CICM Missionnaires- District Autonome du Sénégal

One Heart One Soul

 

              MISSIONNAIRES C.I.C.M. (Scheut)

       District Autonome du Sénégal

                                     B.P. 26 489, Parcelles Assainies ( Dakar )

                                     Tél. (221). 835. 78. 40 / Fax (221 ) 835. 56. 47

                                     E-mail : cicmdaseg@ns.arc.sn

 

  

 

Projet Missionnaire (Nianing, 2001)

 

I – PROFIL COURANT DU DISTRICT

 

1.1      LE PAYS ET LA SOCIETE

 

1.1.1        DONNEES STATISTIQUES GENERALES

 

Superficie : 196. 192 km², aux 2/3 sahéliennes

Population :        1960 = 3 200 000 habitants

                           1995 = 8 300 000  habitants

                           2000 = 10 900 000 habitants

 

Densité absolue 47 hb/ Km²

 

Capitale Dakar = 2 000 000 habitants

 

Croissance annuelle = 1995 – 2000 = 2,7 %

 

Population urbaine = 45, 96 %

 

Population rurale = 54, 40 %

 

Monnaie : 1£ (euro) = 655, 957 F CFA

 

Composition ethnique : Wolof 36 %, Fulani 17 %, Serere 17 %, Toucouleur 9 %, Diolas 9 %, Metingos 9 %.

 

 

1.1.2        SITUATION SOCIO – POLITIQUE

 

1.1.2.1  Le régime politique sénégalais.

 

La république du Sénégal s’est doté d’une nouvelle Constitution depuis janvier 2001. Le régime est présidentiel. Maître ABDOULAYE WADE est Président de la République depuis le 17 avril 2000. Le Président est élu au suffrage universel. Le mandat présidentiel est de cinq ans. Il détient le pouvoir exécutif assisté d’un Premier ministre. Le parti au pouvoir PDS ( Parti Démocratique Sénégalais) et les partis alliés constituent la coalition Sopi aujourd’hui appelé Cap 21 (Convergence autour du Président de la république). C’est le bloc de droite. L’AFP, l’URD, le PLR, et le PP constituent le bloc de gauche. C’est l’opposition actuelle au régime en place. C’est une ère nouvelle avec l’instauration d’une démocratie véritable.

 

1.1.2.2   L’Assemblée nationale.

 

Les dernières élections législatives ont permis de passer d’une assemblée monolithique à une assemblée pluraliste de 120 députés élus au suffrage universel pour une durée de 5 ans. La grande majorité de l’assemblée revient au  Cap 21, le bloc présidentiel  Le bloc de gauche est minoritaire avec quelques élus seulement.

 

1.1.2.3   La Stabilité du pays

 

Le Sénégal se démarque des turbulences de la sous région de l’Afrique de l’Ouest. Cependant, un conflit perdure au sud du pays, dans la région de la casamance depuis plus de 15 ans. Les populations de la région membres du MFDC réclamaient une autonomie vis-à-vis du pouvoir central. L’aile radicale réclamait même l’indépendance. C’est ce qui explique les affrontements meurtriers. Plusieurs tentatives de médiations n’ont pas toujours abouti jusque là. Les négociations continuent. Les tensions persistent bien à la frontière Nord (République islamique de Mauritanie) et à la frontière Sud (Gambie, Guinée Bissau). On note aussi l’influence de l’intégrisme islamique qui menace la démocratie.

 

1.1.2.4    La pauvreté du pays

 

La pauvreté du pays en ressources naturelles provoque une  migration vers les grands centres, vers d’autres pays de la sous région, en Afrique centrale, l’Europe et l’Amérique. La pauvreté sans cesse croissante déstabilise le tissu social depuis la dévaluation du F CFA.

           

Un fossé s’élargit entre les salariés et les 20 % des plus riches  d’une part et les 40 % des habitants à plus faible revenu et sans travail. D’autre part, 30 % de la population est en dessus du seuil de la pauvreté et parmi eux 70 % sont en milieu rural. 10 % de la population globale monopolise l’économie. 70 % de revenus passe à l’alimentation. La jeunesse connaît le problème de chômage.  C’est ce qui entraîne des fléaux comme l’insécurité en milieu urbain, la drogue et la délinquance juvénile. Ceci entraîne des crises. Crises qui se manifestent aujourd’hui d’une manière évidente par le développement des conflits in ternes, les migrations des masses vers les quartiers populaires dans les villes. Les frustrations, l’augmentation des tensions sociales, enfin l’aliénation d’un grand nombre d’individus par rapport à leur société, leurs systèmes de valeur sont perceptibles dans le comportement des uns et des autres.

           

Les salaires n’ont pas augmenté, par contre les prix des produits augmentent sur le marché. De plus en plus, il y a des mouvements de grèves auxquels l’Etat doit faire face dans les grandes sociétés telle que la SONATEL (téléphone) SENELEC (électricité). De puissants syndicats multiplient des grèves.

 

1.1.2.5    La dévaluation du F CFA

 

La dévaluation du CFA (janvier 1994) a eu ses répercussions sur la société sénégalaise. Elle a provoqué une baisse du pouvoir d’achat et par conséquent, une pauvreté plus grande et un élargissement du fossé existant entre pauvres et riches. Devant la montée la montée des prix importés, la population change d’habitudes alimentaires. Les produits du pays retrouvent leur place mais le panier de la ménagère est moins garni qu’auparavant. Les calories étaient de 2 265 par jour entre 1988 – 1990. Qu’en est-il aujourd’hui ?

