Nouvelles hypothèses au sujet d’un vitrail se trouvant à Bramley, Grande-Bretagne, et provenant de la Chartreuse de Louvain

Introduction

Pour cette partie, je tiens à remercié Monsieur Robin Engels qui m'a permis d'utiliser comme source son mémoire: The former carthusian monastery in Leuven: architectectural and historical research.

“Etant entré dans la cour, on y voit un portique remarquable par sa grandeur et son architecture. Le cloître est très étendu et forme un très beau quarré qui renferme un jardin magnifique. Les vitrages qui sont dans le contour sont peints avec la dernière délicatesse et représentes différentes histoires de l’Ancien et du Nouveau Testament.” Le Guide Fidèle, 1762, p. 39

“Le cloître était beau et vaste: Juste Lipse, qui avait beaucoup voyagé, doutait qu’on en trouvât un pareil, non seulement dans toute la Belgique, mais dans tout les pays limitrophes.” Van Even, 1895, p. 489

La chartreuse de Louvain possédait un nombre important de vitraux de très grande qualité. Ceci semble même avoir été la collection la plus impressionnante du Brabant. La galerie du grand cloître et celle du petit cloître avaient des fenêtres côté jardin, garnies de verre coloré. L’église possédait de larges fenêtres dotées de panneaux de verre peint entre les contreforts. Et finalement toute l’aile gauche, comprenant la sacristie, la chapelle et la salle du chapitre, était décorée de fenêtres en vitraux colorés. Tous les vitraux représentaient des scènes religieuses ou de dévotion, ainsi que des représentations ou des références concernant leurs donateurs. D’emblée deux remarques importantes sont à faire.

Dû à l’abstraction de tout besoin temporel, inhérent à la vie cartusienne, il était normal, que les chartreuses soient dépourvues de toute décoration ou de splendeur architecturale. Éprouver de la beauté dans une chose profane n’était pas permis, seul Dieu pouvant être beau. L’architecture d’une chartreuse avait toujours pour base un plan de construction rationnel, complété d’éléments sobres. Pas de décoration, ni de luxe, pas d’éléments architecturaux écrasants. Propre, pur, sobre. Puisque les fondateurs du monastère payaient pour la construction d’une cellule, ainsi que pour les baies des galeries du cloître lui faisant face, ils avaient deux possibilités pour rappeler aux moines leurs bonnes actions. D’une part, ils érigeaient des reliefs, œuvres en pierre de taille, illustrant leurs générosités ou des plaques commémoratives munies d’inscriptions et d’autre part, ils pouvaient payer pour de beaux vitraux, représentant le même type d’images, dans les baies en face des cellules. Éclairés par la lumière du jardin, les panneaux rappelaient au moine son devoir de prier pour le salut de son bienfaiteur.

Deuxièmement, il faut souligner que le moine chartreux est entièrement englobé par l’architecture de la chartreuse, et ce pour sa vie entière. Il vit dans sa propre cellule, où il passe la plus grande partie de son temps entouré de quatre murs. Le jardin dans lequel il travaille ou médite est entouré de hauts murs aveugles. Son seul chemin le mène à travers la galerie du cloître, de sa cellule vers l’église, et parfois dans le petit cloître pour se rendre au réfectoire, la librairie ou la salle du chapitre. Il est entièrement entouré d’éléments de construction. Dans un sens, les vitraux empêchent le moine d’entrer en contact avec le monde extérieur. Son regard est encore bloqué par d’autres images sacrées. Chaque jour il lit la bible, en marchant dans la galerie du cloître. Il n’y a donc aucune interruption dans sa concentration religieuse. Ce sont probablement les raisons pour lesquelles l’histoire des vitraux de la chartreuse de Louvain est si importante.

Donateurs et bienfaiteurs ecclésiastiques

Walter Waterleet

Il est prévôt de Maubeuge, écolâtre de Sainte Gudule à Bruxelles, chanoine de Saint-Pierre à Louvain en 1476 et ancien chapelain de Charles le Téméraire. Il fonde trois bourses pour la pédagogie du Faucon en 1494. Il est proche des Chartreux de Scheut. Il achète le terrain pour celle de Louvain le 19 décembre 1486 et pourvoi à la construction de la cellule Y.

