marina nicolaev

Bienvenue sur mon blog

 

 

 

©2007, Marina Nicolaev

 

et tu le sais
chanson d'adieu

la nuit est comme la caresse du papillon
parmi des mots déchirés d’oubli
ses lettres brûlent encore
ma peau...mes rêves
glissent silencieusement
sous nos prochains réverbères éteints

je perds les nuances d’automne, tu les connais
tout comme sa voix au-dessus de son âme
le souvenir est vertige du danger inconnu
parfois
il prend un relief saisissant
auprès de tous mes bonheurs à jamais perdus

hélas
no puede ser
il est au-delà de tout cela

27.09.2007

 

 dernier sommeil
à cappella



tes lèvres ne sont plus que
l’état végétal des forêts

la brise du large souffle sans inquiétude
vers des bourgs où croissent
hauts et drus mes silences
comme une grêle de balles rougie immuable

toute la scénographie bizarre
de notre destin impromptu
n’est qu'un papillon de nuit ébloui et hagard
fragile comme la caresse du vent

les flots de la mer agrandissent toujours ses ombres
au–dessus
sur les voûtes du ciel
la mort ne m’effraie pas

parsème-moi tendrement
dans ton dernier sommeil
 


 

 

croquis
définir, c'est limiter


je dessine lentement mon amour
au temps des bateaux de pêche de l’île
vers des royaumes aveugles
telle la tendresse perdue de ton corps
respirant encore sous ma peau

la colère des dieux entre les murs du Parnasse
la sécheresse des mots
ton destin d’Ulysse qui cherche sa Pénélope perdue
sous les montagnes enflammées de la morte

l’amour
c’est un croquis griffonné dans tous les sens
aucun navire n’y navigue
les écluses sont fermées
bateau sans voile que personne ne regarde

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

             ©2007, Marina Nicolaev

  

 

                                                               

©2007,Marina Nicolaev

 

rien que la mer, je l'entends, mon amour…

rien que la mer, je la sens, mon amour
en écartant mes vertèbres
jusqu'à l'âme
ouvrant largement ses cataractes
et s'élevant jusqu'au soleil
vaincu par le pollen.

rien que la mer, je l'entends, mon amour
s'écoulant sous mes vêtements mouillés
commes tes doigts vieux indécis
gangrène tacite élevée dans ma chair

méduses jaillissant de grands orbites
nous éclairant
algues fleuries pendantes de mon corps
vers le récif inconnu de corail

…comme dans un coquillage des étoiles
résonne en moi la mer, mon amour…


  

L’exil intérieur

 
il gardait les yeux fermés
rêvant d'autres jours jamais vécus
j’ai tant eu besoin de temps
pour mélanger ensemble
ses nombreux visages
rencontrés dans tous ces coins du monde
où il ne se trouve plus
                                                                       

il ne s’agit là que d’une seule blessure                                                         

qui malignement est restée en moi
comme l'unique labyrinthe des cieux

j’entends encore parfois sa voix
en regardant les témoignages des saisons
-châteaux éphémères -
tout en bâtant la déportation
des bruits assourdissants du cœur

dans ces jardins secrets
pousse encore mon amour
larme de silence
dans un rosier japonais.

 

 

 

 

 

©2007,Marina Nicolaev


Le rêve, gravure, détail © Marina Nicolaev

 

La blanche porte

le champ de désirs
commence immédiatement
derrière cette porte si blanche
et transparente des mots

regarde encore
mon âme de verre sous le déluge
ce mauvais temps de cygnes noirs après le cyclone
devant les ports fanés
entre les eaux de l’oubli

c’est une peinture étrange en deuil
attendant les traces d’une seule tendresse
signe pétrifié pour toujours dans ma peau
cri blanc
inconnu
ta solitude


    

 

 

 

 

©2007, Marina Nicolaev
 

 

Le temps des adieux
...

je me souviens de toi
graffiteur du soleil qui oublia
ces murs amers
tombant des matins indésirables

la mer reste toujours entre nous
derrière cet exil détaillé
faim d’espace liquide insaisissable
telle la forme maligne d’un étrange bonheur

comme ton départ
parmi les nuages flottants
vagues inachevées

je suis arrivée trop tard
pour cette haine sauvage
d’un lion âgé dans sa tristesse.



