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| Un peu d'histoire... |
Le Vietnam ne fut pas une guerre coloniale parmi tant d'autres. Pour les jeunes qui se révoltèrent en 1968 contre les pouvoirs dominants dans le monde entier, le Vietnam fut beaucoup plus. Il a représenté une première étape dans la prise de conscience des limites de l'Occident démocratique.
La résistance tenace et les sacrifices de cet ancien peuple de paysans montrèrent aux jeunes Occidentaux que la grande démocratie américaine n'était pas libérale au point de consentir que quelqu'un, dans une lointaine province d'Asie, choisisse une voie différente de la sienne.
Le Vietnam a revêtu une valeur d'exemple dans la mesure où il démontra que la plus grande puissance militaire, technologique et financière au monde ne parvenait pas à venir à bout d'un peuple qui luttait pour l'indépendance et la liberté. Après la victoire de 1975, les erreurs de la politique vietnamienne et les conflits pour l'hégémonie dans le pays déçurent les attentes de ceux qui avaient lutté pour sa libération.
Mais le Vietnam demeura cependant l'unique exemple d'une guerre qui fut combattue non seulement dans la jungle et les rizières mais aussi dans les rues, les places et les universités du monde entier. Et ce fut là que fut consommée réellement la défaite des Etats-Unis.
L'année 1968 débute au Vietnam avec un événement qui passera à l'histoire sous le nom d'offensive du Têt. A l'occasion du Têt, c'est-à-dire du nouvel an lunaire, qui se fête à la fin du mois de janvier, le président du Sud-Vietnam, Van Thieu, avait annoncé une trêve de 48 heures.Le 27 janvier commençait par ailleurs la trêve d'une semaine proclamée par le Fnl (Front de libération national). Mais, le 30 janvier, le FLN et l'armée nord-vietnamienne lancent par surprise la grande offensive du Têt : les guérilleros surgissent de la jungle et attaquent simultanément 140 localités de plus ou moins grande importance ainsi que les quartiers généraux de l'armée de Saïgon, huit des onze commandements de division, trente aéroports et quatorze bases aériennes. Il s'agit de la plus grande offensive de l'histoire de la guerre vietnamienne.
Au Vietnam, les Américains avaient succédé aux colonialistes français battus à Dien Bien Phu, en 1954, par l'armée du Viet Minh, commandée par le général Giap. Le Viet-minh avait été fondé en 1941 par le Parti communiste indochinois présidé par Ho Chi Min. En décembre 1960, face au régime fantoche de Diem, établi dans le sud du Vietnam grâce à l'appui américain, le Front national de libération du Vietnam du Sud se constitua.
L'année suivante, les guérilleros occupaient déjà une bonne partie des campagnes, alors que dans les villes montait le mouvement de protestation des bouddhistes : en 1963, un premier moine s'immole par le feu à Saigon. Face au renforcement de l'opposition et de la guérilla, le régime de Diêm puis de Van Thieu s'engage sur la voie d'une répression impitoyable.
Dans le même temps, le soutien des Etats-Unis au régime sud-vietnamien se renforce. Durant la présidence de Kennedy (1960-1963) ), le plan de guerre spéciale est remplacé par une forme d'intervention plus musclée: des conseillers militaires américains prennent la direction de l'armée sud-vietnamienne sur le terrain, et l'utilisation de bombes au napalm contre les villages et les paysans commence, ainsi que l'emploi massif de désherbants et de défoliants. Ces derniers ont compromis pendant longtemps les récoltes et la santé des Vietnamiens.
En 1964 Johnson marque le début de l'escalade avec l'utilisation de mégabombardiers B 52 contre le Vietnam du Nord. A la fin de l'année 1965, les troupes américaines atteignent 175 000 unités. Mais aux Etats-Unis, comme dans le reste du monde, se renforce l'opposition contre la guerre, et un groupe constitué des plus grands intellectuels de l'époque (parmi lesquels Lelio Basso, Guenther Anders, Jean-Paul Sartre, Bertrand Russell) met en place un tribunal (connu ensuite sous le nom de Tribunal Russell, devant juger les crimes américains au Vietnam.
En 1967 le Che Guevara lance le mot d'ordre "Créer deux, trois, de nombreux Vietnam", et aux Etats-Unis commencent les grandes manifestations contre la guerre (avec le slogan " Stop the bombing ", arrêtez les bombardements dans le Nord-Vietnam) et le mouvement de protestation des soldats et des jeunes appelés.
L'offensive du Têt a été une tentative d'attaque générale d'une très grande valeur symbolique (un commando réussit même à pénétrer dans l'ambassade américaine à Saïgon) mais elle ne fut pas un grand succès d'un point de vue militaire. Elle ne parvint pas à conquérir de manière stable des objectifs importants et elle n'obtint pas l'effet espéré dans les villes, où n'éclatèrent pas les grandes insurrections que les partisans attendaient. Les Américains réussirent à reconquérir presque toutes les positions qu'ils avaient dans un premier temps perdues, y compris Hue, l'ancienne capitale du Vietnam. L'offensive du Têt remporta cependant un succès politique majeur, et elle marqua un véritable tournant dans la guerre du Vietnam : elle prouva à l'opinion publique américaine et mondiale qu'une victoire des Etats-Unis était impossible à remporter dans de brefs délais, et peut-être impossible à remporter tout court.
Durant le mois de mars, les combats continuent : les troupes américaines lancent une contre-offensive dans le delta du Mékong, qui marque le début de ce que l'on appellera la guerre des rizières. Dans le même temps, les forces de libération poursuivent le siège de la base américaine de Khe Shan, qui avait commencé avec l'attaque du 21 janvier. Les bombardements massifs sur Hanoi, la capitale du Vietnam du Nord, continuent; le 7 mars on compte des centaines de victimes parmi les civils dans cette ville.
Le 16 mars est la date la plus noire de la guerre du Vietnam pour les Etats-Unis, même si la nouvelle ne se diffusera pas immédiatement : dirigés par le lieutenant Calley, les bérets verts occupent le village de Mylai et, ne trouvant aucun vietcong, exterminent plus de cent personnes, dont des femmes, des enfants et des vieillards. Malgré de multiples tentatives pour étouffer l'affaire, celle-ci fait la première page des journaux à la fin de l'année. La pression de l'opinion publique et des mouvements de protestation contraint le président Johnson à s'engager sur la voie de négociations visant au retrait des troupes américaines du Sud-Vietnam. Après avoir retiré, le 31 mars, le commandement des troupes envoyées au Vietnam au général Westmoreland, Johnson annonce au cours d'un discours télévisé dramatique qu'il ne se représentera pas aux élections de novembre, laissant la candidature au sénateur Hubert Humphrey, et qu'il compte interrompre les bombardements sur le Nord.
Le 9 avril, Hanoï accepte l'ouverture des négociations avec les Etats-Unis, et, le 3 mai, les Etats-Unis et le Vietnam du Nord se mettent d'accord sur une pré-négociation devant débuter à Paris le 10 mai. De manière à conditionner les tractations en route, le Front de libération lance une nouvelle et importante offensive le 5 mai. L'attaque touche 122 localités mais elle se concentre avant tout sur la capitale du Sud, Saïgon. Les Vietcong occupent le quartier industriel et commercial de Cholon, qui est alors bombardé par les avions américains. Les combats se poursuivent à Saïgon jusqu'au début du mois de juin, le temps que l'armée du gouvernement reprenne le quartier de Cholon. Entre-temps, le président Van Thieu et le vice-président Cao Ky se disputent le pouvoir dans les bâtiments officiels de Saïgon.
Le 27 juin, après des mois de siège, les marins abandonnent Khe Shan, rompant ainsi l'encerclement. Cette cuisante défaite engendre une intensification des bombardements américains sur le Vietnam du Nord, bombardements qui avaient pourtant été réduits durant les mois de mai et juin. En dépit de cela, la voie menant à la table des négociations est désormais ouverte.
Le 7 novembre, le républicain Nixon succède à Johnson à la Maison Blanche. Le 8 décembre, la délégation sud-vietnamienne arrive à Paris : elle est composée de 60 membres et dirigée par le numéro deux du régime, Cao Ky. La délégation américaine est pour sa part conduite par Cyrus Vance. Après d'interminables préliminaires, les négociations proprement dites débutent le 18 juin 1969 : autour de la table ronde siègent les deux gouvernements vietnamiens, les Etats-Unis ainsi que le Front de libération, reconnu comme interlocuteur politique et diplomatique à part entière.
Les négociations, interrompues par des phases de violente reprise du conflit, débouchent sur les accords de paix signés le 27 janvier 1973, qui prévoient le retrait des forces américaines, l'arrêt des hostilités et la réunification du pays. Van Thieu poursuit la guerre de son côté, jusqu'à la libération de Saïgon en 1975.
La suite est une autre histoire. |
| Le Vietnam, le pays, son peuple, la guerre et ses conséquences |

La femme, au Viêt-Nam, tient un rôle primordial. Elle est la maîtresse de maison.
Tôt le matin, elle part à l'usine. La journée, elle repique le riz.
Le soir, elle élève ses enfants.
Durant la guerre, elle a tenu à bout de bras la société vietnamienne, alors que les hommes se battaient.
Elle a gagné, ainsi, le respect de sa condition féminine.
On lui a confié les plus hautes fonctions. Mais, aujourd'hui, ses responsabilités s'effritent de jour en jour.
Elle travaille toujours plus, pour une considération moindre.
Et pourtant, la femme vietnamienne reste le pilier de la famille, avec sa bonne humeur et son visage souriant.
La population vietnamienne est composée donc de 54 ethnies.
Les Vietnamiens (Viet ou Khinh) forment l'ethnie majoritaire et représentent à eux seuls près de 90 % de la population totale. Ils se répartissent principalement dans le delta du fleuve Rouge, les plaines littorales du centre et le delta du Mékong.
Les 53 autres ethnies ne totalisent que 6 millions d'hommes et peuplent essentiellement les zones montagneuses du pays, soit les deux tiers du territoire national.
Les Viêts les appellent les "Moi", un terme péjoratif qui signifie "Sauvage".