 

 1.1.2.6   Autres indicateurs sociaux

 

-         Indice de fécondité : 5,52

-         Mortalité infantile : 1960 = 303 sur 1000 naissances vivantes (moins de 5 ans)

                                      1993 = 122 sur 1000 naissances vivantes (moins de 5 ans)

-         Mortalité maternelle 1200 cas pour 100 000 naissances

-         Accroissement de la population : 2,74 %

-         Espérance de vie 1960 : 37 ans

-         Espérance de vie 1995 : 49 ans

-         Espérance de vie 2000 : 52 ans

-         Taux d’alphabétisation des adultes 1990 : 38 %

-         Taux d’alphabétisation des adultes 2000 : 45 %

-         Accès à l’eau potable 1988 – 1993 : 48 % de la population totale.

 

1.1.3    SITUATION ECONOMIQUE DU PAYS

 

1.1.3.1      Quelques indicateurs économiques

 

-         Dette extérieure 1970 : 145 millions de dollars

                                1993 : 3 768 millions de dollars

                                1999 : 49,7 milliards de dollars

-         PNB 1970 : 644 millions de dollars

-         PNB 1993 : 5 867 millions de dollars

-         PNB 2000 : 4,75 milliards de dollars  118ème / 226.

-         PNB / HB : 510 dollars 176ème / 226

-         Croissance en volume du PIB 5,6 % en 1998 à 6,1 % en 1999

-         Taux d’inflation 0,8 %

-         Recette touristique : 0,178 milliards de dollars en 1998

-         Investissement étranger : 0,040 milliards de dollars en 1998

 

COMMERCE EXTERIEUR

 

ANNEE

IMPORTATION

EXPORTATION

1970

 

1993

 

1999

292 millions de dollars

 

1 889 millions de dollars

 

1,780 milliards de dollars

245 millions de dollars

 

1 308 millions de dollars

 

1,159 milliards de dollars

 

Balance de payement = -0,081

L’aide extérieure en 1993 : 496 millions de dollars

L’aide extérieure en 1999 : 0,556 milliards de dollars.

 

 

1.1.3.2      Les ressources naturelles

 

Faiblement doté en ressources naturelles, l’agriculture sénégalaise est menacée par la désertification qui est due à la sécheresse, au bétail et à la main de l’homme. La culture de l’arachide a été poussée à l’extrême. L’exportation du phosphate et sous-produits es en légère croissance. Les mines représentent ainsi 8,3 % du secteur d’activité. Le pays dispose d’une longue côte donnant sur l’Océan Atlantique. La pêche procure au pays d’autres sources de revenu ainsi que le tourisme.

 

1.1.3.3      L’agriculture

 

Afin de relancer l’agriculture et de lutter contre la sécheresse, les trois Etats riverains du fleuve Sénégal ( Mali, Mauritanie et Sénégal) se sont ligués pour l’irrigation de la vallée du fleuve. En 1988, a eu lieu la mise en eau du barrage de Manantali (Mali) régularisant ainsi le cours du fleuve Sénégal avec, à l’embouchure, le barrage de Diama (Sénégal).

            Avec le barrage de Manantali, un grand chantier de barrage hydro-électrique en cours de réalisation. Cette nouvelle forme d’électricité changera la vie économique des trois pays qui constituent l’O.M.V.S. (l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal). 240 000 hectares d’aménagement étaient aussi prévus (l’agriculture irriguée), soit 40 % des terres irrigables. Mais ceci n’était qu’un projet qui n’est pas toujours réalisé.

           

            Il y a deux ans, de fortes inondations ont détruit les cultures ainsi que des terres irrigables. Le gouvernement sénégalais cherche à réduire l’intervention de l’Etat par une nouvelle politique agricole. Celle-ci encourage la responsabilité des paysans au niveau de la production et de la commercialisation (auparavant l’Etat via des organisations (parastatales) para étatiques aidait les paysans et veillait à la commercialisation des produits). Cette nouvelle politique devrait viser l’autosuffisance alimentaire du pays. Il est à souligner que 60 % de la population active s’adonne à l’agriculture dont la production représente 22 % du PNB. Malheureusement, des imprévus perturbent tous ces efforts actuels : invasion des criquets et des sauterelles, manque de pluies durant l’hivernage, des inondations imprévisibles, l’augmentation du taux de salinité des sols…

 

1.1.3.4      L’influence du FMI, la Banque Mondiale et les Mourides dans l’économie

 

Sous la pression du FMI, la Banque mondiale et les Instituts financières internationales, l’Etat a réduit les emplois. Les recrutements ont aussi diminué dans l’administration ainsi que l’éducation. Par ailleurs, les 2,74 % de croissance démographique annuelle donnent environ 80 000 nouveaux arrivants sur le marché de l’emploi.

 

Le secteur informel joue un grand rôle bien que l’état ne dispose pas de données chiffrées. Les ONG sont de plus en plus engagées de telle manière que l’Etat n’a plus une emprise dans le domaine d’appui au développement. La nouvelle politique industrielle veut promouvoir l’entreprise privée et l’ouverture sur les marchés extérieurs. En plus, sous la pression de la Banque mondiale, l’Etat a élaboré un programme de privatisation concernant un groupe important de la société d’économie mixte. Parmi ces puissantes sociétés il y a : la SENELEC (électricité), la SDE (eau), SONATEL (téléphone). Le danger en est que la prédominance des capitaux étrangers devienne trop grande.