Gilles de Platea

Il est théologien, grade obtenu à l'université de Louvain. Il fut choisi, avec le prieur des chartreux de Zelem, par le prince-évêque de Liège, Louis de Bourbon, en 1474, pour être les visiteurs du nouveau prieuré de Notre Dame Ter Elze à Zichem dont la prieure était Marie van Linter. Il est admis le 9 novembre 1480 comme chanoine de St-Lambert et le 16 comme archidiacre de Hainaut. Il est aussi un des conseillers du prince évêque de Liège, Jean de Hornes. Il crée une fondation au collège du Château à Louvain où il avait été régent. Il est mort le 9 décembre 1489 en laissant un tiers de ses possessions au nouveau couvent sous certaines conditions.

Simon de Sluis

Il était originaire de Rotterdam. Il est le médecin de Philippe le Beau. Il est chanoine de Saint-Lambert à Liége. Il est chanoine à Saint Donatien à Bruges en 1463 et il est prévôt de Saint Rombaut à Malines. Le 12 août 1474, il est élu prévôt mayeur et archidiacre de la cathédrale d'Utrecht en 1495. Il fut admis à l’archidiaconé de Condroz le 8 août 1473, en remplacement de Ghiselbert de Bueren. Le 8 octobre 1478, Gilles de Lapide, doyen de Sainte-Croix, son fondé de pouvoir, acheta à Liége une maison claustrale située derrière le chœur de Saint-Michel, avec le jardin de la maison décanale.  Il a aussi des prébendes à Saint Donat à Bruges, à Notre-Dame de Courtrai, à Saint-Pierre à Lille, à Sainte Waudru de Mons, les bénéfices de Saint-Jean et Saint-Nicolas à Gand, un autre dans le monastère de Reinsberg et la cure de l’église de Geel. Il est prévôt à Sainte Pharaïde à Gand en 1476. Il est aussi un des conseillers de Jean de Hornes prince-évêque de Liége. Il est mort à Malines le 29 septembre 1499 et fut enterré dans l’église Saint Rombaut de cette ville. Il avait fondé une bourse pour le collège Saint-Yvon en 1499 et trois bourses pour l'étude de la théologie et du droit canonique. Il a fait des legs pour des fondations de chapelles dans les églises d’Utrecht et de Geel. Il avait pourvu à la construction de la cellule S.

Conrard de Sart(o)

Il était d’origine liégeoise. Il est licencié en droit de l'université de Louvain. Il est reçu comme chanoine de Saint-Lambert le 19 novembre 1478 et y est nommé custode. Il est official de Liège en 1486. Il est abbé séculier de Notre-Dame de Namur et écolâtre à St-Pierre de Louvain. Il est prévôt de Saint Rombaut à Malines. En 1488, il est recteur de l'université de Louvain. Par sa formation de juriste, il est nommé conseiller et maître des requêtes de Philippe le Beau. Il est mort en 1502 et enterré dans le chœur de l'église des Chartreux de Louvain. Il avait fondé une messe quotidienne et une bourse au collège du Saint-Esprit. Il avait pourvu à la construction de la cellule C.

Léon d’Oultre, d’Oultres ou Outers de Hondscote

Clerc du diocèse de Thérouanne, maître ès arts et licencié en droit canon, échangea le rectorat de l’église paroissiale de Saint-Pierre à Rolduc, contre le canonicat de Saint-Lambert que possédait Louis Bruno, docteur en droit canon, et fut nommé chanoine de Saint-Lambert le 15 décembre 1500. Elu prévôt de Saint-Paul vers 1519, il fit don en 1530 à cette collégiale d’une magnifique verrière attribuée au peintre verrier liégeois, Jean de Cologne, qui éclaire au midi le bras gauche de l’église ; elle représente le couronnement de la Vierge, et reproduit dans un coin l’image du donateur, agenouillé sur un prie-Dieu devant un autel, et portant le costume des anciens chanoines, elle existe toujours. Léon d’Oultre, d’abord régent du collège du Lys, à Louvain, y fonda, en faveur d’étudiants pauvres, six bourses d’études dont deux étaient à la collation du chapitre de Liége. Il fut aussi recteur de l’université de Louvain en 1499 et 1502. Il fut aussi bienfaiteur des mences de Saint-Michel pour 10 florins et de Saint-Pierre pour 22 florins. Il obtient l’usufruit pour un jardin dans cette même ville. Il fut aussi chancelier du prince-évêque et mourut le 1 décembre 1530. Son testament porte la date du 8 mai 1529, à Louvain et du 2 juillet 1530, à Liége. D’après sa volonté, il fut inhumé dans la chapelle de Saint Eloi à Saint Lambert où il avait fondé une messe quotidienne et où l’on voyait une verrière à ses armes. Il avait pourvu à la construction de la cellule M.

