François de Busleyden et la musique à la cour de Philippe le Beau

Le culte des Sept Douleurs de la Vierge dans les Pays Bas

Le culte des Sept Douleurs de la Vierge dans les Pays Bas dans les années 1480 s’est développé par les initiatives de Jean de Coudenberg, prêtre dans trois églises à Abbenbroeck, Reimerswaal et à Saint Sauveur à Bruges (dalle funéraire à Saint Sauveur) et aussi secrétaire de Philippe le Beau. La mort de Marie de Bourgogne en 1482, les famines désastreuses, la guerre, et l’inflation inspirent Coudenberg à établir une confraternité honorant les Sept Douleurs de la Vierge dans ses trois églises autour de 1490. Philippe le Beau favorise l’initiative et promouvoir activement le culte par des textes de dévotion, des nouvelles confraternités, des représentations dramatiques et autres dévotions publiques. Philippe le Beau institue un concourt pour trouver des textes et musiques pour la nouvelle célébration car des nombreux offices avaient été écrits après que Coudenberg avait établi sa confraternité. Un jury composé des principaux religieux des Pays Bas, ainsi que François de Busleyden et Michel François de Lille jugent le texte de Pierre Verhoeven alias Mapso, le recteur du couvent des religieuses du Thabor à Malines, le plus approprié en 1495. Entre août 1494 et octobre 1495, Michel François a publié le texte de Verhoeven dans un appendice dans ses propres écrits au sujet des sept douleurs dans le Quodlibetica decisio imprimé à Anvers. Son travail dans une forme scolastique, défend la nouvelle dévotion, justifie la création d’une nouvelle Confraternité des Sept Douleurs, analyse le nombre des Douleurs de Marie et décrivant l’historique de ce nouveau culte. Les auteurs, que Michel François cite sont Saint Ambroise, Saint Anselme, Aristote, Saint Augustin, Saint Bernard, Saint Bonaventure, Cicéron, le Concile de Bâle, Saint Jérôme, Origène, Richard de Saint Victor, Thomas d’Aquin et Saint Vincent Ferrier. Michel François de Lille s’identifie lui-même comme un élève d’Alain de La Roche, professeur comme lui de théologie à Cologne. Busleyden et François choisissent la mise en musique de Pierre Duwez, depuis longtemps chanteur à la chapelle ducale, sommelier de 1466 à 1470, clerc de 1470 à 1477 ensuite chapelain après la mort de Charles le Téméraire et enfin nommé après le premier chapelain, Nicolas Mayoul, chanoine de l’église collégiale Sainte Gudule, de l’église collégiale Saint Géry de Cambrai et de la cathédrale Notre Dame de cette ville et chanoine de l’église Notre Dame à Breda, dans une liste datée du 17 novembre 1492 au 30 septembre 1495, dans cette liste nous retrouvons pour la première fois Pierre de la Rue, comme la plus appropriée. Pierre Duwez reçut la sixième prébende à Sainte Gudule le 10 mai 1494 et prévôt à l’église Notre Dame à Condé. Son nom n’apparaît plus dans la constitution de l’hôtel de Philippe le Beau en 1496. Il est remplacé par Jean Lauwier. François de Busleyden est membre dés sa fondation en 1498 de la confrérie de Notre Dame des Sept Douleurs en l'église Saint Géry à Bruxelles. Thomas de Plaine, par exemple, a fait placé son tombeau dans la chapelle de Notre Dame des Sept Douleurs dans l'église des Jacobins à Poligny en Franche-Comté. François de Busleyden fonde aussi une chapellenie dédiée à Saint-Jérôme à Saint Donatien à Bruges.