 

 

 

L’économie sénégalaise est fortement influencée par la confrérie des Mourides. Ceux-ci, grâce à leur esprit d’entreprise et de solidarité, contrôle les domaines les plus importants de la vie économique : transport, commerce, immobilier, etc.

Face à la montée des ONG, l’Etat a commencé à supprimer les exonérations.

 

1.1.4            SITUATION RELIGIEUSE

Données à revoir

90 % des Sénégalais sont musulmans

7 % des Sénégalais sont Chrétiens dont 6 % de Catholiques et 1 % de Protestants

3 % des Religions Traditionnelles Africaines (RTA).

 

1.1.4.1      L’Islam

 

Le Sénégal est marqué par une forte présence musulmane qui fait croire, à première vue, qu’on est dans un état islamique. Le pourcentage de musulmans s’élève à 90 % pour l’ensemble de la population.

            L’Islam sénégalais est un Islam populaire, un mouvement de masses qui se transmet d’une génération à une autre, moins exigeant mais cependant « orthodoxe ». L’Islam, en général, s’est organisé en deux grandes familles religieuses appelées confréries : Mouridisme et Tidjanisme. A côté de celle-ci s’ajoutent celles des Layène et de la Khadrya.

           

Ces confréries sont des nouvelles « voies » musulmanes, particulières, réformées et adaptées à la sensibilité culturelle et psycho-religieuse des négro-africains. C’est dans cette perspective que le pèlerinage, qui est un pilier de l’Islam, bien qu’il soit accompli à la Mecque pour ceux qui ont de grands moyens financiers, est aussi accompli chaque année avec la même ardeur dans les lieux saints de chaque confrérie.          

 

A la tête de chaque confrérie, il y a un « Khalife Général » appelé communément ‘Sérigne’ (en wolof). Les marabouts sont des chefs spirituels. Ils gouvernent et veillent à l’orthodoxie de leurs confréries. Ils jouissent d’un pouvoir absolu sur leurs adeptes qui les croient investis d’une « mission » divine. En effet, ces derniers leur promettent une obéissance et un attachement inconditionnels. Les marabouts ont une influence dans la société sénégalaise, et cela se fait même sentir dans certaines décisions de l’Etat.

 

            On peut signaler l’existence de certains groupes fondamentalistes, bien sûr minoritaires, qui refusent de s’affilier à une confrérie, ne voyant en cela que qu’une œuvre purement humaine. Ils sont très critiques à l’égard des confréries, et surtout à l’égard de l’autorité des marabouts qui « exploitent » et maintiennent leurs fidèles sous leur « domination ». On les trouve souvent parmi les intellectuels.

 

            A l’heure actuelle, le Sénégal demeure selon sa constitution un état laïc, malgré quelques tentatives du passé d’en faire un Etat islamique. Mais l’influence de la grande majorité musulmane se fait sentir tant dans les domaines politique et économique que social. D’ailleurs la culture sénégalaise elle-même est teintée de beaucoup d’éléments empruntés à l’Islam. Cependant l’attachement et les coopérations du Sénégal avec certains Etats islamiques tendent à véhiculer un certain « arabisme », qui est à ‘craindre’, car à la longue, il pourrait susciter un certain « intégrisme islamique », même s’il ne se pointe  pas encore à l’horizon.

 

 

1.1.4.2      L’Eglise Catholique

 

2 % de la population sénégalaise est chrétienne majoritairement catholique. 92 % de musulmans et 6 % appartenant aux diverses religions traditionnelles du terroir. Les chrétiens du Sénégal sont presque tous originaires des ethnies du Sud (Diola, Mankagne, Manjak) ou du centre du pays (Sérere). Dans les grandes villes on trouve de fortes communautés chrétiennes. Par contre dans certaines régions du pays, la présence de l’Eglise est limitée à de petits groupuscules de fonctionnaires venus d’ailleurs.

           

C’est une Eglise minoritaire au cœur d’une majorité de musulmans. Elle compte 7 diocèses : ( l’Archidiocèse de Dakar, les diocèses de Kaolack, Kolda, Saint-Louis, Tambacounda, Thiès, et Ziguinchor). Dakar et kaolack ont deux nouveaux pasteurs (Mgr Théodore Adrien Sarr pour Dakar et Mgr Benjamin Ndiaye pour Kaolack). Les grands axes de l’action de l’Eglise sont : La pastorale d’annonce de l’Evangile, le Dialogue islamo-chrétien, la célébration des mystères de Dieu dans le Christ à travers les sacrements et la vie de prière. C’est une communauté de foi, de charité et d’espérance qui célèbre les mystères de sa foi. Le témoignage chrétien rendu visible dans l’amour de Dieu et du prochain. La mission globale consiste dans mission et l’évangélisation. Il y a enfin la pastorale sociale en vue du développement intégral et total de l’homme selon l’enseignement social de l’Eglise. La promotion humaine est fondamentale.

           

L’Eglise est très impliquée dans la promotion humaine dans tout le pays. Ceci se concrétise dans l’éducation et l’instruction ( écoles maternelles, primaires et collèges). Il y a aussi une action dans le domaine de la professionnalisation avec des centres de formation. A cela s’ajoutent les œuvres de développement social. La Caritas y est très impliquée ainsi que les paroisses et les associations chrétiennes de développement. Les diocèses tiennent à la promotion de la femme et de l’enfant.

