L'Outre-bulletin

Bulletin de l'association de circonscription d'Outremont

Volume 1, no 3 

Juillet-septembre 2008  

Culture Solidaire

Retour sur la commission Bouchard-Taylor

J’♥ Mile End

Un artiste engagé

La fête des travailleurs et travailleuses

Les centres d'artistes du Mile End

Suggestion de lecture

Paroles Solidaires

 

Notre adresse courriel : qs_outremont@yahoo.ca

Section Outremont sur le site du national   

Culture Solidaire

Nef pour quatorze reines, <i>détail d'un bandeau et de deux podiums, en hiver</i>Le Québec. Une nation ? Une société distincte ? Un pays ? Peu importe l’attribut que l’on veut lui donner la culture occupe une place particulière au Québec puisqu’elle permet de maintenir une identité unique aux Québécoises et aux Québécois dominée par la culture étatsunienne.  Cette culture est parfois engagée et solidaire.  Les quartiers de Côte-des-Neiges, d’Outremont et du Mile End y contribuent.  Dans ce numéro, nous aborderons ce thème pour rendre hommage aux artistes de notre quartier.

 

 

 

 

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Retour sur la commission Bouchard-Taylor

Québec solidaire appuie les 37 recommandations des commissaires Bouchard et Taylor, dont nous saluons la modernité et la sagesse. Au départ, plusieurs s’interrogeaient quant à la pertinence d’une telle commission. Maintenant, c’est fait. Le rapport est publié. Qu’en pense-t-on? Les conclusions de Bouchard-Taylor ont amené certains leaders de l’ADQ, du PLQ et du PQ à montrer leurs deuxièmes visages. D’un côté, le visage du parti politique qui représente tous les Québécois et Québécoises. De l’autre côté, un deuxième visage, c’est celui de la non-acceptation de l’autre et de la surenchère de la xénophobie. Nous ne pouvons pas accepter cela. Comme l’indiquait Françoise David dans un article paru dans Le Devoir du 2 juin 2008, « Le pari de Québec solidaire est celui de l'intégration, et non de l'exclusion et du renvoi au ghetto. » Nous, à Québec solidaire, nous ne prétendons pas que la cohésion sociale est une chose facile à promouvoir. Cependant, comme sur les routes du Québec, le dépassement par la droite est interdit.

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J’♥ Mile End

Nous avons rencontré Dina qui habite le Mile End sur l’avenue du Parc. Nous lui avons tout simplement demandé qu’est-ce qu’elle aime de son quartier. Voici ce qu’elle nous a répondu :

Dina : Ça fait huit ans que j’habite le Mile End. Je m’y plais énormément. J’aime beaucoup le fait qu’il y a une grande diversité de cafés et de restaurants. La vie culturelle y est très riche également. J’assiste souvent à des expositions d’art visuel qui sont dans le quartier. Dans différents cafés on peut assister à des soirées de poésie, de chansons ou à des spectacles musicaux. Lorsque je sors dans la rue je constate que le rythme de vie est plus lent qu’au centre-ville. Les gens apprécient les terrasses et les cafés. Est-ce que vous avez remarqué également qu’il n’y a pas de magasin à grandes surfaces dans le Mile End ? Je crois que tous ces facteurs contribuent à une atmosphère conviviale dans le quartier. Les gens se parlent et font bon voisinage. Peut-être m’avez-vous déjà parlé. Vous voulez voir ma photo ? Non. Désolé.

Je veux mentionner aussi que la hausse fulgurante des loyers dans le Mile End m’inquiète. Heureusement, il y a l’implication des habitants du Mile End qui aiment beaucoup leur quartier. Une association de citoyens où leurs préoccupations sont exprimées. Il s’agit du Comité des citoyens du Mile End dont voici l’adresse courriel: comitecitoyenmileend@gmail.com

QS-Outremont : Alors, pas de photo de toi ?

Dina : Non. Désolé…..

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Un artiste engagé

Louis MuhlstockMuhlstock, Louis, artiste peintre (Narajow, Pologne, 23 avril 1904 - Montréal 26 août 2001). On le connaît surtout comme peintre du temps de la Crise des années 30. Muhlstock arrive à Montréal en 1911 et travaille pour l'entreprise familiale d'importation de fruits. Il prend des leçons d'art le soir, puis étudie en France de 1928 à 1931.

