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François de Busleyden, Homme d'Église et Homme d'État

Je vais vous parler d'un personnage important mais très mal connu qu'est François de Busleyden. Le nom Busleyden ne représente plus de nos jours que quelques noms de rues ici à Arlon et à Bruxelles. A Malines, il évoque le nom d'un palais et à Louvain les vestiges de l'ancien collège des trois langues. Ces deux bâtiments sont à mettre en rapport avec Jérôme de Busleyden, frère de François. Au sujet de Jérôme, il existe un ouvrage datant de 1950 écrit par de Vocht, Jérôme de Busleyden founder of the Louvain Collegium Trilingue, His life and witings. Pourtant si ce dernier a été aussi bien connu à son époque et même plus tard c'est grâce à son frère aîné qui s'était hissé dans les sphères du pouvoir et du monde ecclésiastique. Il existe un certain nombre d'ouvrages qui le citent. Ces derniers, il faut le dire, datent du 19ème ou de la première moitié du 20ème siècle. François de Busleyden a eu à souffrir du manque d'intérêt porté au règne "transitoire" de Philippe le Beau par les historiens. Règne qui fut bref de septembre 1494 lorsqu'il devient le prince naturel de nos provinces à septembre 1506 date de son décès à Burgos. Ce règne est coincé entre celui de Maximilien d'Autriche époux de Marie de Bourgogne ses parents et celui de son fils Charles Quint. Pourtant, Philippe le Beau va se démarquer de la politique nationale et internationale, surtout avec la France, de son père et conditionner le règne de son fils par de nombreux traités dont François de Busleyden en fut l'un des acteurs principaux si pas l'investigateur. Si une phrase pouvait le qualifier se serait si on veut comprendre Philippe le Beau, il faut connaître François de Busleyden. Certains historiens ne l'ont il pas appelé l'âme damnée de Philippe le Beau.

II Origine de la famille

Le nom Busleyden provient d'un village du Grand Duché de Luxembourg. Aujourd'hui ce village se nomme Boulaide et en allemand Bauschleinden. Les Busleyden étaient à l'origine une famille de négociant. Ils ne tardèrent pas à jouer un rôle important dans la vie politique et économique arlonaise. Barthélemy Latomus en fait même l'éloge de cette famille tout à la gloire des familles célèbres d'Arlon. Gilles de Busleyden épouse Isabelle de Marville ou de Musset. Elle lui donne quatre fils, Gilles, François, Jérôme et Valérien et trois filles, Catherine, Marguerite et Jacqueline. Gilles de Busleyden occupe d'importantes fonctions à Arlon et dans le duché de Luxembourg. Il est anobli par Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, à Bruges en février 1472 pour ses qualités morales mais aussi et surtout pour le soutient et les services qu'il avait rendus à Elisabeth de Goerlitz et à son père Philippe le Bon. Après le désastre de Nancy en janvier 1477 où le duc de Bourgogne y perd la vie, il assure la sauvegarde du duché de Luxembourg contre les troupes du roi de France Louis XI. Il profite de son autorité pour accroître sa position sociale en acquérant par exemple la seigneurie de Guirch près d'Arlon. En novembre 1480, Maximilien d’Autriche donnent des instructions à Claude de Toulongeon, Jean d’Autet, Guillaume de Rochefort et à Gilles de Busleyden, sur ce qu’ils auront à dire et à faire de sa part aux princes d’Empire ou à leurs députés à la prochaine réunion où ils doivent se rencontrer, à Metz. En 1483, Gilles de Busleyden, Claude de Neufchâtel, gouverneur du Luxembourg, Frédéric de Zweibrücken (Deux-Ponts), seigneur de Bitche, Bernard d'Orley, seigneur de Linster (Bourglinster) justicier des Nobles, André d'Haraucourt, seigneur de Brandenbourg, Gaspard de Raville, seigneur de Sept-Fontaines, Gérard de Wiltz, Richard de Merode, seigneur d'Houffalize, Gérard de Pallant, seigneur de Reuland, Théodore d'Autel, seigneur de Hollenfeltz, Bernard de Bourscheid, Jean de Ville, seigneur de Montquintin, Louis de Chinery, seigneur de la Grange, Bernard de Wiltz, Jean de Dommarien, seigneur de Blengi, capitaine de la bourgeoisie de Luxembourg, Gérard d'Ottange, Jean de Barbançon, seigneur de Villémont, Jean de Putlange, Jean, Bernard et Gilles de Hondelanges, Henri de Wasberg, le jeune, Henri Clabach ou Glaba, Cu(o)non de Schwartzenbourg, Jean de Villers et Henri Hocklin font partie d'une confédération pour défendre les intérêts de Maximilien d'Autriche dans le duché de Luxembourg contre les visées du roi de France et de ses partisans luxembourgeois dans ce duché. Georges de Rodenmacher, partisan du roi de France, s'était emparé du château de Georges de Virnenbourg. Les confédérés assiégèrent ses châteaux de Rodenmacher, de Richemont et de Hesperange. Par une sentence datée du 15 novembre 1492, Maximilien d'Autriche et son fils Philippe vu la félonie de Georges de Rodenmacher, ils lui confisquent tous ses châteaux et seigneuries dont