Europa Nación

Europa Nación


REVISTAS DE PROPAGANDA ALEMANA EN TODAS LAS LENGUAS DE EUROPA

 

SIGNAL Y ADLER

http://www.chevallet.eu/revues.htm

 


Cette brochure a pour ambition de présenter un monument de la propagande allemande de la Seconde Guerre mondiale en Europe, à savoir, le magazine Signal. Ce document se veut un outil, à la fois pour le collectionneur, le chercheur ou tout simplement le curieux de cette époque. J‘ai essayé de rassembler ici un maximum d‘informations sur ces sujets, le but étant d‘avoir un maximum de photographies en couleur de préférence, avec un court texte explicatif qui accompagne l‘ensemble. La base de référence est l‘édition française de Signal. Pourquoi ce travail ? Au départ, il s‘agissait simplement d‘un petit fascicule que j‘avais réalisé et qui me permettais de pouvoir « chiner » dans les brocantes pour trouver un numéro qui manquait à ma collection. Et puis, un jour, un ami m‘a demandé des informations sur ce sujet, j‘ai eu envie de faire partager tout cela, de là l‘idée de réaliser cette brochure. J‘ai commencé par puiser mes informations dans ma collection personnelle, mais très vite, il m‘a fallu aller plus loin. J‘ai alors beaucoup fréquenté sur Internet le forum de discussion d‘Olivier sur ce sujet. Grâce à la gentillesse et la bienveillance des membres du forum, j‘ai pu récupérer des images et des informations complémentaires. Au fur et à mesure de mes recherches, d‘autres collectionneurs m‘ont apporté de l‘aide et des conseils. J‘en profite pour remercier en particulier Lino Schifano, Armando Almeida, Enrique Fernandez-Xesta, Christian Keereman, Peter Björk, Alexander Zöller et Carlos Diez qui m‘ont fourni des photos extraordinaires sur l‘univers de Signal. Franck CHEVALLET — 2009 Page 3 sur 187


Sommaire
1.1 UN MONUMENT DE LA PROPAGANDE INTERNATIONALE ALLEMANDE ...................................................... 4
1.1.1 La naissance de SIGNAL .................................................................................................................... 4
1.1.2 La cheville ouvrière de SIGNAL : Les PK.......................................................................................... 5
1.1.3 La ligne éditoriale de SIGNAL ........................................................................................................... 8
1.1.4 La publicité de SIGNAL...................................................................................................................... 9
1.1.5 Les « bourdes » de SIGNAL ............................................................................................................. 13
1.1.6 SIGNAL et les campagnes de recrutement de volontaires ............................................................... 14
1.1.7 Les différentes éditions de SIGNAL .................................................................................................. 15
1.1.8 Les éditions françaises ..................................................................................................................... 18
1.2 INVENTAIRE DE SIGNAL 1940- 1945 ................................................................................................... 20
1.2.1 SIGNAL 1940.................................................................................................................................. 20
1.2.2 SIGNAL 1941.................................................................................................................................. 38
1.2.3 SIGNAL 1942.................................................................................................................................. 63
1.2.4 SIGNAL 1943.................................................................................................................................. 87
1.2.5 SIGNAL 1944................................................................................................................................ 112
1.2.6 SIGNAL 1945................................................................................................................................ 133
1.2.7 Editions fantômes de SIGNAL ........................................................................................................ 139
1.3 SIGNAL SES SUPPLEMENTS ET SES VARIANTES................................................................................... 143
1.3.1 Variantes de couvertures ................................................................................................................ 144
1.3.2 Les variations régionales ............................................................................................................... 149
1.3.3 Le « SIGNAL noir » ........................................................................................................................ 155
1.3.4 SIGNAL petit format ....................................................................................................................... 156
1.3.5 Les SIGNAL à tampon en surcharge sur la couverture ................................................................. 157
1.3.6 Les faux SIGNAL ............................................................................................................................ 158
1.3.7 Tirages à part de SIGNAL .............................................................................................................. 164
1.4 PERSONNAGES ET COLLABORATEURS DE SIGNAL ................................................................................ 176
1.4.1 Rédaction. ..................................................................................................................................... 176
1.4.2 Journalistes.................................................................................................................................... 178
1.4.3 Equipes des PK. .............................................................................................................................. 180
1.5 LES REPRODUCTIONS MODERNES DE SIGNAL .................................................................................... 182
1.6 B
IBLIOGRAPHIE ................................................................................................................................. 183 Page 4 sur 187
SIGNAL est une revue qui servait la propagande de guerre allemande durant les années 1940-1945. Ce magazine est l‘instrument principal de la propagande du régime en dehors du Reich, dans toute l‘Europe occupée et même au-delà.