Nicolas de Rutter

Il est originaire du Luxembourg. Il est conseiller de Philippe le Beau, suivant l'ordonnance de 1496 pour la constitution de l'hôtel de ce dernier, Nicolas de Rutter y est nommé maître des requêtes et commis des finances. Il est titulaire de divers titres ecclésiastiques dont ceux de chanoine de Saint Donatien à Bruges depuis 1485, chanoine et archidiacre de Brabant à Cambrai, commendataire perpétuel de la prévôté de Harlem, protonotaire apostolique, chanoine des églises collégiale de Saint Gommaire à Lierre, de Notre-Dame à Termonde et de Notre-Dame à Courtrai. Le 10 juin 1487, François de Busleyden est le procurateur de Nicolas de Rutter qui est nommé prévôt de Saint Pierre à Louvain titre auquel est attaché la dignité de chancelier de l'université. Il est élu évêque d'Arras suite au décès de Pierre de Ranchicourt. A la mort de ce dernier le Chapitre élit Jean Gavet. Mais Philippe le Beau fait connaître qu'il a un candidat, Nicolas de Rutter. De plus Jean, bâtard de Bourgogne, prévôt d'Aire et de Saint-Omer veut poser sa candidature. L'archiduc annonce que le pape Alexandre VI a nommé Antoine d'Albon mais qu'il lui refuse son agrément ainsi que Louis XII et le Parlement de Paris déclare nulle la nomination. Jean Gavet démissionne et le pape finit par accepter Nicolas de Rutter par bulle du 16 février 1502. Il est consacré le 7 août 1502 à Saint-Pierre à Louvain. Le même jour, il célèbre sa première messe à la Chartreuse de Louvain en présence de l'évêque suffragant de Liège Jean Bourgeois. Ce dernier avait consacré l'église des Chartreux le 18 juillet 1501 avec l'autre évêque suffragant Libert de Broechem. Après cette cérémonie, il prêche au peuple, chante la messe et accorde 40 jours d'indulgence. Le 23 juillet suivant, il consacre le cimetière. Suivant Jean Molinet dans ses chroniques, Nicolas de Rutter fait son entrée à Arras le 20 novembre 1502 accompagné d'une suite importante et de grands personnages dont Charles de Croÿ, prince de Chimay et Guillaume de Croÿ, seigneur de Chièvre et grand bailli du Hainaut. Nicolas de Rutter tient toutes les cérémonies que les évêques ont accoutumé de faire. Le prévôt, le doyen, les chanoines et les chapelains le reçoivent à Notre-Dame. Il est logé au palais épiscopal où a lieu 3 jours de fêtes. Il se préoccupe aussitôt de l'enseignement de la théologie à Arras. Il fut l'un des plus généreux donateurs d’œuvres d'art à la cathédrale de vases sacrés, d'ornement et d'une statue en argent de saint Nicolas. Il fit même une curieuse fondation pour le nettoyage périodique des lutrins et autres objets de cuivre. Nicolas de Rutter fonde, en 1508 dans sa propre demeure le collège d'Arras à Louvain pour des étudiants pauvres. Il est mort à Malines le 5 novembre 1509 et enterré dans le cœur de St-Pierre de Louvain. Il avait pourvu à la construction de la cellule H.

