>site ? > cv > articles > fiction > art / photo > livres > liens > contact > accueil

 

/fiction et prose/



> la sombre extase de l’après-coup, nouvelle érotique enragée

> un monde meilleur, une ode naïve pour enfants

> the stench of truth, poème


 

/la sombre extase de l’après-coup /



Tu me regardes ? Regarde-moi ? Tu vois les signaux que je t’envoie, bourrés de phéromones et de langueur. C’est toi que je veux. Maintenant. Est-ce qu’elle m’observe ? Me voit-elle au moins ? Non, elle fixe avec insistance le plafond du bar, puis la grande pimbêche qui se pâme devant l’orang-outan qui m’a touché les fesses tout à l’heure en allant aux toilettes. S’il savait ce que je pense de lui et de ses poils et de son acte, s’il savait ce que je lui ai promis secrètement, il ne serait pas là, béat, l’air heureux, à siroter sa bière.



Tu me regardes ? Tu entend les sirènes des flics au dehors ? Je les ai appelés. Je leur ai ordonné de faire rugir leurs véhicules pour faire l’écho de ce que je ressens au moment présent. Ces sirènes assourdissantes, c’est mon corps tout entier qui t’appelle et qui crie que je ne veux plus faire semblant. J’affirme à travers cette honte que je veux pourtant étouffer, j’affirme que je te veux de haut en bas, je veux t’observer et user de mon pouvoir tactile pour découvrir, enfin, la clé de l’Univers et de l’Universel. Tu es ma clé et ma porte, je suis le serrurier qui ouvrira tes portes blindées, celles que personne ne parvient jamais à ouvrir.



Alors, enfin tu me regardes ? Non, pas un rictus, un sourire, s’il te plaît, un vrai sourire qui m’invite et me charme tel une publicité bien faite pour un produit que jamais je n’aurais pensé acheter. Mais je ne veux pas t’acheter. Je veux te posséder gratuitement, te faire comprendre que si tu viens te réfugier ici, tout ira mieux.



La sombre extase de l’après coup m’envahit, la sombre extase de l’après-amour, comme si l’on venait de commettre le crime le plus abominable, celui contre lequel tous les adultes nous avaient mis en garde quand nous étions plus jeunes. Oui, c’est fait, j’ai tué mon désir pour toi et étanché la soif que j’avais de ta peau. Je n’ai plus besoin de toi, plus pour le moment. Je rejoins les abîmes du sommeil, je pars me repentir dans les bras de Morphée car l’acte de l’amour de cette manière est un péché.



La prétention de mener une vie comme tout le monde, je l’ai perdue le jour où je t’ai vue, femme, sur l’écran de télévision, toi qui m’appelais dans tes bras pour un retour aux formes et un retour aux sources, toi qui plus tard confirmera les ridicules mythes féminins de la femme tentatrice, manipulatrice, tentaculaire, prisonnière. Ridicules, pas vraiment.




/un monde meilleur/



C’est l’histoire de la princesse Sonia, qui rêvait de partir loin du royaume que son père dirigeait comme un dictateur.

Il ne permettait pas aux enfants de jouer dehors, ceux-ci devaient rester chez eux, sans parler. Les jouets étaient interdits, et seul le « Livre de François », écrit par le roi lui même, était disponible. Dans ce livre, le roi racontait l’histoire d’un enfant qui était devenu roi parce qu’il n’avait jamais écouté les autres et jamais aidé les autres.



Mais la jeune Sonia, et les enfants, savaient que non loin du royaume, se trouvait le Pays des lignes, où l’on racontait que des livres par milliers circulaient librement : des romans, des histoires fantastiques, des essais, des livres d’histoire.

Sonia, enfermée toute la journée, s’ennuyait souvent chez elle, mais heureusement, elle pouvait communiquer avec les habitants du pays voisin grâce à son pigeon, Falstaf, qui lui apportait des lettres venues du Pays des lignes.

Sonia les lisait et les relisait chaque soir et écrivait à son tour des lettres, en demandant aux habitants du pays des lignes comment était la vie là-bas, ce que faisaient les gens.



« Nous sortons beaucoup dans la journée, pour nous divertir, nous organisons des combats amicaux, nous allons courir avec nos animaux, et cultiver nos champs. Le soir, nous faisons de grandes fêtes, buvons du vin, chantons et dansons ».

Un soir, le père de Sonia entra par surprise dans sa chambre car il l’avait entendue rire toute seule dans sa chambre. Elle lisait la lettre du petit Jacques, qui habitait au pays des lignes : « Maman m’a dit que tu t’appelles Sonia et que tu veux venir ici. Je n’ai pas de place dans ma chambre mais je demanderai à mes parents ».



« Pourquoi ris-tu ma fille ? Tu sais bien que cela est interdit au royaume. Si tu n’étais pas ma fille... »

« Oh, père.. Veuillez m’excuser. Je ne recommencerai plus. » Et elle baissa les yeux, honteuse, mais furieuse aussi.

