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Septembre/octobre

Novembre, je suis rendue ici

7 septembre 2006

Nous attendons toujours les papiers du divorce. L'avocat avait dit, mi-août... c'était sans doute la date à laquelle il enverrait les documents à la cour. J'imagine que tout sera régularisé avant Noel. Entretemps l'ex est parti en voyage d'affaire, moi je bosse à n'en plus finir, mais je suis relativement bien.

Les dimanches soirs,de façon générale, je dine chez des amis qui m'ont adoptée. Je suis soudainement devenue la tante de leur deux enfants qui sont tout à fait adorables. Lundi dernier, puisque c'était férié et que même moi je ne travaillais pas, je les ai accompagnés à la plage. Une journée superbe, où j'étais enveloppée dans mes voiles, cadeau de ma copine de St-Louis l'an dernier. On dira ce qu'on voudra, ces voiles nous gardent au frais, et si j'avais eu un boulot qui le permettait, je me serais habillée ainsi tout l'été. Mais là où je travaille, ce n'est pas un accoutrement très pratique hélas.

Ma fille et sa petite famille sont partis eux aussi, tout est tranquille dans les prairies. Le petit poussin me manque déjà, on s'habitue vite à cette nouvelle vie qui nous charme et nous enchante. Dans mes moments libres, je lis beaucoup. Je me renseigne sur plein de choses. J'explore la possibilité de vivre ailleurs un jour. Je ne dis rien à mon entourage pour le moment, on tenterait de me décourager. Et on dira que je suis folle. Je m'en fiche. Je préfère foncer que de me dire plus tard: j'aurais dû quand j'en avais les forces et la motivation. Et puis quelles histoires à raconter plus tard!

20 septembre 2006

J'ai remis une demi-démission de mon boulot. Après une longue réflexion j'ai préféré demander de retourner dans le poste de vente que j'occupais en janvier plutôt que de continuer dans le poste administratif où je suis en ce moment. J'en ai marre d'avoir à faire avec ces quelques employés qui me causent tant de maux de tête, à qui je semble devoir justifier mes actitions, alors que je suis leur superviseure... Pas le goût de me battre pour des âneries pareilles, surtout que la différence financière se remarque à peine. Donc me revoici vendeuse, et en plus j'ai demandé une semaine de quatre jours plutôt que cinq, demandant soit congé le vendredi , soit travailler en soirée seulement ce jour-là. De toutes façons, j'ai fait plusieurs demandes ici et là, et j'attends au moins une réponse positive sous peu, donc l'insécurité financière sera de courte durée j'espère.

La demande en mariage a été refaite, réitérée. Malgré les apparences, je crois que je vais accepter. Plusieurs personnes ne comprendront pas, mais celles qui comptent sont heureuses pour moi. Je sais que cette nouvelle vie apportera avec elle beaucoup de défis, mais je me dit que j'ai vu pire. Et j'avoue avoir rarement rencontré un homme comme celui-là. Je ne parle pas d'une attirance soudaine pour un homme rencontré une fois, ou pour une voix au téléphone, ou que sais-je encore. Nous nous connaissons depuis très longtemps. Il m'a toujours traité avec respect et amitié, ne m'a jamais mis dans une situation ou j'aurais pu avoir des difficultés. Au contraire il a toujours tenté de m'aider lorsqu'il a su mes difficultés. Je ne me suis jamais permis de le voir sous un aspect autre que bon ami, parce que j'étais toujours dans mes histoires sordides à dormir debout (ou plutôt à créer des cauchemars...) Et il était toujours là, tranquille, presqu'invisible, à me soutenir et m'encourager.