 


1.1 Un monument de la propagande internationale allemande


Signal est réalisé par la section IV des services de la Wehrmacht Propaganda Abteilung (WPr) commandé par le Lieutenant-colonel Hasso Von Wedel sous le contrôle de l‘Oberkommando der Wehrmacht (OKW). La section IV de la WPr, sous les ordres du capitaine Hans Martins, était responsable de la propagande à l‘étranger. Le fait que SIGNAL était produit par l‘OKW n‘est pas anodin, car il gardera ainsi une certaine indépendance vis-à-vis du ministère de la propagande de Goebbels. Le Le Lieutenant-colonel Hasso Von Wedel chef de la WPr (Signal 13/40)

 

1.1.1 La naissance de SIGNAL


Par l‘intermédiaire du Dr. Ferdinand Sasbach, c‘est la Deutscher Verlag AG de Berlin qui édite SIGNAL. Cette maison d‘édition remplace la maison d‘édition de la famille juive Ullstein Verlag fondée en 1877 et nationalisée en 1937, suite aux lois raciales de Nuremberg. Ullstein Verlag avait fondé en 1892 le journal quotidien Berliner Illustrierte Zeitung, connu dans le monde entier et qui servira de modèle à de nombreux journaux en Europe. Afin de profiter du prestige de ce journal, SIGNAL est décrit comme une édition spéciale de la Berliner Illustrierte Zeitung (Sonderausgabe). Enfin, la Deutscher Verlag publie d‘autres quotidiens comme Das Reich par exemple.
Le futur magazine au format 27 x 36,5 cm est inspiré par le magazine américain LIFE, mais surtout par le magazine français MATCH dont il reprend le format et le contenu de l‘édition dite « Le MATCH de la guerre » à partir du numéro 64 de 1939. Au départ, le magazine devait s‘appeler « 39 », mais ce titre n‘était pas Page 5 sur 187
assez accrocheur. On considère que le nom « SIGNAL » est le fruit d‘un travail collectif, dont le major Fritz Solm est un des responsables. Le choix du titre SIGNAL lui-même n‘est pas un hasard, ce mot est compréhensible et traduisible dans le plus grand nombre possible de langues. A l‘origine, SIGNAL est proposé en quatre langues, allemande (D), française (F), italienne (I) et anglaise (E). Le tirage du numéro 1/40 est limité à 135.600 exemplaires, dont 28.000 anglais, 40.000 italiens, 27.600 français et 40.000 allemands et toutes les éditions sont alors imprimées à Berlin. Le tout premier numéro sort le 15 avril 1940, soit un mois à peine avant le déclenchement du Blitzkrieg à l‘ouest. Le dernier numéro parait en mars 1945, soit un mois et demi avant la fin de la Seconde Guerre mondiale. SIGNAL est destiné uniquement à l‘exportation et sera en final traduit en 30 langues différentes (25 éditions plus 5 secondaires pour les peuples de l‘Est (Rus puis Ost). Enfin, il y eut un projet d‘édition japonaise et un autre pour une édition ukrainienne, mais ces projets n‘ont pas eu de suite. C‘est le numéro en allemand qui sert de matrice, entre 100 et 120 traducteurs seront employés à Berlin pour les traductions. En mai 1943, le tirage de SIGNAL atteint 2.426.000 d‘exemplaires, dont 800.000 pour l‘édition française qui est la plus importante. Jusqu‘à la fin, SIGNAL sera toujours tiré avec soin et toujours sur du papier de qualité. SIGNAL utilise les groupes de presse des pays occupés pour l‘impression et la diffusion. Par exemple, le groupe de presse Hachette est chargé d‘imprimer et diffuser le magazine en France et dans les pays francophones (Belgique, Suisse). C‘est l‘imprimerie Curial-Archereau à Paris (Code DZ 210) qui réalisera l‘impression des magazines de l‘édition française, du numéro 13 de 1941 jusqu‘au numéro 15 de 1944. Il semble que cette imprimerie a participé à la réalisation des éditions de SIGNAL pour l‘Espagne et le Portugal.

