Solfège

Dans cette rubrique nous nous limiterons à des notions de base utiles même pour ceux qui voudraient composer de façon "intuitive".

L'expérience nous a cependant montré qu'une bonne connaissance de la théorie musicale n'est pas un luxe et je ne peux que recommander la lecture de music on paper (USA), l'excellent ouvrage de Hugo Pinksterboer consacré à ce sujet dans la collection des Tipbook (il n'est malheureusement pas encore disponible en français).

On peut exprimer le même regret en ce qui concerne les ouvrages trés originaux de Rikky Rooksby : Melody, how to write great tunes et How to write songs on keyboards (éditions Backbeat Boooks) , qui abordent de manière pratique les aspects mélodique et harmonique du solfège.

Le site de Ricci Adams' Musictheory (en anglais) offre la possibilité d'apprendre la théorie musicale au moyen d'animations Flash très bien conçues et téléchargeables gratuitement.

 

     
 

Les gammes

Ecoutez les deux fichiers Flash si dessous :

intervalle

Ils sonnent d'une manière comparable et néanmoins pas semblable.

Il s'agit de deux gammes majeures, la première étant celle de Do, la seconde celle de Sol.

Pour jouer la première, aucun problème, frappez les touches blanches de votre clavier de gauche à droite, en commençant et en terminant par celles situées immédiatement à gauche d'un des groupes de deux touches noires, comme sur l'image si dessous.

Cependant, si vous faites la même chose en commençant par le Sol, situé entre les deux premières touches noires d'un groupe de trois, vous obtiendrez cela :

Vous entendez nettement que cette suite de notes sonne différemment de la gamme majeure de Sol vers la fin. Pour obtenir cette denière, il faut frapper, au lieu de la touche blanche de Fa, la touche noire située à sa gauche.

L'explication de ce qui précède, réside dans la mesure des intervalles qui séparent les notes.

Quand deux touches blanches sont séparées par une touche noire, leurs notes respectives le sont par un intervalle sonore de 1 ton, sinon elles ne le sont que par un demi-ton. Toutes les gammes majeures suivent le même patron que celle de Do : 1 ton, 1ton, 1/2 ton, 1ton, 1ton, 1ton, 1/2 ton. C'est ce qui leur donne une sonorité comparable.

La dernière suite de notes que vous avez écouté, suivait un autre patron : 1, 1, 1/2, 1, 1, 1/2, 1. Elle constitue la gamme de Sol Mixolidien.

Pour obtenir la gamme de Sol Majeur il faut donc rétrécir le dernier intervalle d'un demi-ton (ce qui rallonge l'avant dernier d'autant). Pour ce faire il faut ajouter un dièse à la note Fa.

Cette titleération devant être appliqué à l'ensemble d'un morceau composé dans cette tonalité elle est mentionnée à la clef.

Ce qui précéde peut paraitre théorique et rébarbatif, mais les tonalités sont à la musique ce que les palettes sont à la peinture, elles déterminent le caractère et l'ambience d'un morceau.

Si vous frappez sur les touches blanches en commençant et terminant par le La (la note située juste à gauche du Sol), vous obtenez ceci :

La sonorité est un peu triste et romantique.

Il s'agit de la gamme mineure de La, qui est constituée des intervalles suivants : 1 ton, 1/2 ton, 1 ton, 1 ton, 1/2 ton, 1 ton, 1ton.

Toutes les autres gammes mineures peuvent être déduites de ce patron.

Chaque gamme mineure partage les mêmes notes avec la gamme majeure à la quelle elle est apparentée (La mineur et Do majeur par exemple), pour qu'une mélodie sonne en mineur, il faudra donc qu'elle soit harmonisée avec les accords de la gamme mineure.

 
 

Les intervalles

Nous avons vu que ce qui provoque pour notre oreille, la reconnaissance d'un type particulier de gamme (majeure ou mineure) c'est l'ordonnance des intervalles séparant les notes (tons et demi-tons).

Il est remarquable que ce phénomène existe quelque soit la note de départ et l'octave considérée. Mesuré en unités de fréquence (Hertz) la grandeur d'un ton par exemple sera différent entre Do3 et Ré3 et entre Do2 et Ré2.

Toute mélodie consiste également en une succession d'intervalles. Tout est à peu près permis, mais certaines successions sonnent mieux que d'autres. On distingue en effets des intervalles consonants et d'autres dissonnants. Ces derniers sont appelès dissonnants dans la mesure où ils créent une tension qui doit être résolue par une consonnance, ce faisant ils ajoutent du relief et de l'intérét à la mélodie.