Rodenmacher, Useldange, Bolchen, Richemont, Hesperange au profit de Christophe de Bade, gouverneur-général du Luxembourg. Gilles de Busleydenest nommé receveur des domaines de Luxembourg, Arlon et Thionville le 20 mars 1490. Dans plusieurs actes auxquels il est intervenu comme arbitre, en compagnie de personnages importants de l’ancienne noblesse luxembourgeoise, il est qualifié de Conseiller du Roi des romains ou de Maître Gilles de Busleyden, ce qui doit équivaloir à Docteur ou au moins à licencié en droit. Il a fait construire entre autre l’église paroissiale de Saint Martin à Arlon. Cette édifice a été détruit par un incendie. Il serait mort vers 1496 car nous le retrouvons cité dans un acte de 1494. Ce dernier stipule que Gilles de Busleyden, échevin à Arlon, et Isabelle, sa femme, acquièrent d’Huart d’Autel et Thierry, son fils, une rente de 14 florins. Isabelle de Marville, son épouse, serait décédée vers 1506. Comme nous l’avons vu François avait trois frères, Gilles, vicomte de Grimberghen, seigneur de Guirch, fut premier maître de la Chambre des Comptes de Brabant en 1510. Il avait épousé Adrienne de Gondeval, fille de Nicolas de Gondeval. Il est mort en 1536 et enseveli à Bruxelles, dans l’église des Carmes. Nous avons Valérien, conseiller et receveur général du Luxembourg. Il épousa Anne de Kempf, dame d’Aspelt. Il est mort vers 1516. Nous avons Jérôme, le plus connu de tous. Mais, il avait aussi trois sœurs. Nous avons un acte daté du 10 juin 1475 qui nous apprend que Gilles de Busleyden, prévôt à Arlon, et Isabelle de Marville, sa femme, déclarent que Catherine, leur fille aînée, et Margueritte, sa sœur, se sont fait recevoir religieuses au couvent de Sainte Agnès de l’ordre de Saint Augustin fondé en 1255, à Trèves.. Ils ont donné à cet établissement pour l’entretien de leurs filles la somme de cent florins, leur assurant de plus une pension viagère de 12 florins par an. Enfin, nous avons Jacqueline, qui épousa en première noce Nicolas Haltfast, receveur à Arlon. De cette union est né Elisabeth qui épousa Bernard de Hondelange, seigneur d’Ell. Jacqueline épousa en seconde noce Henri Hoeclin, greffier du Conseil à Luxembourg.

III Naissance et études de François de Busleyden

En ce qui concerne la date de sa naissance au point où en son mes recherches, je ne peux être formel à 100% date qui va forcément conditionner le lieu et la date de ses études. Il est né à Arlon. Aurait-il fréquenté durant son enfance les cours dispensés par les Carmes. On peut le supposer, car nous apprenons dans le diplôme du 8 mai 1438 que, Elisabeth de Gorlitz cède aux Carmes la chapelle Saint Blaise établie dans le château d’Arlon « avec toutes telles rentes revenus profit et fruits qu’il lui seront annexés, ensemble l’écolatrie, tellement que les frères dudit couvent auront et tiendront la chapelle en subside, après le décès de notre chapelain d’illecq, messire Jacques Kauartz ». Ce document, nous apprend que les Carmes après le décès du chapelain, doivent reprendre entre autre son rôle d’écolâtre. D'après de Vocht dans le dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastique tome X, il le fait passé par les universités de Cologne en 1468, où j'ai trouvé un François de Busleyden immatriculé à la date du 18 octobre 1468, il faut le souligner, à Dole, puis à Paris où il devient bachelier en 1471-72 et maître es arts en 1473. Il entre ensuite au collège « d'Italie » pour s'appliquer au droit canon en 1473. Il faut remarquer qu’il n’existait aucun collège d’Italie mais plutôt un collège des Lombards. Ce dernier était tout proche du studium des Carmes de la rue Sainte Geneviève. Pourtant dans l’article « Condemnation of the Nominalism in Paris during the Fifteenth Century » par Astrick Gabriel dans Miscellanae Mediaevelia, n° 9, Antiqui und Moderni, pages 446-447, j’ai trouvé une information importante. Le 1er mars 1474, Louis XI par une ordonnance royale condamnait le nominalisme à l’Université de Paris et dans les autres universités du royaume. Cette condamnation avait été prise sous les conseils de Jean Bouchard, évêque d’Avranches et confesseur du roi. Cette dernière avait été signée par 20 théologiens de l’Université de Paris dont une partie provenait de la Nation Allemande. Où, nous retrouvons les noms de Jacques Houck, Jean Scriptoris, Nicolas Tinctoris mais aussi et surtout François de Busleyden. Cette ordonnance approuvait et autorisait la doctrine d’Aristote, d'Averroès, d’Albert-le-Grand, de saint Thomas d'Aquin, de Gilles de Rome, d'Alexandre de Haies, de saint Bonaventure, de Scot, mais rejetait celle de Guillaume Ockam, de Jean Buridan, de Pierre d'Ailly, de Marsile de Padoue et d'Albert de Saxe. En effet, le 29 avril de cette dernière année, par ordre du roi, le prévôt de Paris adressa cette lettre à l'Université : « A Monsieur le Recteur et à Messieurs de nostre mère, « l'Université de Paris. « Monsieur le Recteur, je