           

L’action de l’Eglise est présente et très visible dans les services de santé en milieu urbain et rural, surtout pour les couches très défavorisées. Les Congrégations et Instituts religieux y jouent un rôle de premier plan depuis l’époque coloniale jusqu’à nos jours. La préparation au sacerdoce et l’entrée dans la vie religieuse se font à travers l’animation vocationnelle, l’éveil des vocations, la sensibilisation, les noviciats, philosophats, petits, moyens, et grands Séminaires, juvénats et collèges catholiques.

 

            Les structures de justice et paix intégrité de la création se mettent petit à petit en place. L’Eglise organise des séminaires sous régionaux sur la paix et la réconciliation en Afrique de l’Ouest. Les mouvements d’action catholique sont très actifs. L’année du grand jubilé a été un mouvement de grande communication et d’envoi pour un renouveau de la foi dans l’Eglise.

 

            Chaque année, l’Eglise organise de grandes manifestations religieuses au niveau national : pèlerinages tant dans les lieux saints catholiques universels que dans les « lieux saints » locaux, la journée de la jeunesse etc. Les médias de l’Etat (TV et Radio)font passer chaque semaine des émissions religieuses aux tranches d’antenne et à des horaires bien établis à cet effet.

 

 

 1.1.4.3      Les Religions Traditionnelles

 

Il existe au Sénégal 6 % de la population qui ne sont ni chrétiens ni musulmans. Ils sont adeptes des religions traditionnelles qui, dans certaines régions du pays, sont bien structurées. Le culte des esprits ou des ancêtres est célébré dans des bois sacrés et même dans des concessions. Il est fondamental de faire des études d’anthropologie religieuse et de sociologie pour découvrir les mécanismes, la pratique et les cultes qui y sont célébrés.

 

            Beaucoup de nos chrétiens convertis étaient adeptes de ces religions traditionnelles. Il y a une influence de ces religions dans les comportements de nos chrétiens. C’est un problème culturel. Bien souvent, ils ont recours aux pratiques des religions traditionnelles lors des mariages, baptême, deuil, maladie, initiation, épreuves de la vie. Il y a un certain lien et communion avec les ancêtres morts et la lignée des vivants. Il y a aussi un certain respect de certains éléments de la nature comme la terre, l’eau, le bois sacré, les pierres etc.

 

            C’est un défi missionnaire pour nous de percer les méandres et les secrets de ses pratiques dont les initiés ont seuls le secret. Il y a des pactes secrets et des initiations secrètes qu’on ne peut divulguer. Face à cette situation, des démarches pastorales sont à faire pour mieux accompagner les catéchumènes et les chrétiens convertis.

 

 

1.1.4.4      Le dialogue des religions

 

Il convient aussi de signaler que l’Islam sénégalais, comme l’Islam noir dans son ensemble exceptés le Nigeria et le Soudan, est tolérant. Les chrétiens et les musulmans se fréquentent régulièrement et cohabitent depuis des siècles. Il n’est pas rare de trouver dans une même famille, parmi les frères de sang, les chrétiens, les musulmans et les animistes.

 

            L’Islam est arrivé au Sénégal à partir de l’axe du Nord (Podor) au XIème siècle. Le christianisme est arrivé 5 siècles après. La caractéristique de cet Islam c’est qu’il est confrérique et qu’il a su intégrer les valeurs de la culture du peuple sénégalais dans son terroir et selon son contexte historique.

 

Quatre grandes confréries dominent cet Islam noir : la voie Tidjane, la voie Mouride , la voie Layène et la voie Khadre. La voie Tidjane se présente comme une réforme de la Tydjanya  ses trois principes sont la foi, la soumission et la pratique religieuse. Le mouridisme se caractérise par la foi, la soumission et le travail. Le « ndiguël » (mot d’ordre du marabout à qui les disciples doivent obéir) y joue un rôle fondamental. C’est une confrérie née pendant la période coloniale dont le fondateur est Cheikh Amadou Bamba. C’est la plus puissante confrérie du Sénégal. Elle est très influente dans les hautes sphères politiques et a une main mise sur l’économie.

 

            La voie Layène a quant à elle trois éléments fondamentaux : la foi, la pratique religieuse et la fidélité au pacte conclu. La voie Khadre est une ramification de la Tidjanya qui se caractérise par la pratique du culte des Hassalites qu’ils chantent et récitent.

 

 

 

 

 

         Jusqu’à présent, il n’y a pas encore eu de guerre de religion au Sénégal. La laïcité de l’Etat garantit les droits des minorités religieuses. Mais cette laïcité n’est plus évidente comme auparavant. A l’heure actuelle, il faut défendre et préserver cette laïcité qui semble menacée. C’est l’extérieur, les ambassades occidentales qui insistent sur la nécessité de préserver cet acquis.

 

            La question de la conversion n’est pas une préoccupation quotidienne. Mais pour les rares cas qu’on peut enregistrer, un chrétien peut facilement passer du christianisme à l’Islam. Mais l’inverse est plus difficile vu la pression sociale d’un entourage massivement islamisé. Cette réalité vaut aussi dans le domaine du mariage. Si un musulman peut se marier à une chrétienne sans se faire chrétien, l’inverse est presque intolérable. Mais cela n’est pas à extrapoler.

