envers ses employés, ses voisins, les citoyens, bref, envers tous ceux qu’elle touche de près ou de loin.

Un texte de Réal Vermette

RETOUR

Mon école

Nous avons demandé à nos lecteurs quels sont leurs perceptions de l’école d’aujourd’hui.  Voici ce qu’ils nous ont répondu. 

mortier

Québec solidaire-Outremont : Quelle est l'école de vos rêves ?

Jérémie : L’école dont je rêve est une école qui permette effectivement de parler d’égalité des chances, c’est-à-dire une école qui compense les inégalités sociales très réelles dans le Québec d’aujourd’hui. Malheureusement, les écoles des quartiers défavorisés sont également les moins bien nanties. Il est statistiquement peu probable d’aller à l’université après avoir fréquenté ces écoles. Au contraire, il faudrait compenser les difficultés sociales des habitants d’un quartier par une éducation de qualité, avec un encadrement adéquatement financé. Cette compensation permettrait alors de parler réellement d’égalité des chances. C’est un peu utopique, et il est plus réaliste de défendre l’école qui réunit des élèves de toutes les classes sociales. Cela marchait bien dans les années 70 aux États-Unis avec ce que l’on a appelé le « busing ». Bien sûr, le contexte était différent.

Québec solidaire-Outremont : Qu'est-ce que vous n'aimez  pas de l'école actuelle ?

Jérémie : Je n’aime pas que les élèves ou les étudiants n’en ressortent pas libre-penseur, ou que très peu en ressortent effectivement autonomes. Le fait que peu de gens soient politisés, la sous-information des citoyens, la médiocrité des débats politiques qui s’adressent à un large public, l’apathie, la stupidité de la télévision grand public, les théories du complot, tout cela me semble découler de lacunes dans la formation, qui est mal financée et qui forme plus des consommateurs que des citoyens autonomes. Il faut former à l’esprit critique, aussi bien à l’école qu’à l’université. Pour une partie des élèves, c’est le cas, mais il faudrait que ce soit un objectif prioritaire assigné à l’école.

Québec solidaire-Outremont : Selon vous, quels sont les défis de l'école ?

Jérémie : Ouvrir à la diversité grandissante de la société québécoise, avec comme dénominateur commun le français. Il faut continuer à encourager les écoles multiethniques et multiculturelles, pour que tous les élèves aient à la fois une ouverture sur d’autres cultures que la leur, et une formation commune, dont le français serait un élément important. En somme, il s’agit de faire une école qui forme des citoyens ouverts et tolérants, et qui peuvent communiquer entre eux. Rien d’extravagant...

Jérémie Cornut est étudiant au doctorat en sciences politiques à l'UQAM.

mortier

Québec solidaire-Outremont : Quelle est l'école de vos rêves ?

Martine : Ce que j’aimerais qu’on améliore dans le système scolaire au niveau de l’enseignement primaire est l’attention que l’on porte aux élèves que l’on pourrait considérer comme « moyens ».  J’aimerais qu’on ait plus de temps pour eux.  Dans les classes, on place les très bons élèves à part.  D’autre part, on accorde plus de temps aux enfants qui ont des problèmes d’apprentissage parce qu’ils ont davantage de besoins.  Mais on n’a pas de temps pour ceux qui se situent au milieu du peloton.  Il y a quelque fois une perte de motivation chez eux.

L’école de mes rêves est pour moi une école dont les classes sont moins chargées d’élèves.  Il y devrait aussi y avoir plus de projets de classe, comme des activités artistiques ou sportives.  Il y a autre chose que le français et les mathématiques comme matière à enseigner.  Ce pourrait être des projets de science également.  La réforme scolaire était supposée apporter ce genre de projet, mais dans la réalité, ce n’est pas cela que je vois avec mes filles.

Martine Archambault est mère de deux filles qui sont à l’école primaire en 3e année et en 6e année.

mortier

Québec solidaire-Outremont : Qu'est-ce que vous n'aimez  pas de l'école actuelle ?

Alexandre : Tout comme au Fédéral, mon école secondaire est en élection.  Le conseil des élèves élu sera représenté au Conseil d’Établissement (C-E). Tout comme au Fédéral, les candidates et candidats utilisent des moyens pour se faire connaître tels que des pancartes électorales.  Sur l’une d’entre elle, j’ai pu apercevoir un slogan qui disait : « Votez pour changer ». Changer quoi? Changer un élève pour qui sa représentation au Conseil d’Établissement n’est qu’une propagande pour l’école auprès des étudiants?  Changer nos moyens de pression et nos opinions publiques qui se font piétiner?

Nous sommes représentés par un ou deux élèves qui « siègent » au C-E. Mais est-ce que cela sert à quelque chose ?  La réponse est non. Sur le conseil il y a : des parents, deux étudiants, l’administration et à des employés de l’école.  Est-ce que nous pouvons nous attendre à ce que deux élèves n’ayant aucun impact puissent faire face à une administration et des employés ? Et que ces deux élèves soient simplement deux marionnettes que l’école utilise à une fin non approuvée par ces deux victimes ?

Par exemple, l’année passée, l’école a adopté le port d’un demi-uniforme.  Devinez qui a annoncé le projet?  Le conseil étudiant qui n’était pas d’accord.  Avant d’annoncer le résultat des soi-disant votes, l’administration avait mis au point une présentation, annoncée par les élèves qui voulaient influencer les gens à être en faveur de l’uniforme. Des promesses de prix ont été faites comme quoi un polo allait coûter seulement 5$.  Surprise! Il en coûte 25$.

Cette école me déçoit.  Nous avons beau manifester devant l’école, écrire des lettres au directeur et nous plaindre de notre mécontentement à l’administration mais le C-E restera toujours dur d’oreilles lorsque les élèves essaient de revendiquer.

Non, je ne présenterai pas ma candidature dans mon école et je n’irai pas voter non plus.

Ce n’est pas parce que nous sommes mineurs qu’on doit nous traiter comme des animaux.

Alexandre Cambron est étudiant en Secondaire V.

RETOUR

Éditeur : Réal Vermette. Collaborateur : Jérémie Cornu. Supervision : Dounia Kayal.