Extrait du message hebdomadaire du cardinal Monseigneur Turcotte
« Dans quelques jours, nous célébrerons une nouvelle Semaine sainte. Rituellement, elle ressemblera à celles que nous avons déjà vécues. Mais elle nous invitera à porter un regard neuf sur les derniers jours que Jésus a vécus sur terre. Pour nous, ses disciples, ces derniers jours sont des jours modèles. Aujourd'hui encore, ils éclairent notre route. Ils nous montrent jusqu'où peut aller, jusqu'où devrait aller l'amour. Ils nous indiquent jusqu'où peut aller, jusqu'où devrait aller le don de soi et le service des autres. »
Jean-Claude Turcotte, Archevêque de Montréal
Extrait d’un texte tiré du livre Réussir écrit par Michel Quoist
Chez les hommes, tout parle d'amour, crie l'amour, chante l'amour, pleure l'amour. Au nom de l'amour ceux-ci travaillent, peinent des vies entières, s'embrassent ou se battent, donnent la vie ou tuent. L'histoire humaine n’est elle pas une impressionnante quête d'amour, semée de merveilleuses réussites et de monstrueux échecs ?
Il est vrai qu'au cœur de l'homme l'aspiration la plus profonde est le désir d'aimer et d'être aimé. Car au plein sens du terme sa raison « d’être » est l'AMOUR : il a été fait par amour et pour l'amour, il ne peut s’épanouir que dans l'amour. Mais d'innombrables malentendus existent sur l'amour. Ce mot magique, utilisé à tort et à travers recouvre des attitudes de vie aussi éloignées les unes des autres que le blanc et le noir, que la vie et la mort. Tenter de dissiper ces malentendus, définir l'amour dans son absolu, montrer ses exigences, c’est aider les hommes à se mettre sur le vrai chemin de l'amour... même si celui-ci n’est au bout de la route qu’un idéal qui guide, mais qu’on n’atteint jamais parfaitement sur terre.
- La faim des hommes est terrible, elle tue des millions d'êtres chaque année. Les privations d'amour sont plus meurtrières encore, elles désintègrent l'homme et l'humanité.
Trop souvent l'homme ne sait pas aimer, il croit aimer et ne fait que s'aimer lui-même.
- Sur le long chemin qui mène à l'amour, beaucoup s'arrêtent, séduits par les mirages de l'amour :
Si tu es « ému jusqu'aux larmes » en face d'une souffrance,
Si tu sens ton cœur battre très fort devant telle ou telle personne,
ce n'est pas de l'amour, c'est de la sensibilité.
Si tu « t’es laissé prendre » par sa force paisible ou par son charme,
Si, séduit, « tu t'abandonnes »,
ce n'est pas de l'amour, c'est une démission.
Si, bouleversé, tu t'extasies devant sa beauté et la contemple pour en jouir,
Si tu trouves son esprit remarquable et recherche le plaisir de sa conversation,
ce n'est pas de l'amour, c'est de l'admiration.
Si de toutes tes forces tu veux obtenir un regard, une caresse, un baiser,
Si tu es prêt à tout pour la tenir en tes bras et .posséder son corps,
ce n'est pas de l'amour, c'est un désir violent né de ta sensualité.
Aimer, ce n'est pas être ému par un autre,
avoir de l'affection sensible pour un autre,
s'abandonner à un autre,
admirer un autre,
désirer un autre,
vouloir posséder un autre.
Aimer, essentiellement, c'est se donner à un autre et aux autres.
- Aimer, ce n'est pas « sentir ». Si tu attends pour aimer d'être poussé par la sensibilité, tu n'aimeras que peu d'hommes, sur terre... et sûrement pas tes ennemis. Aimer n'est pas une démarche instinctive, c'est la décision consciente de ta volonté d'aller vers les autres et se donner à eux.
- Tu joues trop souvent au petit Poucet, tu retrouves toujours ton chemin, le chemin de toi-même. Perds-toi toi-même, oublie-toi, tu aimeras plus sûrement.