 

 

 

 

 

 

 

 mont saint-Michel © NMP

 

mes chevaux de sable se sont perdus

mes chevaux de sable se sont perdus
au fil de l’eau des anges
et je ne les entends plus

mon âme se refroidit lentement
dans ton château de nuages
où les murs ne sont que promesses inachevées
aux vitraux translucides

mes chevaux de sable se sont perdus
et moi je reste derrière leurs dunes
je n’entends plus
les enfants éclairs dormants
dans mon pays où rêve l’arc-en-ciel.


 

 

 

 

 

 

 

 2007© Marina Nicolaev


 

La bastide des vagues


je suis si loin de toi en ces jours de septembre
perdue dans la bastide des vagues
oubliant les jardins sauvages
déniés par les épicuriens


à travers les terrasses d’eau vive
vers mon jardin de figuiers
tout semble parfois
venir d’un autre temps

au fil de mes pensées
les murs aux sons aigus
arrêtent encore à minuit des anges

ton cœur amer
à demi fleuri en cet automne
de plus en plus
étonnant.

 


©2007 Bogdan Alexandru Ungureanu

 

 la liberté ne s'arrête pas

la liberté ne s'arrête pas
c’est le train des fleurs
qui habille l’horizon
mon arbre du bonheur reflète
toujours le départ

regarde l’aquarelle oubliée
d’un dimanche inachevé
plutôt que la peur et l'avoir

la liberté commence avec l’autre
prends pour moi des trains qui partent




©Luminita Suse

 

sommeil d’encre

il n’y a plus d'ombres dans cette agora que la mienne
tel ce nuage amplifié par plusieurs miroirs
qui se tournent toujours vers mon passé
où les anges, comme en une fine bruine, enterrent leur ailes
dans cet hiver amer toujours inachevé

il n’y a plus d'ombres qui frôlent en silence
la nuit angoissée d’un enfant plein de pitié
pour la solitude des arbres
il dort parfois en larmes
parmi les papiers des aveugles
en esquissant la dernière maladie de l’absence



©Dana Roman

 

réalité partagée

 évadons-nous à trois jours de nos rêves
dans une autre réalité
dans ce royaume des bons sauvages
où les batailles insolites
portent encore le nom de bonheur

évadons-nous à trois jours de nos rêves
là où il n’y a rien

adieu

Motto:
L'amore della libertà è amore degli altri;
I'amore del potere è amore di se stessi.



vivre derrière des rideaux
comme une statue de briques
c'était presque un jeu de lèvres
parmi les faux vitraux ...

il est très très difficile de dire aux gens
combien on les aime
leur jardin, leur chat, le temps perdu

l’arc-en-ciel parti
tu le sais très cher ami
mon pire ennemi est en moi
Adieu

 

Ostia Antiqua, Lazio © 2007 Marina Nicolaev

  © 2007 Marina Nicolaev

 

tout simplement

de quel mot s’agit-il?
ne me demande jamais
d’entrer dans la cité des aveugles
pour bâtir la maison éclatée de ton cœur

mes assonances habitent encore
les murs de fleurs
aux sons du printemps

je dévoile lourdement
les bruits de l’amaritude
sur ses derniers roseaux
tout simplement

embrasse-moi

ne nous laissons pas aller à l'attendrissement
c’est le dernier spectacle des fourmis
derrière ce grand sommeil
parmi les collines rouges
ne vous attristez pas tant
de cette bataille déjà perdue
la mort écrite autour d’un seul blessé n’est rien
nos souvenirs sont des lettres sans racines
la vie a toujours ses privilèges
ou ses victimes collatérales
embrasse-moi
quand je me sens perdue
en prière
à genoux.