Après 1931, il enseigne le dessin dans son studio de Montréal et dessine aussi des chômeurs non loin de Fletcher's Field (aujourd’hui le Parc Jeanne Mance), captant l'esprit de l'époque dans des dessins à la craie ou au fusain, d'une grande sensibilité et souvent réalisés sur du papier d'emballage. Il livre un témoignage unique sur Montréal à l'époque de la grande Dépression. Louis Muhlstock exprime son empathie pour les plus démunis en représentant des chômeurs, des malades et des taudis. Il évoque son quartier de l'Est de Montréal avec des scènes extérieures émouvantes du marché sur la rue Saint-Laurent ou de cours arrière ombragées.

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, il fait des croquis des riveurs des chantiers navals de Montréal, qu'il présente sous le titre de War Workers (1945). Au cours des années 50 et 60, il présente des expositions solos au Musée des beaux-arts de Montréal et aux Waddington Galleries, puis, en 1972, au Centre culturel de VERDUN. En 1976, la Windsor Art Gallery présente l'exposition « 45 years of Muhlstock ».

En 1978, il expose à la Place des Arts, et l'Université Concordia présente l'exposition « New Theme and Variations » en 1986. À cette époque, presque toutes les oeuvres de Muhlstock sont abstraites. En septembre 1996, une rétrospective comprenant 80 oeuvres est présentée dans des galeries du Québec ainsi qu'à Edmonton. Muhlstock, qui a peint quotidiennement chez-lui à Montréal jusqu'à sa mort a décrit son oeuvre comme « seulement une parcelle de temps ».

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La fête des travailleurs et travailleuses

Au départ de la marche pour la Fête des travailleurs et travailleuses au Parc Lafontaine à Montréal nous avons rencontré Sujata Dey, candidate de Québec Solidaire dans la circonscription d’Outremont lors des élections de 2007.

Québec solidaire – Outremont: Bonjour Sujata.  Ça fait plaisir de te voir.  Aujourd’hui, le 3 mai 2008, tu participes comme des dizaines de milliers de Québécois et Québécoises à la manifestation de la Fête des travailleurs et travailleuses.  Selon toi, à combien de manifestations pour la Fête de travailleurs et travailleuses as-tu participé ?

Sujata : Je ne pourrais pas dire.  Lorsque je suis née, mon père était en grève, alors je ne peux pas te dire.  Beaucoup j’imagine.  J’ai participé à ces marches dans plusieurs villes où j’ai habité.  C’est une tradition très importante, car cela nous rappelle l’importance du mouvement ouvrier partout au monde, maintenant plus que jamais, avec la mondialisation.

Québec solidaire – Outremont : Si tu te reportes à une de ces manifestations, il y a dix ans, qu’elle est la différence avec aujourd’hui ?

Sujata : Il y a un mythe qui dit que nous avons des gros syndicats, et que les syndicats ont beaucoup trop de pouvoir.  Les gens disent aujourd’hui que les syndicats sont trop forts, mais dans les faits, la mondialisation et les politiques qui diminuent l’État ont eu un gros impact. C’est si prononcé que les économistes parlent d’une diminution du pouvoir des ouvriers.

Et regardons la réalité! Les conditions d’emploi sont précaires.  Nous avons régressé en ce qui a trait à la permanence des emplois.  Ce sont des conditions d’emploi de plus en plus rares.  Les lois adoptées par Charest n’ont qu’augmenté ce problème.

Récemment, Statistique Canada publiait un apport où l’on pouvait lire que les salaires n’avaient pas augmenté depuis vingt-cinq ans.  Il a été établi que les gains des travailleurs à temps plein ont augmenté de moins que $50 depuis 1980.  En 1980, le salaire médian était de 41 348 $.  En 2005, ce salaire était de  41 401 $.  Il n’y a eu une augmentation de seulement 53$ !

D’autre part, les riches sont encore plus riches.  Les revenus des plus riches ont augmenté par 16,4 % et les revenus des plus pauvres ont diminué de 20,6%.  Dans cette asymétrie des revenus des salariés, les immigrants et les jeunes ont perdu beaucoup depuis vingt ans sur le marché du travail et ils sont beaucoup plus pauvres que les autres Canadiens en général.  Ma génération (ceux de moins de 35 ans) gagne beaucoup moins que leurs parents et cette génération n’a pas accès à un fond de pension étant donné qu’ils travaillent dans la précarité.