Les minorités sont classées en quatre grandes familles selon un critère linguistique :
-Autro-asiatique. -Austronésien ou malayo-polynésien. -Tibéto-birman. -Kadai. -Miao-yao.
http://perso.club-internet.fr/gilkergu/vietnam/minorite/minorite1.htm
Le Viêt-Nam jouit d'une étonnante diversité physique. Le nord du pays est caractérisé par des chaînes de montagnes entaillées de profondes vallées, dont la principale est celle du Fleuve Rouge (Song Hong). D'autre part, près de la frontière chinoise, à la limite des provinces de Hoang Lien Son et de Lai Chau, se trouvent les plus hauts sommets du pays comme le Fan Si Pan (3096m) et le Pu Si Long (3076m). Aux régions de haute, et de moyenne montagne, faiblement peuplées, s'opposent les plaines du Cao Bang, Lang Son et Vinh Yen, irriguées par le Lo, le Chay, le Cau, le Luc Nam et le Ky Cung, ainsi que l'immense delta du fleuve rouge, où vivent les 9/10e de la population du Nord Viêt-Nam. Le fleuve rouge qui prend sa source dans la province chinoise du Yunnan puis coule dans le Nord du Viêt-Nam avant de se jeter dans le golfe du Tonkin est l'axe stratégique de première importance avec celui de Lang Son-Hanoi, d'une manière où il conduit directement à la capitale ; On comprend pour quelles raisons cette entaille géologique fut une voie traditionnelle des invasions chinoises. Couplés au Fleuve Rouge, deux affluents, le Song Lo (la rivière claire) et le Song Da (la rivière noire) constitue avec l'axe principal un réseau fluvial ramifié, à la fois axe de communication, rempart naturel mais également voie de pénétration par la Mer de Chine.
Le Viêt-Nam central ou Annam, forme une longue bande convexe ponctuée de petites plaines coincées entre la Mer de Chine et les hauts plateaux du Truong Song (Cordillère Annamite) culminant à 2600m au Ngoc Linh. Cette région se caractérise sur sa façade littorale, par un cordon de dunes et de lagons, et à l'Ouest, par des terrasses formées d'anciens dépôts alluvionnaires. Enfin au sud, le Mékong ou Cuu Long Giang (Fleuve des Neuf Dragons) est le second plus long fleuve d'Asie avec 4200 km de long. Il prend sa source au Tibet, traverse la Chine, longe la Birmanie, le Laos et la Thaïlande, coule ensuite au Cambodge avant de pénétrer dans le sud du Viêt-Nam et de se jeter dans la Mer de Chine Méridionale.
On l'aura compris : au niveau géographique, le Viêt-Nam est un pays d'eau mais aussi un pays de montagnes et de forêts qui recouvrent plus des trois quart de son territoire ; il va donc sans dire que son climat tout à la fois comprend des caractéristiques équatoriales voire tropicales. De fait la chaleur au Viêt-nam est particulièrement humide et, par suite, lourde et accablante. Le degré hygrométrique atteint parfois 80 en Cochinchine, 92 au Tonkin. De plus, les nuits sont presque aussi chaudes que les jours, ce qui rend le sommeil et le repos difficiles, sauf dans les régions côtières du sud Annam, où les brises nocturnes rafraîchissent la température. Toutes ces réalités vont à l'encontre d'une armée en campagne habituée à un terrain propre ; en effet les forêts et montagnes ralentissent sa marche ou sont propices aux embuscades, les fleuves sont des remparts difficiles à franchir d'autant plus que la rive adverse est truffée de pièges et n'oublions pas le climat humide qui favorise toute sortes de maladies épidémiques ou contagieuses telles que le choléra, la variole, la peste, la malaria, la lèpre, les maladies des yeux ou encore la gale…C'est ainsi que les Français perdirent prés de 60% de leurs hommes lors des campagnes de 1858-1884.
Quoi qu'il en soit la géographie du pays aussi difficile soit elle n'interdit pas à elle seule, son occupation par une armée étrangère ; il faut lui adjoindre un peuple qui a la volonté de défendre sa terre. Or dans le cas du Viêt-Nam, le rapport de force démographique sera toujours en sa défaveur, surtout vis à vis de la Chine. Laissons donc Nguyên Trai, grand lettré viêtnamien du XVe siècle, fournir l'explication de la réalité viêtnamienne : "Plus la menace extérieure se fait pressante, plus elle commande la paix à l'intérieur de nos frontières. La force ou la faiblesse d'une armée ne dépendent nullement du nombre mais s'inspirent des grandes vertus d'humanité et de justice. Ainsi nous l'ont enseigné le roi moine et le généralissime Trân Hung Dao. Qui possède l'humanité peut s'appuyer sur la faiblesse pour subjuguer la force. Celui qu'anime la justice peut opposer un petit nombre au plus grand nombre". Dans ce perpétuel déséquilibre des forces, le Viêt-Nam s'est construit par la force, atteignant son apogée territorial et militaire sous Minh-Mang, il est bel et bien un Empire… qui fut au demeurant admiré des Français au point que l'idée d'une Indochine pointe "appui-spatialement" parlant, sur le territoire viêtnamien de Gia-Long.
http://www.net4war.com/history4war/dossiers/vietnamxix/introduction01.htm
Pendant la guerre du Vietnam, de nombreuses digues furent détruites ou endommagées par les bombardements continus.
Selon les autorités du Nord du Vietnam, entre 2 et 3 millions de personnes seraient mortes noyées ou de faim par suite de ces attaques.
La Convention de La Haye stipule deux interdictions, qui sont indirectement liées à la protection des ressources en eau:
Il est interdit "d’employer du poison ou des armes empoisonnées"
Il est interdit "de piller ou de détruire les biens de l'ennemi sauf dans les cas où ces mesures sont commandées par les nécessités de la guerre"
L’adoption en 1977 de deux Protocoles (Protocole I et Protocole II) supplémentaires qui incluaient des termes plus directement liés à l’eau, témoigna d’une avancée significative.
À l’époque, la communauté internationale avait pris conscience des effets terriblement destructeurs, au Vietnam, de l’usage par les États-Unis de substances chimiques et de défoliants.
Le Protocole I (article 54) interdit, "quel que soit le motif", d’attaquer, de détruire, d'enlever "des biens indispensables à la survie" de la population civile, tels que "les installations et réserves d'eau potable et les ouvrages d'irrigation".
Le Protocole I (article 56) interdit d’attaquer "les ouvrages d'art ou installations contenant des forces dangereuses, à savoir les barrages, les digues et les centrales nucléaires de production, d'énergie électrique".
Le Vietnam se trouve dans une région de climat tropical et subtropical, avec des moussons, beaucoup d'ensoleillement, un abondant volume pluviométrique et une grande humidité.
Certains endroits proches du tropique du Cancer et les régions d'altitude ont un climat tempéré.
Les températures moyennes annuelles de 22 à 27ºC sont très propices au tourisme même si la température moyenne varie d'une région à l'autre:23ºC à Hanoi, 26ºC à Ho Chi Minh-ville et 25ºC à Hue.
Le Vietnam compte deux saisons bien distinctes, soit la saison sèche et froide (de novembre à avril) et la saison chaude et pluvieuse (de mai à octobre).
Les changements de température sont plus marqués dans les provinces du nord; la différence de température atteint jusqu'à 12ºC alors que dans les provinces du sud, la différence n'est que d'environ 3ºC.
Ces deux saisons montrent toutefois les signes des quatre saisons:printemps, été, automne et hiver, surtout dans le Nord.
http://www.cap-vietnam.com/fr/decouvrir/geo/Default.htm
La forêt vietnamienne couvre encore les 2/5 è du pays.
Malgré une déforestation accentuée durant les dernières années à cause de l'accroissement de la population et surtout à cause des défoliants déversés durant la guerre du Viêt-Nam.
La forêt vietnamienne continue à abriter tant de richesses florales et animales.
La diversité de la faune et de la flore est même stupéfiante lorsqu'on connaît l'ampleur du désastre écologique subi.
Ces lieux où les treize millions de tonnes de bombes et soixante millions de litres de défoliants ont été versés durant la guerre du Viêt-Nam, bénéficient heureusement d'un climat qui permet de favoriser une possible restructuration de la forêt pluviale, cet écosystème qui gère du niveau du sol jusqu'à la voûte de feuillage la survie du gros mammifère comme le moindre des insectes.
On compte non seulement plus de sept cent espèces végétales répertoriées qui constituent une importante réserve d'huiles, de plantes médicinales, de résines, de bois précieux et industriels mais aussi une faune très riche ayant deux cents soixante-treize espèces de mammifères dont l'éléphant, le tigre royal, le samba, l'ours des cocotiers, cent quatre-vingt espèces de reptiles, plus de deux cent cinquante espèces d'oiseaux et plus de mille espèces de poissons et d'invertébrés.
Volé sur l’excellent site de Monsieur Anh-Tuan.Dang, que je vous invite à découvrir : http://www.limsi.fr/Recherche/CIG/ivietnam.html
La déforestation au Vietnam
Une cause de déforestation, presque spécifique au Vietnam, est liée aux guerres successives et à leurs conséquences.
Entre 1945 et 1975, les bombardements effectués par les aviations américaine et française, celle-ci ayant été la première à utiliser le napalm, ont eu des conséquences importantes, dont l'ampleur précise demeure difficile à évaluer.
Collins lui-même, comme le souligne De Koninck, établit la superficie boisée directement détruite par les bombardement à 22 000 km2, soit 23% de la superficie boisée en 1973 ce qui est certes énorme mais moins élevé que ce que le terme d'écocide laissait supposer à prime abord.
On s'accorde toutefois pour dire que ce ne sont pas tant les effets directs de la guerre et des bombardements qui ont eu l'impact le plus destructeur sur la forêt mais bien l'accroissement de la pression sur les ressources forestières qu'elle a impliquée.
S’agissant des bombardements, il convient de préciser qu'en plus de l'impact des opérations militaires, le conflit a eu des conséquences très spécifiques dans le Sud-Vietnam.
Cela fut le cas, en particulier dans le delta du Mékong, des missions de destruction des récoltes et de l'usage intensif de défoliants, comme le tristement célèbre Agent Orange, servant à éliminer tout couvert végétal pouvant servir de refuge aux combattants Viet-Cong.
En plus de viser directement la forêt, ces missions ont eu des effets écologiques durables se faisant encore ressentir dans la chaîne alimentaire de plusieurs régions du Sud.
Elles pèsent encore lourdement sur l'environnement et sur la santé de la population du sud du pays. Par contre, sur les Hauts Plateaux, ces effets semblent avoir complètement disparu.
Les enjeux de la déforestation au Vietnam
Le Mékong
Quatre fois, ce fleuve change de nom selon les pays qu'il traverse.
Seuls les Occidentaux l'appellent Mékong.