- La faim te fait sortir de chez toi pour acheter du pain.
o Tu ouvres ta porte pour regarder le coucher de soleil.
o Tu cours au-devant de l'ami, aperçu de ta fenêtre.
o Ainsi, le désir, l'admiration, l'affection sensible peuvent t'arracher à toi-même et te jeter sur le chemin du don, mais ils ne sont pas encore l'amour. Le Seigneur te les offre comme moyens - spécialement dans l'union de l'homme et de la femme - pour t'aider à t'oublier et te mener à l'amour.
- L'amour est une route à sens unique, elle part toujours de toi pour aller vers les autres. À chaque fois que tu prends un objet ou quelqu'un pour toi, tu cesses d'aimer, car tu cesses de donner. Tu marches à contre-voie.
- Tout ce que tu rencontres sur ton chemin est fait pour te permettre d'aimer davantage :
o la nourriture pour développer la vie que tu dois donner, instant par instant.
o Ton vélo pour aller plus vite à te donner,
o ce disque, ce film, ce livre pour t'enrichir, te détendre et te disposer à donner davantage,
o les études pour connaitre, et te préparer à mieux servir les autres,
o ton travail pour donner ta part d'effort à la construction du Monde, et du pain au foyer,
o l'ami pour vous donner l'un à l'autre et, plus riches, vous donner aux autres,
o l'époux, l'épouse, pour ensemble donner la vie,
o l'enfant pour le donner au monde, puis à un autre...
Pars sur la route. Accueille tout ce qui est bon, mais pour tout donner. Si tu arrêtes à toi, pour toi, quelque chose ou quelqu'un, ne dis pas que tu aimes cet objet ou cette personne, car au moment où tu les saisis pour les retenir et les garder - ne serait-ce qu'un instant - l'amour meurt en tes doigts.
- Si tu cueilles des fleurs, c'est pour en faire un bouquet,
Si tu fais un bouquet, c'est pour l'offrir à l'aimée... car la fleur n'est pas faite pour se faner en tes mains, mais pour apporter de la joie et faire naitre le fruit. Si, la cueillant, tu n'as pas le courage de l'offrir, continue ton chemin.
Ainsi dans la vie si tu te sens incapable de passer devant un objet ou un visage sans les prendre pour toi seul, alors poursuis ta route. Pour aimer, il faut être capable de se renoncer.
Révise souvent l'authenticité et la pureté de tes amours. Ne te pose pas simplement la question : est-ce que j'aime ? Dis-toi : est-ce que je me renonce, est-ce que je m'oublie et est-ce que je me donne?
Mais pour être fructueux, le renoncement doit être « positif » Il doit s'épanouir en offrande. « Ne pas refouler mais sublimer »
- Ne t’offre pas l'illusion de l'amour en donnant des objets, de l'argent, une poignée de main, un baiser, voire même un peu de ton temps, de ton activité... sans te donner toi-même.
Aimer, ce n'est pas d'abord donner quelque chose, c'est avant tout donner quelqu'un. Tu aimeras si tu te donnes ou si tu te glisses tout entier dans tes dons, même les plus matériels.
- S'il est attaché, pourquoi siffler ton chien, il ne pourra te rejoindre ?
Pourquoi dire : je me donne, si tu es retenu captif par des objets, des personnes ou toi-même?
Si « tu tiens à » ton stylo, tes outils, tes livres, tes « affaires », ou à ton œuvre, ton action, ou à ton confort, tes aises, ou à tes relations, tes amis, pour eux-mêmes, tu ne pourras donner et te donner.
Si tu es « attaché », pour pouvoir aimer, il faut te « détacher ».
- Être « détaché », ce n'est pas être indifférent, au contraire, c’est estimer, admirer, goûter, aimer tellement qu'on ne veut pas accaparer et rester un seul instant sans faire profiter les autres de ses richesses.
