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Le Plan:
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La création, ne s’atteint pas indépendamment du réel. C’est « une difficile synthèse entre l’observation du réel et la vision personnelle» 1 mon observation des choses et spécialement les spécificités plastiques du corps humain et du voile, dans mon projet, était en vue de les revaloriser en tant que tremplin et stimulant pour explorer les divers langages de la peinture et en tirer des œuvres nouvelles et personnelles. Deux concepts se dégagent de l’intitulé : - Le corps - Le voile Le corps est « la partie physique d’un être animé »2 il s’agit, dans mon projet, du corps humain voilé, du mouvement et des expressions de ce corps voilé prenant plusieurs positions. En effet, l’importance du corps humain se révèle non seulement par l’histoire de l’art mais par l’essence de ce corps en tant que vivacité. La différence entre un objet enveloppé et un corps humain voilé est que le premier est immobile et stable, c’est le nom mouvement qui ne peut produire qu’une nature morte, alors que le corps humain est un corps vivant, mouvant qui peut bouger, se transformer et s’exprimer de plusieurs manières. Le mouvement change l’allure du corps. Loin d’être momifié, ce corps crée une variété et permet de multiplier les possibilités du « paraître ».
1- Braque : Découvrons l’art du 20ème siècle – Page 8 2- Paul Bonnevie, Philippe Amiel : Dictionnaire Hachette Junior – Page 214 Ce qui nous fait penser au mime (expression de la pensée par le geste) qui serait à la recherche sur le jeu corporel, c’est un langage mettant en scène une multiplicité de situations et de manières d’expressions. Donc, sous le voile, se cache un mouvement, une expression, une vie. Ainsi que la mise en scène des corps voilés et du mouvement offre une richesse sur le plan pictural (couleur, ligne, texture…) et rend la composition plus dynamique. Le voile est « une étoffe destinée à couvrir ou à protéger, tissu léger et fin, ce qui cache dissimule » 3. Ce qui caractérise le voile est qu’il est flexible, souple et susceptible de se transformer. Il peut prendre forme à condition qu’il s’applique sur un corps tridimensionnel. Pourquoi cacher et voiler le corps ? Se cacher est un jeu universel pour lequel l’enfant n’a pas besoin d’accessoires élaborées. Pour devenir fantôme, un simple drap blanc fait l’affaire. « Le voile peut donner de grands effets esthétiques de mystérieux suggère aussi par une certaine impression voulue du langage » 4. Le corps acquiert une apparence particulière en le voilant. Le voile donne plus de valeur au corps que lorsqu’il est dévoilé, ce qui met en relief le côté intime. Le caché attire plus l’attention. Le cerveau est attiré par l’ambiguïté. « Le cerveau s’intéresse d’avantage à une image qui présente un problème à résoudre… L’art est une extension des fonctions du cerveau » 5.
3- Paul Bonnevie, Philippe Amiel : Dictionnaire Hachette Junior – Page 954 4- Anne Sourian : Vocabulaire d’esthétique – Page 1400 5- Thogores : Balthus ou la recherche de l’essentiel – Page 15 Grâce à ses caractéristiques formelles, chromatiques et texturologiques, ce voile susciterait à l’invention de figures insolites. L’arrimage entre le voile et le corps rend ce dernier ambigu et suggérant. Alors, comment le corps humain, dans une perspective artistique, va être suggérant ? Le voile, dont le choix est primordial et non arbitraire, doit se baser sur le regard artistique. Mon choix portera sur un voile soit contenant des formes géométriques ou lyriques, soit transparent, afin d’exploiter ses éléments plastiques. La mise en scène de ces corps voilés est une composition qui ne contient pas seulement des formes et des volumes mais aussi des couleurs, des lignes, des rapports, des contrastes… Donc, ces éléments qu’on trouve dans le voile sont des éléments qui font allusion au volume mais, en fait, ils reflètent une problématique et des concepts purement plastique. Quelle apparence acquiert le corps lorsqu’il est voilé d’enveloppe contenant des formes géométriques ou lyriques ? Quel genre de transformation subissent ces formes en s’appliquant sur le corps ? Comment le voile transparent suggère-t-il le corps ? Quels sont les rapports et les concepts qui peuvent naître de la scénographie plastique ? Comment les éléments de cette scénographie plastique peuvent-ils s’attribuer pour suggérer encore le sujet ? Ceci n’ouvre-t-il pas la voie à un style plastique original et à de nouveaux concepts ? I/ Etape préparative : les photos Comme première étape, j’ai pris des photos de corps voilés dans plusieurs positions, en insistant sur l’éclatement des gestes, afin de mettre en évidence le mouvement, et