François de Busleyden

Il est né à Arlon vers 1455. Il a fréquenté diverses universités dont celles de Cologne et de Louvain. Il entre au service de l’évêque de Cambrai, Henri de Berghes, comme secrétaire. Il est reçu comme chanoine de la cathédrale Saint Lambert à Liège, le 26 juin 1483. Il y est élu comme prévôt le 22 août 1485. Le 10 juin 1487, il est le procurateur de Nicolas de Rutter qui est nommé prévôt de Saint-Pierre à Louvain titre auquel est attaché la dignité de chancelier de l'université. Le 20 juin 1490, il est élu chanoine à Saint-Pierre à Anderlecht. Il est élu prévôt de la cathédrale Saint Donatien à Bruges le 23 décembre 1490. François de Busleyden est nommé doyen de Notre-Dame d'Anvers le 3 octobre 1498. Busleyden est élu le 12 octobre 1498 archevêque de Besançon par le Chapitre Métropolitain par recommandations de Philippe le Beau et Maximilien d’Autriche. Le pape Alexandre VI le nomme secrètement cardinal et allait conférer le droit de succession au siège de Cambrai. Il est aussi chanoine de Cambrai, de Saint Siméon à Trèves, mais aussi archidiacre à Sainte Gudule à Bruxelles en 1492 où il y devient trésorier en 1497. Voila pour ce qui est de l’homme d’Eglise, mais il fut aussi un grand homme d’Etat. Il est choisi par Maximilien d'Autriche mais surtout par Marguerite d'York veuve du duc de Bourgogne Charles le Téméraire comme précepteur du jeune Philippe le Beau , fonction qu'il remplit de 1485 à 1495. Il est conseiller de 1495 à 1502, maître des requêtes de l'hôtel en 1495, chef des finances à la suite de Philippe de Bourgogne-Beveren en 1497, premier maître des requêtes en 1498, de 1498 à 1499, il participe activement au gouvernement en l'absence de Philippe le Beau, conseiller domestique en 1500 et en fin chef du conseil aulique en juillet 1502 suite au renvoi de Henri de Berghes durant le voyage en Espagne. Il remplit de nombreuses missions diplomatiques tant pour Maximilien d’Autriche que pour Philippe le Beau. Il fut le conseiller le plus influant de ce dernier. Il est mort à Tolède, le 23 août 1502 en accompagnant l’archiduc. Busleyden avait offert pour la construction de la cellule du prieur (†). Il fit aussi une donation pour la construction de la cellule (O) à la Chartreuse de Scheut à Anderlecht à la même époque. Il est repris aussi comme bienfaiteur des Chartreuses d’Anvers et d’Hérinnes.

Epitaphes

Comme je le disais dans l’introduction, il se trouvait à la Chartreuse de Louvain des épitaphes de quelques uns de ces personnages.

Les épitaphes de François de Busleyden : « {Moi} Busleyden, je suis le pontife de Besançon l'artisan de la paix bienfaisante, l'ennemi de Mars {la guerre} et l'amant des ducs. Le Luxembourg m'a donné à la terre, l'Espagne aux Parques mais s'est embellie d'hommes illustres. J'ai envoyé mon coeur à Besançon, j'ai laissé mes os à Tolède. Un roi bon et la patrie ont pleuré le mort. Ce que le diamant était pour Magnésie, le fidèle Achate pour Enée, ce que la bienfaisante Vénus était pour Mars, Egérie pour Numa, cela François de Busleyden l'était pour la patrie et pour le roi Philippe, rétablissant les traités, fuyant les guerres. Rendez donc tous les hommages et les devoirs à celui qui est dans le tombeau que, à bon droit, chacun reconnaît comme père ».

La seconde: « Je suis luxembourgeois pour la patrie, je suis d'une race illustre, la lumière sera ici plus claire par notre éclat. Le grand roi Philippe d'Autriche s'est réjoui de mon apprentissage. Je l'ai suivi jusqu'en sol espagnol. J'ai réconcilié des rois, rédigé des traités de paix. J'ai servi de conseiller pour le roi et la patrie. Mars se plaint du coup, la mort cruelle se venge de celui qui se plaint. La mort m'a pris dans sa rage et celui la {Mars la guerre} revient. Tu as nommé un être exceptionnel et né pour orné les cours de hauts princes. Qui ne pourrait pas vénérer ce grand François de Busleyden, archevêque de Besançon, qui à lui seul fut plusieurs Nestor pour Philippe le fils du grand Maximilien, le père de Charles qui sera encore plus grand. Heureux serions nous si le sort n'avait pas été jaloux de cet homme sur terre. Quel grand bienfaiteur il était pour les études autant que pour les talents. Mais il a laissé deux frères Gilles un homme de jugement et de prudence admirable et Jérôme. »

