François de Busleyden et le missel à ses armes de la Bibliothèque municipale de Besançon (MS 77)

J’effectue des recherches historiques au sujet de François de Busleyden (ca 1455-1502), précepteur de Philippe le Beau de 1485 à 1495 et ensuite son principal conseiller et diplomate. François de Busleyden était aussi un ecclésiastique. Il fut entre autre élu chanoine, le 23 juin 1483, puis prévôt, le 22 août 1485, de la cathédrale Saint Lambert à Liège, chanoine de la collégiale à Anderlecht le 20 juin 1490, prévôt de la cathédrale Saint Donatien à Bruges le 23 décembre 1490, archidiacre en 1492, puis trésorier, en 1497, à Sainte Gudule de Bruxelles et doyen de Notre Dame d’Anvers le 3 octobre 1498. A la mort de Charles de Neufchâtel archevêque de Besançon, Philippe le Beau écrit le 24 août 1498 au Chapitre Métropolitain pour lui recommander François de Busleyden. Ce dernier est élu le 12 octobre 1498 par le Chapitre. Le même jour, ce dernier envoie trois députés, son doyen Henri de Neufchâtel et les chanoines Oderne et Labouquet auprès de Philippe le Beau pour lui annoncer l'élection de son protégé. Le 13 novembre 1498, le chanoine Goberdet rentrant des Pays-Bas fait rapport de ses visites avec le futur archevêque. Le 19 novembre, François de Busleyden accepte l'archevêché. Il en prend par procureur, le chanoine Hugues Oderne, possession le 29 mai 1499. Dont voici le cérémonial observé à cette occasion. Le fondé de pouvoir s'assoit sur les tribunaux de la régalie et de l'officialité. Il est mis en possession du temporel de l'archevêché dans la chapelle, par le doyen Henri de Neufchâtel, qui l'avait administré pendant la vacance. A la porte de la métropole, il prête serment au nom de l'archevêque élu sur les chefs des saints Ferréol et Ferjeux, de respecter et conserver les privilèges, statuts et biens de l'Eglise de Besançon. Il s'assoit ensuite sur le siège archiépiscopal, d'où il monte au maître-autel devant lequel il jure encore une fois de conserver les biens de son Eglise. François de Busleyden fait son entrée à Besançon le 21 novembre 1499 durant son voyage en Franche-Comté et en Charolais pour le comte de Philippe le Beau, du 22 octobre 1499 au 17 juin 1500. Le 22 novembre 1499 a lieu un cérémonial pour le saluer en la cathédrale Saint-Jean. Durant son séjour en Franche-Comté, il s'occupe de l'administration de son diocèse. Il termine le différent qui existait entre le Chapitre Métropolitain et ceux de Saint Anatoile et de Saint-Michel de Salins. Il fait reconstruire le château des archevêques de Gy, ruiner par les Français, dans un style unique en Franche-Comté, par des maçons venus des Pays-bas, et dépensant pour ces travaux plus de quatorze mille livres.

En effectuant mes recherches au sujet de François de Busleyden comme archevêque de Besançon, j’appris qu’un missel à ses armes se trouvait à la Bibliothèque municipale de Besançon. J’écrivis une lettre à cette institution. Madame Marie-Claire Waille conservateur à la Bibliothèque municipale de Besançon me répondit que ce manuscrit n’avait jamais fait l’objet d’étude. Madame Waille me donna comme renseignements que d’après Samaran et Marichal, « Catalogue des manuscrits en écriture latine… », les armes de François de Busleyden avait été ajoutées dans la décoration et dans l’article «  A centre for devotional and liturgical manuscript in fifteenth century Besançon » de Vera F. Vines, l’auteur indiquait que ce manuscrit avait été copié sous son prédécesseur, Charles de Neufchâtel, et adapté pour Busleyden. J’en restais là pour le moment. En poursuivant mes investigations au sujet de Busleyden comme archevêque de Besançon, je reçus une lettre des Archives départementales du Doubs me signalant qu’elles conservaient divers documents relatifs à l’entrée en fonction, à l’administration et à la mort de cet archevêque sous les cotes G 189 et G 190. Ces renseignements me permirent de compléter mes recherches au sujet de l’épiscopat de Busleyden à Besançon. Mais à la lecture de ces renseignements, je retrouvais citer à plusieurs reprises le nom de Jean Turgis. Une mauvaise interprétation des textes me le faisait prendre pour un imprimeur parisien. Monsieur Raymond-Josué Steckel, conservateur du département de recherche bibliographique à la Bibliothèque nationale de France, me signalait que ce Jean Turgis n’était pas imprimeur à Paris mais libraire/éditeur à Besançon. Ma confusion provenait du fait que Jean Turgis faisait imprimer certains ouvrages pour lui par des imprimeurs parisiens. Je vous communique si après les renseignements au sujet de Jean Turgis et de ses rapports avec le chapitre de Besançon et avec François de Busleyden d’après les archives.

Le 26 octobre 1498, le chapitre s'engage à procurer auprès de l'archevêque et à ses officiers toutes les faveurs possibles au marchand de Besançon Jean Turgis pour les missels et bréviaires récemment confectionnés à Paris par ses soins, celui-ci ayant expédié avant la mise en vente deux missels au défunt archevêque et aux deux cathédrales. Le 27 mars 1499, le chapitre effectue des démarches pour faire réintégrer dans l'église le missel légué par Charles de Neufchâtel, étant encore entre les mains de Jean Turgis. Une quittance est délivrée le 28 mars suivant à Jean Turgis pour la remise du missel légué par Charles de Neufchâtel. Le 14 avril de la même année, Jean Turgis remet le missel imprimé sur parchemin à Paris. Le 8 mai 1500, Jean Turgis effectue des démarches auprès de François de Busleyden et de ses officiers pour s'assurer le monopole des bréviaires à l'usage de Besançon. Cet événement se passe durant le séjour de François de Busleyden en Franche-Comté du 22 octobre 1499 au 17 juin 1500.

En conclusion

Le missel reprit sous la cote MS.77 de la Bibliothèque Municipale de Besançon à la vue de ces renseignements serait le missel légué au libraire/éditeur bisontin Jean Turgis par Charles de Neufchâtel, archevêque de Besançon et imprimé sur parchemin par un imprimeur parisien. L’ajout des armes de François de Busleyden, dans ce missel, s’explique aisément. Suite au décès de son prédécesseur, François de Busleyden fut élu à sa place par le chapitre au siège archiépiscopal de Besançon le 12 octobre 1498, comme écrit plus haut. Entre son élection et la remise du missel, le 14 avril 1499, par Jean Turgis, François de Busleyden avait certainement exigé à ce dernier de placer ses armes dans ce missel. Mais, nous avons aussi un fait unique à souligner. C’est celui où Jean Turgis effectue des démarches auprès de François de Busleyden et de ses officiers pour s’assurer le monopole des bréviaires à l’usage de Besançon. Ce qui expliquerait aussi la présence d’un autre missel à l’usage de Besançon et qui se trouve aussi à la Bibliothèque municipale de cette ville sous la cote 5.422. Celui-ci avait été imprimé à Paris, le 7 juillet 1508, par Thielman Kerver pour Jean Turgis marchand à Besançon. Ces renseignements proviennent du Répertoire bibliographique des livres imprimés en France au seizième siècle, Tome I, Agen-Bordeaux, Edition Valentin Koerner, 1989, page 313 et dans Catalogus Missalium ritus latini ab 1474 impressorum : bibliographia liturgica / collegit W. H. Iacobus Weale ;iterum ed. H. Bohatta , p32 .

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© Samuël Lucas

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