Il prend sa source à 4875 mètres, dans les hautes montagnes du plateau tibétain oriental et roule ses eaux sur 4300 kilomètres.
Chine, Birmanie, Laos, Thaïlande, Cambodge, Vietnam sont ses pays riverains.
A partir de la frontière cambodgienne, il se scinde en neuf bras pour rejoindre la mer de Chine méridionale.
Ce fleuve a créé au sud Vietnam un immense territoire fertile: le grenier à riz du pays.
C'est au terme de se parcours que le grand fleuve se met à musarder, il répand ainsi ses précieux alluvions.
Le fleuve pénètre la luxuriante végétation, dans un univers mi -terrien, mi- aquatique.
Tous ses habitants ont appris à vivre avec ce fleuve parfois dévastateur.
http://www.construire.ch/SOMMAIRE/0028/28entre.htm
Le Delta du Mékong
Le delta du Mékong est divisé actuellement en 9 provinces: Long An, Tiền Giang, Bến Tre, Ðồng Tháp, An Giang, Cửu Long, Kiên Giang, Hậu Giang et Minh Hải.
Un cinquième de la population vit dans ce delta.
Le moindre hectare, la moindre parcelle cultivable du delta sont exploités par des paysans qui sont constitués des Vietnamiens d'origine khmère, des Chinois, des Chams et des Vietnamiens.
Irrigué et arrosé par le Mékong, ce delta produit à lui tout seul la moitié du riz du Viêt-Nam, ce qui permet d'être le troisième exportateur mondial du riz.
http://www.limsi.fr/Recherche/CIG/delta.htm
La baie d'Ha Long s’ouvre sur le Golfe du Tonkin sur les villes d'Ha Long et de Cam Pha, ainsi que sur une partie du district de l'île de Van Don.
La baie s'étend sur une superficie totale de 1.553 km2 et va jusqu’à l’île de Cat Ba au sud-est. Ses eaux émeraude abritent non moins de 1.969 îles, dont seulement 989 sont baptisées.
Deux catégories d'îles ont été répertoriées: les îles de calcaire et de schiste.
Leur formation remonterait à 250 ou 280 millions d'années.
Des grottes et des cavernes dorment tranquillement sur ces îles enchanteresses.
La baie d'Ha Long est reconnue comme Patrimoine de l’humanité par l’UNESCO depuis 1994.
Les eaux de la baie d'Halong (nord-est) ont perdu la couleur turquoise qui avait fait leur renommée, victimes d'une pollution croissante qui menace l'éco-système et hypothèque l'avenir de la première destination touristique du Vietnam.
Les eaux de la baie et en particulier la zone de l'île de Cat Ba qui abrite un Parc national marin de 5.400 hectares, "sont envahies par les sédiments, les métaux lourds et les rejets d'eaux usées qui mettent en danger la vie marine", affirme le professeur Nguyen Chu Hoi, directeur de l'Institut d'océanologie d'Haïphong.
Selon la légende, la chique de bétel viendrait de l'époque des Hung Vuong.
Une chique de bétel se compose de quatre matières soient la noix d’arec pour le goût sucré, la feuille de bétel pour le goût piquant, l'écorce de racine chay pour le goût amer et la chaux pour le goût ocre.
Les livres racontent que la chique de bétel rafraîchit l'haleine, calme la mauvaise humeur, aide à digérer la nourriture et est l'emblème du bonheur; la personne qui en mâche serait plus amicale et plus joyeuse pendant les fêtes comme celle du Têt. Cette chique aiderait aussi à se réchauffer pendant les jours de deuil et de froid. Elle fait partie des plateaux pour le culte des ancêtres
"Ces gens mâchent presque toujours un Fruit qu'ils nomment arec et qui ressemble a une poire. Ils le coupent en quatre et en enveloppe chaque morceau dans la feuille d'un arbre appelé "bettre" et qui est semblable à celle du laurier. Ils se fourrent cela dans la bouche, et après l'avoir bien mastiqué, ils le crachent. Leur bouche en devient toute rouge. Tous ces gens utilisent ce fruit pour se restaurer le cœur. S'ils s'en abstenaient, ils mourraient. "
En décrivant ainsi, en 1521, la coutume de la chique de bétel, Antonio Pigafetta pensait signaler une particularité localisée à une certaine région des Philippines, l'île qu'il nomme Messana. Il lui donnait à vrai dire une importance considérable, puisqu'il ne manquait pas d'indiquer que, privés de leur drogue, les chiqueurs en étaient réduits à mourir.
A première vue, une coutume qui consiste à chiquer une feuille de bétel enduite d'un peu de chaux et roulée sur des fragments de noix d'arec, nous paraît, à nous occidentaux, de l'ordre des occupations futiles, désuètes ou maniaques. Nous évoquons aussitôt l'habitude ancienne de priser ou de chiquer du tabac, et celle, toute moderne, de mâcher de la gomme. Mieux informés, nous cataloguons le bétel parmi les substances intoxicantes qu'à travers le monde, les hommes ont choisi d'absorber pour apaiser leur faim ou acquérir une énergie illusoire.
http://www.vietnamtravelling.com/f_pages/vietnam/introduction/peo_customs/info_giaotiep.htm

Tout le passé défile comme dans un film au ralenti. Tant d'images, de senteurs des jours d'avant d'exil reviennent dans mon esprit.
Oui, cette nuit de printemps, je rêve de toi, femme du Vietnam qui pour moi, sera à jamais synonyme de grâce et de rêve, de labeur et de sagesse, de souffrance et de courage.
Mais cette nuit, offrez-moi un rêve paisible avec l'image de la tunique "tứ thân", de la coiffe "mỏ quạ" : un rêve sage de la soie teintée de l'âme de Huế, de lourdes cheveux longs couvrant les épaules graciles : un rêve doux habillé de blouse "bà ba", bercé de chants des nuits de pêche sur le fleuve Cửu.
Laissez-moi recherchez l'innocence, la pureté des pétales de lotus s'épanouissant et frémissant au vent.
Laissez-moi rêver d'être la pluie accompagnant tes pas à la sortie du lycée.
Laissez-moi rêver de ton regard livré au vol d'un nuage.
Et dans ce rêve, je retrouve ma tendre Mère qui, depuis quatre mille ans, à travers joies et peines, a élevé ses enfants dans le respect des valeurs morales et dans l'amour de la patrie.
Chaviré par ces rêves, je fonde l'espoir d'un jour où ces images, ces senteurs revécues cesseront d'être inaccessibles, d'être des mirages.
Femmes du Vietnam, je vous retrouverai, je vous reviendrai plein d'amour, de tendresse. ...comme un certain jour avant l'exil."
Nguyễn Tất Nhiên

Nos ancêtres aimaient à dire : "Lingot d’or se perd, motte de terre perdure"
Si l’ancien dicton s’avère exact, alors la guerre a emporté les meilleurs, les plus braves et les plus loyaux d’entre nous, épargnant ceux dont la sagesse consiste à louvoyer, les opportunistes, ceux qui se tapissent dans l’ombre des allées du pouvoir, les forts en gueule prodigues en gesticulations et pantalonnades, toujours prompts à s’esquiver devant les dangers et les sacrifices…
Reste-t-il encore quelque conscience en ces âmes ?
Et quelle conscience peut-on encore trouver dans ces gangs de contrebandiers d’Etat, ces repaires de voleurs du Parti unique, ces bandes de fils d’apparatchik qui prennent régulièrement l’avion de Hongkong pour aller s’amuser dans les bordels et brûler des dollars par centaines de milliers dans des salles de jeu ?
Duong Thu Huong (Hanoi, mai 1999)
Traduit par Nguyen Huu Tan Duc (Extrait de Tin Nha N° 40 - Août 1999) |
| Les lieux, les batailles et les personnages |
Napalm sticks to kids, Napalm sticks to kids, Napalm Napalm sticks like glue Napalm sticks to old ladies too.
Hô Chi Minh et le PCF
De son véritable nom Nguyên Tât Thành, dit Nguyên Ài Quôc, il naît le 19 mai 1890 dans le centre du Viêt-nam.
Il était le fils d'un fonctionnaire qui avait démissionné pour protester contre la domination française de son pays. Hô Chí Minh fit ses études à Hue, puis enseigna un temps dans une école privée de Phan Thiet.
En 1911, il s’embarqua comme cuisinier sur un navire français, puis travailla à Londres et à Paris.
C’est là qu’après la Première Guerre mondiale, sous le pseudonyme de Nguyên Ài Quôc ("Nguyên le Patriote"), il se lança dans la politique.
La crise de la SFIO battait son plein, débouchant sur une scission et la création du Parti Communiste Français en 1920.
Hô Chí Minh rejoignit rapidement cette jeune formation et y milita jusqu’en 1923 puis poursuivi sa formation en Union soviétique (fin 1923), et en Chine en 1924.
Il y forma en 1930 le PCI (Parti Communiste Indochinois).
Il séjourna à Hong-Kong, où il représenta l'Internationale communiste. Mais en juin 1931, il y fut arrêté par les autorités britanniques et emprisonné jusqu'en 1933 à cause des ses activités communistes.
Il retourna alors en Union soviétique, jusqu’en 1938, puis revint en Chine et devint conseiller des forces armées communistes chinoises.
Lorsque le Japon occupa le Viêt-nam en 1941, il reprit contact avec les dirigeants du PCI et participa à la formation d'un nouveau mouvement d'obédience communiste pour l'indépendance: le célèbre et terrifiant Viêt-minh, qui combattit les Japonais.
En août 1945, lors de la capitulation du Japon, le Viêt-minh s'empara du Viêt-nam et proclama la république démocratique du Viêt-nam à Hanoi. Hô Chí Minh, devint président de la jeune République. La France refusant de renoncer à son autorité au Viêt-nam, la guerre éclata en décembre 1946.
Pendant huit ans, la guérilla Viêt-minh soutenue par l’URSS et le Parti Communiste Français combattit les troupes françaises et sortie victorieuse du conflit à l'issue de la bataille de Diên Biên Phu en 1954.
Cependant, les négociations qui suivirent à Genève d'avril à juillet 1954 aboutirent à la division du pays, le Nord seul revenant au Viêt-minh.
La république démocratique du Viêt-nam, gouvernée par Hô Chí Minh, plaça alors ses efforts dans la construction d'une société communiste dans le nord-Viêt-Nam.
La réforme agraire à la chinoise fut entreprise dans les zones libérées. Dénonciations, déchéances, exécutions " des traîtres ", entraînant la mort de 50000 personnes dans les campagnes.