CD NAXOS, DDD 8.554656 : Pierre de la Rue : Mass of Seven Sorrow of the Blessed Virgin + Easter Mass, Ars Antiqua de Paris, Michel Sanvoisin

Contact : msanvoisin@libertysuf.fr : Association Pierre de la Rue, Michel Sanvoisin, rue de Turenne, 64, F-75003, Paris: tél : 0033148873346

CD MEW 0207 : Pierre de la Rue : Missa des septem doloribus, Musique en Wallonie, Capilla Flamenca, Dirk Snellings Direction, Psallentes

Contact : www.capilla.be

 Qui était le maître de chant à Saint Donatien le jour de l’installation

 Le 28 mars 1497 son élection comme prévôt est effective. Durant la période du 20 au 29 mars, Philippe le Beau fait sa Joyeuse Entrée à Bruges et François de Busleyden y lit l'évangile. Le dimanche 16 avril suivant, ce dernier fait son entrée à Saint Donatien comme prévôt. Au sujet de son installation, nous sommes relativement bien renseigné au sujet des personnages présent. En plus de la présence de l'archiduc, nous retrouvons Raphaël de Mercatel, bâtard de Philippe le Bon, abbé des abbayes bénédictines de Saint Bavond à Gand et de Saint Pierre à Oudenbourg, Christian d'Hondt abbé de l'abbaye cistercienne des Dunes, Martin Weyts abbé de l'abbaye cistercienne de Ter Doest, Pierre van Eetvlde de l'abbaye cistercienne de Baudeloo à Gand, Jean de Beurse de l'abbaye des Prémontrés de Saint-Nicolas à Furnes, Philippe Vander Beerst du chapitre régulier de Saint-Barthélemy à Eeckoot, Michel de Cupre abbé de l'abbaye bénédictine de Saint-André près de Bruges. François de Busleyden en étant élu prévôt de Saint Donatien devenait par la même occasion chancelier de Flandre. Il faut le souligner ce titre était tout à fait honorifique. Vu déjà la présence de Philippe le Beau et le nombre d’ecclésiastiques présent à cette cérémonie et le fait qu’à la fonction de prévôt soit attaché celle de chancelier de Flandre, on peut supposer que cette célébration a eu une certaine importance. A cette époque, le maître de chant était Jérôme de Clibano / du Four / van den Hove. Son père, Nicaise de Clibano était chantre de la confrérie de Notre Dame de Bois le Duc depuis 1457, avant d’en devenir maître de chapelle de 1493 à sa mort en 1498. Jérôme fut lui-même chantre de la confrérie de 1483 à 1488 ou 1491. Retenu comme maître de chœur de Saint Donatien le 20 avril1491, afin de succéder à Obrecht qui avait quitté ses fonctions en janvier précédent, il promet régulièrement de venir prendre ses fonctions, mais ne se présente que 20 mois plus tard le 1er décembre 1492, l’intérim étant assuré par l’ancien chapelain bourguignon Pierre Basin. Dés le 26 juin 1493, le chapitre l’accuse de remplir trop négligemment son office et la menace de licenciement. Cette menace ne sera mise en exécution que 4 ans plus tard, le 16 août1497. Remplacé par Jean Cordier, il retourne alors à Bois le Duc pour quelques temps, avant de se rendre à Anvers comme maître de chant à Notre Dame par intérim en 1499-1500 pour remplacer Jacob Obrecht. Il faut remarquer que François de Busleyden a été nommé doyen de Notre-Dame d'Anvers le 3 octobre 1498. Il est aussi apparemment passé quelques temps par la cathédrale de Chartres. Le 5 août 1500, il rejoint la chapelle de Philippe le Beau. Du 26 juin jusqu’au 1er novembre 1501, il a été clerc à Notre Dame de Bruges. Il a participé au premier voyage en Espagne de Philippe le Beau. Il serait mort à Lyon, le 25 mars1503. La seule œuvre que l’on peut attribuer avec certitude est un motet à 4 voix Festi vitatem dedicationis. Il existe aussi une messe à 4 voix « Et super nivem dealbabor », une messe cantus-firmus basée sur le chant Asperge me attribuée à de Clibano mais on ne sait si on doit l’attribuer à Jérôme ou à Nicaise.

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© Samuël Lucas 

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