me recommande à vous et à « Messieurs de nostre mère, l'Université de Paris, tant comme « je puis. Le roy m'a chargé faire déclouer et défermer tous « les livres des nominaux, qui ja piéça furent sceellez et « clouez par M. d'Avranches es collèges de ladicte Université « de Paris, et que je vous fisse sçavoir que chacun y estudiast « qui voudroit; et pour ce je vous prie que le fassiez sçavoir par tous lesdicts collèges. « Monsieur nostre maistre Berranger vous en parlera ei bouche plus au long et des causes qui meuvent le roy à ce « faire, en priant Dieu, Messieurs, qu'il nous donne bonne « vie et longue. « Escrit au Plessis du Parc ce 29 jour d'avril. « Votre fils et serviteur, J. d'Estouteville. » Ce maître Bérenger était l'illustre docteur désigné d'ordinaire sous les deux noms Bérenger-Marchand, et il se montrait favorable à la doctrine des nominaux. L'Université fut convoquée, au plutôt, en assemblée générale, pour entendre la lecture de la lettre du prévôt de Paris et les explications du docteur Bérenger. Elle fut heureuse de la nouvelle décision du roi. La joie fut grande dans la nation d'Allemagne. D’après ce texte, nous apprenons aussi que Busleyden et Houck fréquentaient un autre membre de la Nation Allemande. Il s’agit de Johannes Heylin connu aussi sous son nom latin Johannes de Lapide. Ce dernier était né vers 1428/1431 à Stein près de Pforzheim. Dès 1448, Heylin étudia à Leipzig, Louvain et Paris (surtout la scolastique). Recteur de l'université de Paris en 1469, docteur en 1472. Aristotélicien, il fut partisan en philosophie d'un réalisme mesuré qu'il introduisit à l'université de Bâle en 1464. A Paris, il coédita le premier livre imprimé en France (Epistolae de Gasparino Barzizza) et s'inscrivit ainsi dans le mouvement humaniste. En 1474, obéissant à sa vocation pastorale, il devint prédicateur populaire à Bâle. La ville de Berne l'appela en 1476 comme prédicateur de la collégiale. La même année, à Tübingen, il fut nommé curé de la ville et participa à la fondation de l'université. Dès 1484, il fut prédicateur à la cathédrale de Bâle. Dans cette ville, Heylin entra en contact avec la première génération des humanistes du Haut-Rhin (Sébastien Brant, Jean Geiler de Kaysersberg, Johannes Reuchlin, Jakob Wimpfeling) et devint le mentor de l'imprimeur Johannes Amerbach. La dernière péripétie d'une vie marquée par l'inquiétude personnelle et religieuse le vit entrer à la chartreuse de Bâle, à laquelle il offrit une bibliothèque de 283 volumes attestant son goût pour les écrits humanistes. En 1487/1492, il écrivit un manuel pastoral à l'usage des curés de campagne, le Resolutorium dubiorum circa celebrationem missarum occurrentium, qui connut quarante-quatre éditions. Heylin fut à la fois un prédicateur très convaincant, un directeur de conscience et un savant; pris entre scolastique et humanisme, il opta pour une restauration humaniste de la scolastique. Il est décédé à Bâle le 12 mars 1496. François de Busleyden se serait rendu ensuite à l’université de Pérouse où il obtient le grade de docteur en droit canon et droit romain. C’est dans cette université que Bartolo de Sassoferrato (1314-1357), romaniste italien, connu sous le nom de Bartole, le plus célèbre des post-glossateurs dont l’enseignement, issu de la scolastique, est fondé sur une méthode de raisonnement logique, qui permet une certaine précision du vocabulaire et une rigueur dans la démonstration en ayant recours à la dialectique initiée par Thomas d’Aquin, a enseigné. Il est l’auteur de la théorie des statuts ( visant à résoudre les conflits posés par les coutumes) et le père du droit international privé. Un de ses étudiants, Baldus de Ubaldis, poursuit son œuvre, enseignant lui-même à Pérouse. Ces nouvelles voies d’études du droit romain donnent lieu à une rénovation des systèmes juridiques et à un éloignement par rapport aux sources justiniennes. Les connaissances juridiques de François de Busleyden lui facilitent l'accès à la cour pontificale et plus précisément à la daterie. En 1476, il fait une Oratorio in funere Leonardi de Robora qui est imprimée 4 fois à Rome. Texte que j'ai trouvé et dont un original se trouve à The Bernecke Rare Book and Manusript Library au Yale University Library aux U.S.A. dont le responsable Monsieur Clifford Johnson m'a confirmé que ce texte a bien été écrit par François de Busleyden archevêque de Besançon mort en 1502. Dans son ouvrage au sujet de Jérôme, de Vocht réfute ce qu'il avait écrit auparavant et écrit qu'il aurait eu deux François de Busleyden à quelques années d'intervalles. Une chose est sûre, il a fréquenté l'université de Louvain où il y est matriculé le 22 janvier 1482. Je continue mes recherches personnelles pour éclaircir ce mystère. Je vais diviser ici mon exposé en deux parties. La première sera consacrée à l'homme d'Eglise et la seconde à l'homme d'Etat et au diplomate.