Des camps de rééducation se mirent en place comptant entre 50000 et 100000 personnes.
Hô Chí Minh fut de 1956 à 1960, secrétaire général du parti communiste.
Au début des années 1960, le conflit se ranima dans le Sud-Viêt-Nam, où la guérilla communiste menait une insurrection contre le régime de Saigon soutenu par les États-Unis.
Toutefois, Hô Chí Minh, déclinant, ne joua qu'un rôle de représentation cérémonieuse au cours de ce conflit.
Il mourut le 3 septembre 1969.
En son honneur, Saigon fut rebaptisée Hô Chí Minh-Ville après la conquête communiste du Sud en 1975.
Les prisonniers vietnamiens des armées communistes du nord furent le plus souvent extrêmement maltraités, souvent exécutés lors des déplacements.
Pendant les quelques semaines où les forces Viêt-minhs contrôlaient Saigon, dans le cadre de l’offensive du Têt de février 1968, trois mille personnes au moins y furent massacrées : enterrés vivantes ou liquidés.
En 1975 croyant à " à la clémence du président Hô " les soldats, officiers et anciens hauts fonctionnaires du régime sud vietnamien se rendirent à leur convocation " en rééducation " pour 3 jours ou 1 mois, qui se transformèrent en 3 ans et 7 à 8 ans dans des conditions effroyables : tortures, sous alimentation, maladies. Les derniers rééduqués survivants ne revinrent qu’en 1986.Il y eu entre 500 000 et un million de rééduqués dans le Sud...

L'occasion nous est favorable,
Soulevons-nous, récupérons la terre de nos ancêtres.
Ils sont peu nous sommes beaucoup.
J'en appelle aux fils de Dragons et petits-fils d'immortels !
Ho Chi Minh - 1941
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Ngo Dinh Diem en 1963 |
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"Sur le plan politique et surtout psychologique, le Vietnam symbolise la volonté de résistance du Monde libre contre la volonté de conquête du communisme international. C'est ce qui explique l'acharnement des attaques communistes, militaires comme politiques, dirigées contre le gouvernement actuel du Vietnam, car ce gouvernement est un gouvenement de combat. (...)
Notre plus grand problème pour vaincre le communisme est aussi le plus grand problème pour tous les partisans de la liberté dans le monde, à savoir, comment faire comprendre aux dirigeants de l'opinion internationale libre que le communisme est communiste, que la guerre communiste est une guerre révolutionnaire, et qu'on ne peut la gagner par des méthodes traditionnelles et purement démocratiques, des méthodes de temps de paix, des méthodes de pays avancés dans une situation de guerre chaude."
Interview accordée par le président Ngo Dinh Diem, au service culturel de l'ambassade américaine, Ed. de la République du Vietnam, 1963.
http://hypo.ge-dip.etat-ge.ch/www/cliotexte/html/vietnam.1945.html |
| Noël 1965 |
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Général Nguyen Van Thieu, Président du Comité de Direction Nationale, Saïgon.
Son Excellence M. Ho Chi Minh, Président de la République Démocratique, Hanoï.
Nous avons appris avec une grande joie l’heureuse trêve intervenue sur la terre si éprouvée du Vietnam à l’occasion de la fête de Noël.
De tout coeur, au nom des populations qui souffrent depuis si longtemps, Nous en exprimons Notre profonde gratitude aux hommes de bonne volonté qui ont permis ce geste pacifique.
Et Nous élevons Notre prière instante auprès du Tout-Puissant pour qu’Il aide les chefs d’Etat responsables à faire de ce Noël pacifique un pas vers l’instauration d’une paix juste et fraternelle pour tout le Vietnam, qui ne pourra pas ne pas être accueillie avec joie dans le monde entier par tous les hommes de coeur comme un geste concret contre les menaces qui pèsent lourdement sur l’humanité.
Recevez Nos voeux les plus respectueux et les plus sincères.
PAULUS PP. VI
http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/speeches/1965/documents/hf_p-vi_spe_19651225_messaggi-speciali_fr.html
De Paul VI à Lyndon B. Johnson
TO His Excellency Lyndon B. Johnson President of the United States of America
It was an honor for Us to receive the text of the message which Your Excellency has wished to forward to Us through the good offices of Mr. Arthur Goldberg, your Ambassador to the United Nations, whom We were pleased to receive in Audience. We wish to thank you for the courtesy and kindness which you have shown in assigning a special mission to visit Us and to convey to Us personally your anxieties about the perilous situation in Vietnam as well as your desire for a peaceful solution to the crisis in that troubled part of the world.
We have read with deep interest and concern the contents of your message. We wish to express Our gratitude to Your Excellency for the noble response to Our appeal for a truce at Christmas, and We cherish the ardent hope and We add Our fervent prayers that the most recent initiatives which you have undertaken will result in a permanent peace for that war-torn area and its suffering peoples.
We know how earnestly mankind desires peace, and for Our part, We shall not cease in Our efforts to help in whatever way possible to secure peace. In assuring Your Excellency that We shall continue Our constant labors for the cause of peace, that precious gift of God, We invoke from the Almighty upon choice heavenly blessings.
From the Vatican, December 30, 1965.
PAULUS PP. VI |
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De Paul VI à Ho Chi Minh... |
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Son Excellence Ho Chi Minh, Président de la République Démocratique du Vietnam du Nord -Hanoï
Au seuil d’une nouvelle année Nous désirons renouveler au cher peuple vietnamien le souhait de Notre coeur: qu’une paix dans la justice et l’amour marque le début d’une longue période d’activités pacifiques source de bonheur et de prospérité. Notre prière continue à s’élever vers Dieu avec confiance tandis que Nous insistons encore une fois pour que rien ne soit négligé pour atteindre une paix si vivement désirée et qui délivrera l’humanité d’une terrible menace. A cette fin Nous conjurons tous les responsables de ne pas poser d’actes qui pourraient conduire à la reprise des combats violents et des bombardements. Avec cet espoir Nous exprimons de nouveau au peuple vietnamien et à Votre Excellence Nos voeux cordiaux et sincères.
PAULUS PP. VI 31 Décembre 1965
http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/speeches/1965/documents/hf_p-vi_spe_19651231_appelli-storici_fr.html |
Le général Vo Nguyen Giap, héros de Dien Bien Phu, est l'un des principaux artisans de la victoire des forces communistes.
Compagnon de route de la première heure de Ho Chi Minh, ce fin stratège a joué un rôle déterminant dans les luttes d'indépendance du Vietnam dont il a été ministre de la Défense pendant plus de 30 ans, avant de connaître une semi disgrâce au début des années 80.
Né en 1912 dans le centre, Vo Nguyen Giap commence à militer dès l'âge de 14 ans contre la présence française.
Réfugié en 1940 en Chine, il rencontre Ho Chi Minh dont il deviendra le protégé. En 1944, il fonde l'Armée Populaire Vietnamienne (APV).
Il entre dans la légende quand son armée écrase en 1954 les troupes françaises dans la cuvette de Dien Bien Phu, victoire qui sonne le glas du corps expéditionnaire français en Indochine.
Cet homme au visage doux et à la voix affable a aussi un caractère et une détermination inflexible et son armée mène une lutte impitoyable contre l'US Air Force et le régime sud-vietnamien jusqu'à la chute de Saïgon en 1975.
Lors de la "campagne Ho Chi Minh" de 1975, Giap lance ses mots d'ordre aux soldats communistes: "rapidité, audace et victoire sûre".
Malgré son prestige au sein de l'armée, il perd son poste à la Défense en 1980 et en 1982.
Il est écarté du Bureau politique du Parti communiste vietnamien (PCV), officiellement pour des raisons d'âge et de santé, mais en fait en raison de divergences avec les deux hommes forts du Vietnam, le secrétaire général du PCV Le Duan et le chef de la commission d'organisation du PCV, Le Duc Tho.
Le Général William Westmoreland est né en 1914 et a reçu un diplôme à West Point en 1936.
Il fut un officier de combat au cours de la deuxième guerre mondiale et en Corée, et de 1960 à 1963, il fut le Commandant à West Point.
En 1964, il a été nommé à la tête du Commandement d’Aide Militaire (MACV). Il a commandé les forces US USA au Vietnam pendant qu'elles augmentaient graduellement de quelques mille à plus d’un demi-million de soldats.
En 1968, il est revenu à Washington comme Chef d'Armée du Personnel, un poste qu'il a tenu jusqu'en 1972.
«Sans censure, les choses risquent de devenir très confuses dans l'esprit du public.» (Général William Westmoreland).
Le Général Tran Van Tra est le commandant des troupes nord-vietnamiennes qui prennent Saïgon.
Il dirige la campagne Ho Chi Minh, ces 55 jours d'offensive des troupes du Nord-Vietnam au cours desquels les villes du Sud tombent l'une après l'autre.
Né en 1919 dans le centre du Vietnam, Tran Van Tra rejoint les rangs du Parti communiste indochinois en 1938.
A partir de 1963, il va au Sud, où il restera 10 ans, au sein du haut commandement du Vietcong.
Il est promu vice-ministre de la Défense en 1978 mais un livre qu'il publie en 1982 sur la campagne Ho Chi Minh est immédiatement retiré de la vente pour avoir mis en doute la foi en la victoire des forces communistes de certains hauts responsables militaires.
Le général Tra est écarté à la fin des années 80 par le régime communiste pour son non-conformisme avant d'être partiellement réhabilité au début des années 90.

2.700.000 américains ont servi au Viêt-nam dans une guerre qui a coûté 100 milliards de dollars.
Ils ont largué 10 millions de tonnes de bombes et d'obus. Ils ont tué 900.000 ennemis. Ils ont quand même perdu.
Voici pourquoi...
Selon les sources officielles, 57.939 américains ont trouvé la mort au Viêt-nam.
Mais parmi les 2.700.000 appelés qui y sont allés, on estime que 500.000 d'entre eux souffrent encore aujourd'hui de troubles nerveux graves. Ce que l'on appelle le "stress post-traumatique".
Pour l'armée américaine, la guerre du Viet-nam fut une étrange expérience, tout à fait imprévue. Toutes les prévisions officielles se révélèrent erronées.
En 1964, le président Johnson avait affirmé que l'industrie du Nord Viêt-nam pouvait être détruite en douze jours par les bombardiers de l'US Air Force.
Entre 1965 et 1968, les opérations de bombardement sur le Nord coûtèrent à l'Amérique 6 milliards de dollars.