Lorsque le père partit, elle appela Falstaf et lui demanda d’apporter sa dernière missive au Pays des lignes.

« Il faut que vous veniez me chercher. Et tous les gens ici. Mon père, le roi, n’est pas un homme bon. Aidez-nous. »

Elle donna d’autres lettres à envoyer à tous les villages, pour les prévenir que les gens du Pays des lignes allaient venir les délivrer. Falstaf et tous ses amis pigeons partirent aussitôt.



Le lendemain, alors que le roi était parti chasser seul, il se fit attaquer par un loup. A quelques mètres, il y avait un groupe de paysans venus du Pays des lignes. Ils n’osaient pas se montrer, de peur d’être emprisonnés par le roi : personne n’était autorisé à être dehors à cette heure-ci, ils le savaient bien. Ils étaient venus aider Sofia et les autres sujets du roi à s’échapper. Mais le roi blessé entendit des pas et cria « aidez-moi ! ».



Alors, les habitants se regardèrent. Ils ne pouvaient pas le laisser là, car jamais on ne laisse quelqu’un dans la détresse au Pays des lignes. Ils s’approchèrent, prirent le roi doucement et l’allongèrent sur une charrette. Lorsqu’ils arrivèrent au plus proche village, tous les habitants sortirent de chez eux et virent que les habitants du Pays des lignes avaient capturé le roi.

Fous de joie, ils criaient, sautaient, dansaient. Le roi ne comprenait pas. Après tout, il était le Roi. Le seul et unique, que tout le monde se devait de respecter. Mais il était blessé, malade, et avait besoin d’aide. Il se rendit compte que personne n’allait l’aider, puisque c’était ainsi préconisé dans le « Livre de François ».



Sofia, alertée par les cris, se rendit sur place. « Mais aidez mon père, il est blessé ! Il va mourir ! »

Il y eut un grand silence. Le Roi allait mourir. Ils seraient libres. « Non, non, non, nous ne voulons pas le sauver ! »

Alors les habitants du Pays des lignes expliquèrent : mais dans notre pays, si quelqu’un est blessé, nous prenons soin de lui, et il nous est ensuite reconnaissant. Plus tard, lui aussi vous aidera pour vous remercier, si vous avez des problèmes. »



Cela semblait logique. Les sujets du roi réfléchirent.

Le roi, à l’agonie, acquiesça : « Mes amis, je sais que j’ai été dur toutes ces années... mais dans la douleur, je comprends maintenant que nous devons tous nous aider. Lorsque vous aussi serez malades ou blessés, je ferai en sorte que nous nous entraidions, tous. »



Alors un médecin se dévoua et pansa les plaies du roi.



Quelques semaines après, alors que le roi était encore alité, les gens du Pays des lignes, eux, étaient restés, et montraient à leur nouveaux amis comment s’aider, cultiver la terre, et organiser des fêtes. Les enfants construisaient leurs jouets et découvrir de nouveaux livres venus du Pays des lignes.



Sonia aussi s’amusait avec les enfants et en même temps, lisait des romans d’aventure à son père. Sa mère, la reine, avait pris la succession du roi et dirigeait les affaires courantes. Elle avait décidé d’ouvrir la frontière avec les Pays des lignes, et déjà les deux pays échangeaient leur nourriture et des livres. Le commerce était florissant. Les rues étaient bruyantes, les gens chantaient, et apprenaient à jouer de la musique.



Le jour où le roi fut rétabli, il put enfin se mettre à sa fenêtre pour observer son royaume.

« Ce n’est pas le royaume du roi François. Ce royaume n’existe plus. Et je préfère de loin celui ci. Bruyant, animé. La chaleur se lit sur leurs visages. Ces gens m’ont aidé, je les aiderai aussi, et ensemble, nous créerons un monde meilleur. »




/ the stench of truth
/



The clouds are crying out loud and the stereo is pouring its most painful music and words down my mouth

Indigestible notes and phrases that are hell-like pleasure entering my body

How sore it is to feel and hear and be

You unbearable thoughts, leave my mind and let me rest in peace!

For I will not live today, and I will not indulge anyone with my ghostly presence

I will not think, nor laugh, nor sing, I’ll sink down the realm of nothingness

Yes, Nothingness is today’s keyword, it is blunt, painful, black or white- no, it has no color, it is tasteless, it is nothing

Who can rescue the now barren world we all have sneered at with contempt, who will save our stranded souls, panic-stricken in this sty?

Who will save mine? Who can awaken my inanimate corpse and salve my desultory mind?

Oh, the stench of Truth!

accueil | voir aussi: articles

 

 

Copyright © 2003
Les textes et images de ce site sont la propriété de l’auteur.
Ne pas reproduire sans autorisation.