 

1.1.5             SITUATION CULTURELLE

 

1.1.5.1       Une diversité ethnique et de culture.

 

La société sénégalaise est constituée d’une pluralité ethnique. On distingue deux grandes linguistiques : le groupe de langues « Ouest-atlantiques » dites « Sénégalo-Guinéenne »  et celui des langues « mande » dont le berceau se situe entre le haut Sénégal et le fleuve Niger. La composition ethnique est la suivante : Wolof 36 %, Fulani 17 %, Sereer 17 %, Toucouleur 9 %, Metingos 9 %, Bassari, Madingue et Bambara. Cette pluralité ethnique entraîne une grande diversité culturelle. Chaque ethnie a sa langue, son système de parenté, sa musique, ses danses, ses croyances et sa vision du monde. Cependant, certains phénomènes affectent l’ensemble de la société, si bien que cette diversité culturelle va de pair avec des tendances plutôt uniformisantes.

           

            Le français est la langue officielle employée dans l’administration tandis que le Wolof est la langue populaire parlée par 80 % de Sénégalais. L’un des faits caractéristiques de cette culture c’est d’abord l’accueil ( teranga), le phénomène de griots conteurs, espèces de bibliothèque de chaque groupe social. C’est aussi un conservateur de musée et de culture de chaque groupe. La lutte traditionnelle est un sport spécifique et très populaire au Sénégal. Elle s’accompagne d’un cérémonial (danses, animation, fétiche etc.) Tout ceci traduit l’âme sénégalaise.

 

1.1.5.2      Historique

 

De par son histoire, pendant lequel différents empires, le royaume de Tekour (Xème siècle), le royaume du Ghana (Xème siècle), l’empire du Grand Djolo (XII – XIVème siècle) et l’empire du Mali (à partir du XIVème siècle) ont marqué la région de leur empreinte, une certaine unité culturelle a été forgée et a favorisé l’Islamisation. Le Sénégal est une ancienne colonie française appartenant à l’AOF (Afrique occidentale française). Le pays est resté marqué par une forte influence française.

 

1.1.5.3      L’ouverture à l’extérieur

 

De part sa situation géographique (à la pointe de l’Afrique de l’Ouest), le Sénégal est un creuset international de cultures africaines et internationales. Comme on trouve des Sénégalais commerçants et débrouillards aussi bien en Europe qu’aux Etats Unis, des éléments culturels de ces deux continents envahissent la société sénégalaise. Le Sénégal est encore la fille aînée africaine de la France. A titre d’exemple, Radio France Internationale et Canal France International déversent quotidiennement la « France » dans les bouloirs sénégalais. Cependant, au niveau des médias, d’autres Radios Internationales ( BBC, Africa N° 1, V.O.A.) émettent en FM. Le pays lui-même est doté de beaucoup de Radios locales qui émettent en FM.

 

            De plus en plus, on note une percée significative des USA dans le pays. La visite de l’ancien président américain Bill Clinton au Sénégal, le seul  pays francophone visité pendant son périple africain a montré l’intérêt réciproque visé par les deux pays sur les plans stratégique ( cf. Centre de formation pour la sécurité nationale à Thiès avec des Instructeurs américains), économique (cf. le démarrage des activités de l’American chamber of commerce-Sénégal, en marge de la visite présidentielle), et culturel (cf. l’American way of live dont les jeunes générations sénégalaises s’approprient de plus en plus à travers les nouvelles technologies, la musique : Rap, jazz, blues, le basket et la boxe.

 

 

1.2        DESCRIPTION GENERALE DE L’EGLISE LOCALE

 

1.2.1        Quelques traits caractéristiques

 

L’Eglise catholique du Sénégal compte 7 diocèses :  l’Archidiocèse de Dakar, les diocèses de Kaolack, Kolda, Saint-Louis, Tambacounda, Thiès, et Ziguinchor. Ils forment une Conférence épiscopale avec les diocèses de Mauritanie, Cap vert, Gambie, Guinée Bissau. Tous les évêques du Sénégal sont des autochtones. CICM travaille dans deux de ces diocèses : Dakar (Mgr Théodore Adrien Sarr et Saint-Louis (Mgr Pierre Sagna, cssp).

            Pour la formation des prêtres, l’Eglise du Sénégal compte un pré-Séminaire Saint Jean de Nyassa, les Petits Séminaires de Ziguinchor, Saint-Louis, Gazobil, Kaolack, les Moyens Séminaire de Thiès et Ziguinchor, les Grands Séminaires Saint Jean-Marie Vianney de Brin (pour la philosophie) et Libermann de Sébikhotane (pour la théologie). Le Consortium Saint Augustin (philosophie pour les étudiants religieux) à Dakar, environ 11 Noviciats pour religieux et religieuses, quelques Juvénats et Pré noviciats appartenant à 20 Instituts et Congrégations religieuses.

 

            Le nombre des Catholiques en 1998 était de 380 702. Les Catéchumènes  étaient au nombre de 16 896, 170 prêtres africains, 153 non-africains, 335 frères et 530 religieuses.

 

1.2.2        L’Archidiocèse de Dakar.

 

Erigé le 14 septembre 1955, il comprend la région du Cap Vert et les départements de Mbour et Fatick avec une superficie de 5 395 km², 2 056 000 habitants dont 220 000 catholiques. Il comprend 35 paroisses reparties de la manière suivante :

 

 

 

* Région apostolique du Cap Vert :

-         Doyenné du Plateau-Medina avec 8 paroisses

-         Doyenné du Grand-Dakar / Yoff avec 5 paroisses

-         Doyenné des Niayes avec 8 paroisses

 

* Région apostolique du Sine et de la Petite-Côte

-         Doyenné du Sine avec 6 paroisses

-         Doyenné de la Petite-Côte avec 9 paroisses.