Le rapport de Statistique Canada dit aussi que maintenant les gens dépensent une plus grande part de leur budget en loyer parce que les prix ont aussi augmenté, faute de logements sociaux.  Depuis 1990, le fédéral a coupé beaucoup dans le logement social et le provincial n’a pas entrepris les démarches adéquates pour assurer le logement abordable.  À Montréal, les locataires connaissent des hausses de loyer et tout le monde connaît des gens qui sont forcés de déménager à cause de ces augmentations.  Pour les travailleurs et travailleuses, le logement représente l’essentiel de leurs dépenses.  Au bout du compte, les gens ne gagnent pas beaucoup plus qu’il y a dix ans, ils paient beaucoup plus en logement, et en alimentation, mais ils ont beaucoup moins dans leurs poches.  Nous avons eu l’effet de gouvernements qui ont décidé de plus en plus de laisser aller les compagnies en ne leur demandant pas de contribuer à la société en payant leur juste part d’impôts.  Nous avons eu une détérioration dans les programmes sociaux depuis des années et une diminution de nos salaires.  Nous n’avons qu’à regarder notre système de santé et dans notre système d’éducation où la qualité des services a beaucoup diminué.  Malheureusement, nous avons assisté passivement à cette réalité et nous nous sommes ajustés à ces faits au cours des années.  Cependant,  lorsque l’on observe cette situation froidement, je ne comprends pas pourquoi les gens ne sont pas outrés!   

Québec solidaire – Outremont : Quelle est la place des syndicats aujourd’hui ?

Sujata :   Les syndicats sont là pour défendre leurs membres, c’est leur travail numéro un.  Mais aussi, les syndicats devraient être là pour assurer qu’il y a un meilleur climat social pour tous ceux qui forment la société.  Le rôle d’un syndicat est de toujours travailler en solidarité avec les immigrants, les personnes pauvres ou sans emploi et les gens qui travaillent pour les droits de la personne.  Souvent, les droits des uns et les droits des autres sont intimement liés.  Par exemple, s’il n’y a pas un système de sécurité de revenu adéquat, les gens ont davantage tendance à travailler dans des conditions d’exploitation parce qu’il n’y a pas des véritables choix.  Si nous avons un système de santé inadéquat, c’est les travailleurs qui perdent en fin compte.  Je vois les syndicats comme un important catalyseur pour défendre la majorité des gens.

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Centre d'artistes du Mile End

Centres d'artistes du Mile End

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Suggestion de lecture

The Violets of Usambara

The violets of UsambaraHer ancestors from Scotland, born in the United States, Mary Soderstrom lives in Outremont.  Mary Soderstrom is a writer of fiction and non-fiction who is interested in what we are doing to this planet. Mary is well known in Outremont for her involvement in the Outremont’s library book club.  She is as well known columnist for Quill & Quire.  Her most recent non-fiction book is Green City: People, Nature and Urban Places (Véhicule Press, 2006,) which was one of The Globe and Mail's 100 best books of 2007.

“Mary Soderstrom's The Violets of Usambara is a moving novel that explores the possibility of redemption in a morally complex world. Cutting between Canada and tension-filled Burundi, it has echoes of Graham Greene both in setting and tone, but it is above all Soderstrom's intelligent investigation of power and its absence and love over a lifetime of a marriage.” Antanas Sileika, Canadian novelist and critic.

Check out her website at http://www.geocities.com/marysoderstrom

 

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Paroles Solidaires

Le 27 mars 2008, au Dépanneur Café, sur la rue Bernard, se tenait la soirée Paroles Solidaire organisée par Québec solidaire-Outremont. D’abord, nous voudrions dire merci à Delice Mugabo qui a été l’instigatrice de cette soirée. Cet évènement a attiré un nombre impressionnant de spectateurs venus encourager à la fois les idées véhiculées par Québec solidaire et des artistes auteur-compositeur-interprètes de la chanson québécoise. Françoise David était parmi nous.

Les derniers gouvernements au pouvoir, que ce soit les Libéraux ou le Parti Québécois, se sont toujours vantés d’avoir mis de l’avant la culture au Québec. Ils nous ont raconté à quel point il s’agit d’une partie importante de la société québécoise. Pourtant une très grande partie des artistes au Québec vivent sous le seuil de la pauvreté. Souvent, l’implication des gouvernements pour promouvoir la culture se limite à des subventions données aux artistes connues lors de grand événements comme les fêtes de la St-Jean ou les différents festivals. Au contraire, une fois au gouvernement, Québec solidaire mettra en place des politiques pour réellement démocratiser la culture.

Le premier artiste à se présenter sur la scène a été Sébastien Rioux du groupe Cagibi. Il nous a livré une solide performance avec voix et guitare. Micros Armés a suivi avec un rythme corsé de hip-hop à la réalité frappante. Deleplage a conclu avec des compositions relevées, sujettes à réflexion.

Merci pour votre participation.

 

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Éditeur : Réal Vermette. Collaborateurs : Sujata Dey et Jérémie Cornu.