en variant les voiles dans le souci de savoir quels résultats peuvent elles nous donner sur le plan visuel. Ceci nous permettra de dégager le problème plastique et de vérifier sue le résultat aurait une base conceptuelle. Pour faciliter la tache, j’ai eu recours à la classification de ces photos selon le voile utilisé : - Voile à dessins géométriques sur un fond neutre. - Voile à motifs lyriques sur un fond neutre. - Variété sans couleurs en utilisant seulement les valeurs noir et blanc. Ø Voile transparent noir sur un fond noir. Ø Voile transparent noir sur un fond blanc. Ø Voile transparent blanc sur un fond blanc. Ø Voile transparent blanc sur un fond noir. (En veillant à ce que la transparence soit légère afin que le corps ne soit dévoilé mais plutôt ambigu et suggérant). La multiplicité fait la différence et crée plusieurs problématiques : - Le contraste opaque / transparent - Le contraste chromatique couleurs / valeurs - Le rapport intime /extime … La classification de ces photos permet de naviguer à la recherche d’une autre dimension du corps et à la création des scènes. Afin de mettre en valeur la différence entre la scénographie plastique et la scénographie théâtrale, j’ai fait des recherches graphiques sur des petits formats mettant en scène ces corps voilés, en prenant en considération l’effet obtenu par le voisinage des corps et en jouant sur les plans et les contrastes Soit avec l’outil photoshop ou avec des crayons, pastels, aquarelles, ces images du réel seront soumises aux impératifs plastiques. Ces esquisses ne sont qu’un début pour expérimenter les outils, la matière et surtout les techniques et avoir les effets souhaités. Mon apport n’est pas de me mettre en face du modèle pour le copier en recourant à l’illusionnisme pictural. Il ne s’agit pas de représenter un idéal raisonné mais de transcrire une sensation dans un style plus riche et plus sensible et aboutir à une interprétation picturale originale, créative et personnelle. II/ Dualisme de l’allusion au volume et des contrastes et rapports plastiques : En passant des photos du corps à sa présentation en peinture, après des arrangements et réarrangements incessants des modèles, le début est une mise en scène plastique où les corps n’entretiennent ni de relations illustratives ni narratives et ne sont pas disposés par le fait du hasard mais plutôt par la considération du contraste opaque transparent et le contraste couleurs valeurs. Ceci explique la disposition de ces corps et leur rapport avec le fond. En cassant les référents propres à la représentation, j’ai essayé d’abolir l’unité des formes et la continuité de l’espace. Il ne s’agit pas de forme spectacle mais d’espace pictural entretenant des rapports d’interdépendance, de différence, de correspondance et de contraste. Le fond vaporeux obtenu par l’effet du rouleau et par la juxtaposition des couleurs donne un dégradé de l’obscur vers le clair (toile I). L’accumulation des touches du rouleau et la juxtaposition des surfaces de couleurs s’atténuent progressivement pour s’harmoniser avec la transparence des voiles noirs et blancs et s’accentuent dans d’autres parties pour faire appel à l’enveloppe opaque à dessins géométriques. La transparence, en peignant avec
Figure I (1.75m X 1.30m) des couches légères et des jus soit superposés soit juxtaposés, fait ressurgir les nuances et les tonalités des aplats du noir et du blanc. Ceci accentue la translucidité du voile surtout dans les plis et, en rapport avec les parties plus transparentes, met en valeur les rapports caché apparent, voiler dévoiler, présence absence. Les plis du voile transparent voile le corps, alors que les plis de l’enveloppe opaque dévoilent le corps puisque les formes géométriques subissent une certaine transformation imposée par les courbures du corps. On obtient un remodelage du corps. Le voile « le réhumanise, il lui octroie un autre corps, une autre corporéité » 6. En vu d’étudier les éléments de la scénographie, ces corps sont placés à différents niveaux dans le champs de la toile où la perspective et de l’ordre de la sensation. C'est-à-dire qu’on ne la voit pas, il n’y a ni point de fuite ni ordre ni mesure mais on la sent par la superposition des plans. La disposition de ces silhouettes gesticulantes répond à mon calcul, celui de la considération des rapports : contraste chromatique couleur valeur, et en second lieu les rapports d’interdépendance et d’oscillation qui traduisent les différents techniques imposées par les caractéristiques chromatiques et texturologiques du voile « car quelque soit le langage adopté par l’artiste, son œuvre sera toujours en quête de l’harmonie des rapports, du rythme vivant, d’une existence organique de la forme » 7.
