À cette distance précise de cette étoile que l’homme nommera plus tard ‘‘Soleil’’, cet endroit me semblait parfait. Dans de grands océans d’eau salée, je tentai ma chance. J’apparus sous forme de petits êtres microscopiques. Ballottée par ces eaux confortables, je me multipliai. Pour moi, il est un peu simpliste de dire que par instinct de survie, je me diversifiai. Je me trompai souvent, certaines espèces, dont je prenais la forme, ne profitaient que quelques milliers d’années de cette nature, d’autres, des centaines de millions. Cependant en général, je suis assez fier de mes débuts.
Sous forme de végétaux, je me glissai hors de l’eau. Cet amas de roches, de poussières et d’eau claire que je percevais des fonds marins devint fertile et vivant. J’y vécus ensuite sous forme d’insectes. J’osai même un jour envoyer un marcheur. Non pas que de peupler les océans m’ennuyait c’était un travail colossal, encore aujourd’hui l’homme est très loin de connaître à fond ma diversité marine, mais ce petit pas de géant sur cette terre moelleuse me permit enfin de saluer sans filtre aqueux, cette étoile que certains peuples vénèreront avec raison.
J’ai travaillé assez fort je l’avoue, un jour, j’étais partout. Volant, nageant et pesant parfois plusieurs tonnes. Du fond des océans jusqu’aux sommets des montagnes, je survivais. Des plus petites algues aux grands arbres majestueux et des petits unicellulaires aux plus grands mammifères et amphibiens, je créai un monde. À quelques reprises, l’univers me lança des cailloux. Une fois se fût mémorable, cela changeant si rapidement l’atmosphère que plusieurs formes que je pris s’éteignirent. Je me cachai alors au fond des terriers et dans les grottes. Les nuages passés, je me diversifiai à nouveau sur cette terre redevenue accueillante.
Si, sur des millions d’années et selon l’environnement, j’apposais une appréciation à mon accomplissement, ce serait au plus la note de passage. Je suis sévère à mon égard me direz-vous? Non, je ne crois pas, j’ai bien fait une erreur impardonnable. Si je basais celle-ci sur les derniers millénaires, plus aucun système solaire ne voudrait de moi … Il n’y a pas si longtemps, la sélection naturelle favorisat alors une espèce de bipède capable de grande adaptation. Il dominat rapidement presque tous les autres êtres vivants. Se peut-il que dans ma recherche de l’équilibre parfait, d’une biosphère idéale, moi la vie je me sois trompée?
Ce dominant, possède malheureusement une arme contre moi-même. Il pourrait s’en servir comme je l’aurais souhaité, beaucoup de ses individus le font avec leurs proches et leurs communautés, cependant lorsque j’observe son histoire et son présent, je saigne. Ma présence sur terre est aujourd’hui pénible. Mes végétaux et mes animaux se meurent. Ce fameux bipède s’entre-tue non par survie de l’espèce, ce qui devrait être l’essentiel dans ce monde relativement éphémère, mais par pur individualisme. Tous les défauts, il les possède, puisqu’ils portent un nom. Toutes les qualités également me direz-vous? Un outil peut être utilisé à bâtir comme à détruire. En très peu de temps, celui-ci a déséquilibré la terre. L’homme possède malheureusement cette différence au reste du monde vivant, il est doté d’une intelligence remarquable.
Comment faire comprendre à cet égoïste qu’il est une partie de moi-même et qu’il saigne lui aussi? Dois-je faire bouger les plus grands bouddhas de pierre, saigner les plus grandes statues de la vierge, transformer d’un seul coup tous les écrits de l’islam, faire s’éteindre les astres en signe ultime? Moi la vie, je ne puis et je saigne. Je ne peux que constater qu’à la vue de mon sang, cet individualiste jouit. Par le passé certains éveillés ont tenté des codes de vie, des hiérarchies et des religions. Mais cela ne semble porter fruits. Les plus grandes guerres en découlent. La planète étouffe et même ce qui n’est pas vivant se meurt. Je suis triste et j’ai mal.
Je ne sais si je m’éteindrai en même temps que ce soleil, à qui je dois ma présence ou si je m’autodétruirai au travers de mes mains d’homme. Cependant, j’aimerais dire aujourd’hui que l’humain est un être de grande capacité. Si chaque individu, par de simples gestes à la grandeur de ses capacités personnelles lutte contre l’individualisme, ma plaie se refermera un jour. Le destin est aujourd’hui le présent. La conscience collective doit se bâtir. Chacun peut avoir une place au soleil non seulement sans faire ombrage à son voisin mais également en aidant celui-ci à avoir la sienne.
En l’an 2005, compté par l’homme, certains pays sont assoiffés et crient famine alors que d’autres vont y puiser leurs biens sans scrupules, utiliser leurs bras et leurs vies sans remords. L’esclavage se fait à distance. La nature est souillée. Les religions servent à guider les peuples mais parfois à les abrutir. Elles ont été pensées, transmises et écrites par l’homme. Il s’est créé lui-même un besoin de croire qu’il y a quelque chose de plus que cette vie que je suis. Qu’il ira dans un paradis autre que le sien qu’il détruit! Si l’humain ne peut admettre la simplicité de son passage dans l’univers et bien qu’un autre caillou me tombe sur la tête. Je recommencerai.
En attendant ce rocher, admire ce soleil, qu’il t’éclaire dans tes décisions. Le travail qui t’attend est gigantesque mais l’outil que tu possèdes est sans limite. Ta mémoire est ton âme, ta vie à toi. Si tu la perds, tu n’es plus. Tes pensées sont ton passé, ton présent et ton futur espéré. La mémoire et la connaissance collective devraient guider les humains pour un meilleur futur et contrer cette détérioration. Au nom de tes propres enfants panse au plus vite mes blessures, respecte tes semblables et soigne la nature qui t’entoure. Alors, moi la Vie, je resterai.
La vie.
Moi, qui écris ces lignes, je ne souhaite qu’une chose; la même que vous!
De grâce, envoyez ce texte à tous, publiez-le. Vous qui en avez la capacité, traduisez-le dans toutes les langues du monde. Amour et Paix.
Daniel Paillé
Châteauguay
Texte original en français Québec septembre 2005
Commentaires et s.v.p. dites-moi dans quelle langue vous avez traduit ce texte. Merci.
adresse : danielpaille@gmail.com
J'avais démonté les portes
Et ouvert toutes les fenêtres
Voilà ce qu'il en reste
Je n'ai plus la patience de ramasser les bouts de verre
Ils ne se recollent pas
J'ai marché à l'aveugle
Déchirant mes pieds pénétrés par les éclats
Des morceaux de ma vie
Je me suis perdue
Je suis perdue
Cet espace sombre qui m'attire
Est ce la fin?
J'avance
La lumière durera
Ce que dure la lumière