 

1.2.3        Le diocèse de Saint-Louis

 

Erigé en diocèse le 15 février 1966, Saint Louis comprend la partie Nord du Sénégal, c’est-à-dire la région du fleuve et de louga. Sa superficie est de 73 315 km² pour une population de 1 399 620 habitants dont 90, 65 % sont musulmans. Dans les départements de Podor et Matam, les populations sont à 100 % musulmanes. Le diocèse compte 3 297 chrétiens, 27 catéchumènes, 16 prêtres dont 2 Fidei Donum et 7 religieux. 18 religieuses et 4 frères. La ville de Saint-Louis compte 2 paroisses plus la desserte de Savoine à 25 km. Louga compte une paroisse. Dans l’extrême Nord, il y a trois paroisses, Richard-Tall, Podor et Matam. Ces deux dernières sont en milieu entièrement islamisé depuis le XIème siècle.

 

1.2.4        Le clergé sénégalais

 

Le clergé local est très jeune. Dans certains diocèses, il assume la quasi-totalité des tâches administratives et de gestion. A cause de l’histoire et de la formation reçue, on note un relent de traditionalisme et de cléricalisme chez beaucoup de jeunes prêtres. Parmi les obstacles ou problèmes qui empêchent notre Eglise locale de devenir autosuffisante et adulte, il faut signaler entre autres, la « mentalité de demande » qui se manifeste chez beaucoup de chrétiens. Elle serait le résultat du passé missionnaire et de l’influence de l’Islam. Des éléments culturels peuvent aussi y contribuer. Pour être adulte, notre Eglise doit lutter contre le cléricalisme et s’engager résolument vers la deuxième évangélisation. Elle doit se soucier de l’inculturation tant dans la liturgie que dans la théologie et se défaire d’une mentalité juridique et sacramentaire.

 

1.3              CICM AU SENEGAL

 

1.3.1   Présentation générale

 

Les missionnaires Cicm sont arrivés pour la première fois au Sénégal en 1976.  25 ans plus tard (2001), le District Autonome du Sénégal compte 11 membres. Le groupe est international : Belges, Camerounais, Congolais et Philippins travaillent ensemble et vivent en communautés.

Le groupe a été officiellement reconnu par le gouvernement sous la dénomination « Les Missionnaires du Cœur Immaculé de Marie Scheut » par l’arrêté ministériel n° 2744 MINT-DAGAT-DEL-AS, en date du 28 mars 1996, publié par le journal officiel n° 5756 du 9 août 1997. L’Association a son siège à la maison du District à la patte d’oie Builders 59 Dakar.

 

 

 

 

1.3.2   Les insertions CICM

 

1.3.2.1      Le Cap-Vert  -  DAKAR

 

Cicm se trouve dans k’Archidiocèse de Dakar. Les confrères travaillent dans deux paroisses : Saint Abraham de Guédiawaye et Notre Dame de la paix de Diamaguène. Autrefois il y avait une seule paroisse Saint Abraham avec cinq secteurs. C’est donc un des secteurs qui est devenu la paroisse Notre Dame de la paix en 2000. L’ensemble de la population sur le territoire des deux paroisses est de 300 000 habitants et donc environ 16 000 chrétiens. Mais ce nombre de chrétiens est toujours minime par rapport aux masses musulmanes qui peuplent Guédiawaye et Diamaguène. Chacune des paroisses compte plusieurs secteurs pastoraux extensifs et dynamiques où on trouve une forte concentration des chrétiens.

 

Chaque année, il y a des « conversions » mieux encore, de nouveaux baptisés parmi les gens originaires des zones rurales du Sud-Sénégal et de la Guinée Bissau. Bien souvent, ce sont d’ancien des anciens adeptes des religions traditionnelles africaines. Cependant, on assiste souvent à un phénomène quelque peu inattendu : certains parmi ces ‘néophytes’ restent en ville tandis que d’autres rentrent aussitôt chez eux après le sacrement d’initiation chrétienne. D’une façon générale, on sent quelque peu chez certains chrétiens ‘le relent’ d’un christianisme teinté d’un arrière fond des religions traditionnelles africaines. Ainsi, peut-on se permettre de parler de conversion ou d’entrée dans une religion officielle ? Une nécessité d’une deuxième évangélisation s’impose.

 

Dans les deux paroisses, la pastorale sacramentelle y tient une place importante vu le nombre très élevé des catéchumènes  Catéchèse, retraites préparatoires pour la première communion et la confirmation. Il y a aussi des prières de quartiers, des sessions de formation pour catéchistes, la visite des malades. Les confrères tiennent aux mouvements d’action catholiques pour les femmes et les jeunes, la vie montante pour les personnes du troisième âge. Les caritas paroissiales sont attentives aux populations en détresse et aux étrangers. Les deux paroisses travaillent dans le domaine de la justice et paix. La Paroisse Notre Dame de la Paix travaille déjà en collaboration avec la paroisse des Martyrs de l’Ouganda. L’animation des communautés chrétiennes des quartiers est aussi une priorité dans l’apostolat des confrères. Dans le domaine de la promotion de la jeune fille, de la femme et de la petite enfance, il y a des préscolaires, un centre de couture à Guédiawaye, un centre de promotion féminine à Malika. Dans le domaine de l’inculturation le projet wolof  diisoo travaille pour les traductions des textes. A Diamaguène, la paroisse a offert des locaux aux sœurs pour un dispensaire en vue de soulager les souffrances des populations des quartiers environnants.