Les dommages causés par ces opérations ne se sont pas élevés à plus de 700 millions de dollars.
Les troupes Américaines se sont trouvées confrontées à une situation impossible.
Au bout de quelques années de guerre, le moral et la discipline en ont singulièrement pâti.
Il y eut 32.000 désertions. Et les chiffres concernant les actes d'insubordination ou de mutinerie ont toujours été grossièrement sous-estimés.
Au Viêt-nam, les communistes payèrent leur victoire de leur propre sang.
On estime qu'ils ont perdu vingt fois plus d'hommes que les américains.
Ils menèrent une guerre sournoise, acceptant de subir de lourdes pertes afin de tirer profit de l'énorme puissance de feu américaine: 5% des bombes larguées par les B-52 tombaient intactes entre leurs mains, de même que 2% des obus d'artillerie.
Soit 800 tonnes d'explosifs par mois pour fabriquer leurs "pièges à cons".
A l'origine, le Viêt-cong était constitué par un noyau de vétérans de la première guerre d'Indochine.
Ils avaient combattu les Français dans les années 50 avec le Viêt-minth.
Mais de plus en plus, la conduite de la guerre allait être prise par les forces régulières du Nord Viêt-nam communiste. |
| La "vie" des soldats au N'am |
Vietnam War Casualties Cause: Hostile & Non-Hostile
Cause Of Casualty Hostile & Non-hostile (Percentage):
Gun shot or small arms fire ---- 31.8
Drowning and burns ---------- 3.0
Misadventure (Friendly fire) -- 2.3
Vehicle crashes ------------ 2.0
Multiple frag wounds grenades, mines, bombs, booby traps -- 27.4
Aircraft crashes ---------- 14.7
Illness, also malaria, hepatitis, heart attack, stroke -- 1.6
Arty or rocket fire -------- 8.4
Suicide ---------------- 0.7
Accidental self-destruction, intentional homicide, accidental homicide, other accidents. -- 5.8
Other, unknown, not reported -- 2.0
Quelques chiffres :
C'est le 8 juillet 1959 que mouraient le premier soldat américain au Vietnam, le dernier devait mourir le 20 avril 1975.
En 1965, les VC annoncèrent que plus d'un million de femmes prenaient part à leurs opérations.
Entre 1965 et 1973, 15 millions de jeunes américains déclarés aptes au service national, refusèrent de répondre à l'appel.
En 1967, il y avait 486 000 Soldats Américains au Vietnam.
Pendant la guerre du Vietnam, la moitié des objecteurs de consciences, qui étaient déjà sous les drapeaux, fut rendu à la vie civile.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, l'âge moyen des soldats combattants était de 26 ans. Il n'était que de 19 ans au Vietnam.
Les douze mois pendant lesquels les soldats Américains devaient servir au Vietnam étaient désignés par l'expression "TOUR DE SERVICE".
Un soldat Américain au Vietnam, avait une chance sur cinquante cinq de se faire tuer pendant ce qu'on appelait son "Tour de Service".
Plus de 134 000 soldats de l'armée américaine furent grièvement blessés ou mutilés au cours de la Guerre du Vietnam.
Pendant toute la durée de la guerre du Vietnam, il y eu plus de 500 000 déserteurs dans l'armée américaine.
On estime qu'en 1970, 10 à 15% des combattants américains au Vietnam consommaient de l'Héroïne sous différentes formes.
Au cours des seules années 1969 et 1970, 16 000 soldats furent rendus à la vie civile avec blâme pour détention de stupéfiants.
40 % des soldats morts au Vietnam furent tués au cours de leur trois premier mois de service.
Les noirs représentaient 13 % des troupes américaines au Vietnam. 28% d'entre eux étaient au front et seulement 2% avaient un grade d'officier.
Entre 1961 et 1971, près de 70 millions de litres d'un défoliant appelé Agent Orange furent épandus au-dessus de l'Asie du Sud-Est.
Plus de 2 300 soldats américains ont été portés disparus pendant la guerre du Vietnam, et jusqu'à ce jour, personne ne sait vraiment ce qu'ils sont devenus. D'après des témoignages, il semblerait que certains d’entre eux soient encore retenus prisonniers en Asie du Sud-Est.
Les Américains ont effectué 36 125 000 missions en hélicoptère pendant la guerre du Vietnam. Le nombre de missions effectué par l'ennemi est inconnu.
Les "rats de tunnels"
Les soldats du Vietcong n'étaient pas très « avancés technologiquement », ils utilisèrent donc beaucoup de procédés assez anciens.
Ils installaient toutes sortes de pièges formés de pieux en bambou.
Mais ils fouillaient aussi les anciens champs de bataille de l'Indochine à la recherche de mines et de bombes n'ayant pas explosé.
Ils les amenaient dans des centres spécialisés dans le "recyclage" des explosifs et, après, pouvaient les poser dans la jungle.
Ils creusèrent aussi des tunnels, qui pouvaient parfois être longs de plusieurs kilomètres.
Ainsi apparurent des gigantesques réseaux de tunnels, qui leur permettaient d'alimenter les maquis et parfois même de pénétrer les bases américaines par en dessous.
Avec tous ces procédés barbares, beaucoup de nouvelles formations apparurent dans les Forces Spéciales américaines, comme les "rats de tunnels", chargés d'infiltrer les réseaux de tunnels pour les saboter.
What was a typical day like?
I spent many days on patrol in a platoon of about forty men. This is a description of a typical day. Some other days and nights were much worse. The really bad days and nights were very intense and filled with extreme horror. These times were incredibly exhausting both physically and emotionally.
We would get up with the sun. There was no need to get dressed, we always slept fully clothed. For breakfast we had C-rations. This didn’t taste very good, but it was a high energy diet. A packet of instant coffee was included with the C-Rations. I would usually make a small but extra strong cup. This was cooked with a small piece of C4 plastic explosive. This cup of coffee became one of my very few pleasures in the field.
After breakfast we would often take the time to clean our weapons in preparation for going on patrol. The last task before leaving was to retrieve our trip flares and claymore mines.
A day of patrol was often endless hours of walking in intense heat with what seemed like tons of equipment on my person. As a rifleman my personal quick access inventory included, an M16 rifle, 200 rounds of ammo, 3 or 4 hand grenades, two canteens of water, one belt of machine gun ammo and sometimes a small anti-tank rocket launcher. In my sixty-pound pack was another 400 rounds of M16 ammo, a claymore mine, a couple of flares, a couple days of C-Rations, a 35mm camera, a transistor radio, two ponchos, a poncho liner and some other stuff that I can’t remember. I was a walking bomb, if hit in the right place, I could have gone off like a roman candle.
Although walking on patrol could get monotonous we had to keep a keen sense of where we were and what we were doing. If there was any easy way to walk though an obstacle we had to remember not to go that way. If you always took the less convenient and more difficult path you had a better chance of avoiding the booby traps. Even today I have a very heightened sense of everything that’s going on around me. In the past my wife was surprised at all the things I noticed as we walked down the street to a movie or at the mall.
The typical day of boredom was occasionally interrupted with a few sniper rounds. We never had a casualty to the snipers. However, it was certainly both a physical and emotional drain. We never really knew exactly where to return fire, we just blindly shot in the general direction of the sound. The sniper, of course, was already safely out of sight in a protected position.
The days were also interrupted by booby traps. These were usually made with hand grenades and unexploded artillery rounds. If it was just a hand grenade, and we weren’t walking too close together, only one or two men would get hit and seldom killed. The artillery round was a different matter. There was much more damage, men were instantly killed and literally blown to pieces.
Around noon we would meet up with a supply helicopter. If we were in a pretty safe place this would include a hot meal. This was delivered in large insulated containers that the helicopter had to come back for. Also included with the supplies was our mail.
After lunch we would head out on patrol again to our position for the night. For the night we would usually connect up with the other platoons in our company. When we got to our night-time position, the first order of business was to determine where to put the machine guns. In case we were being watched it was best to set up the machine guns in decoy positions and then move them to the real position after dark.
Basically this night position was kind of a circle of three to five man positions. Once we were in our assigned positions we would deploy our defense devices. This usually was a couple of claymore mines and a few trip flares. Then we had time to eat dinner, and build some sort of shelter if the weather was bad. At this time we often had a few minutes to relax, talk, and spend a little time reading and writing letters.
When the sun went down, the mood quickly changed. The twilight was very short in Vietnam and darkness came quickly. The night was spent rotating guard duty with the others at your position. If there were only three men at the position, we had two hours to sleep and it was time to be on guard for an hour. A good night of uninterrupted sleep was never an option in the field.
Usually we would send out a squad or two, about ten men each, on a night ambush patrol. I hated this duty. We would leave the main group, after dark, and set a position a few hundred meters away. Our job was to listen for the enemy and maybe ambush them. Fortunately none of my night ambush patrols engaged the enemy.
Sometimes the night was very dark and if there was a wind blowing there was no chance of hearing anything. This, combined with the constantly interrupted sleep, would make the night seem endless. The arrival of daylight was a tremendous relief.
Surnommée "la guerre des hélicoptères" :
1010 UH1B, 750 UH1C, 2010 UH1D, 4850 UH1H et 220 UH1V (évacuation sanitaire).
Mise en service en 1959.
Une mobilité sans précédente : sans hélico il aurait fallut 3 fois plus de troupes pour sécuriser la frontière avec le Cambodge et le Laos.
Avec le Huey, les américains renouent avec les charges héroïques de la cavalerie qui redressent les situations désespérées.
Les premiers UH1 arrivent en 1962, les UH1C (Hog) sont utilisés à partir de 1965 comme hélicoptères d'attaque jusqu'à l'arrivée des AH1G Cobra en 1967.
Les UH1D/H (Slick) sont utilisés pour le transport.
2406 UH1 au plus fort moment de la guerre, dont 140 Dustoff ou Medevac d'évacuation sanitaire.
Plus de 7.000.000 d'heures de vol. 22.000 pilotes ont servis au Vietnam.
500.000 missions d'évacuations sanitaires, moins d'une heure en moyenne entre une blessure et l'arrivée à l'hôpital, 900.000 patients dont 45% de soldats US.
4600 hélicoptères perdus dont 2589 du fait de l'ennemi.
1069 pilotes et 2465 membres d'équipages (chef d'équipage, door-gunner ...) morts sur un total de 58.000 soldats tués.