- L'amour véritable, parce qu'il « libère » des choses et de soi-même, rend libre
- Aimera le plus celui qui se donnera le plus. Si tu veux aimer jusqu'au bout, il faut être prêt à donner toute ta vie, c'est-à-dire à mourir à toi, pour les autres et pour l'autre.
- Si tu cherches à recevoir, tu n'obtiendras rien.
Il faut donner.
Si tu donnes en disant : ainsi je recevrai, tu n’obtiendras rien. Il faut donner gratuitement.
Si loyalement, tu donnes sans rien attendre, tu recevras tout.
- Le plus difficile dans l'amour, c'est le risque, le renoncement dans la nuit, le pas dans la mort... pour atteindre la vie. C'est pour cela que tu recules souvent devant l'amour authentique. Tu hésites, trompé et séduit par l'offre immédiatement rentable des amours faux. Tu as peur de ne pas recevoir, et tu prends un acompte.
- Si tu aimes, tu te donnes. Si tu te donnes aux autres, tu deviens riche des autres. Ainsi l'amour grandit à l'infini celui qui aime, car qui accepte de se détacher de lui-même découvre tous les autres et s'unit à l'humanité tout entière.
- L'amour faux : l'égoïsme, le retour sur soi amène toujours avec lui la déception, la frustration de la personne, car il est échec d'expansion, vieillissement, mort.
L'amour vrai offre toujours la joie, car il est épanouissement de la personne, accomplissement, don de la vie.
Michel Quoist
Sous un soleil de plomb, un promeneur solitaire croise un homme qui taille des pierres, visiblement malheureux de son sort.
« Que faites-vous? », lui demande le promeneur.
L’autre lui répond tout bêtement, contrarié et un peu humilié par sa situation :
« Vous le voyez bien ! Je taille des pierres ! »
Le promeneur poursuit son chemin et croise un autre homme qui fait le même travail que le premier.
Il lui demande : « Que faites-vous ? »
L’autre lui répond plus poliment, apparemment résigné :
« Ah… ben… Que voulez-vous, il faut bien que je nourrisse ma famille… J’ai donc trouvé cet emploi de tailleur de pierres. »
Le promeneur croise un troisième personnage qui casse des pierres. Mais contrairement aux deux premiers, il le fait avec énergie et enthousiasme, malgré la grande chaleur et l’effort que ça lui demande.
« Que faites-vous ? » lui demande le promeneur.
Le tailleur de pierre s’arrête de travailler, sourit au promeneur, montre du doigt la cathédrale inachevée derrière lui, puis il lui répond avec fierté :
« Moi, monsieur, je construis une cathédrale ! »
Boris Cyrulnik
Le tailleur de pierre mécontent
Il était une fois, quelque part au Japon, un pauvre tailleur de pierre. Toute la journée, il extrayait des pierres du rocher. Son travail était pénible, mais son salaire des plus minimes. Et, naturellement, il n'était pas content.
- Je travaille plus que les autres! pensait-il. Mon travail est plus pénible que le leur et je gagne moins qu'eux. Je veux devenir riche pour pouvoir enfin me reposer un peu. Et je veux également pouvoir porter de beaux habits.
Un ange descendit du ciel et lui dit :
-Tu vas devenir riche et tu porteras de beaux habits.
Et en effet, subitement, il devint riche : il portait de beaux habits, et toute la journée, il n’avait rien à faire. Un jour, le roi passa devant sa maison. L'homme riche comprit alors que le roi était plus riche que lui. Et il n'était plus content, parce que le roi était plus riche que lui. Il souhaita devenir roi.
Un ange descendit de nouveau du ciel et il devint roi.
Un jour, il faisait particulièrement chaud. Le soleil brûlait la terre de plus en plus. Le roi se fâcha, parce que le soleil avait plus de puissance que lui. Il n'était pas content et s'écria :
- Je veux devenir aussi puissant que le soleil. Je veux être le soleil!