IV L'Homme d'Eglise

Il est secrétaire de Henri de Berghes, évêque de Cambrai. Dans un document des Archives du Vatican daté du 11 octobre 1478, nous apprenons que François de Busleyden est curé de l’église d’Arlon. Supplique de François de Busleyden, clerc du diocèse de Trèves: demande l’église paroissiale de Berghem, diocèse de Liège, vacante par la mort de Petrus Ruysbuche ; s’il recevra cette prébende, il doit résigner l’église paroissiale d’Arlon diocèse de Trèves en date du 19 octobre 1479 (Voir rubrique au sujet des Archives du Vatican: cliquez ici) Henri de Berghes le recommande au pape Sixte IV qui lui accorde des lettres de provision pour le canonicat à Liège et à Coblence. Jean de Herbais, chanoine de Saint-Lambert à Liège mort le 31 juillet 1482, François de Busleyden est reçu le 26 juin 1483 à sa place par une partie des chanoines du Chapitre réfugiés à Louvain suite aux événements survenu à Liège, au couvent des frères Prêcheur, avec la présence de l'évêque suffragant, le franciscain, Libert de Broechem élu évêque de Béryte le 10 décembre 1470. Nous connaissons seulement le nom de trois chanoines, il s’agit d’Antoine Astournel, Hugo de Lannoy et du doyen Jean de Humière . Ce canonicat était aussi brigué par Jean Paell, Frédéric de Bronchort et Simon de Proisy. Il faut expliquer qu'une grande partie des chanoines avaient fuit la Cité après l'assassina du prince évêque Louis de Bourbon, le 30 août 1482, par Guillaume de La Marck et s'étaient réfugiés à Louvain par crainte des représailles qu'ils auraient pu encourir de ce dernier. Le 24 juillet 1483, François de Busleyden s'engage à payer un subside caritatif de 1568 florins pour sa nomination par bulles du pape Sixte IV comme procureur d'Antoine de Berghes abbé de Saint-Trond celui-ci est le frère de l'évêque de Cambrai. Busleyden présente le 28 juillet de la même année une supplique où l'on apprend qu'il est pourvu des églises de Berghem et Oss au diocèse de Liège afin d'obtenir une diminution des annates. En octobre de la même année, le doyen Jean de Humière meurt de la peste qui sévit en Brabant. Il est remplacé par Walter de Corswarem. Ce dernier est élu le 27 du même mois. Il est un des fidèles des de La Marck. Il fait attendre son acceptation durant un mois. Car, il veut s’assurer que ses confrères de Louvain accepte ce choix. Leur acceptation est datée du 27 novembre. Le 21 mars 1483 était mort le prévôt de la cathédrale, Arnold de Lalaing. Jean-Jacques Sclafenatus, évêque de Parme qui devint cardinal le 15 novembre 1483, aurait été nommé par le pape au chapitre et à la prévôté de Saint-Lambert après la mort d’Arnold de Lalaing. Mais le cardinal Sclafenatus rencontra une vive obstruction de la part des chanoines liégeois. Le candidat du pape dut résigner la prévôté à Liège en 1485, François de Busleyden obtient cette dignité après élection le 22 août 1485. La prévôté est la première dignité du Chapitre de la cathédrale Saint-Lambert. Dans cette élection, doit-on y voir l’ombre de Maximilien d’Autriche ? Il faut se rappeler que ce dernier avait passé un traité d’alliance avec le prince évêque de Liège, Jean de Hornes, le 12 juillet précédent, à Gand. Ce traité survenait juste après l’exécution de Guillaume de La Marck, le 18 juin. Et le fait que Jean de Hornes soit chassé par les liégeois suite à l’appel d’Evrard de La Marck. L’évêque se place sous la complète dépendance de Maximilien. Ce dernier s’engageait à le soutenir dans sa lutte contre ses sujets. De son côté, Jean de Hornes, s’engageait à soutenir Maximilien « en toutes ses querelles », « envers et contre tous », et à lui livrer passage par les villes et places fortes de sa principauté. Il promettait aussi de ne pas conclure de traité sans le consentement du roi des romains. Mais la chose le plus importante consistait dans l’engagement de l’évêque à accorder l’avouerie du pays de Liège à Maximilien. Ce qui revenait à la situation d’avant 1477. Ce que voulait ce dernier par ce traité c’était l’acquisition du temporel de l’évêché voir de transférer de Liège dans ses états le siège de l’évêché. Nous retrouvons parmi les négociateurs de ce traité, Frédéric de Hornes, sire de Montigny, frère de l’évêque et son scelleur, Pierre de Cortembach, le comte de Nassau, Jean d’Eynatten prévôt de Saint Servais à Maastricht. Je pense que l’on doit voir dans cet événement la ligne de conduite de la politique de Jean de Hornes. Son gouvernement fut principalement orienté vers la restauration l’intégrité nationale, c’est à dire vers la récupération des forteresses aliénées au cours des années troubles. Quatre d’entre elles, parmi les plus importantes, étaient détenues par Philippe le Beau et les La Marck. Avant sa mort, il avait récupéré, Huy, Stokkem et Franchimont, mais n’avait pu faire rentré Bouillon dans le patrimoine de Saint-Lambert. L’obstination avec laquelle il poursuivit la réalisation de ce programme et le succès qui couronna ses efforts constituent son