Si dans les années 60, Jean Luc Godard invente la nouvelle vague, c'est pour donner un souffle nouveau au cinéma, une énergie inédite, qui bouscule les codes, les conventions marchandes.Cest l'occasion d'inventer une autre façon de filmer, d'écrire avec une caméra, de donner à l' image une vibration spontanée. La souplesse du voleur d'âmes vient de naître. Il jette là les bases d'un romantisme moderne, et va, durant sa vie, être le laborantin de la narration.

Evidemment, il n'est pas le seul, d'autres avant lui avaient ouvert la voie. Mais il fût le premier à faire comprendre au monde qu'on ne pouvait apprendre à devenir cinéaste, comme il n'existe pas d'école qui permette de devenir romancier. L'apprentissage est celui de la vie, de l'intuition, de la passion. En marge de la nouvelle vague, naît avec Serge Bourguignon et Stanley Kubrick ce que l'on pourrait nommer la vague froide. Le principe est simple, c'est l'adaptation cinématographique du romantisme originel, celui du jeune Werther : un romantisme noir, pessimiste, nihiliste.
