Nouvelles hypothèses au sujet de la peinture d’un chanoine présenté par Saint Jérôme

J'avance les hypothèses au sujet de l'identité du personnage de la peinture attribuée à Simon Marmion " Un chanoine présenté par Saint-Jérôme, Philadelphie, Philadelphia Museum of Art, U.S.A. ". Le chanoine représenté n'est autre pour moi que François de Busleyden. Je me base sur deux choses. La première est que la ressemblance des traits entre le donateur du vitrail de la Vierge d'Anderlecht et le chanoine de la peinture est saisissante. La seconde est la composition stylistique du vitrail et de la peinture. Nous retrouvons une composition presque identique entre les deux oeuvres, un chanoine agenouillé présenté par Saint-Jérôme. Pour ce qui est de la présence de Saint-Jérôme, nous ne devons pas y voir un saint patron mais le prendre pour ce qu'il est, c'est à dire, le patron des exégètes, des érudits, des philologues et des professeurs. François de Busleyden a étudié dans différentes universités et il a été le précepteur de Philippe le Beau. Il a fondé à Saint Donatien à Bruges une chapellenie dédiée à ce saint. Ce saint se retrouve sur la tombe d'Isabelle de Musset, sa mère, à Marville. Une question vient à l'esprit. Quand et à quelle occasion, cette peinture aurait été réalisée, si le peintre est bien Simon Marmion? Je me base sur les faits historiques. En septembre 1489, Englebert de Nassau, Philibert de Veyré dit La Mouche et François de Busleyden sont envoyés en France pour participer au traité de Montil-lez-Tours comme je l'ai dit plus haut. Suivant Jean Molinet qui écrit dans ses chroniques, " En ce tempz, le comte de Nassau, La Mouche, le prevost de Liège, le president de Flandres et aultres qui seront cy après nomméz furent envoyéz vers le roi de France pour parfait de la paix faite à Francfort et pour faire l'accord de Flandres. Si passèrent par Valenciennes, où ceulx de la ville, voeullas complaire audit comte digne d'estre honorét, festoyét et conjoyt, tant pour le retour de son emprisonnement que pour la recouvrance de bonne paix, de laquelle il avoit l'entremise, lui firent ung banquet fort sumptueux, où furent jouèes aucunes moralités servans à propos de sa joyeuse revenue ". C'est peut-être au moment de ce passage par Valenciennes François de Busleyden aurait pu commander cette peinture à Simon Marmion, peintre actif dans cette ville. Ce dernier aurait-il été recommandé par Marguerite d'York? Il faut aussi souligner que cette peinture si elle représente bien François de Busleyden et commandée durant son séjour à Valenciennes en septembre 1489 serait l'une des dernières œuvres de Simon Marmion, vu que ce dernier meurt le 24 décembre de la même année. Cette peinture qui à la base était un diptyque ou un triptyque aurait pu servir de modèle pour la réalisation du vitrail d'Anderlecht. Mais un doute subsiste. Il s’agit du vitrail derrière le donateur. Nous y trouvons représenter un blason surmonté d’un chapeau de prévôt d’un chapitre, vu la couleur noir. Dans tous les renseignements que j’ai consultés on parle d’un chapeau d’un cardinal. Mais la couleur pour un cardinal est le rouge. Monsieur le professeur Pier Luigi Mulas a écrit un article au sujet de six antiphonaires ambrosiens enluminés dans la revue Art de l’enluminure, n°23 de décembre 2007. C’est antiphonaires proviennent de l’église Santa Maria de Crescenzago. Dans cet article l’auteur écrit au sujet d’une représentation d’un blason de Frederico Sanseverino qui était le prévôt du chapitre de cette église. Ce blason est surmonté d’un chapeau noir, couleur de la dignité de prévôt suivant l’auteur. J’ai écrit à Monsieur Pier Luigi Mulas pour avoir son avis au sujet de la peinture du Philadelphia Museum. Ce dernier m’a répondu que le chapeau surmontant le blason ne peut en aucun cas être celui d’un cardinal mais d’un prévôt d’un chapitre, dignité que François de Busleyden remplissait dans les cathédrales Saint Lambert à Liège et à Saint Donatien à Bruges.

Pour ce qui est du blason un doute subsiste. Ce dernier n’est pas celui des Busleyden car il ne comporte qu’une seule rose. Je crois savoir qu’une restauration de cette peinture a eu lieu.

Dans le coin inférieur droit, nous avons une rosace avec ce qu’il me semble être les initiales FB.

Cette peinture, peut-elle être attribuée à Simon Marmion ? Pourquoi cette question ? J’ai consulté le médecin légiste, de ma région, le docteur Serge Lambert pour lui demander si le donateur du vitrail d’Anderlecht et le chanoine de la peinture était la même personne. Il m’a certifié que c’est bien le même individu. Tout serait bien dans le meilleur du monde, si en consultant très attentivement la peinture, le docteur Lambert arrive à une conclusion remettant fondamentalement en question l’attribution de cette peinture à Simon Marmion. Je m’explique. Pour lui, l’âge approximatif du chanoine est de 45 à 50 ans. Il arrive à cette conclusion en se basant sur deux choses, la première est les veines des mains et la deuxième est le visage. Pour ce dernier, il avance même que le personnage est soit malade ou a été malade et/ou a eu une activité laborieuse très importante. Vu que le docteur Lambert trouve que le donateur du vitrail et le chanoine de la peinture sont la même personne, pour moi François de Busleyden, l’attribution de la peinture à Simon Marmion pause problème. Comme, je l’ai dit plus haut l’âge approximatif du chanoine de la peinture est de 45 à 50 ans et si ce dernier est bien François de Busleyden né entre 1455 et 1460, un calcul rapide place la réalisation de cette peinture dans la seconde moitié des années 90 du 15ème siècle près de 10 ans après le décès de Simon Marmion. La peinture aurait-elle été réalisée par un suiveur de ce dernier, mais alors le quel?

Je pense qu’une remise en question de la piste Simon Marmion devrait être sérieusement pensée et que des études très approfondies de cette peinture par des spécialistes devraient être réalisées, à la vue de ces éléments.

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©Samuël Lucas

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