 

1.1.2 La cheville ouvrière de SIGNAL : Les PK


Afin de fournir articles et photos à la propagande, l‘OKW s‘appuie sur les membres des Propaganda Kompanien (PK) et les Propaganda-Abteilungen. Les PK sont des détachements de correspondants de guerre (PK-Kriegsberichter) qui resteront jusqu‘à la fin de la guerre, aux ordres du futur général Hasso Von Wedel. On trouve des PK dans toutes les branches des armées. Sur le terrain, les compagnies de propagandes opèrent en équipes composées d'un photographe, d'un cameraman, d'un dessinateur et d'un journaliste qui faisait la plupart du temps office d'officier de presse. Cette organisation se maintient à peu de choses près tout au long de la guerre. Une telle organisation permettait de couvrir efficacement n'importe quel événement, en concentrant en un même point l'ensemble des médias disponibles. En 1943, on compte 21 PK dans la Wehrmacht, 4 PK dans la Luftwaffe, 4 PK dans la Kriegsmarine. En ce qui concerne la Waffen-SS, le RAD, l‘organisation Todt, le NSKK et le DRK chacun dispose de 1 PK, le tout représentant 15.000 hommes, dont 285 cameramen et 1329 photographes. Page 6 sur 187
Publicité et appareil photo LEICA type IIIc en dotation dans les PK. WH- Kriegsberichter et WL- Kriegsberichter
SS-Kriegsberichter avec le détail de la bande de bras spécifique à ce type d‘unité Bande de bras SS-PK
Page 7 sur 187
Lothar-Günther Buchheim KM-Kriegsberichter, 1941 Page 8 sur 187
Casque de PK au profit de Signal (vente Hermann-historica en 2009)

 

1.1.3 La ligne éditoriale de SIGNAL


SIGNAL se veut un illustré abondant, fournissant des informations exclusives, claires, intelligentes. La vocation internationale du magazine va forcer la rédaction à adopter un ton modéré pour ne pas heurter la sensibilité des nombreux et différents lecteurs. Dans un premier temps, SIGNAL rend compte des victoires éclatantes de l‘armée allemande et de son allié italien. Jusqu‘à la mi-1942, l‘articulation de SIGNAL est toujours la même, la première moitié du magazine montre la puissance de l‘armée allemande et de ses amis alliés à un sens tactique des chefs parfaitement maitrisés. Il s‘agit de glorifier le groupe et s‘arrête rarement aux actions individuelles. Le magazine s‘attache à démontrer que s‘il y a la guerre, ce n‘est pas de la volonté de l‘Allemagne, mais la faute de l‘Angleterre puis de la Russie bolchevique qui ont poussé les nations dans un conflit mondial. La seconde moitié du magazine se veut culturelle avec des pages sur le cinéma, la mode, l‘histoire, l‘art en montrant toujours l‘Allemagne sous un aspect novateur, moderne, à la pointe du progrès tout en ayant un passé européen important. La double page couleur sert à marquer les deux facettes du magazine. SIGNAL met l‘accent sur la jeunesse et la beauté. Le magazine inclut dans ses pages des photos « coquines » pour l‘époque afin de monter l‘idéal féminin germanique. Page 9 sur 187
A partir du numéro 17 de 1941, SIGNAL met à disposition des lecteurs une table des matières en début du magazine ce qui a pour effet d‘augmenter l‘effet de puissance de l‘Allemagne. Cette table disparaît avec le numéro 1 de 1942 et permet de remarquer une mutation de la ligne éditoriale. Le magazine parle de plus en plus des volontaires étrangers qui rejoignent les rangs de l‘armée allemande comme les espagnols de la Division Azul espagnol ou les français de la LVF. On commence à parler des combattants de l‘Europe et des volontaires étrangers dans la Waffen SS. Avec la défaite de Stalingrad début 1943, SIGNAL termine sa mutation et se transforme de plus en plus en magazine politique, on voit apparaître de plus en plus de tirages à part qui sont le plus souvent des reprises d‘articles à caractère politique. Si l‘aspect militaire reste important, les victoires deviennent de plus en plus rares et de fait, les images aussi, ce qui laisse la place à des articles politiques de plus en plus souvent rédigés par Giselher Wirsing. A partir du numéro 8 de 1943, la table des matières réapparait avec des parties sans équivoques, « La guerre : une lutte mondiale », « Le nouvel aspect du monde et l‘avenir de l‘Europe » la guerre se transforme en croisade européenne contre le bolchevisme, contrairement au début, l‘action individuelle devient très importante et fait la part belle aux volontaires notamment de l‘Est. La rubrique « La vie d‘aujourd‘hui. » évolue aussi en montrant le bonheur de venir travailler en Allemagne pour l‘industrie, en plus des classiques articles sur les progrès de la science allemande, la mode et l‘art allemand qui est menacé par les bombardements. Avec le débarquement et l‘invasion de la « forteresse Europe », l‘influence des idées nazies devient flagrante avec la « juiverie internationale » et prépare de plus en plus les lecteurs vers la guerre totale.