 L'épitaphe de Conrard de Sart(o): « Ici gît le premier qui fut enterré dans cette église Conrad de Sarto maître en médecine, licencié des deux droits, chanoine, custode de Liège également prévôt de Malines et... de Monsieur le Duc... fut érigé et doté... Il mourut en l'an de grâce 1502 le 6 février. Son âme repose en paix. »

Les épitaphes de Nicolas de Rutter : « Etranger, qui que tu sois de passage ici, arrête toi, regarde et lis si tu le souhaites combien j'étais important. Moi, le célèbre Nicolas de Rutter, était cette mystérieuse célébrité le pieux évêque d'Arras. Quel que soit le secret qu'a eu dans le passé le célèbre empereur trois fois anobli, j'en avais connaissance. Quand j'ai rempli le difficile travail de service de «chef», j'ai enseigné au peuple par mon exemple et par une langue puissante. Plus d'une fois, j'ai chassé (éloigné) l'ennemi sauvage de la bergerie, sans défense et de manière téméraire j'ai protégé les moutons. Et le plus grand souci a été pour moi d'amener les érudits et les bénis à respecter les autorités. J'ai construis cette chapelle à la gloire de Dieu et à la magnificence (éclat) de Louvain, le collège d'Arras. O affectueux divin Jésus qui par votre amour généreux triomphant des blessures, moi Nicolas, penché jusqu'au sol, avec insistance votre grâce que mon esprit rejoigne les étoiles. »

La seconde: « O femme tu aurais dit avoir lavé, séché et oint les pieds saints avec des larmes, des cheveux et de l'eau de rosés, par ce beau geste racheté vos péchés et ainsi signifiant que le corps du Seigneur devait être enterré, faites en sorte Sainte Dame que Rutter puisse avoir un doux repos dans cette chapelle qu'il a érigée pour vous. »

Les vitraux

Pour ce qui est des vitraux de la Chartreuse de Louvain, ils ont été dispersés après la suppression de celle-ci suite à l’édit de Joseph II datant du 17 mars 1783. Les acquéreurs de ces vitraux, à cette époque, furent surtout britanniques. Nous avons un très bel exemple avec les panneaux offert par Nicolas de Rutter. Ce dernier offre pour la construction de la cellule (H) début de la construction en 1507. En face de la cellule, il fait placer un vitrail à 2 baies avec 8 panneaux racontant les scènes de la vie de son saint patron. Ils sont spécialement importants parce que 7 ont été sauvés. Mais ils sont dispersés dans plusieurs musées dans le monde mais dans un état de conservation remarquable. Nous avons :

1 La naissance de Saint-Nicolas au Victoria and Albert Museum de Londres

2 La consécration de Saint-Nicolas comme évêque de Myra au Metropolitan Museum of Art, New York

3 Le miracle de la multiplication des grains au Metropolitan Museum of Art, New York

4 Le sauvetage de 3 jeunes soldats de l'exécution par Saint-Nicolas, Burrel Collection, Glasgow

5 Mort de Saint-Nicolas avec un portrait du donateur agenouillé, Royal Ontario Museum, Toronto

6 Blason aux armes de Nicolas de Rutter et du diocèse d'Arras avec la devise de Rutter, Aequo Animo, Victoria and Albert Museum, Londres