Un ange descendit du ciel et le roi devint le soleil. Il dardait ses puissants rayons sur la terre et brûlait tout.
Un nuage se plaça entre le soleil et la terre. Et les rayons du soleil ne pouvaient plus atteindre la terre. Le soleil se fâcha, parce que le nuage retenait ses rayons.
- Qu'est-ce que cela? s'écria-t-il. Ne suis-je pas aussi puissant que ce nuage? Je veux être aussi fort que lui.
Un ange descendit du ciel et le soleil devint ce nuage. Maintenant, il pouvait faire tomber de la pluie sur la terre, autant qu'il en voulût. Il tomba de plus en plus d'eau sur la terre et les rivières devinrent de plus en plus grosses. L'eau inonda le pays et emporta maisons, bêtes et gens, et détruisit les champs. Rien ne lui résistait, sauf un énorme rocher qui refusa de bouger. Le nuage se fâcha et fit déverser sur ce rocher de plus en plus d'eau, mais le rocher était plus fort que lui.
Il s'écria :
- Je vois que ce rocher est plus fort que moi. Je veux être aussi fort que lui. Je veux devenir ce rocher.
Un ange descendit du ciel et le nuage devint rocher. Il était maintenant plus fort que le soleil et la pluie.
Mais un jour, un homme arriva, muni d'un lourd marteau, et il commença à extraire des pierres de ce rocher.
- Qu'est-ce que cela? s'écria le rocher. Je suis plus faible que cet homme?
Et il n'était plus content, parce que cet homme était plus fort que lui.
- Je veux être cet homme, s'écria-t-il.
Un ange descendit du ciel et le rocher devint cet homme. Toute la journée, il ne faisait qu'extraire des pierres du rocher. Son travail était pénible et son salaire des plus minimes, mais, maintenant, il était heureux.
Multatuli
He 3, 3 […] qui a bâti la maison a plus d’honneur que la maison.
Pr 14, 1 La Sagesse bâtit sa maison, de sa main, la Folie la renverse.
Dans un but de simplification du texte le genre masculin est employé.
Ce qui suit se veut un sommaire sur les fondements de la route tel que définis par B.P. et a pour but d’inviter les routiers à y réfléchir pour mieux comprendre d’où ils viennent et décider en connaissance de cause où ils veulent aller.
Mais quelque soit la route que nous décidons de suivre, si nous la suivons sincèrement et avec l’esprit scout ou plutôt routier, tous nous nous retrouverons dans une amitié fraternelle en servant notre communauté.
Les idées qui suivent sont tirées du DERNIER MESSAGE DE B.P. pour les routiers (la version anglaise étant la source originale).
Les idées qui suivent sont tirées des livres LA ROUTE DU SUCCÈS et ROVERING TO SUCCESS.
· ce qui est nécessaire pour être routier c’est une paire de souliers solides et un cœur solide.
· la route est l’endroit où l’adolescent devient un homme;
· la route est le lieu où l’on apprend à servir et à devenir un bon citoyen;
· l’implication du routier dans sa communauté est essentiel;
· l’exemple est plus important que quoi que se soit pour indiquer la bonne voie;
· c’est l’endroit où l’on apprend à devenir un homme responsable et conséquent;
· c’est le moment où l’intégration de la loi scoute doit être faite en vue de la vivre au quotidien.
UN MONSTRE SOUS MON LIT
Tricot machine
Elle glace le sang, brise les élans
Elle serre les fesses, elle serre les dents
Mouille les culottes, rend les cheveux blancs
Elle ouvre la porte, dans un coup de v ent
La peur nous fige et nous endort
La peur nous suit même dans la mort
On a tous un monstre dans la vie
Bien caché en dessous de notre lit
La peur des clowns qui font brailler
De voir un ours, même empaillé
De perdre sa mère au centre d’achats
De perdre son père, deux semaines sur trois
Un chien qui jappe au bout de sa corde
Y a tu quelqu’un dans la garde-robe ?
Y a plus de bruits passé minuit ?