 

 © 2007 Marina Nicolaev 


mont saint Michel © NMP


page de sable

l’ennui a ses ombres
mon âme du temps jadis
comme les enfants perdus parmi le grand désert
qui n'ont pas encore trouvé
le chemin du silence

l’ennui a ses ombres déchirées
qui découpent cette page de sable
à travers mon passé

c’est l’absence de moi-même
qui s’accorde lentement
au rythme de leur danse


 

la liberté promise

l’écho nu de la nuit
passe lentement à travers les murs
déchirant les sons de mon oubli

il n’y a là-haut aucun partage entre nous
la douleur pousse parmi les toiles
d’une Tour de Babel malade
comme ton passé et le mois de mars presque bleu ciel
dessiné par de grands voyageurs inconnus
seul le silence des mots foncés hâche ce matin entier
la liberté promise
cette tigresse mon regard

 

 




 


© Marina Nicolaev



Sunrise California © Virgil Titarenco

 

tes yeux amers

tes yeux amers
comme les vagues vers l’océan hibernant
prennent les sons indéfinis des sortilèges d’autrefois

au-delà du rêve
se trouve mon cœur ouvrant la porte aux flammes
seule l’instance des papillons
écrit en blanc
la peine du souvenir
sur le printemps promis.


© Marina Nicolaev

 

A toi

comme un miroir printanier
ton visage reste encore jeune
dans la beauté musicale de tes mots
dans ta lumière
dans ton jardin secret
cet instantané de soleil
garde l’écho
simplement moi
durant tout l’hiver
je pense à toi.

 


© Virgil Titarenco



 

ils sont partis sans ailes

ils sont partis sans ailes
malades de solitude
parmi les couronnes des arbres
ils sont partis sans moi
je suis restée la feuille des mots
dans ta maison de riz
aux fenêtres aveugles
je suis restée le dernier livre sur les vagues indifférentes
comme les oiseaux oubliés sur la muraille de l’océan
volant autrefois vers la terre du miracle….

ainsi soit-il

ainsi soit-il en toutes lettres
un livre sans abri
le même voyageur oublié sans étoile
au bord d’un seul mot comme un grain de blé sur mon coeur
son âme gardant tous les nuages d’un monde vendu
aux cieux

pour la dernière fois
il regardait ses mains trop vertes mais pas assez longues
commençant à pousser chaque nuit

tout est prêt pour cette imagerie si ronde
son printemps s'effeuillant derrière mes larmes

© Marina Nicolaev


ton départ

seul l’amour ouvre la porte au soleil
en fleurissant mon âme
comme un éternel otage
du printemps

ton départ laisse
le temps sans voix
ton départ sème
la pagaille.

© Marina Nicolaev

 

 

 

 

 

© Marina Nicolaev

 

 

l’exode des anges 

 

les matins se rendraient humides par  les anges

des syncopes en floconnant sur les paves blues

jusqu'à le ciel portera

la timide chemise  des ailes

de l’autre terre

 

au moins respirant

en donnant des solfèges

sous la faix de la lumière

grisonnante

c’étais toi le demi-de-moi

frêle symétrie

habillée par des grues

prédestinés aux  mers inconnues

 

jadis je rêvais

guider par d’aveugle ange

sur les îles brumées

murent par les vagues

 

seulement la peur du vol

nous a empierré, mon amour

 

seulement les effigies de tempête

ont resté sur mes visages

ou simplement

tes fardeaux pas avoués

La Méditerranée

 

au-delà des frontières
mon âme brûle ses ailes
tout comme ce mistral
impromptu
tes yeux mon amour
me semblent parfois perdus

à qui la faute ?
ma vie continue
tantôt désordonnée
tantôt monotone
parmi des mots cachés en plein soleil :
les cils de la mer restent bleus.