Quand à l'ex, nous nous entendons encore. Cependant l'autre soir, il est venu me rendre visite car j'avais l'ange avec moi. Avant de rentrer chez lui, il n'a pu s'empêcher de passer des commentaires désobligeants sur le désordre dans ma maison. Voilà une des raisons que je suis si bien sans lui. Ses commentaires négatifs ne me hantent plus. Je n'ai plus à faire face à ses remarques désobligeantes à mon sujet. Ce qui est dommage pour lui c'est qu'il ne s'aperçoit même pas de son comportement et pourquoi cela peut-être irritant pour les autres. Il vit encore et toujours dans sa petite bulle. Tant mieux pour lui, mais je suis très contente de ne plus vivre dans la même bulle, ou à côté de cette bulle. Vivement ce divorce!!!

25 septembre 2006

J'ai une rencontre avec un employeur possible mercredi matin. J'ai pu changer mon horaire au boulot avec une collègue, sans lui dire pourquoi, et j'espère que tout se passera bien. J'aimerais bien travailler dans cet endroit, un peu plus calme, un peu moins stressant. Et complètement différent de ce que je fais en ce moment. Par contre pour me préparer je vais devoir "affiler mes patins", surtout pour ce qui est de vitesse de clavier. Pour le reste j'ai confiance et je ne me sens pas trop intimidée. J'ai surtout hâte maintenant de me retrouver ailleurs.

Ce matin, en branchant casque et micro sur mon pc, j'ai découvert une toile d'araignée allant du mur à l'ordi. Moi qui autrefois passait des heures et des heures à ce pupitre, les temps changent si on y retrouve des toiles d'araignée à ma place... Ce soir je me suis un peu baladée sur internet. Je me rends compte que je n'ai plus tellement de temps pour lire les autres journaux ou blog. Je vais régulièrement sur celui de ma petite soeur, ravie de la découvrir par ce moyen là. C'est elle d'ailleurs qui m'en a donné l'adresse, mais je n'ai pas riposté en lui donnant celle-ci. D'ailleurs j'y écris tellement rarement maintenant qu'elle n'apprendrait pas grand chose.

Le Ramadan a commencé en fin de semaine. Je me souviens de celui de l'an dernier, alors que j'étais en terre musulmane. Voulant faire comme tout le monde et jeûner moi aussi, surtout parce que je me sentais mal à l'aise lorsqu'on insistait pour me préparer à manger alors qu'on ne mangeait pas, jusqu'à plus tard. J'insistais à mon tour pour ne pas manger, mais j'acceptais de boire un peu d'eau. De toutes façons, pas habituée aux 40° quotidiens, il était à mon avantage de boire. À présent la chaleur me manque!

Réveillée ce matin par mon soupirant, qui m'appelle de l'autre bout du monde. Il est rentré chez lui pour quelques semaines, et c'est plus facile maintenant de m'appeler que lorsqu'il était au fin fond de la brousse, sans téléphone ou électricité. On parle tranquillement, calmement, et ça fait plaisir de sentir qu'il y a quelqu'un qui pense à moi comme il le fait. Un peu dommage que je ne m'en sois pas rendue compte avant, mais je suppose que je devais passer par tous ces désastres et catastrophes, pour voir et apprécier ce qui est vrai et sincère. Et puis cette fois je ne précipite plus rien. Si cela doit être, cela se fera.

28 septembre 2006

Ça sent l'automne. Les feuilles mouillées, le vent déjà frais, une pluie glaciale. Je recommence à m'enrouler dans mes écharpes, je pars à la recherche de mes gants, de mes chaussons, mon long manteau. Ma fille qui me dit qu'il faudra que je me mette au tricot pour le Poussin. Après le boulot ce soir je suis allée leur rendre visite. Il essaie déjà de parler, en poussant des cris et des rires, toujours de bonne humeur le petit, sauf lorsqu'il vient passer la nuit ici. Ma fille m'a fait à manger, je n'avais pas encore pris mon repas. Puis ici chez moi, dans mon cocon, je fais la paresseuse. Enfoncée dans le sofa avec le chat, on regarde ensemble un peu de télé. Demain je travaille plus tard, donc pas nécessaire de me coucher aussi tôt que les autres soirs.