J’ai essayé de mettre en valeur les différents effets que donnent les différents voiles, c'est-à-dire chaque voile, grâce à ces propres caractéristiques chromatiques et texturologiques, donne de différentes morphologies et suggère de variantes manière le corps : En effet, en peignant le voile à formes géométriques ou lyriques, je peins directement l’enveloppe qui prend la forme du corps. Le corps et l’enveloppe ne
6- La grasse : Ouvrir Couvrir – Page 178 7- A. Kostenivich, N. Simioni : Matisse et la Russie
Figure II (1.75m X 1.30m)
font qu’un. L’enveloppe suggère le corps par les plis qui côtoient ce dernier et son expression. Donc, le corps est présent sans le peindre. Or, en peignant le corps à voile transparent, je peint le corps puis je le recouvre par des voiles fines de noir ou de blanc. Par conséquent, les procédés que j’ai eu recours diffèrent mais en peignant toujours avec une certaine finesse et délicatesse imposées par les éléments plastiques du voile. Au début, l’ensemble baigne dans la fluidité du fond qui estompe par fois les silhouettes des corps et les enveloppe, pour se restructurer (à partir de la toile III) progressivement par des plans géométrisés tantôt brouillant le champ visuel tantôt l’ouvrant, voilant et dévoilant le corps dans un jeu de va et vient. Donc, le fond n’est plus un simple arrière plan mais il acquiert un rôle en participant à la suggestion. Ceci explique la compénétration des éléments et des plans et l’ambiguïté des formes qui traitent plusieurs moyens plastiques tel que le flou, l’interprétation entre le fond et la forme, la notion de transparence qui reflète la légèreté et le mouvement… Ces moyens entrent en dialogue de complémentarité ce qui permet par exemple de distinguer le blanc du voile transparent de celui du fond. Donc, la suggestion empêche l’utilisation du blanc ou du noir bouché. Encore poussé par l’envie d’explorer et de découvrir, les modèles deviennent plus grands (toile III) où le regard peut pénétrer et s’évader dans les profondeurs. Sous la retombée harmonieuse du voile transparent dont les ondulations se rassemblent en découpes géométrisées, le corps paraît déployé et les organes fragmentés. Le pan de l’étoffe translucide qui se rabat sur les pieds ne cache ni le ventre ni la linéarité des cuisses mettant en valeur la légèreté diaphane du
Figure III (1.75m X 1.30m)
corps. Cette seconde peau qui couvre le corps laisse deviner la vigueur mouvante de ce dernier, sous les plis. L’extrême transparence du voile ruisselant fait entremêler et confondre la retombée du voile et ses plis avec la retombée des cheveux ondulés. Par contre, l’enveloppe rigide à formes géométriques s’affine pour suivre les courbes du corps qu’il révèle, plaqués contre le torse et les cuisses, moulés sur le visage. J’ai essayé dans cette toile (toile III) de limiter les couleurs de ma palette en utilisant seulement les couleurs chaudes rouge et ocre qui suggèrent le dynamisme avec les valeurs noir et blanc et s’ouvrir à l’exploration des moyens. Le regard, dans sa recherche de la forme du corps suggérant, jouit des rapports plastiques et des contrastes. En respectant la morphologie du dessin et gardant les premiers jets de l’esquisse, je me suis donné la liberté de chercher et d’avoir un dialogue réel avec la matière, un dialogue réel avec la couleur, la ligne, la texture, en étudiant l’ambiance chromatique entre ces êtres spectraux et le fond, comme le disait Matisse « avoir la sensation de la coloration d’un objet, je posait ma couleur, c’était la première couleur de ma toile, j’y joignais une deuxième couleur et alors, au lieu de reprendre, quand cette deuxième couleur ne paraissait pas s’accorder jusqu’à ce que j’eusse la sensation que j’avais créer une harmonie complète dans mon tableau » 8. L’opacité des grands surfaces en aplats contraste, d’une part avec le graphisme et d’autre part avec la transparence du vile qui s’homogenèse avec