400 UH1 ont été laissés au Sud Vietnam après le retrait US en 1973.
Remplacé par l'UH60 Blackhawk, des UH1H sont cédés à d'autres pays dans le cadre d'accords militaires.
http://helicopassion.free.fr/uh1-03.htm
La guerre fluviale :
Le but de la guerre fluviale était de stopper l'approvisionnement incessant en vivres, en hommes et en munitions des Viêt-Cong. Les rivières de ce pays étaient de formidables voies de communications qui suppléaient très bien au réseau routier.
Le 1er août 1965, une grande opération de surveillance des fleuves, opération Market time, fut entreprise sous le commandement de l'amiral Ward. Cet officier a vu sa tâche rendue plus facile par l'arrivée de nouveaux bateaux beaucoup mieux adaptés à ce genre de guerre que les destroyers et frégates de la VIIIème flotte. Le 18 novembre 1965, une nouvelle unité entra en service, elle est désignée Task Force 116 (nom de code Game Warden). A l'instar de la Task Force 115, elle est placée sous le commandement du contre Amiral Ward. Les patrouilles le long des côtes sont donc intensifiées dés le mois d'octobre 1966, en liaison avec l'offensive Rolling Thunder lancée par l'US Air Force.
Au début, elles ne dépassent pas une certaine ligne, mais quand les nord-vietnamiens ripostent en déployant de l'artillerie sur les côtes, cette ligne est déplacée au 18ème parallèle, puis en février 1967 au 20ème. Au mois d'octobre, les patrouilles de Game Warden sont renforcées par un escadron d'hélicoptères des Bell Huey Seawolves d'appui terrestre. Ces hélicoptères avec les 40 patrouilleurs du Rung Sat et les 80 autres opérant dans le delta du Mékong, constituent une force redoutable. Mais fin mars 1968, le président Jonhson décide l'arrêt des bombardements au nord du 28ème parallèle. 8 mois plus tard, les attaques au nord sont stoppées. En février 1969, toute la force fluviale (242 bateaux) est placée sous le contrôle sud-vietnamien.La force mobile fluviale est officiellement dissoute en août 1969, elle est remplacée par le SEALORDS (south east asian lake/ocean river delta strategy). En avril 1970, le commandement militaire sud-vietnamien lance une attaque d'envergure contre les sanctuaires Viêt-Cong au Cambodge. Les bateaux de la Game Warden patrouillent dans le Rung Sat, une zone marécageuse qui va de Saïgon jusqu'à la mer. Les bateaux de patrouille fluviale tous construits en fibre de verre peuvent aller à 25 noeuds. Des quantités de bateaux sont transformés en monitor.
Une opération fluviale implique des casernes flottantes et des barges de ravitaillement, le tout incorporé dans une flotte mobile qui est protégé au mouillage par des patrouilleurs de soutien d'assaut (APSB) et des monitors.
La mission de l'ASPB consiste à prévenir les tentatives de retraite du Viêt-Cong par voie d'eau. Dans certains cas, un appui feu peut être demandé à la Fire Support Base ainsi qu'aux hélicoptères et avions tactiques.
http://perso.wanadoo.fr/histoire-militaire/batailles/vietfluv.htm
"I gave my life for freedom --this I know: for those who bade me fight had told me so."
W. N. EWER
Témoignage:
At Khe Sanh: December 13, 1967 - April 18, 1968 Lance Corporal, Marines, communications platoon, H&S Company, 3/26 (at combat base); India Company, 3/26 (Hill 881S)
I was 20 years old when I was stationed at Khe Sanh. On the Combat Base, I worked on the Battalion radio net sending and receiving messages.
On Hill 881S, I was a radio operator for the Forward Air Controller, helping to keep radio contact with airborne air controllers. I also worked in the Combat Operations Center (COC) sending and receiving messages to and from the Combat Base.
When 3/26 first arrived at Khe Sanh, daily life was a routine of settling in: digging bunkers, filling sand bags, extending the perimeter to accommodate the battalion. During the siege, we spent a great deal of time underground during rocket, artillery, and mortar attacks. In between the incoming rounds, there was a frenzy of activity as we scurried about, improving our defences, patching up damage to the air strip, and collecting our supplies
Life up on 881S was very similar, except on a smaller scale. I went up to 881S in mid-February, well after India Company had taken control of the Hill. I was lucky enough to join three Marines who had a bunker. Most of the Marines on the Hill lived in what we called "bunny holes," which were carved into the interior wall of the trench that ringed the Hill. Some of the bunny holes, however, were somewhat elaborate, with floors made from ammo boxes, and walls and ceilings covered with parachute silk.
Several days stand out in my memory. One is when the ammo dump was hit. Rounds were cooking off with tremendous explosions and tear gas was drifting across the base. For a while, I thought all of the explosions were part of the NVA barrage that had set the ammo dump off, and I was certain that the big attack we were expecting had begun.
Another memorable day, a night really, was when Kilo Company was nearly overrun on Hill 861. I was on the Battalion radio net when the attack began, and I fielded most of the communication coming off of the Hill. A friend of mine named Gieger (if I ever knew his first name, I cannot recall it; we knew each other by nicknames and last names only) had just gone up to the Hill to serve as the company radio operator. In between requests for air and artillery support, Gieger provided a running commentary (a play by play of the action) on who was wounded, who was dead, and how far the NVA had advanced into the perimeter.
Another day I will never forget is the day I helped put Corporal Terry Smith on a medevac helicopter. I had never seen a person so devoid of color before, and I knew instinctively that he would not survive the short flight to Charlie Med at the Combat Base. I had been on 881 for about a week, and Terry had been training me to help his replacement with the Tactical Air Control Party (TACP) while Terry was on R&R. He was the first KIA I had seen.
When we left Khe Sanh, I had difficulty moving too far from a trench line. After more than two months of life in the trenches of the Combat Base and Hill 881S, I was not used to being above ground for such a long period of time. It was like some macabre version of musical chairs. None of us wanted to be too far from safety when the incoming started. When we arrived at our new location, Dong Ha, field showers had been set up, and we discarded the filthy, rotten clothing we had been wearing. On my way to collect some freshly laundered utilities, I was overcome by the stench drifting off of the pile of discarded clothes. I said to a friend, "God, we stunk!"
He replied, "You think we would have noticed that before now, wouldn't you?"
After Vietnam, Ronald E. Smith attended college on the GI Bill. He has taught college English since 1977.
On ne naît pas tueur, on le devient !
Je suis né à Jonesboro, Arkansas, mais je passe mon temps à voyager autour du monde pour enseigner à des médecins, des policiers et même des militaires ce qu’est la guerre et ce que tuer veut vraiment dire.
J’ai beau être un expert international ès “sciences de tuer” [killology], j’ai été atterré comme tout le monde, le 24 mars 1998, lorsque deux garçons de 11 et 13 ans ont massacré, dans ma propre ville, quatre écolières et une enseignante, et blessé dix autres élèves.
Avant de prendre ma retraite militaire, j’étais officier d’infanterie et psychologue.
J’ai passé près d’un quart de siècle à étudier comment tuer les gens.
Les soldats américains sont très bons à ce jeu-là. Pourtant, tuer son prochain n’est pas un geste naturel. On doit apprendre à le faire.
La thèse que je défends ici est que nous conditionnons nos enfants à tuer de la même manière que l’armée conditionne ses soldats. J’éclairerai ce propos de mon expérience militaire.
Lorsque des animaux à bois ou à cornes se battent, ils entrechoquent leur tête, mais évitent de se blesser mutuellement. En revanche, lorsqu’ils se battent avec des animaux d’autres espèces, ils s’en prennent à leurs flancs pour tenter de les étriper et de les saigner….
Il en va de même pour les êtres humains. Lorsque la colère ou la peur les submerge, à moins qu’ils ne soient sociopathes, ils se retiennent de tuer leurs semblables.
C’est pourquoi ils se battent en faisant beaucoup de cinéma, en produisant des bruits effrayants, en prenant de grands airs, en essayant de s’intimider mutuellement - jusqu’à ce que l’une des parties fuie ou se soumette.
A vrai dire, les batailles de l’Antiquité n’étaient guère que des jeux de pousse-toi-de-là-que-je-m’y-mette.
Les massacres, s’il y en avait, ne se produisaient que lorsqu’une des parties fuyait et était frappée dans le dos.
A l’époque moderne, le taux d’usage des armes à feu sur le champ de bataille a commencé par être incroyablement bas. Patty Griffith démontre, dans The Battle Tactics of the American Civil War, qu’un régiment de la guerre civile américaine avait la capacité théorique de tuer, à chaque minute, de 500 à 1 000 adversaires, mais qu’il n’en tuait, dans la réalité, qu’un ou deux.
Après la bataille de Gettysburg, on put constater que 90 % des 27 000 mousquets pris sur les soldats morts ou mourants étaient encore chargés, ce qui veut dire que le soldat moyen chargeait son arme, épaulait, mais, au moment de vérité, ne parvenait pas à tirer pour tuer. Même parmi ceux qui tiraient, la plupart visaient au-dessus de la tête de l’ennemi.
Durant la Seconde Guerre mondiale, le brigadier-général S. L. A. Marshall confia à une équipe de chercheurs la mission d’interroger les soldats sur ce qu’ils avaient réellement fait pendant les combats. L’équipe découvrit que, lorsqu’ils avaient un adversaire en ligne de mire, seuls 15 à 20 % des fusiliers tiraient vraiment. Seul un petit pourcentage des soldats était donc naturellement capable de tuer - quand bien même la plupart d’entre eux étaient prêts à mourir pour leur patrie.
Des fusiliers dont le taux de tir est de 15 % ne valent pas mieux que des bibliothécaires dont 15 % seulement sauraient lire.
Lorsque l’armée prit conscience de ce “problème”, elle s’y attaqua systématiquement.
Avec succès, puisque le taux de tir est monté à 55 % durant la guerre de Corée et à plus de 90 % durant la guerre du Vietnam.
Les méthodes mises au point par l’armée sont la brutalisation des soldats, leur mise en condition psychique et l’usage de modèles.
La brutalisation et la désensibilisation sont les moyens privilégiés des boot camps, camps destinés à “dégrossir” les jeunes recrues.
Dès l’instant qu’elles descendent du bus, les recrues sont malmenées physiquement et verbalement. On les contraint à des “pompes” sans fin, à des heures de garde-à-vous, à des courses innombrables avec paquetage complet, toujours sous les hurlements de sergents professionnels. On leur rase la tête, on les rassemble toutes nues, on leur colle sur le dos le même uniforme, on leur fait perdre leur personnalité.