© Marina Nicolaev


 

 

la septicémie de la mémoire  

Déjà ils me guettent dans le sommeil
chemins lacustres
la sandale de sable de la mer
bâille de sa semelle humide et me dévore
en grignotant des huîtres bleues
phosphorescentes.
les genoux impatients des papillons
fatigués, transpirant sous le soleil
glissent épuisés
par l'architecture
incertaine de la vague
en se suicidant.

– le bistrot de Cannes
les palmiers de Nice
la Promenade
l'hôtel Negresco –
la septicémie de la mémoire
balbutiant de soleil et papillons d'or

et tout ce qu'il arrive
du Moi

avec acuité
comme une lunaison confuse de l'herbe.

 

© Marina Nicolaev

 ἄγγελος ággelos


God's Messengers/Les messagers de Dieu

incarne un papillon sauvage et vis ta vie
loin de mes Anges aux ailes bleues
there are some new things from time to time
I wonder if they could tell us

«what are Angels »


ainsi peut-être souhaites-tu partager avec le monde l’oeuvre de Dieu dans ta vie
moi, je me laisse porter par des Anges dans l'instant

«Ne savez-vous pas que les injustes n'hériteront pas le royaume de Dieu ?»

et tout ce qui n'est pas une guerre
chaque âme a sa maison en or dans la voix de l'Ange.
"Dieu a guéri". and I believe them.

« Quand je parlerai les langues des hommes et des Anges,
si je n'ai pas l'amour, je suis un airain qui résonne ou une cymbale qui retentit. »

j'ouvre les portes les ailes les silences
et je laisse à votre conscience le temps oublié.

« Je ne permets pas à la femme d'enseigner, ni de prendre de l'autorité sur l'homme;
mais elle doit demeurer dans le silence.»


coming soon to a church near you
maybe the herald angels sing.


«Our Father, who art in heaven
que ton Nom soit sanctifié,
thy kingdom come,
que ta volonté soit faite
on earth as it is in heaven
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
And forgive us our trespasses,
comme nous pardonnons aussi
who trespass against us.
Et ne nous soumets pas à la tentation
but deliver us from evil.
Car c'est à toi qu'appartiennent le règne,
and the power, and the glory,
dans les siècles des siècles. Amen. »



I need your help.
Saint Raphaël archange, priez pour moi.
"Dieu a guéri".

 

(les images appartiennent à l'auteur)

 entretien avec la solitude

 

j’écrase ses lettres dans le vent pour oublier
la semaine d’automne bleu
où macère lentement le silence des pierres
l'une contre l’autre dans mon âme

peut-être suis-je moi-même
ce contraste mimant la solitude
entre lumière et péché
après l’orage de toute ma vie
dans l’œil d’eau oublié au désert

c'est le même florilège
derrière ces choses
écrites sur les larmes de mon ange
qui meurt un autre jour
tant qu'il aura le cœur sur la main

telle une plume
tombée devant la bastide des ombres
d'après son battement d’ailes
tu reconnaîtras ma solitude

de temps en temps
une licorne aveugle se réveille en moi
seul
le bon Dieu sait pourquoi et me le dira

2008-01-08

 tant qu’il y aura des ailes

enfin je connais
la face cachée de la seconde
tandis que j’étais derrière lui
quand j’ai connu la perte d'un proche
tandis qu’il y a une autre guerre
vouloir - être - ensemble

ni haine ni pardon entre nous
jamais la banalisation du mal
seulement
le temps et ses ailes

la mémoire des témoins au-dessous des dunes de sable avant l’aube
hors de l’échelle comme les porteurs d’eau dans le désert
rêvant des fleurs de la solitude d’une apprentie sans âge

tu as besoin d'un seul mot d’amour par jour pour vivre mieux
me disait-il parfois
tant qu’il y aura des ailes 

2007-12-11

 ange déchu
perchè lo fai

ses derniers mots en plein brouillard
comme des croquis d’un autre silence
l’irrépressible besoin de le chercher derrière tout
à la fin des temps
mon âme est son église déchue insonore