 

1.3.2.2   La région du fleuve.

 

Les confrères de la région du nord-Sénégal oeuvrent dans le diocèse de Saint-Louis, l’une des régions les plus islamisées du pays. Les confrères travaillent à la paroisse Saint-Michel de Podor, les autres paroisses tenues par cicm  Matam, Cathédrale de Saint-Louis, ainsi que la procure diocésaine et la caritas ont été cédées au diocèse. Podor se trouve dans un milieu Peulh et Toucouleur. Les deux tribus originellement converties à l’Islam depuis le XIème. C’est un peuple islamisé à 100 % et les rares chrétiens qui s’y trouvent regroupés ou disséminés sont originaires du centre, du Sud et de Guinée Bissau. Les autres chrétiens sont européens.

 

Tous, africains comme européens y travaillent comme fonctionnaires, dans l’armée, la gendarmerie, les Organismes internationaux et les ONG. Podor compte 70 chrétiens. La pastorale est orientée dans quatre axes : l’animation des petites communautés et le soutien spirituel aux chrétiens dispersés, le dialogue islamo-chrétien et le dialogue de culture, la pastorale sociale de promotion de la femme dans les villages, l’appui à l’éducation et l’accompagnement des enfants (coopérative scolaire, l’alphabétisation, l’assistance aux réfugiés (leur insertion et leur réinsertion).

 

La présence de l’Eglise dans ce terroir toucouleur est plus prophétique que sacrémentelle. C’est un témoignage de vie chrétienne en terre de l’Islam noir. Le dialogue islamo-chrétien (sous forme de Dialogue de vie et des œuvres) y est l’une des réalités du vécu quotidien.

 

 II. NOTRE DECLARATION DE MISSION ( Nianning 2001 )

 

Nous sommes convaincus d’être choisis et envoyés par le Christ pour proclamer le Dessein d’amour de Dieu sur toute la création.. Chacun de nous répond concrètement en quittant son pays pour vivre au Sénégal et pour y proclamer l’Evangile à toute la population qui vit autour de nous.

Provenant d’horizons divers, nous voulons être témoins de la fraternité  universelle. Nous vivons nos différences comme une source d’enrichissement mutuelle. Cette fraternité universelle dans le Christ, voulue par le Père, est vécue en communautés apostoliques dynamisées par notre charisme CICM.

Nous vivons au milieu d’une population à toute grosse majorité musulmane. En union avec l’Eglise locale, nous animons des communautés chrétiennes afin d’annoncer et de témoigner de la bonne nouvelle de Jésus-Christ. Nous sommes convaincus de la nécessité de faire émerger une Eglise participative et d’inculturer la foi chrétienne dans. leurs  richesses, travailler avec eux et ainsi faire surgir le message de libération. C’est pourquoi nous travaillons de préférence dans les quartiers périphériques des villes et des régions sahéliennes.

Tout en respectant le cheminement personnel d’un chacun dans la découverte de la toute puissance et de l’amour de Dieu, la vie de tous les jours nous fait côtoyer des sœurs et frères musulmans. Cette rencontre nous interpelle et nous permet de proclamer le salut comme le don de Dieu.

Nous voulons partager notre charisme CICM tant avec nos communautés chrétiennes locales qu’avec tout jeune qui, poussé par l’Esprit, voudrait s’engager avec nous dans notre vie missionnaire

 

 

III. SITUATION MISSIONNAIRE LOCALE

 

3.1              DEFIS MISSIONNAIRES  AU SENEGAL

 

Parmi  les défis missionnaires au Sénégal, il faut citer l’islam confrérique et son influence socio-politique et religieuse, les religions traditionnelles africaines, les réfugiés du Nord Sénégal, le chômage des jeunes, la condition difficile de la femme et la pauvreté.

 

- L’islam : parmi les défis missionnaires au Sénégal, il faut citer en tout premier lieu l’islam. Le pays est islamisé à 90%. Les chrétiens, minoritaires, doivent vivre en harmonie avec leurs frères et sœurs musulmans sans pour autant perdre ou masquer la particularité de leur foi. Ce la implique la nécessité du dialogue.

 

- Les religions traditionnelles : l’influence des religions traditionnelles n’est pas à négliger. Beaucoup de chrétiens se sont convertis au christianisme étant déjà âgés. C’est pourquoi, il n’est pas rare de voir des baptisés recourir aux pratiques religieuses traditionnelles. Un syncrétisme de fait est perceptible dans  la vie de tous les jours. Ce phénomène est accentué par le manque de formation et d’éclairage sur les rapports entre la foi et la culture.

 

 

 

- Les réfugiés du Nord Sénégal : les réfugiés mauritaniens arrivés au Fouta en 1989 y sont encore en grand nombre. Certains sont retournés en Mauritanie ou sont partis dans d’autres pays d’Afrique, d’Europe et d’Amérique. Ceux qui sont restés sont plus ou moins intégrés dans les villages d’accueil.. Mais les conditions de vie sont difficiles dans leurs villages d’intégration. La scolarisation de leurs enfants pose d’énormes problèmes.