Cette brutalisation vise à casser leurs habitudes et leurs normes, à leur injecter un nouveau style de vie et à leur faire révérer de nouvelles valeurs : la destruction, la violence, la mort.
Au bout du compte, les recrues perdent toute sensibilité à la violence, qu’elles acceptent comme un savoir-faire normal, essentiel pour survivre dans le monde brutal qui est désormais le leur.
…
David Grossman "Le Temps Stratégique" (Genève), février 2000
Myth: Drug Use Was Rampant In Vietnam
Much has been made of drug use among personnel in Vietnam.
What is ironic is that the overwhelming percentage of American drug users were civilians, and a very high percentage of anti-war activists were drug users.
The number of drug-related arrests by Military Police officers and CID agents during the war actually represents a much smaller percentage of drug use among the military than in the overall civilian population during the Vietnam War.
Further, drug use in Vietnam was confined almost exclusively to personnel stationed at base camps and other relatively secure installations.
Drug use in the field was rare and was discouraged even by personnel who used drugs in the rear.
The reasoning was fairly straightforward: drug use in the field endangered lives.
It was not a "victimless crime" in the field. Peer pressure was usually enough to discourage drug use when in the field. Those who were stupid enough to use drugs in the field were often beaten senseless by their non-drug-using comrades.
Those that persisted were usually killed in action, sometimes by hostile fire, and occasionally, tragically, by friendly fire.
Je vous invite à visiter le site ci-après : http://www.rjsmith.com/war_myth.html
We drank for joy and became miserable.
We drank for sociability and became argumentative.
We drank for sophistication and became obnoxious.
We drank for friendship and became enemies.
We drank to help us sleep and awakened exhausted.
We drank to gain strength and it made us weaker.
We drank for exhilaration and ended up depressed.
We drank for "medical reasons" and acquired health problems.
We drank to help us calm down and ended up with the shakes.
We drank to get more confidence and became afraid.
We drank to make conversation flow more easily, and the words came out slurred and incoherent.
We drank to diminish our problems and saw them multiply.
We drank to feel heavenly and ended up feeling like hell.
Author Unknown
Une vie de chien !!
The use of dogs as an auxiliary in-war is as old as war itself. Primitive man used dogs to guard his family, his belongings and himself. He also took his dog into battle with him when rival tribes clashed. Throughout the history of warfare, dogs have gone into combat at the side of their masters or have been used in direct support of combat operations.
The Army Quartermaster Corps began the U.S. Armed Forces first war dog training during WWII. By 1945 they had trained almost 10,000 war dogs for the Army, Navy, Marine Corps and Coast Guard. Fifteen War Dog platoons served overseas in World War II. Seven saw service in Europe and eight in the Pacific. War Dogs continued to serve the US Army with distinction during the Korean War.
In Vietnam, the U.S. Army was the largest employer of War Dogs of all the services.
The Army used; Sentry, Scout, Tracker, Mine and Tunnel dog and had bases for training them in Texas, Georgia, Malasia and Vietnam.
Sentry Dogs
Worked on a short leash and were taught to give warning by growling, alerting or barking. The sentry dog teams mostly were members of Military Police units and patrolled the perimeters of the Army's bases and installations in Vietnam.
Scout Dogs
In Vietnam, Scout Dog Platoons were part of the Infantry. Scout Dogs, trained to work in silence, provided early warning of snipers, ambushes, mines and booby traps, and other enemy forces in the immediate area. Scout Dog Teams were normally assigned the point position (first in line) when on patrol.
Tracker Dogs
Combat Tracker dogs, usually Labrador Retrievers, were used to track and re-establish contact with the enemy after it had been broken and the enemy had fled.
Mine & Tunnel Dogs
Were used to detect mines, booby traps and the tunnels used by the enemy as cover and sanctuary
Filmer le conflit du Vietnam
IL y a vingt-cinq ans, le 30 avril 1975, s’achevait la guerre du Vietnam. Long et meurtrier, ce conflit devait se terminer par un humiliant retrait du corps expéditionnaire américain. A l’occasion de cet anniversaire, les télévisions du monde vont sans doute reprogrammer les principaux films de fiction inspirés par la conflagration : Deer Hunter, Platoon, Apocalypse Now, Full Metal Jacket...
Mais quelle chaîne songera à proposer les admirables documentaires qui, mieux que les longs-métrages de fiction, témoignèrent de l’exceptionnelle cruauté d’un affrontement qui causa la mort de 58 000 Américains et de plus de 3 millions de Vietnamiens ?
La guerre du Vietnam dura quatorze ans, de 1961 à 1975. Le Front de libé ration du Sud Vietnam se constitua le 20 décembre 1960, environ six semaines après l’élection aux Etats-Unis de John F. Kennedy.
Dès le début de l’année suivante, celui-ci jeta les Forces spéciales dans la guerre, en violation des accords de Genève de 1954.
Puis ce fut l’escalade décidée par Lyndon B. Johnson, à la fin des années 60, avec le bombardement du Nord et de Hanoï.
Il y eut ensuite la « vietnamisation » de la guerre décidée par Richard Nixon. Enfin, le gouvernement proaméricain de Saigon et son armée s’effondrèrent le 30 avril 1975.
Ce conflit a été le thème le plus longuement traité par la télévision dans toute l’histoire des informations télévisées américaines. Une étude très précise a été effectuée par le sociologue George Bayley sur la manière dont les trois grands réseaux américains (ABC, CBS, NBC) rendirent compte de cette guerre durant la période 1965-1970.
Presque la moitié des informations sur la guerre concernaient soit les actions de l’infanterie sur le terrain, soit les activités de l’aviation et environ 12 % d’entre elles étaient des déclarations officielles des deux gouvernements (Saigon et Washington). Le point de vue de l’« ennemi » n’était fourni que par 3 % de l’ensemble des informations diffusées. Un tel pourcentage indique assez explicitement combien la télévision américaine fut partiale.
L’impact de cette guerre aux Etats-Unis et le refus qu’elle suscita auprès des jeunes notamment - manifestations antibellicistes, marches pour la paix, protestations universitaires - furent également minimisés.
A propos de cette partialité, George Bayley note : « A peu près tous les résumés quotidiens des combats provenaient des services de relations publiques de l’armée. » Ces services avaient dépensé, pour la seule année 1971, plus de 200 millions de dollars dans le but de proposer aux citoyens américains la meilleure image possible de l’armée.
Dans un documentaire de Peter Davis, The Selling of the Pentagon (« Comment on vend le Pentagone »), un ancien officier des services d’information raconte comment il s’efforçait de « désinformer » les journalistes venus enquêter sur le terrain. Par exemple, une équipe de la CBS qui réalisait un reportage sur les bombardements du Vietnam du Nord et s’était adressée à lui pour trouver des pilotes américains à interroger fut victime de ses manipulations. Il lui fournit effectivement des pilotes, mais après avoir sévèrement chapitré ceux-ci sur ce qu’il ne fallait surtout pas dire...
« De la même façon, note un observateur, les services d’information montaient des opérations bidons de troupes gouvernementales sud-vietnamiennes. Elles étaient filmées par les services officiels, qui envoyaient ensuite les reportages aux petites stations américaines qui n’avaient pas les moyens d’envoyer des équipes au Vietnam »
C’est pour s’opposer à cette vision partiale et manipulatrice d’une « sale guerre » que des cinéastes indépendants entreprirent, dès la fin des années 60, de dénoncer, au moyen de documentaires politiques, les horreurs et les crimes de l’intervention américaine au Vietnam.
« Au nom de la civilisation occidentale »
DANS In the Year of the Pig (« Vietnam, année du cochon »), en 1969, Emile de Antonio tenta, le premier, d’expliquer les raisons profondes de la guerre. Avec des méthodes d’archéologue, Antonio étudia une énorme quantité d’images d’archives, depuis l’époque de la colonisation française, et démontra deux choses : la préméditation de l’intervention américaine et le caractère, selon lui, inéluctable de la défaite militaire.
Les signes avant-coureurs de cet échec, un cinéaste de génie, Joseph Strick, les avait déjà repérés (cf. son film Interviews with My Lai Veterans, 1970) dans la crânerie et la suffisance qu’affichaient le lieutenant Calley et ses sinistres compagnons, soldats transformés, par la grâce de l’armée, en criminels de guerre, véritables machines de mort, après avoir subi les entraînements déshumanisants que le documentariste Frédéric Wiseman avait dénoncés dans Basic Training en 1971.
L’insoumission fut réclamée par le poignant Winter Soldier (« Soldat d’hiver »), documentaire collectif où des vétérans de la guerre témoignent des atrocités qu’eux-mêmes, « au nom de la civilisation occidentale », ont commises au Vietnam. Ce film est sans doute, de tous les documentaires réalisés contre la guerre du Vietnam, celui dont l’impact auprès de l’opinion publique a été le plus fort.
De jeunes « vétérans » (ils ont entre vingt et vingt-sept ans) prennent conscience, au retour de la guerre, qu’ils ont participé à une boucherie et que, en raison du conditionnement subi, ils ont été déshumanisés et réduits à l’état de « Terminator » criminels.
Ils comprennent alors que la guerre du Vietnam n’aura jamais son Tribunal pénal international, que les vrais responsables politiques et militaires des massacres, du napalm répandu, des bombardements aériens contre les civils, des exécutions massives dans les bagnes, et des désastres écologiques provoqués par l’usage massif de défoliants ne passeront jamais devant une cour martiale et ne seront jamais condamnés pour crimes contre l’humanité.
Cette évidence leur devient insupportable aussi, afin d’apporter un contre-témoignage aux mensonges répandus par les médias, cent vingt-cinq d’entre eux, ni insoumis ni déserteurs, souvent couverts de décorations, se réunissent à Detroit, en février 1971. Des cinéastes de New York décident de filmer cet événement que les médias officiels boycottent. Ils enregistrent trente-six heures de film dont Winter Soldier est la synthèse.
On y voit ces anciens soldats, naguère fiers d’avoir combattu pour leur patrie, expliquer le décervelage préalable subi dans les camps d’entraînement où on leur apprenait à museler leur conscience morale et à libérer leurs instincts d’agression.
Ils racontent les atrocités qu’ils commirent une fois leur robotisation achevée : les viols, les tortures, les villages incendiés, les exécutions sommaires, les enfants pris pour cible, les oreilles des Vietnamiens (vivants ou morts) échangées contre des boîtes de bière, les prisonniers jetés du haut des hélicoptères, etc.