Entretien hier pour le boulot. Va-t-on m'embaucher? Difficile de percevoir une réaction chez la dame que j'ai rencontrée. Comme elle interview des gens tous les jours elle sait rester neutre. Mais qui vivra verra. Si ce n'est pas là ce sera ailleurs.

Mon ordi me cause des problèmes. Depuis trois jours je n'arrivais plus à le faire fonctionner, puis ce matin, débranché un truc et un autre, allume le tout et ça marche. Rebranche tranquillement et ça roule encore. Peut-être avait-il besoin de se reposer un peu tout simplement...

30 septembre 2006

Congé aujourd'hui et demain, deux jours de suite un vrai délice! Grasse-matinée, du moins jusqu'à 9h30, puis un grand remue-ménage. J'ai fait du rangement, changer quelques meubles d'un endroit à l'autre, un peu de variété dans le décor ne fait pas de tort. J'essaie de rendre ma maison agréable et fonctionnelle. Il faut dire que pour le moment je suis motivée, alors même le chat s'est enfuit lorsqu'il m'a vue armée de balai, savons, torchons. Dans l'après-midi, j'ai mis le nez dehors pour découvrir un bel après-midi d'automne, frais, odeur de feuilles humides, un peu sucrées. Le voisin, père, m'a saluée: Ça va, pas vue depuis un bail?! Hé oui, mes horaires de travail me ne rendent pas très sociable...

Invitation à dîner chez ce jeune couple qui m'a adoptée, gros calins de la part des enfants à mon arrivée, et un repas délicieux qui m'attendait. Et naturellement un repas pic-nic à rapporter chez moi ce soir, pour demain. La petite regardait avec envie ma chemise, ne se doutant pas que j'aurai pour elle la semaine prochaine une chemise de nuit dans le même tissu. Et pour le petit, un pyjama qui lui plaira aussi j'en suis certaine. Heureusement je ne travaille pas mardi, j'aurai le temps de leur coudre tout ça en un clin d'oeil.

Une bonne journé où j'ai accompli pas mal de choses, utiles et agréables. Trop bu de café ce soir, je n'ai pas beaucoup sommeil. Mais comme je sais que je dois me lever tôt demain, je vais tout de même essayer d'aller au lit bientôt.

Ah oui, je croyais l'autre jour que mon ordi avait rendu l'âme, plus rien ne s'allumait. Finalement, j'ai débranché le truc qui fait la connection haute vitesse ( qui s'appelait autrefois un modem et aujourd'hui porte sûrement un autre nom), et tout ré-installé, et maintenant, ça semble marcher à nouveau. Ah la technologie moderne!

5 octobre 2006

Situation quelque peu angoissante au boulot, et moi qui suis habituellement calme, quelque peu imperturbable, j'ai tout de même été un peu bouleversée. En plus je n'avais pas encore mangé, donc mon niveau de concentration était à son plus bas ce qui n'a pas aidé les choses. Tout va mieux aujourd'hui, et je me dis que chaque chose arrive pour une raison, aussi incompréhensible qu'elle puisse être à nos yeux. J'ai même appelé ma soeur pour quelques renseignements, et celle-ci m'a étonnée en me rappelant. Cependant j'avais réussi à trouver les mêmes infos, et plus rapidement, mais je l'ai tout de même remerciée et l'ai laissée penser qu'elle m'avait apporté une grande aide.

Le temps refroidi un peu plus chaque jour. Les matins sont croustillants, mais agréables. Je commence déjà à m'enrouler dans mes lainages, foulards, vestes en laine, gants... Je n'aime toujours pas l'hiver et le froid. Et pourtant quelques fleurettes résistent dans ce petit jardin que j'ai devant la maison et il y a des taches roses et blanches qui égaient encore les platte-bandes. J'ai pris quelques plantes que j'ai mises à l'intérieur devant la fenêtre, tentative de rescaper les pauvres pendant l'hiver. Je n'ai aucune idée si ça marchera ou pas, on verra bien d'ici au printemps.