« perchè lo fai disperata ragazza mia
perchè ti sdai come un angelo in agonia »


c’est ainsi que nous périrons ensemble me dit-il encore
quand notre chemin se perd
vers cet hiver qui commence vraiment
sous les ailes d’un seul ange oublié depuis longtemps
devant l’arbre de vie

« perchè ti fai
perchè ti fai del male, perchè ce l'hai con te »


sous mes cieux apocryphes
sème la nuit de ses abîmes profonds
c’est tout ce qu’il a reçu

«perchè lo fai » 
 

 2007-12-17

 

 sables mouvants
Don’t Talk to Strangers

si les dunes bougent comme des oiseaux blessés
l’écho fleurira la tendresse des bois en hiver
en plein cœur du désert le sphinx pleure sans voix
ses âmes perdues à travers le temps

me retrouvai-je un jour quelque part
où les vivants ne pardonnent pas
les eaux profondes restent muettes de solitude

comme le sommeil d’une goutte d’eau
mon âme étrange vient se loger dans une autre
miroir de sable
perdant ses miracles

le son du tambour veille
ce fleuve d’oubli ouvrant à l’éclat de lune
les livres anciens des métamorphoses

j’étais derrière la réalité de la Révélation
quand on part, on laisse tout
moi, le dernier marchand de sable.

title

la nuit de l’hippogriffe


d’un moment à l’autre
l’espace se métamorphose en cygne
tandis qu’il attend dans un chariot de feu
les nuages de l’armée céleste

je vis l'hydre caressée par ses derniers guerriers
tombant lentement sur le récif
entre nous

au-delà s'étendent des labyrinthes bleus
soupira l’hippogriffe
si tu vas aux champs élysées sans moi
il te faudra toujours me regarder dans les yeux
lorsque tu t’éloigneras en chantant
au bout de la terre
vers ton royaume des mots perdus


seul
le sphinx d’encre monte la garde
aux sept murailles et sept portes
de son jardin aux pommes d’or empoisonnées

plus loin
le rêve n’a qu’une réponse sans ailes
à Tout.

 

 

 

 

 2008-01-16  

 

 La nuit de l’hippogriffe II
moins est plus

la forêt deviendra ineffable en automne
si la licorne d’or favorise une seule dryade
sans dommage pour elle-même
rêva encore l’hippogriffe
en tremblant, ses plumes presque cyans,
prêt à voler
au-delà de tout

le temps ne manque pas
pour ces mortels
qui n’ont jamais besoin d’autrui
pour rêver dans les nuages,
uniquement du sable
ne sont-ils donc que des hybrides
sans âme et invisibles
fruit impossible sans foi

prenez, mangez, ceci est mon corps


l’écho resta longtemps après son départ
comme un violon d’herbe tombé dans l’eau
parmi nos vieilles histoires
de la vie et de la mort




Le volume « La nuit de l’hippogriffe » est dédié à Luminita Suse
moins est plus = less is more (Mies van der Rohe)

2008-01-19

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La nuit de l’hippogriffe III
everything but your heart

 

le vent souffla dans ce jardin aux pommes d’or
et tomba malade avant l’aube

il suffit jadis d'un grain de sable:
la licorne devint invisible
sauf son cœur

les yeux d’archæoptéryx
reflètent toujours l'image terrienne
des eaux d'en haut
tandis que l’hippogriffe dort
les ailes ouvertes devant
dans la fatigue d’être solitaire

chaque nuit soulève parfois les dunes
et laisse le récit de ses voyages inconnus
au porteur d’un seul oeil à fleur de tête

il était une fois un hippogriffe sur un rocher
et ce n’est pas donné à tout le monde