meilleure titre de gloire et malgré son état de santé, il était épileptique. Ses collaborateurs les plus précieux étaient le chancelier Jean Arnulphi de Castilliono que nous retrouvons comme pensionnaire dans la constitution de l’hôtel de Philippe le Beau en 1496, son scelleur Pierre de Cortembach, ses maîtres d’hôtel Claude de Cilly et Simon de Herbais qui se montra un sujet dévoué à Maximilien d’Autriche, pour la noblesse Raes de Waroux et Richard de Mérode et son porte-parole aux Etats, son mambour Collart Cockar. Il faut aussi dire que Jean de Hornes se retrouve lui aussi comme l’un des pensionnaires de l’hôtel de Philippe le Beau. Il accompagna ce dernier durant son voyage auprès de son père en 1496. En 1495, c’est Maximilien qu’il accompagna à Cologne. En avril 1500, il était le médiateur à Cologne d’un conflit entre le duc de Juliers et l’évêque d’Utrecht. Louis XII fit appel à lui pour des négociations importantes en 1501, 1502 et 1503. Philippe le Beau le désigna en 1501 pour son voyage en Espagne comme l’un des gardiens de ses enfants avec le chancelier de Maigny, Englebert de Nassau et Corneille de Berghes. En 1487 , François de Busleyden est nommé comme chanoine prébendé de l'église Saint Pierre à Mayence. Le 1er décembre 1488 : prébende de chanoine de Sainte-Waudru à Mons conférée à François de Busleyden, docteur en droit et prévôt de Saint-Lambert de Liège, prébende vacante par permutation avec Gilles de la Place (reçu par procuration au chapitre le 21 juin 1476).  François de Busleyden est reçu au Chapitre le 10 décembre 1488. Jean Carondelet, doyen du chapitre métropolitain de Besançon, est reçu au canonicat de Sainte-Waudru de la prébende vacante par la résignation de François de Busleyden, le 31 octobre 1497. Il faut aussi remarquer que le 8 octobre 1499, nous trouvons la réception de Jérôme de Busleyden, licencié en droit et lois, au canonicat de Sainte-Waudru, prébende vacante par la mort de Simon de Sluis. François de Busleyden est aussi chanoine de Cambrai, de Saint Siméon à Trèves, mais aussi chanoine puis archidiacre à Sainte Gudule à Bruxelles en 1492 où il est élu par l’ensemble des chanoines trésorier en 1497. Le 10 juin 1487, il est le procurateur de Nicolas de Rutter qui est nommé prévôt de Saint-Pierre à Louvain titre auquel est attaché la dignité de chancelier de l'université. Ce dernier est luxembourgeois aussi et nous le retrouverons cité plusieurs fois dans cette exposé. Le 20 juin 1490, il est élu chanoine à Saint Pierre à Anderlecht pour la 3ème prébende de Gaasbeeck à la place de Jean Pimentarius décédé le 24 mai 1490. Il est élu prévôt de Saint Donatien à Bruges le 23 décembre 1490 suite au décès d'Antoine Haneron et par la même occasion chancelier de Flandre. Le 26 août 1492, il reçoit la prébende de chanoine de l’église d’Hoogaarden. Le 26 septembre 1492, à Malines, François de Busleyden, comme prévôt de Saint Donatien, accepte l’acte de nomination de Pierre Bontemps, originaire du diocèse de Besançon, comme chanoine pour la 14ème prébende à la place de Pierre de Ligno alias Van Den Houte ou Du Bois, décédé le 9 septembre précédent. Ce dernier était docteur en droit, prévôt de l’église de Renaix. Il fut aussi chanoine et écolâtre à Saint Donatien et ensuite élu doyen, le 5 avril 1491. Il était aussi chanoine à Tournai et curateur à Saint Gilles à Bruges. Il avait fondé un couvent de sœurs noires à Renaix où il fut enterrer. L’acte de nomination de Pierre Bontemps a été présenté par son procureur, maître Thibaut Barradot. Celui-ci avait été le conseiller de Philippe le Bon, de Charles le Téméraire et de Maximilien d’Autriche. Lors de la révolte des brugeois, en 1488, il avait pris fait et cause pour son souverain. Les insurgés offraient 50 livres pour le ramener mort ou vif. Après la paix de Montil, il fut nommé commissaire du duc pour le renouvellement de la magistrature, le 18 octobre 1490. Il fut aussi maître d’hôtel de Philippe le Beau et son trésorier. Il fut maître des comptes à la Chambre des comptes à Lille. Il est décédé le 27 octobre 1503. Pour en revenir à l’acte de Pierre Bontemps, celui-ci fut signer par le notaire Léon de Saint Vaast et les clercs, Nicaise Hanneron et Maurice Fourdrin. L’élection comme prévôt de Saint Donatien de François de Busleyden, fut contestée durant six ans par Jean Carondelet, ce dernier est le fils du chancelier de Bourgogne Jean Carondelet. Je voudrais faire ici une parenthèse. Jean Carondelet fils a été aussi élu chanoine à Anderlecht le 30 décembre 1491. Il est aussi chanoine à la collégiale Sainte Gudule de Bruxelles. Son père est obligé de remettre sa démission fin de l'année 1496. Dans l'entourage de Philippe le Beau certains le déterminent à le dépouiller de sa dignité sous prétexte de sa caducité et de sa vieillesse. Il gêne aussi par sa vigilance aussi attentive à la conduite de l'archiduc qu'au gouvernement de l'Etat. Le clergé est intéressé à ce qu'il soit éloigné des affaires à cause