Ils évoquent le catalogue de consignes au nom desquelles était conduite la guerre : « Un Vietnamien vivant, c’est un suspect vietcong un Vietnamien mort, c’est un véritable vietcong », « Si un paysan s’enfuit à votre approche, c’est un vietcong s’il ne s’enfuit pas, c’est un vietcong intelligent dans les deux cas, il faut l’abattre », « Comptez les prisonniers seulement à l’arrivée de l’hélicoptère, pas au départ, vous n’aurez pas à rendre compte de ceux qui seraient tombés en vol », etc.
Winter Soldier met en évidence la profondeur du traumatisme provoqué aux Etats-Unis par le conflit et souligne le désarroi moral de la jeunesse engagée au Vietnam.
Plus tard, le réalisateur Peter Davis s’est interrogé, dans Hearts and Minds (« Les Coeurs et les Esprits »), en 1973, sur les traits culturels américains qui, par-delà les considérations politiques, avaient pu favoriser l’extension irrationnelle du conflit jusqu’à lui faire atteindre, par le nombre et la gravité des atrocités commises, les dimensions d’un crime contre l’humanité.
Le réalisateur procède, en premier lieu, au dépistage du réseau de contre-vérités, d’allégations et de phobies ayant enserré, peu à peu, les Etats-Unis dans la logique de l’intervention.
Candidement interrogés, certains dirigeants avancent des prétextes géopolitiques absurdes : « Si nous perdons l’Indochine, nous perdrons le Pacifique, et nous serons une île dans une mer communiste. »
D’autres voient dans l’intervention une manière de conserver l’accès à des matières premières indispensables : « Si l’Indochine tombait, l’étain et le tungstène de la péninsule de Malacca cesseraient d’arriver. »
Les autres, enfin, plus idéologiques, affirment que les Américains interviennent « pour venir au secours d’un pays victime d’une agression étrangère ». Peter Davis sait que, pour élucider les origines de la brutalité dans le comportement individuel des militaires américains, il faut se pencher sur un certain nombre de rites qui caractérisent, en partie, la société.
Hearts and Minds discerne trois de ces rites, ou « structures d’aveuglement », dont la fonction est d’occulter le sens profond d’un acte sous un fatras de significations secondes purement formelles. Peter Davis montre comment, par la multiplication des relais technologiques entre un militaire et sa victime, l’armée parvient à noyer la dimension criminelle d’un acte de guerre.
Ainsi, par exemple, un pilote de bombardier, le regard serein, déclare : « Quand on vole à 800 kilomètres/heure, on n’a le temps de penser à rien d’autre. On ne voyait jamais les gens. On n’entendait même pas les explosions. Jamais de sang ni de cris. C’était propre on est un spécialiste. J’étais un technicien. » La conscience du pilote, fascinée par le mythe de la performance technique, néglige de considérer les conséquences de son geste et d’assumer la responsabilité de son action.
Une deuxième structure apparaît en quelque sorte comme le complément de celle-ci : elle consiste à transformer toute participation, dans un domaine quelconque, en une compétition où la fin justifie les moyens. Il importe surtout d’aller au bout de ses forces dans le but exclusif de gagner.
Peter Davis compare l’attitude des militaires au Vietnam avec celle des joueurs de football américain. Dans les deux cas, tous les coups sont permis, seule la victoire compte, même si on a oublié les raisons du combat.
Interrogés en pleine bataille dans la jungle vietnamienne, des soldats avouent ne pas savoir pourquoi ils se battent. L’un d’eux est même persuadé que c’est pour aider les Nord-Vietnamiens ! Un officier résume : « Une longue guerre, difficile à comprendre. Mais nous sommes venus pour la gagner. »
Le troisième élément de déculpabilisation est cette sorte de psychologie des peuples - base du racisme le plus élémentaire - permettant de doter mécaniquement les habitants d’un pays de quantité de défauts. Un officier américain raconte aux enfants d’une école ses impressions sur l’Indochine : « Les Vietnamiens, dit-il, sont très retardataires, très primitifs ils salissent tout.
Sans eux, le Vietnam serait un beau pays. » On y perçoit fort clairement le regret d’une solution radicale (« no people, no problem » ) du genre « solution indienne » que le général William Westmoreland, chef du corps expéditionnaire, a dû être tenté d’appliquer sans scrupules car, affirme-t-il, « les Orientaux attachent moins de prix à la vie que les Occidentaux ».
Peter Davis attribue au conflit vietnamien une valeur de symptôme. Celui d’une grave maladie, à savoir : la violence américaine dont il étudie les caractéristiques militaires, un peu dans le style sociologique qu’avait adopté la réalisatrice Cinda Firestone dans Attica, pour mettre à nu le fonctionnement de la répression policière.
Hollywood, qui n’avait pas soutenu cette guerre, n’a pas hésité à récompenser Hearts and Minds d’un Oscar du meilleur documentaire en 1974.
Mais l’oeuvre limite sur les conséquences du conflit dans la trame intime des vies américaines fut Milestones (1975), de John Douglas et Robert Kramer, véritable somme des idées les plus généreuses de la génération qui s’opposa à la guerre. Milestones est une traversée (historique, géographique, humaine) de l’Amérique.
C’est la rencontre avec des citoyens conscients que la puissance des Etats-Unis s’est édifiée sur le massacre des Indiens et l’esclavage des Noirs, et qui s’opposent à la destruction du peuple vietnamien. `uvre de renaissance, Milestones marque cependant une coupure assez radicale dans le discours politique.
La guerre étant désormais terminée, ce film insiste sur la nécessité de maintenir la mobilisation et prône l’investissement de l’énergie militante dans la vie quotidienne, dans la transformation des rapports du couple, de la famille et de l’amitié.Il souhaite voir s’épanouir une société américaine moins violente, plus tolérante et bienveillante, donnant davantage libre cours à la sensibilité et à l’émotion.
En octobre 1983, enfin, quand l’opinion américaine tentait d’oublier ce conflit, une série documentaire, diffusée par la télévision et intitulée « Vietnam, une histoire télévisée », vint une nouvelle fois rappeler les crimes. Retrouvés par les réalisateurs, deux survivants d’un massacre oublié, celui du village de Thuy Bo, en janvier 1967, se souviennent.
M. Nguyen Bai, qui était écolier à l’époque, raconte comment « les "marines" détruisirent tout, abattirent le bétail, achevant les blessés, fracassant les crânes à coups de crosse, tirant sur tout ce qui bougeait ». Mme Le Thi Ton, alors petite fille, confirme : « Nous étions dix dans une paillote quand les soldats américains sont arrivés. Je les ai salués ils ont ri et ont jeté une grenade à l’intérieur. Je suis la seule survivante . »
A l’heure des repentances, les Etats-Unis regrettent-ils les crimes commis au Vietnam ?
Le secrétaire américain de la défense, M. William Cohen, a déclaré le 11 mars dernier, à la veille de sa visite historique à Hanoï, qu’il ne comptait nullement présenter des excuses pour l’attitude des forces américaines durant la guerre du Vietnam.
I haven't really slept for twenty years.
I lie down, but I don't sleep.
I'm always watching the door, the window, then back to the door.
I get up at least five times to walk my perimeter, sometimes it's ten or fifteen times.
There's always something within my reach, maybe a baseball bat or a knife, at every door...
Once when my daughter was younger and I was that way, she came up behind me and before I knew it I had her by the throat up against the wall. I can still see her eyes. I put her down and just walked out of the house without saying anything to anybody and didn't come back for a week."
Anonymous account from a Vietnam veteran (Shay, 1995).
Je tiens mon visage à deux mains
Non, je ne pleure pas
Je tiens mon visage à deux mains
Pour réchauffer ma solitude
Deux mains protégeant
Deux mains nourrissant
Deux mains empêchant mon âme
de me laisser en colère.
C'est un poème que j'ai écrit pendant la guerre du Vietnam. Il parle de la colère.
J'avais écrit ce poème après que la ville de Bên Tre qui est la ville natale de sœur Chân Không ait été bombardée par l'aviation américaine.
Un officier américain a décidé de la bombarder et de la détruire à cause de la présence de cinq ou six guérillas dans cette ville. Cet officier a déclaré plus tard qu'il a voulu la bombarder et la détruire pour la sauver des communistes.
J'étais en colère; ce n'était pas seulement la colère d'une personne mais celle d'une nation entière.
http://www.villagedespruniers.org/ens_libre.htm
Vingt ans, le tendre mot magique Qui fait chanter, qui fait rêver. Ô ma jeunesse féerique, Je ne te reverrai jamais.
Vingt ans, pour vous garçons de France C'est le bonheur, la joie, l'amour, C'est aussi la douce insouciance, La gaieté de vivre ce jour.
Vingt ans pour vous, filles de chez moi, C'est la beauté, c'est le printemps, C'est aussi le premier émoi, Le premier flirt, le fol amant.
Vingt ans pour moi, c'est peu de chose Une opération au Delta* C'est un jour qui se lève morose Et qui me trouve déjà las.
Pour mon cadeau d'anniversaire, J'ai eu la pluie, la guerre, la boue, Une patrouille dans la rizière, Des rations "G", un point c'est tout.
Il m'en reste un peu d'amertume, Car à vingt ans, quelle ironie, D'avoir pour femme l'infortune, Alors qu'est si belle la vie.
C'est idiot cela je le sais, Mais ce soir lourd en y pensant, J'aimerais pouvoir effacer, Ce que furent à moi... mes vingt ans.
Para E.L. 7° B.P.C. - Hanoï le 28 Août 1951
http://www.chez.com/lebargy/poeme.htm
Plumes de Guerre
Cher monsieur.
Pendant vingt-deux ans, j'ai porté votre photo dans mon portefeuille. J'avais seulement 18 ans ce jour où nous nous sommes trouvés face à face sur ce chemin de Chu Lai, au Vietnam. Je ne saurai jamais pourquoi vous n'avez pas pris ma vie. Vous m'avez longuement fixé, armé de votre AK-47 et pourtant vous n'avez pas tiré. Pardonnez-moi pour avoir pris votre vie, j'ai réagi comme on me l'avait appris à l'entraînement, vous n'étiez même pas considéré comme un humain, une simple merde et cible. (...) Combien de fois, toutes ces années, ai-je regardé votre photo et celle que je crois être celle de votre fille ! Chaque fois, mon cœur et mes tripes brûlaient avec la douleur de la culpabilité. (...) Je laisse ici votre photo et cette lettre. Il est temps pour moi de poursuivre ma vie, de soulager ma peine et ma culpabilité.
Pardonnez-moi, Monsieur..." |
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