Les intervalles consonnant rencontrés dans la gamme sont :

Consonnances parfaites :
octave et quinte justes
Consonnaces imparfaites :
tierces et sixtes majeures et mineures
Consonnances mixtes :
quarte juste

Le fichier Flash ci dessous joue les intervalles consonnants, puis les dissonants.

intervalles dissonnants

 

Les accords

Ils y a donc des notes qui sonnent mieux ensemble que d'autres, à cause de l'intervalle qui les sépare. Ceci est vrai non seulement du point de vue mélodique (quand les notes se succèdent), mais aussi du point de vue harmonique (quand elles sonnent simultanément).

L'accord dit parfait fait intervenir une note racine, la fondamentale, sa tierce et sa quinte. On peut aussi le décrire comme l'empilement de deux tierces, une majeure et une mineure. L'ordre de l'empilement détermine s'il s'agit d'un accord majeur (première tierce majeure), ou mineur (première tierce mineure)

En utilisant chaque note de la gamme comme fondamentale, on obtient une succession d'accords permettant d'harmoniser une mélodie dans cette gamme, de l'orchestrer.

Chaque accord est désigné par le nom de sa fondamentale et par son caractère majeur ou mineure, ainsi que par un numéro en chiffre latins (en minuscules pour les accords mineurs). Les accords suivant sont ceux de la gamme de Do majeur.
L'accord vii diffère des autres en ce qu'il est composé de deux tierces mineures, il est appelé diminué : Si dim.

Le choix des accords dépend non seulement des notes de la mélodie, mais aussi des relations existant entre les accords eux mêmes. L'animation flash si contre (inspirée d'une illustration du livre Ontdek de muziek de Roel Grit) décrit les successions possibles. Les fléches noires indiquent les successions les plus évidentes, les fléches grisées, celles qui sont possibles éventuellement.

Appuyez sur le numéro de l'accord pour voir son nom et l'entendre ses notes (tout d'abord successivement, harpège, puis simultanément.

Après un Do majeur, vous pouvez enchainer n'importe quel accord, mais vous n'êtes pas obligé de commencer par lui.

Les accords des gammes mineures sont formés de la même manière, seule la succession des accords majeurs et mineurs sera différente. Elle est cependant évidente si vous prenez comme exemple la gamme naturelle de La mineur :

i ii III iv v VI VII
La mineur Si diminué Do maj Ré mineur Mi mineur Fa majeur Sol majeur

Pour orchestrer il estplus fréquent d'utiliser la gamme harmonique mineure, qu'on obtient en relevant le septième échelon d'un demi-ton : ici Sol# au lieu de Sol

i ii III iv V VI vii
La mineur Si diminué Do augmenté Ré mineur Mi majeur Fa majeur Sol# diminué

Pour des raisons de sonorité ou de facilité de jeu, il peut parfois être intéressant de recourir à des inversions. La première inversion consiste à transposer la fondamentale une octave plus haut, la seconde inversion à transposer également la tierce.

En rajoutant une tierce mineure à l'accord majeur, on obtient un accord en septième, noté par exemple Sol Maj7 ou Sol7, qui sonne plus pleinement et permet aussi d'intégrer une note extérieure à l'accord normal. On l'utilise fréquemment pour l'accord V.

     
 

Transposition

Lorsque vous écoutez successivement deux gammes majeures, vous ne pouvez pas manquer de remarquer qu'elles sonnent de manière similaire, vous pouvez chantez "do, ré, mi, fa, sol, la, si" sur la gamme de Sol, sans que cela vous semble incongru, du fait que les intervalles entre les notes restent les mêmes.

Si vous disposez d'un éditeur de partition, il vous sera facile de comprendre pourquoi.

Dessinez la gamme de Do majeur, puis sélectionnez toutes les notes et en utilisant l'éditeur d'événements changez le Do en Sol, les autres notes suivront et la gamme de Sol majeur apparaitra sur la portée. Vous venez de réaliser une transposition.

Vous pouvez transposer de cette manière non seulement des gammes, mais aussi des accords et des mélodies complétes.

Transposer est utile pour la composition d'une mélodie mais aussi pour son exécution. vous pouvez transposer un thème pour créer une variation. Dans un séquenceur MIDI, c'est l'affaire d'un copier-coller et de quelques clics. Il est parfois également nécessaire de transposer pour pouvoir accompagner un chanteur dont la tessiture ne correspond pas à la gamme dans laquelle le morceau à été composé à l'origine ou lorqu'on utilise un instrument tel que la clarinette.

Les séquenceurs MIDI ont pour la plupart des fonctions de transposition qui varient dans leur principe et leur intuitivité, là encore il est recommandé de potasser l'aide à ce sujet.