de ses principes qu'ont toujours été opposés aux empiétements de la cour de Rome et de l'autorité ecclésiastique. Il est remplacé comme chancelier par Thomas de Plaine que l'on peut qualifier comme proche de François de Busleyden. Faut-il y voir dans cette démission la main de ce dernier? Toujours est-il que le 28 mars 1497 son élection comme prévôt est effective. Durant la période du 20 au 29 mars, Philippe le Beau fait sa Joyeuse Entrée à Bruges et François de Busleyden y lit l'évangile. Le dimanche 16 avril suivant, ce dernier fait son entrée à Saint Donatien comme prévôt. Au sujet de son installation, nous sommes relativement bien renseigné au sujet des personnages présent. En plus de la présence de l'archiduc, nous retrouvons Raphaël de Mercatel, bâtard de Philippe le Bon, abbé des abbayes bénédictines de Saint Bavond à Gand et de Saint Pierre à Oudenbourg, Christian d'Hondt abbé de l'abbaye cistercienne des Dunes, Martin Weyts abbé de l'abbaye cistercienne de Ter Doest, Pierre van Eetvlde de l'abbaye cistercienne de Baudeloo à Gand, Jean de Beurse de l'abbaye des Prémontrés de Saint-Nicolas à Furnes, magister en théologie et curé de Nieuport, était de famille noble. Il est « élu » à l’intervention de Philippe le Beau et installé par l’abbé de Grimbergen, Arnoul Persoens ; sa nomination est confirmée en décembre 1494 par le pape Alexandre VI. Nous avons ensuite Philippe Vander Beerst du chapitre régulier de Saint-Barthélemy à Eeckoot, Michel de Cupre abbé de l'abbaye bénédictine de Saint-André près de Bruges et enfin Pierre Quike évêque de Tournai dont dépend Bruges, D'abord moine à l'abbaye des Dunes, puis abbé de Honnecourt, au diocèse de Cambrai, ensuite abbé commanditaire de l'abbaye de Saint Amand en 1486. Il règne à ce moment un schisme à l'évêché de Tournai. Nous avons deux évêques, Pierre Quicke nommé en 1496 par la pape Alexandre VI et candidat de Philippe le Beau et Louis Pot choisi par le Chapitre et par le roi de France Charles VIII pour succéder à Ferry de Clugny en 1483. François de Busleyden est élu à l’unanimité doyen de Notre-Dame d'Anvers courant 1498. Les chanoines, Cotereau, Huwagen et Munter, sont chargés d’aller prévenir Busleyden. Mais les coutumes de l’Eglise anversoise impliquaient que le doyen devait être prêtre et résider dans la métropole. Le nouveau doyen était bien prêtre mais vu ses fonctions de conseiller de Philippe le Beau, il ne pouvait satisfaire à la seconde condition. Le 20 juin 1498, les chanoines décident qu’il peut être un honneur et une aide pour le chapitre et autorisent son absence. Le 13 septembre suivant, on tomba d’accord sur le fait que le doyen absent payera annuellement 200 livres. Le 3 octobre, Busleyden marqua son accord. Malgré, qu’il ne résiderait presque jamais à Anvers, il accepta la maison du doyenné contre une charge annuelle de 8 couronnes et l’obligation de la maintenir en bon état. Je dois faire ici un retour en arrière pour la compréhension des événements qui vont suivre. Le 21 septembre 1495 meurt Antoine de Croy, évêque de Therouanne à Chypre au cours d'un voyage en Terre Sainte. Le 3 février 1496, Philippe de Luxembourg évêque du Mans et cardinal de Saint-Pierre et Saint Marcelin est demandé comme évêque par le Chapitre. Le 8 mai suivant, il prête serment au roi Charles VIII. Dans une lettre datée du 25 août 1496 à Maximilien d'Autriche pour se défendre des calomnies à son sujet, point que je vais parler plus en détaille dans la partie diplomatique, François de Busleyden y écrit que l'évêché de Thérouanne ne lui ayant pas été accordé, il réclame sa pension en attendant mieux. Il doit patienter deux ans et la mort de Charles de Neufchâtel archevêque de Besançon. Philippe le Beau écrit le 24 août 1498 au Chapitre Métropolitain pour lui recommander François de Busleyden. Maximilien de son côté intervient par l'intermédiaire des Gouverneurs de Besançon en faveur de Pierre Bontemps, originaire d'Arbois, son conseiller, protonotaire du Saint-Siège. Mais ayant eu connaissance du désir de son fils, il retire sa postulation et François de Busleyden est élu le 12 octobre 1498 par le Chapitre. Le même jour, ce dernier envoie trois députés, son doyen Henri de Neufchâtel et les chanoines Oderne et Labouquet auprès de Philippe le Beau pour lui annoncer l'élection de son protégé. Cette élection a un but bien précis, car après plusieurs années d'occupation française de la Franche-Comté, cette dernière avait été envahie par les armées de Louis XI et ensuite donnée comme dot de Marguerite fiancée du dauphin Charles au traité d'Arras en 1482. Cette province est rétrocédée aux Habsbourg après le traité de Senlis en 1493. Il faut donc mettre à la tête de l'archevêché une personne de confiance et à même de restaurer l'autorité bourguignonne sans toute fois froisser la sympathie profrançaise d'une partie de la population. L’archevêque de Besançon est seigneur de cette ville. Il a la totalité des droits régaliens dont celui de