7 Saint-Nicolas donne à 3 filles pauvres leur dote, Collection privée aux Etats-Unis

8 Ce panneau contenait une longue inscription latine et aurait probablement disparu.

 Je me suis lancé dans le projet de répertorier tous les vitraux provenant de la Chartreuse de Louvain. J’ai été rejoins dans celui-ci par Madame Jacqueline Fossaert et Monsieur Francis Timmermans. En consultant les différentes sources à notre disposition dont le mémoire de Monsieur Robin Engels et des articles qui nous ont été fournis par Mesdames Yvette Vanden Bemden, spécialiste belge du vitrail, et Isabelle Lecocq responsable du service d’étude du vitrail de l’IRPA à Bruxelles, mon attention a été attirée par un panneau se trouvant à Bramley en Grande-Bretagne. Ce dernier représente un ecclésiastique agenouillé devant un prie-dieu avec un livre ouvert et présenté par un saint, comme nous pouvons le voir sur cette photo. A ce jour, on supposait que cet ecclésiastique était Thierry Persijn, prieur à la Chartreuse de Louvain du 17 mars 1525 jusqu’à sa mort à Delft le 22 octobre 1532. Je me suis renseigné auprès de spécialistes car j’étais intrigué par sa tenue guère en rapport avec un prieur chartreux. Il ne peut être question d’un prieur d’une Chartreuse vu les habits porté par le personnage du panneau mais plutôt un évêque ou un archevêque avec ses attributs, la mitre et la crosse. J’ai consulté la liste des donateurs et bienfaiteurs ecclésiastiques, comme je l’ai dit plus haut. Dans cette liste, nous ne retrouvons que deux hommes d’Eglise de cette importance. Le premier est Nicolas de Rutter dont on a déjà retrouvé ses vitraux. Le deuxième est François de Busleyden. Depuis plusieurs années, j’effectue des recherches historiques à son sujet. Ce qui m’a permis d’avancer des hypothèses au sujet du vitrail de la Vierge de la collégiale des Saints Pierre et Guidon à Anderlecht. Le donateur représenté ne serait pas moins que François de Busleyden vu ses liens avec cette collégiale. Hypothèses, il faut le souligner comme étant les plus plausibles à l’heure actuelle par les spécialiste des vitraux. J’ai comparé les deux donateurs et une ressemblance indéniable m’est apparue. Celui du panneau de Bramley semble plus âgé que celui d’Anderlecht. Cela peut s’expliquer facilement. Busleyden a été élu comme chanoine d’Anderlecht en 1490. Il fut donateur de la cellule du prieur en 1499. Ce qui fait près d’une dizaine d’années de différence entre les deux donations. La représentation de Marie-Madeleine, sur l’agrafe, ne peut expliquer à elle seule que se soit forcément un prieur de Louvain. Cette dernière se retrouve aussi sur une pierre votive qui à l’origine se trouvait dans la cathédrale Saint Donatien à Bruges et représentant François de Busleyden agenouillé au pied de la Croix avec Marie-Madeleine. Il faut aussi souligner que le nom de la Chartreuse de Louvain est Sainte Marie Madeleine au pied de la Croix. En observant attentivement la pierre votive, nous retrouvons certains détails identiques avec le panneau, dont le donateur agenouillé avec la crosse entre les mains et la mitre déposée sur un coussin. Mais en observant encore plus attentivement, on peut encore remarquer de la dorure sur la chape et sur la mitre. Cette couleur se retrouve aussi sur le panneau. Il faut aussi souligner certaines remarques importantes. D’après les spécialistes des vitraux, le panneau de Bramley aurait été réalisé vers 1520. Ils se basent sur les décors de bordure. Mais, ils reconnaissent que les visages et le décor central sont gothiques. Plusieurs hypothèses s’imposent, soit le carton a bien été réalisé vers 1500 mais n’a été élaboré que vers 1520 et mis par la même occasion au goût du jour, soit le décor de bordure provient d’un autre panneau et serait une juxtaposition au moment de sa mise en place à Bramley. Pour ce qui est du saint, je me demande si nous ne devons pas y voir Saint Benoît. François de Busleyden reçut du roi de France, Louis XII, l’évêché de Saint Pons de Thomière qui à la base était une abbaye bénédictine mais aussi une abbaye du même ordre en Bretagne. Il faut aussi souligner que Saint Benoît est le père du monachisme.

Conclusion

Si mes hypothèses sont exactes ce panneau devait faire partie d’un ensemble qui se trouvait dans la baie faisant face à la cellule du prieur (†). Cellule dont la construction avait pu être réalisée grâce aux dons de François de Busleyden principal conseiller de l’archiduc Philippe le Beau et archevêque de Besançon.

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© Samuël Lucas

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