La peur est grande quand on est petit
Refrain
Puis vient la phobie des bibittes
La chienne d’aimer ou de venir trop vite
De perdre la face, de perdre ses cheveux
De perdre ma place, si je fais pas mieux
Et si le parachute s’ouvrait pas
Et si le téléphone sonnait pas
À chaque deux pas, je me sens suivi
La peur augment quand on grandit
Je mets mon ti-casque
Ma crème solaire
Je barre bien la porte
Je baisse la lumière
Je prends des REER
Je fais mes prières
Peur d’avoir peur, sur-angoissé
Sur-assuré, surprotégé
À double tour dans mon loyer
Une double boucle à mes souliers
La peur de partir sans prévenir
Sans laisser de traces, sans voir venir
De perdre sa femme ou sa raison
De passer Noel à l’abandon
Bedaine de bière, ou bien cancer
Qu’est-ce qui me mènera au cimetière ?
Y a tu vraiment quelque chose après ?
Quand on vieillit, la peur renaît
Mais anyway il faut s’y faire
Les monstres sortent rarement
De leur tanière
Sauf pour venir comme par hasard
Faire la cuillère sur notre lit de mort
Il était plus ou moins tard, 8 h 39 du soir plus précisément. La nuit sans lune était particulièrement noire. Brusquement, la porte d'entrée d'une immense et très étrange demeure située à l'orée d'une forêt s'ouvrit à sa pleine grandeur. Dame littérature d'enfance, suivie de très près par des centaines d'enfants, se pressèrent d'y entrer. Toutes et tous étaient parfaitement silencieux.
Derrière eux, un interminable cortège de peurs réelles et imaginaires, formé de loups et de dragons, de sorcières et de bandits, de serpents et de monstres, entra, puis s'immobilisa. Aussitôt, des voix s'élevèrent de cet étrange regroupement. Toutes celles et tous ceux qui faisaient partie de ce chœur cacophonique, faut il l'avouer, invitèrent la nuit ainsi que la mort en personne à venir les rejoindre. Ce qu'ils murmurèrent ensuite, dès qu'ils se furent assis, plus ou moins confortablement sur des coussins aux formes de célèbres représentants de leurs familles respectives, et spécialement cousus pour l'occasion, demeure encore un mystère. Toutefois, il existe semble-t-il des contes dans lesquels on prétend avoir entendu dans cette forêt, ce soir-là, un long murmure. Tout ce qu'on comprit alors se résume à ces quelques mots: Pourquoi avoir peur de nous?
Quel est l’effet positif que la peur peut avoir sur toi ?
Comment arrives-tu à t’enrichir de tes peurs ?
Comment arrives-tu à les surmonter ?
Comment pouvons-nous exploiter la peur à travers le scoutisme afin qu’elle soit bénéfique ?
L'enfance
À l'heure de son départ, je m'attendais à attendre une musique se transcrire dans ma tête, car lorsque ça va bien, ou pas, la musique me vient souvent. Étonnamment, ce qui me revient depuis est un air que je n'ai jamais vraiment compris avant. Il est de Félix Leclerc et le second complet ce lit ainsi:
Quand absent est l'amour et que tes frères sont morts
Quand présent est le vide et que la vie demeure
Les rêves sont bien nécessaires
Et les enfants nouveaux poseront dans la main de l'homme seul
Les leurs ouvertes chaudes et nues
Que je comprends maintenant comme:
Lorsqu’époux et famille ont disparus
Alors que l'on est condamné à vivre seul
Il ne reste que le rêve
Et l'enfance posera au cœur de l'âme seule
Espoir et pureté
Le leg le plus précieux qu'aura laissé Mamie est celui sur lequel elle s'est accrochée jusqu'à la fin de ses jours. Même si votre vie a perdu ses raisons, d'autres en ont toujours et c'est en elles qu'il faut poser l'espoir. Il faudra se souvenir de Mamie qu'après avoir perdu toute capacité motrice, après avoir oublier même comment se nourrir, elle savait encore, jusqu'à la minute de son départ, comment embrasser ses enfants.