battre monnaie et le tonlieu. Son domaine foncier, en ville même, est important. Il est composé des quartiers de Chamans, Saint Quentin et les abords du pont et dans la banlieue, Bregille, Les Chapois et Velotte. Son domaine temporel, hors Besançon, est peu étendu. Il est composé de Calmoutier, Noroy, Gy, Maynal, Foucherans, Etalans et Coupans. Sa principal seigneurie est celle de Gy. Le 26 octobre, le chapitre s'engage à procurer auprès de l'archevêque et à ses officiers toutes les faveurs possibles au libraire/éditeur bisontin Jean Turgis pour les missels et bréviaires récemment confectionnés à Paris par ses soins, celui-ci ayant expédié avant la mise en vente deux missels au défunt archevêque et aux deux cathédrales. Le 13 novembre 1498, le chanoine Goberdet rentrant des Pays-Bas fait rapport de ses visites avec l'archevêque. Le 19 novembre, François de Busleyden accepte l'archevêché. Il en prend par procureur, le chanoine Hugues Oderne, possession le 29 mai 1499. Dont voici le cérémonial observé à cette occasion. Le fondé de pouvoir s'assoit sur les tribunaux de la régalie et de l'officialité. Il est mis en possession du temporel de l'archevêché dans la chapelle, par le doyen Henri de Neufchâtel, qui l'avait administré pendant la vacance. A la porte de la métropole, il prête serment au nom de l'archevêque élu sur les chefs des saints Ferréol et Ferjeux, de respecter et conserver les privilèges, statuts et biens de l'Eglise de Besançon. Il s'assoit ensuite sur le siège archiépiscopal, d'où il monte au maître-autel devant lequel il jure encore une fois de conserver les biens de son Eglise. Avant le 25 septembre 1499, jour du décès de Simon de Sluis, il est chargé avec ce dernier et Arnoul Wijten, abbé de l’abbaye des prémontrés de Parc-lez-Louvain, par Alexandre VI de trancher le différent surgi, à propos du droit de funérailles, entre le chapitre de Notre Dame d’Anvers et les Frères Mineurs de l’Observance de cette ville. François de Busleyden fait son entrée à Besançon le 21 novembre 1499. Le 22 a lieu un cérémonial pour le saluer en la cathédrale Saint-Jean. Durant son séjour de plusieurs mois en Franche-Comté, il s'occupe de l'administration de son diocèse. Il termine le différent qui existait entre le Chapitre Métropolitain et ceux de Saint Anatoile et de Saint-Michel de Salins. Il fait reconstruire le château des archevêques de Gy, ruiner par les Français, dans un style unique en Franche-Comté, par des maçons venus des Pays-bas, et dépensant pour ces travaux plus de quatorze mille livres. Il a comme évêque suffragant le dominicain Odet Tronchet qui était déjà en place. Ce dernier meurt en 1501, il le remplace par un autre dominicain, Jean Favel, nommé évêque de Nazareth. Ce dernier reçoit de l’archevêque les pouvoirs nécessaires pour gouverner le diocèse pendant son absence. Le 14 mars 1500, c'est la remise de la mitre et de la crosse à Besançon par Henri de Neufchâtel. Il célèbre la messe de Pâque à Saint Jean où l'on y représente la Résurrection de Notre Seigneur. Le 8 mai 1500, Jean Turgis effectue des démarches auprès de l'archevêque et de ses officiers pour s'assurer le monopole des bréviaires à l'usage de Besançon. Il est de retour dans les Pays-Bas le 17 juin. Ce retour ne l'empêche pas de s'occuper de son diocèse. Le 24 décembre 1500, Philippe le Beau ratifie à Malines le traité passé avec l'archevêque de Besançon au sujet de l'abandon de son droit de battre monnaie. L'évêque Henri de Berghes, qui s'efforçait de réformer les monastères de son diocèse, principalement ceux de femmes, appela plusieurs fois devant loi l'abbesse de Forêt, Barbe de Leaucourt, qui se décida enfin à résigner son office. Henri et le prince Philippe le Beau se rendirent alors à Forêt pour examiner la situation de la communauté, et y introduire des sœurs réformées de Ghislenghien. Marguerite de Liedekerke fut élue abbesse et prêta serment d'obéissance au prélat, en présence de l'archevêque de Besançon, François de Busleyden, des professeurs, maître Brictius de Nivelles, prieur des Dominicains de cette ville, et Jean Standonck, de l'official Nicolas Everardi, docteur en droit et en théologie, et de Nicolas Robberti, prieur de Sept Fontaines, le 23 juillet 1500. L'ancienne supérieure eut une pension de 400 florins du Rhin, et on garantit à sa sœur, qui demeurait avec elle, 50 florins par an, si elle lui survivait (octroi du 7 octobre 1500). En avril 1501 à Dole, les Etats de Franche-Comté désignent les députés qui sont Jean de Chalons, prince d’Orange, Gérard de Longvy, seigneur de Gevry et de Pagny, maître Jean de la Magdeleine, conseiller clerc au parlement, et Simon de Quingey, seigneur de Montboillon, pour traiter avec François de Busleyden la question des monnaies. Pour une rente de quarante francs, ce dernier abandonne le droit exclusif des archevêques en cette matière, et le pays eut dés lors celui de faire forger monnaie d’or et d’argent comme il l’entendrait. L'exécution de ce