Atlas cedar decline

Cedrus atlantica decline in Belezma, Algeria

Le Cèdre de l'Atlas

Le cèdre de l’Atlas [Cedrus atlantica (Endl.) Manetti ex. Carrière] est sans doute l’essence forestière la plus emblématique du paysage Nord-Africain.

Le nom du genre est d’origine grec « Kedros » donné auparavant pour décrire les bois du cèdre de Liban ainsi que celui des genévriers. Avec un nombre réduit de taxons (quatre espèces seulement), Cedrus figure parmi les genres les moins diversifiés des Pinaceae.

Le cèdre de l’Atlas, C. atlantica est fréquent dans les zones montagneuses de l’Algérie et du Maroc ;

Le Cèdre de Chypre, C. brevifolia (Hooke F.) Dode, réparti essentiellement dans l’île de Chypre ;

Le cèdre de l’Himalaya, C. deodara (D. Don) G. Don, connu dans la zone orientale

de l'Afganistan jusqu'au Nord-ouesr du Pakistan et de l'Inde;

Enfin, le cèdre de Liban : Cedrus libani A. Rich dont les peuplements sont très irréguliers, éparpillés à travers les chaînes de Taurus, d’Anatolie centrale, et la chaîne Pontique, jusqu’à la limite Sud de la mer noire ainsi que dans les régions montagneuses du Liban et de la Syrie.

     Le cèdre de l'Atlas (Cedrus atlantica), Massif de Belezma, Algérie (Benssaci, 2006)

En revanche, l’analyse cladistique basée sur le marquage moléculaire, viennent de démontrer que le genre Cedrus comprend seulement trois espèces : Cedrus atlantica, Cedrus deodara et Cedrus libani qui, lui-même, englobe trois sous espèces : stenocoma (Turquie) ; libani (de Liban) et brevifolia (Chypre) (FADY et al., 2000; SCALTSOYIANNES, 1999 in SABATIER et al., 2003).

             Le cèdre de Liban (Cedrus libani), Elmali, Turquie (Vidakovic, 1991)

C’est une essence au fût rectiligne, dépassant souvent 50 à 60 m, avec une moyenne de 40 m sur les peuplements.. La ramure est horizontale, la cime est trapue quand l’arbre est isolé et prend une forte tabulation à un âge avancé.

        Le cèdre de l'Himalaya (Cedrus deodara), Chitral Gol National Park, Pakistan

Les graines, triangulaires, sont de 10 à 15 mm de long, prennent des couleurs ternes tendant vers le marron, et munies d’aile langue, elles sont riches en résines.

                            Le cèdre de Chypre (Cedrus brevifolia)

La croissance en hauteur du cèdre de l’Atlas est continuelle jusqu’à un âge avancé, au moins 200 à 300 ans. Le rythme de croissance s’avère moyen courant les premières années. L’accroissement en volume atteint selon Boudy (1952) 1,2 à 1 ,25 sur sol calcaire jusqu’à l’âge de 100 ans.

Le cèdre de l’Atlas est marqué également par des variations intraspécifiques et interspécifiques du polycyclisme chez les jeunes arbres. Ce polycyclisme est forment lié aux conditions climatiques de l’année de croissance. Selon SABATIER et al., (2003), le polycyclisme est un critère morphologique permettant de séparer les provenances.

Chez les jeunes arbres, les méristèmes latéraux des pousses annuelles peuvent se développer immédiatement à partir de ces dernières (CARAGLIO et BARHELEMY, 1997). Cette ramification immédiate, donne une allure dite de « pousses sylleptiques ».

Vers la fin de la saison de croissance, cette structure particulière peut varier entre un aspect hyperramifié avec une mixture des pousses axillaires sylleptiques courtes et longues, et une allure peu ramifiée, ainsi, elle peut se réduire en aiguilles rosettes (SABATIER et BARTHELEMY, 1999).

Aire de répartition

Afrique du Nord : Algérie, Maroc

En Algérie, les peuplements sont très éparpillés. On note que les massifs sont essentiellement localisés aux sommets de l’Atlas saharien et tellien.

Les données de BOUDY (1950) in BENTOUATI et OUDJHIH (1999) montrent que cette essence couvre naturellement à l’échelle nationale une superficie de 33000 hectares, dont la plus importante est celle des Aurès, avec une superficie estimée à environ 5000 hectares dans le massif de Belezma. Mais il est à noter, que la superficie totale aurait du être réduite, eut égard aux phénomènes de dégradation et de dépérissement des peuplements. Une extrapolation linéaire des données recueillies entre 1984 et 2000 publiée dans le rapport F.O.S.A.2000 de la FAO, la Direction Générale des Forêts et le Ministère de l’Agriculture, recorde une régression annuelle du couvert forestier de 1,3%, et les peuplements du cèdre de l’Atlas, sont ainsi concernés.

Ecologie

Le cèdre de l’Atlas est une espèce de haute altitude. En Algérie, les peuplements sont communs entre 1400 et 2200 m (Chélia, limite supérieure), tandis qu’au Maroc, la limite inférieure part de 1500 à 1600 m, pour atteindre comme limite supérieure, des altitudes de l’ordre de 2600 jusqu’à 2800 m (BOUDY, 1952), l’optimum étant situé à 1800 m.

Dans les Aurès, le cèdre de l’Atlas est généralement signalé à partir d’une altitude moyenne de 1400 m (ABDESSEMED, 1981).

En dehors de son aire naturelle, des cédraies artificielles installées en France, au niveau des stations du Mont Ventoux, Saumon et Ménerbes, se comportent idéalement à des altitudes de 300 à 800 m (BARITEAU et FERRANDES, 1992 ; SABATIER et al., 2003).

Dans le massif de Belezma, le cèdre de l’Atlas évolue dans une tranche allant de 1400 à 2000 m d’altitude (BENTOUATI et OUDJHIH, 1999).

Le cèdre de l’Atlas s’avère moins accommodé sur le plan climatique. Il prospère notamment en climat méditerranéen humide et froid, ayant un aspect continental.

Nous pouvons catégoriser – par référence à la classification d’EMBERGER – les étages bioclimatiques conformes pour cette essence comme suit : l’étage semi-aride à hiver froid ; subhumide à hiver froid ; humide à hiver froid et humide à hiver frais.

Marqué par sa résistance aux basses températures et à la pression mécanique de la couverture neigeuse. Au niveau des Aurès, il reçoit une trame modeste de pluviométrie, de 440 à 500 mm annuellement, ainsi, il est confronté aux influences sahariennes et aux contrastes thermiques considérables, marquant la continentalité du climat de la région.

En Algérie, une grande part des cédraies se concentre sur des roches mères siliceuses, et bien en moindre proportion, sur roche calcaire.

Notons que l’influence du sol sur l’accroissement du cèdre s’avère de moins en moins signifiante au fur et à mesure que le climat tend vers un régime xérophile, mais cette influence reprend lorsque cette espèce se trouve dans un milieu climatique idéal, tel est le cas de l’étage subhumide et humide.

 

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