Le volume « La nuit de l’hippogriffe » est dédié à Luminita Suse

2008-01-25

La nuit de l’hippogriffe V
les métamorphoses 

 

l'Hydre traversait les failles du temps jusqu’au désert
et sa voix était plus proche du Tout
que les rayons solaires des murs éphémères
enlevant les sables comme cette lumière vénéneuse
de la répulsion à la fascination


la tempête de rochelles noircissait le monde
et derrière eux restaient les voyelles pétrifiées
des sons bizarres


ce sont des succubes atrophiées
qui ne touchent jamais les autres
elles cessent d'influer sur le monde des vivants

pressentit la licorne d’or


un jour tu trouveras l’archétype de l’âme
dans ce tremblement de ruines rougies



l’hippogriffe entendait encore la licorne invisible
et restait calme car son cœur se voyait
parmi l’ossature des dunes
ses diglyphes tremblaient dans l'air
comme une esquisse sonore vivante
suivie de métamorphoses
dérobées déjà par un être étrange.

2008-02-02

 


La nuit de l’hippogriffe IV
L’Imaginarium

 

 © Marina Nicolaev

l’hippogriffe regardait l’oasis cachée parmi les dunes
comme un dernier acacia qui se dévoile lentement dans la nuit

et il sentit jusque dans les plus petits recoins du temps
le silence du désert agrandissant
sous l’ œil implacable de l’éternité
l’océan du sable au repos

les véritables exilés moururent de fatigue
sauf le sphinx qui exhala, avide, le souffle du désert
parmi les vagues blanchies des rochers

l’hippogriffe s’approcha du guerrier
cet éternel étranger à lui-même
qui ne trouve jamais sa place
au fil de son exode sans but
autour d’une étoile lointaine

il n'est donné qu'un seul voyage au coeur de soi, murmura-t-il
s'envolant jusqu'aux mers célestes
un jour il s’émerveillera devant un lever de soleil
nu comme tous les autres

2008-01-27

title

 

 La nuit de l’hippogriffe VI
Abandon hope, all ye who enter here

l’Hydre tua d'un seul regard
quelques mortels et rajeunit
le sable devint gris foncé
puis rouge comme ses yeux
son visage d’enfer s’imprégna partout
et le désert soupira comme un vivant incolore
jusqu’au bout du monde

tout simplement
les épiméliades mangèrent
les pommes d’or empoisonnées
et l’oasis se métamorphosa,
tremblant longtemps

les âmes perdues
emportées par la tempête
restèrent sans équilibre

il n’y a aucune espérance dans le désert
sauf la Voix du Sable
sauf la Mort du Soi

et l’hippogriffe pensa aux sages peupliers noirs
vus sous d'autres cieux
écoutant la chanson des psamides insouciantes
alors ses ailes laissèrent tomber
une seule plume diamantée
comme un cri bleu
de solitude.



"Abandon hope, all ye who enter here" = "Vous qui entrez, laissez-là toute Espérance" (Dante in The Divine Comedy).

Le volume « La nuit de l’hippogriffe » est dédié à Luminita Suse

2008-02-09

 esquisse à deux dans la chambre verte
le seul vrai langage au monde est un baiser*

touche-moi
en animant tout le parcours
dans les silences de ta peau
jusqu'au bout des couleurs


l'ensemble hérite chaque structure
bien plus que les rêves des enfants perdus


le chemin s'ouvre pour ce nouvel outil du jeu promis
dans cette chambre verte où poussent tes effleurements
lorsque nous créons d'autres jeux
aux ombres et lumières lisses
sur les murs étincelants


une fois le temps inventé
notre statue à deux
vivra en nous,
respirant tendrement


quel merveilleux voyage
tout de même...




*le seul vrai langage au monde est un baiser (Alfred de Musset)

2008-02-14

esquisse à deux dans la chambre verte II
"si l'on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d'attente"

 regarde-nous parmi les nuages
les anges bâtissent la paroisse
d'un pays jusqu'alors inconnu de toi



tout est oublié.
selon qu'elles sont libres ou captives
les eaux de pluie et de fonte des neiges
déversent déjà les saisons d'antan
comme dans la plupart des vallées humides



prions
dans la mesure du possible
au silence des ailes

2008-02-22