8- Bernard Zurcher : Les fauves l’effet vaporeux obtenu soit par la gestualité des touches ou par le frottis qui fait apparaître progressivement la couleur en dessous. « Dans un certain ordre » ces rapports s’assemblent pour dégager une sorte de sensation. Ce qui rend le corps mystérieux et provoque les limites et la curiosité d’où donner au corps sa valeur et permet de le sentir. La suggestion pousse à chercher en dessous, à travers, à regarder quelque chose de fluide, de vaporeux. C’est le coté insaisissable, le non contourné, le délimité. Ça nous rappelle la spirale là où on sait que ça continue mais on ne sait pas ce qu’il y a. III/ La suggestion à partir du rapport fond forme et du jeu de va et vient : Le travail que j’ai élaboré en premier lieu est un travail de patience, de recherche, de méditation sur le comment faire ? Dans quel sens ? Par quel moyen ? Le voile fait allusion au volume et octroie au corps une autre apparence. Mais, grâce aux travaux précédents (toile I, II, III), j’ai voulu revaloriser certains éléments plastiques. En fait, le voile grâce à ses caractéristiques, exige des rapports plastiques dont le fond doit en avoir un rôle. Donc, en second lieu, j’ai eu recours à un travail d’analyse en traitant les caractéristiques plastiques de chaque voile et les rapports dont il dégage. Dans la 4ème, 5ème et 6ème toile, le fond loin d’être passif suggère à son tour le corps voilé, il voile et dévoile l’espace pictural. Ce fond structuré et géométrisé apparaît pour dissimuler des parties du corps et disparaît pour donner vue à d’autres parties. On assiste dans la 4ème toile à la rencontre de deux mondes différents : le fond structuré contraste avec le monde lyrique qui se dévoile par les lignes courbes du voile. Ces dernières se courbent avec les courbures du corps et se plient avec le plissage de l’enveloppe. La ligne courbe suggère le prolongement et semble déployer l’espace de la peinture au-delà des limites du cadre du tableau. Tandis que, dans la 5ème toile, on assiste au mariage de deux mondes assimilés: deux mondes géométriques : le fond géométrique et les formes géométriques qu’on trouve dans le voile, mais, puisque ces formes côtoient les courbures du corps, elle deviennent, à la limite, lyriques contrastants avec le fond ordonné. Cette rencontre entre un monde statique (le fond) et autre dynamique (le corps) crée un équilibre. Alors que l’opposition crée un langage et puise un dynamisme. L’opposition entre les volumes et les aplats, entre la ligne courbe et la ligne droite, entre la vibration des couleurs et les grandes surfaces mates, uniformes où l’œil trouve le repos, entre la texture un peu rugueuse exprimée par le collage et les surfaces lisses, ce double état contradictoire que j’ai mis en scène ainsi que le jeu figuratif conjugue présence et absence s’illustre dans un jeu de va et vient et des rapports d’oscillation et d’interdépendance. Dans le but de se libérer de la superficialité du rapport fond forme et de la passivité du fond, la 6ème toile et un continuum de la même idée des deux dits derniers tableaux. Mais la transparence des voiles noirs et blancs dans un espace géométrique structuré a donné un effet plus particulier. En effet, l’arrimage entre les lignes droites horizontales et verticales ordonnant l’espace et les lignes lyriques des plis et des courbures du corps rend la composition plus dynamique.