Voilà un des avantages à vivre seule, je fais comme je veux et personne pour me jeter des regards disgracieux ou culpabilisants. En tout cas, je lui ai dit l'autre jour que tant qu'il continuera à me faire des remarques désobligeantes, il n'est plus invité ici. Lorsque nous étions dans la même maison, j'endurais ses critiques, mais maintenant, plus nécessaire. Et ça dérange qui exactement si certaines de mes boîtes ne sont pas encore déballées? Dans cent ans, ça aura fait quoi au trou d'ozone? Absolument rien! Alors, on s'en fiche!

Particulièrement de bonne humeur ce soir, quoique très fatiguée. Ces histoires de se lever à 5h20 dernièrement, ce n'est pas mon fort. Mais un peu de discipline ne fait pas de tort non plus. Sauf que je continue à me coucher tard, et voilà où se trouve le manque de discipline. Si au moins je pouvais me coucher à 22h, comme une dame respectable (haha). Cela dit, j'y vais.

9 octobre 2006

Je ne comprendrai sans doute jamais l'amitié. Celle qui se dit fidèle, loyale, amis pour toujours... Et le toujours qui dure deux, trois cinq ans. À la première bourrasque, le toujours s'effondre, l'ami disparait. Je l'ai constaté avec ce divorce, et j'y fus sans doute pour quelque chose. On ne peut demander à des amies conseils, loyauté, silence, dans des situations comme celles que j'ai vécues. Certaines amies ont tenu le coup d'autre pas. Et me voilà larguée au loin comme un vieux mouchoir de papier. C'est moi la vilaine, c'est moi qui ai tous les torts et blablabla. Je me suis tue, j'ai reconnu mes torts, mais je n'étais pas la seule à avoir des torts. Je continue de me taire.

Madame V et ma copine Alice étaient elles aussi quasi inséparables. Amies et confidentes, d'une amitié sincère à l'épreuve de tout. J'apprends il y a trois jours qu'elles se sont brouillées. Je reste en contact avec Madame V que j'ai toujours bien aimée, et qui ne m'a rien fait, et je tente de rester en contact avec Alice. Cependant Alice n'écrit ni n'appelle, et moi, ras le bol de toujours faire les premiers pas. Je ne discute de leur relation ni avec l'une ni avec l'autre, et mon amitié à moi est indépendante de ce qui les liaient il n'y a pas si longtemps. Comme je disait plus haut je ne comprends pas pourquoi on se lève un bon matin et on n'est plus amies...

Brève conversation avec l'ex cet après-midi. Il a parlé avec la secrétaire de l'avocat, nous attendons toujours ces papiers de divorce qui devaient être finalisé au début de septembre. Elle lui a dit sur un ton plutôt condescendant que tout sera réglé sous peu: on attend tout simplement les documents de la province. Jamais vu des incompétents pareils. Heureusement que nous étions déjà d'accord sur tout et que nous avions déjà fait le partage des biens, qu'il n'y avait que les signatures à obtenir de part et d'autre, sinon, cela prendrait dix ans... Devrais-je appeler l'avocat pour lui dire qu'il se bouge les cuisses parce que je dois me marier en janvier??? pffff!

Ce soir j'avais des invités pour venir partager la dinde et ses atours avec moi. En faisant le ménage une gamme d'émotions m'a assaillie. Un peu de colère face à mon ex, en constatant comme nous sommes si différents, et que même à distance il ne peut s'empêcher de me juger, critiquer et tenter de me manipuler. Un peu de reconnaissance envers ce couple qui venait ce soir et qui m'ont permis, en m'ouvrant leur porte depuis le mois de juillet, de constater que la plupart des gens vivent comme moi, (ou que je vis comme la plupart des gens), et que je suis tout aussi normale que le premier venu.

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