J'inviterai l'enfance
Félix Leclerc
J'inviterai l'enfance à s'attarder le temps qu'il faut
Qu'elle empoche des images pour les soirées d'hiver
Pour les longues, longues heures de l'adulte
Qui n'en finit pas de pousser sur l'ennui
Deux clairons dans tes bagages, un air de flûte
Une botte de légumes, du vin, le sourire de quelqu'un mort
Une trace qui mène à l'île perdue
Un anneau d'or
Un masque drôle
Quand absent est l'amour et que tes frères sont morts
Quand présent est le vide et que la nuit demeure
Les rêves sont bien nécessaires
Et les enfants nouveaux poseront dans la main de l'homme seul
Les leurs ouvertes
Chaudes et nues
Complot d'enfants
Félix Leclerc Nous partirons, nous partirons seuls, nous partirons seuls loinPendant que nos parents dorment Nous prendrons le chemin nous prendrons notre enfanceUn peu d'eau et de pain et beaucoup d'espéranceNous sortirons pieds nus en silence Nous sortirons par l'horizon
Pourquoi me suis-je investi pour les enfants?
Que m'amènent-ils?
Que m'apprennent-ils?
Que retiendront-ils de moi?
Comment influencent-ils ma pensée?
Que cherche-je à leur transmettre?
Que retiens-je d'eux?
Pastorale sur l’enfant
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Mt 18, 1 |
A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : "Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ?" |
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Mt 18, 2 |
Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
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Mt 18, 3 |
et dit : "En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
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Mt 18, 4 |
Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
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Mt 18, 5 |
"Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
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Mt 18, 6 |
Mais quiconque entraînera la chute d'un seul de ces petits qui croient en moi, il est préférable pour lui qu'on lui attache au cou une grosse meule et qu'on le précipite dans l'abîme de la mer. |
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Mt 18, 7 |
Malheureux le monde, qui cause tant de chutes ! Certes il est nécessaire qu'il y en ait, mais malheureux l'homme par qui la chute arrive ! |
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Mt 18, 8 |
Si ta main ou ton pied t'entraîne au péché, coupe-le et jette-le loin de toi. Il vaut mieux pour toi entrer dans la vie éternelle manchot ou boiteux, que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
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Mt 18, 9 |
Et si ton œil t'entraîne au péché, arrache-le et jette-le loin de toi. Il vaut mieux pour toi entrer borgne dans la vie éternelle, que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
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Mt 18, 10 |
Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux. |
François, le chemin du soleil
Cette semaine, le 25 février, c’est le début du carême, c’est le lancement officiel de notre Route de Pâques 2009
Une Route ça se prépare…
Je ne parle pas de logistique, de cuisine, de quincaillerie. Je parle d’un chemin intérieur.
Cette année ça devrait être « cool », car cette année on nous propose St-François d’Assise, pour faire la Route avec nous. Avec François, pas de faces de carême, son chemin est le chemin du soleil et de la joie.
Connaissez-vous St-François? Pour le connaître allez sur Google « St-François d’Assise ». Sa biographie est toute là. Pour mieux rentrer dans sa peau, je vous le décris, comme je le racontais à mes louveteaux.
Il est le fils, d’un riche marchand d’Assise. Il est le fils unique de la famille et son avenir est tout tracé pour lui. Il fait la fête tous les jours, il s’amuse avec les filles et il gratte sa guitare, le long des chemins avec ses copains.
Il cherche l’aventure ! Il se porte volontaire comme chevalier, pour libérer Jérusalem et la Terre Sainte des musulmans. Pour son départ, son père lui fait faire une cuirasse plaquée or et argent. Les filles croulent devant lui et lui offrent des fleurs.
Oups…En chemin il attrape la malaria. Fiévreux, malade, moribond, il divague, il hallucine et son projet tombe à l’eau.