 

- La situation des jeunes : la jeunesse connaît de nombreux problèmes entre autres le chômage, la drogue, la délinquance, l’insuffisance et le mauvais fonctionnement des structures éducatives, l’exode rural.

 

- La condition de la femme sénégalaise : la situation des femmes est particulièrement préoccupante. Analphabètes dans leur majorité, elles sont victimes de certaines traditions et schèmes culturels qui les placent en dessous des hommes.

 

- La pauvreté : le niveau de vie moyen n’est pas très élevé. La pauvreté est présente partout. On rencontre des situations de sous-alimentation à cause surtout des aléas du climat et de la faible pluviométrie.

 

3.2               NOS PRIORITES MISSIONNAIRES

 

3.2.1          PREMIERE EVANGELISATION.

 

Dans nos deux insertions, ensemble avec les communautés chrétiennes locales, nous témoignons des valeurs de l’Evangile. Les musulmans ne peuvent pas se joindre à l’Eglise de Jésus Christ mais questionnent notre expérience de foi. Dans l’archidiocèse de Dakar, des adultes et des enfants désirent partager la foi en Jésus Christ. La catéchèse y est donc une des principales préoccupations pastorales.

 

3.2.2.           RENCONTRE ET DIALOGUE

 

 L’Eglise-Famille a sa source dans la  Trinité, au sein de laquelle l’Esprit Saint est la relation de communion. > Message du synode Africain, n° 20.  La valeur de nos communautés CICM, comme celle des communautés chrétiennes dépendra de la qualité de nos relations interpersonnelles. C’est dans  ce but que le groupe Cicm se rencontre trimestriellement pour trois jours afin de réfléchir sur l’un ou l’autre sujet faisant le quotidien de la vie. C’est aussi l’occasion pour chacun de faire un compte rendu et un partage de ses activités dans son milieu d’insertion.

 

La communauté internationale CICM se soude ainsi tant par la prière que par la recherche d’une meilleure connaissance et animation des communautés chrétiennes. Ces rencontres CICM sont à l’origine de quelques initiatives telles que la création d’une commission «justice et paix » dans la paroisse Saint -Abraham et l’action auprès des réfugiés et des prisonniers à Podor.

 

La rencontre et le dialogue avec la population qui nous environne nous poussent à une inculturation de plus en plus grande et nous mène à participer de près ou de loin à des projets d’alphabétisation, d’enseignement et de développement.

 

 

 Concrètement, dans le souci de l’inculturation, le projet <Wolof-Diisoo>, Diisoo est un mot Wolof signifiant < se concerter> prend des dimensions liturgiques bibliques et pastorales. Il organise des cours de base pour la connaissance de la langue Wolof et la culture sénégalaise. Il y a en outre la formation pratique des filles analphabètes, des écoles pré catéchétiques  pour les petits enfants, l’appui à l'éducation, des structures culturelles pour l’éducation des jeunes, la promotion de la femme en milieu rural. Ces dimensions deviennent de plus en plus nos priorités.. Mais il y  a aussi un domaine sur lequel le groupe CICM aimerait s’atteler davantage est celui des religions traditionnelles.

 

3.3.3  DALOGUE INTER- RELIGIEUX

 

Nous sommes présents dans un milieu presque totalement musulman. Le voisinage, les relations de tous les jours nous permettent d’aller au de-delà d’une simple présence. Les événements du quartier ou de la ville nous amène déjà à un dialogue de vie. Nous allons plus loin en menant des projets pour l’alphabétisation, pour les réfugiés, pour l’enseignement  ou pour le développement.. Le rêve du groupe Cicm serait de travailler ensemble- chrétiens et musulmans- pour < justice et paix >.

 

3.3.4             L’EGLISE LOCALE

 

Nous travaillons ardemment à rendre nos communautés chrétiennes plus missionnaires, davantage capables de répondre aux défis du Sénégal d’aujourd’hui et de développer la co-responsabilité à tous les niveaux. Une autre étape importante dans le mûrissement de nos communautés chrétiennes nous paraît être leur autofinancement, tâche à laquelle nous nous attelons.

 

3.3.5             L’ANIMATION  VOCATIONNELLE

 

Nous faisons nôtre le décret Ad gentes, n° 20 < pour que le zèle missionnaire fleurisse chez les frère de la même patrie, il convient que les jeunes Eglises participent, au plus vite et activement, à la mission universelle de l’Eglise partout sur la terre, même si elles souffrent d’une pénurie de clergé >. Afin de rendre ce souhait du concile Vatican II possible, nous avons un rêve qui veut se traduire en un dernier défi.

 

Lors de plusieurs rencontres Cicm, nous en avons parlé. N’est ce pas trop tôt, après quelques années de présence au Sénégal, Aujourd’hui, le groupe se sent prêt à mener une action. L’année 1996 aura été une année de réflexion à ce sujet.. Des rencontres vocationnelles ont été faites ces dernières années autour un candidat CICM. Une tentative de pré-noviciat a été faite.

Un jeune a été admis à commencer ses études de philosophie à l’institut Saint Augustin de Dakar. Le père Faustin Ambassa était son accompagnateur et le Père Charles Ilunga son accompagnateur spirituel. Mais le niveau  intellectuel du candidat ne lui permettait pas de mener à bien ses études. Une réflexion s’est faite sur les conditions d’acceptation des nouveaux  candidats dans un proche avenir. Il se pose tout de même le problème d’accueil des pré novices à l’heure actuelle.

Puisse notre simple témoignage de vie missionnaire porter ses fruits !

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