Figure IV (1.75m X 1.30m)
Cette toile se caractérise par la domination des valeurs noir et blanc avec l’utilisation des couleurs noirâtres et blanchâtres d’une manière flexible. Il n’y a ni de blanc absolu ni de noir absolu. Ils se colorent et se diversifient en valeurs matérialisées par l’eau et par ma manière de les passer sur le support. Et ce en vu de n’épargner aucun sens mais au contraire, à les pousser à réagir chacun à sa manière. Ainsi, la simple vision peut suggérer des impressions de légèreté, de transparence… naître en soi la curiosité de la toucher pour la sentir. En outre, les touches du blanc pur donnent un effet lumineux « c’est la pureté, l’innocence, c’est également la lumière aveuglante » 9. Le noir « qui est foncé absorbe toute la lumière par extension » 10, alors que la superposition des couches fines du blanc jaunâtre ou grisâtre ou de noir verdâtre ou rougeâtre offre un effet fluide et un sentiment de délicatesse et de discrétion. Pour avoir cet effet, il m’arrive d’utiliser deux ou trois outils en même temps : j’étale la matière avec le rouleau en passant et repassant plusieurs fois, j’en élimine avec un chiffon humide dans certaines parties et je la disperse dans d’autres, en peignant avec les deux mains, une tenant le pinceau et l’autre la suivant tenant le chiffon jusqu’à ce que j’obtient une matière complètement diffuse, comme j’ai eu recours à intégrer le collage du papier soi d’une manière implicite. Ainsi, les formes structurés et le voile souple et transparent se combinent, le voile et la couleur chair du corps s’entremêlent, les cheveux et les plis s’enchevêtrent et se confondent, alors que le contraste clair obscur met en valeur le rapport présence absence de façon que le corps devient fragmenté et on ne peut le découvrir qu’à partir d’une partie. La ligne, la couleur, un détail ou une partie peut suggérer le tout. 9- Etienne Sourian : Vocabulaire d’esthétique – Page 259 10- Etienne Sourian : Vocabulaire d’esthétique – Page 1069 Figure V (1.75m X 1.30m) IV/ .La suggestion à partir des fragments enchevêtrés : atmosphère de corps : C’est à partir de ces analyses et ces étapes qu’aboutisse la conclusion de mon travail, celle de la septième toile. On ne parle plus de fond forme mais d’un espace pictural où des fragments de corps voilé s’enchevêtraient, le corps des corps va engendrer une atmosphère d’ensemble. Le choix des voiles transparents noirs et blancs est dans le but de mettre en lumière le rapport présence absence animant tout l’espace pictural qui demande à être exploré et investi. L’enchevêtrement des fragments rend la composition à la limite abstraite. En effet, l’agrandissement change la sensation qui se dégage de la ligne, la forme, la couleur… et rend le sujet plus riche de visualité. Les centres d’intérêt se multiplient. Il s’agit d’explorer avec la même intensité toutes les régions du champ visuel : les lignes grasses et fines des plis d’embarrassent d’une façon inextricable. L’entassement des glacis des nuances du noir et du blanc rend la conquête de la surface corporelle plus compliquée et les formes plus embrouillées. Ce qui nous fait éloigner un peu du coté formaliste. Le corps se révèle plus mystérieux à travers des fenêtres. Donc l’œil ne subit pas mais elle doit deviner « il s’agit d’aller au-delà de la surface des choses » 1 1.
11- Picasso, Braque 1882-1963 : Découvrons l’art du 20ème siècle – Page 3
Figure VI (1.75m X 1.30m) « Dans l’art ainsi compris la fin n’étant plus la reproduction directe et immédiate de l’objet : tous les éléments de la langue deviennent, on le comprendra les éléments abstraits qui peuvent être combinés, atténués, exagérés de formes selon leur mode expressif propre pour arriver au bout général d’œuvre. L’impression de telle idée de tel rêve de telle pensée » 12. La suggestion par le corps voilé, ouvre la voie pour découvrir une manière et un style nouveau soit par les divers langages de la peinture explorés au cours du travail comme celle de transparence, d’interdépendance, de contraste, d’enchevêtrement… soit par la soumission de tout les éléments plastiques de la scénographie tel que le fond pour servir mon objectif et ne pas s’accabler par la reproduction fidèle des modèles, ou par les nouveaux concepts qui engendrent la genèse d’une peinture personnelle dont il ne faut jamais tout dire mais il faut plutôt suggérer. Ceci a donné libre cours à ma créativité qui traduit une méditation fervente et qui ouvre l’accès à des expressions infinies.
12- Albert Aurier : Textes critiques – Page 103 Bibliographie
- Albert Aurier : Textes critiques : De l’impressionnisme au symbolisme. (1983- reed, Paris, écle nationale supérieure des beaux arts – 1995) - Braque : 1882 – 1963 Découvrons l’art du 20ème siècle (Editions cercles d’art avec collaboration de France inter – Espagne – 1995) - A. Kostenivich, N. Semioni : Matisse et la Russie - La Grasse : Ouvrir Couvrir : Edition Verdier Parsi - Zeki, Balthus : Balthus ou la quête de l’essentiel (Les belles lettres – Paris – 1995) - Zurcher Bernard : Les fauves (Hazan – 1995) - Paul Bonnevie, Philippe Amiel : Dictionnaire Hachette - Etienne Sourian : Vocabulaire d’esthétique – Presse universitaire de France – Paris – 1990.
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