En convalescence, il tombe sur l’évangile de Mathieu 5-6-7. Il lit et pleure : c’est nouveau pour lui.
Guéri, il rencontre un lépreux sur son chemin. Il fait : « Houach…dégueu… » Il voit les affres de la maladie chez cet homme, qui n’a plus de lèvres et dont le nez est plein de pus. Horrifié, il rentre chez lui et réalise qu’il est lâche et hypocrite : « Tu pleures en lisant l’évangile…et quand c’est Jésus que tu rencontres tu te sauves comme un lapin… »
Hanté par sa conscience, il donne tout son fric, toutes ses pièces d’or et se met beau sur son 36.
Il retourne voir le lépreux, et l’embrasse. Il lui donne tous ses beaux vêtements, tout son argent et rentre chez lui dans les haillons du lépreux. Son père le chicane et lui fait des menaces… « Tu es en train de dilapider le patrimoine. Je te coupe tes allocations ».
Il dit à son père : « Papa, je n’en ai rien à foutre de ton fric. Les oiseaux n’ont pas de fric, les petites fleurs qui chantent dans le champ n’en ont pas non plus. Dieu prend soin d’eux avec sagesse et tendresse ». François et son père ne s’entendent plus, François se rebelle. Son père veut qu’il veille au commerce, pendant ses voyages d’affaires. François refuse : « Papa, ne compte plus sur moi, je veux vivre l’évangile d’ailleurs, j’ai des nouvelles pour toi, je vais me marier bientôt, elle s’appelle Dame Pauvreté… Je veux devenir pauvre comme Jésus. »
Le père l’enferme dans la cave, dans le noir. « Ça te changera les idées, mon ingrat. » En secret sa mère lui glissa un bol de soupe au poulet de temps en temps. Le père trouve un employé pour veiller au commerce. Mais à son retour de son voyage, le père fait une accusation formelle devant la cour municipale pour vol et dilapidation du patrimoine. Comme objecteur de conscience François est jugé par l’évêque de la place. Pendant que le père fait ses doléances devant l’évêque, François se dévêtit et tout nu, il récite par cœur Mathieu 5-6-7. L’évêque couvre François de son aube et conclut que François ne fait que vivre l’évangile… « On ne peut pas être contre la vertu ou l’évangile du Christ ».
Ses anciens chums le suivent dans la vie de pauvreté, où il ne vit plus que d’aumônes.
Rebel encore…le Pape veut le rencontrer, car il a entendu parler de lui et de son nouvel ordre de hurluberlus… Devant le Pape, François dénonce les richesses inouïes de l’église et récite encore Mathieu 5-6-7. Le pape fond en larmes et donne sa bénédiction à François, mais il ajoute : « Tu as raison, François, mais que veux-tu que je fasse ? » « Va, vends tout et donne-le aux pauvres ». Et le Pape : « On réfèrera la matière à la Curie i.e. le gouvernement de l'Église catholique, qui gère le quotidien de l'église...pour le pape ».
J’aime chez François son sens de l’absolu. Pas de niaisage, pas de demi-mesure. Sur le chemin de l’évangile, c’est : « Marche ou crève ».
Le 25 débute le Carême. Chaque semaine je vais t’envoyer un petit mot qui pourrait te préparer à cette fête qui sera ta Route de Pâques.
Pour cette semaine :
Lecture suggérée : Mathieu 5-6-7. Si tu n’as pas le temps, au moins prends le temps.
Si tu n’as pas le goût trouve au moins Mathieu 5,12
À vivre pendant cette semaine : « Il ou elle chante et sourit dans les difficultés ». Car le chemin vers Pâques est un chemin vers le soleil et le printemps.
À prier, la prière de St-François
Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix.
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.
Là où il y a la discorde, que je mette l’union.
Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité.
Là où il y a le doute, que je mette la foi.
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où il y a les ténèbres, que je mette votre lumière.
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.
Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer, car c’est en donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on trouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.