 

1.1.4 La publicité de SIGNAL


Pour promouvoir le magazine, les kiosques à journaux n‘hésitent pas à mettre en avant les magazines :
- Par de la publicité dans les journaux.
Page 10 sur 187
- Par une boutique au 35, avenue des champs Elysées à Paris Enfin, on trouvait dans les rues des affiches et même des jeux de cartes avec le logo de
SIGNAL au dos des cartes Page 11 sur 187
Affichette qui annonce le sommaire du numéro 8 de 1943
En octobre 1942, l‘éditeur Hachette prévient ses lecteurs de certaines difficultés d'approvisionnement ou de distribution de la revue. Page 12 sur 187
Affiche réalisée pour le lancement de l‘édition suédoise en 1941 Traduction : REPORTAGE ACTUELLE Spectacle, culture, film, théâtre, mode, humour SIGNAL 53 öre (taxe incluse) LE MAGAZINE EUROPEEN LE MIEUX INFORME EN SUEDE Achetez-le chez votre marchand de journaux le plus proche La couverture du premier numéro suédois Page 13 sur 187

 

1.1.5 Les « bourdes » de SIGNAL


SIGNAL est réputé pour être un des piliers de la propagande allemande durant la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, dans le premier numéro, SIGNAL s‘approprie une photo parue auparavant dans la presse française et brode un récit qui décrit un chef de patrouille qui s‘est approché si prêt d‘un blockhaus de la ligne Maginot au point qu‘il a pu le prendre une photo au nez et à la barbe des Français. Le magazine MATCH découvre la supercherie et en profite pour fustiger les mensonges de la propagande nazie. Plus tard, dans le numéro 7 de 1941, SIGNAL publiera une série de photos de la Scala de Milan en montrant notamment une personne comme étant le directeur Mataloni, directeur du théâtre.
Visiblement, cet homme n‘est pas le directeur. La page couleur sera retirée de l‘édition italienne (D/I) avant la mise en vente du magazine.
Légende de la photo :
« Le directeur Mataloni est le chef de la Scala de Milan, l‘Opéra le plus célèbre de l‘Italie. La Scala est le centre du Bel Canto… »
Dans le numéro 14 de 1941, l‘avion « transparent » est montré à l‘envers
L‘avion « transparent » Tel qu‘il est Tel qu‘il devrait être Page 14 sur 187

 

1.1.6 SIGNAL et les campagnes de recrutement de volontaires


SIGNAL est le support qui permet de diffuser auprès des populations une vision plus « européenne » de la guerre. Il participe aux campagnes de recrutement des volontaires pour la LVF et la Kriegsmarine, par des articles, mais aussi, des encarts publicitaires. Ci-dessous, campagne de recrutement au profit de la Kriegsmarine paru dans SIGNAL édition française : 10/44 11/44 12/44 14/44 Page 15 sur 187

 

1.1.7 Les différentes éditions de SIGNAL

Comment reconnaître ces différentes éditions ? Toutes les éditions de SIGNAL sont codées, on retrouve ce code sur tous les exemplaires, en haut à gauche, dans la bande rouge de la couverture. Code
Editions
Premier numéro
Dernier numéro
D
Allemande
n° 1-1940
n° 5-1945
E
Anglaise
n° 1-1940
n° 4-1945
F
Francophone
n° 1-1940
n° 4-1945
D/I
Italo-Allemande jusqu'au 20/1943 avec le code D/I jusqu’au 5/40 puis
n° 1-1940
n° 19-1943
I
Italienne à partir du 20/1943
n° 20-1943
n° 4-1945
Da
Danoise jusqu’au 3/40 puis
n° 2-1940
n° 4-1945
N
Néerlandophone numéro unique avec le code N
n° 5-1940
n° 5-1940
H
Néerlandophone jusqu’au 6/44 puis
n° 6-1940
n° 5-1945
N
Norvégienne
n° 8-1940
n° 3-1945
D/Sp
Germano-Espagnole jusqu'au 8/1941 avec le code D/Sp
n° 1-1941
n° 7-1941
Sp
Espagnole à partir du 8/1941
n° 8-1941
n° 14-1944