traité est conclue à Orléans le 5 décembre 1501 et par là il reçoit l'investiture du temporel de son archevêché. Début 1502, il exige que le duc de Savoie reprenne de fief le droit de battre monnaie au Pays de Vaud à cause de Nyon et des autres possessions de l'Eglise de Besançon dans cette contrée. Le 15 juin, il octroie une pension de 200 fr. à Jean Favel. François de Busleyden, le lundi 1er août, par ordonnance, fait transférer la cour de Besançon au château de Gy pour cause de différents entre lui et les Gouverneurs de Besançon. Il s'y trouve Bernardin Labouquet l'official, Pierre de Chassaigne docteur en droit, Henri Garnier scelleur et une grande partie de la cour. Ils restent jusqu'au samedi 10 septembre. L'archevêque de Besançon est aussi responsable de l'université de Dole. Entre temps, il est nommé administrateur du diocèse de Coria en Espagne le 26 novembre 1501 par Ferdinand le Catholique. A cela, il faut ajouté que le roi de France, Louis XII, lui a octroyé deux prébendes, qu’il reçoit durant l’été 1502 à Tolède, l'une pour l’évêché de Saint-Pons de Thormières en Languedoc à la place de François-Guillaume de Castelnau, neveu du cardinal Georges d’Amboise, élu comme archevêque de Narbonne le 4 juin 1502, et une autre pour une bonne abbaye en Bretagne. Pour ce qui est de cette abbaye, j’avance l’hypothèse qu’il pourrait s’agir d’un prieuré de l’ordre de Grandmont. Je me base sur le fait que plusieurs ecclésiastiques de l’entourage de Louis XII étaient commendataires dans cette ordre. Par exemple, nous avons Guillaume Briçonnet, évêque de Saint Malo en 1493, cardinal en 1495 et archevêque de Reims en 1497, qui en est l’abbé général commendataire, Tristan de Salazar, archevêque de Sens et prieur commendataire de Macheret et enfin François-Guillaume de Castelnau comme nous l’avons vu archevêque de Narbonne et prieur commendataire de Notre Dame du Parc à Rouen. En 1500, il est gratifié par le roi d'Angleterre, Henri VII, de deux titres d'archidiacre pour Essex et de Wells. Il a été installé comme archidiacre de Wells par procuration, le 30 décembre 1500, la procurateur étant Rodrigo Machado, héraut de Richmond. Cette office lui apportait la possession d’une prébende à Huish. Cette dernière lui fournissait son revenu (renseignements fourni par Madame Anne Crawford, archiviste de la cathédrale de Wells). Henri VII fut comte de Richmond de 1456 à 1461. A l’avènement de ce dernier comme roi d’Angleterre, le comté de Richmond fait naturellement retour à la Couronne. François de Busleyden fut reçu le 19 mars 1502 comme archidiacre d’Essex à la cathédrale de Londres. En 1501, le pape Alexandre VI, suite à la demande de Philippe le Beau, le crée secrètement cardinal mais il meurt avant d'avoir reçu la barrette. Ce dernier allait lui conférer le droit de succession au siège de Cambrai. A cela, il faut ajouter qu'il est l'un des promoteurs à la cour de la dévotion à Notre Dame des Sept Douleurs en 1492 avec le dominicain Michel François de Lille, appartenant à la congrégation de Hollande. Ce dernier avait été nommé confesseur de Philippe le Beau en 1490 et institué inquisiteur, en 1493, pour tous les territoire du jeune archiduc. Le 15 juillet 1496, Michel François est nommé évêque de Sélivrée. En 1497 à Bruxelles, celui-ci est nommé suffragant de Pierre Quick, évêque de Tournai. Il est décédé à Malines, le 2 juin 1502. Michel François avait enseigné l'Ecriture sainte et la théologie à l'université de Cologne durant la période où François de Busleyden y était étudiant c'est à dire durant les années 1468-73. Michel François de Lille y prend le bonnet de docteur en cette dernière science le 24 avril 1473. Ce qui pourrait prouver qu'ils se soient déjà rencontrés à cette période à Cologne. Il faut aussi remarquer qu'en 1467 est immatriculé à l'université de Cologne Jacob Sprenger. Ce dernier est né vers 1436 à Rheinfelden près de Bâle. Il entre au couvent des Dominicains de Bâle en 1452. Il est nommé docteur en théologie en 1471 et maître de la faculté de théologie en 1480. De 1472 à 1488 Prieur du couvent de Cologne ensuite jusqu'à sa mort le 6 décembre 1495 Provincial de la province d'Allemagne. Il fut enterré dans le choeur de l'église du couvent de son ordre à Strasbourg. Il fut très proche de Michel François de Lille, de Alain de La Roche quoique breton de naissance, il appartient totalement à la congrégation de Hollande. Il inaugure à Douai en 1470 la première fraternité du Rosaire, dont il avait établi lui-même les règles. A Cologne, c’est Michel François, son ami qui se fait le champion du Rosaire. Il obtient du prieur Jacques Sprenger d’ériger une confraternité copiée sur celle de Douai. La grande confrérie de Cologne est inaugurée le jour même du décès de Alain de la Roche, le 7 septembre 1475. Nous devons aussi signaler Félix Fabri un autre dominicain pour ce qui est du Rosaire. Le culte des Sept Douleurs de la Vierge dans les Pays Bas dans les années 1480 s’est développé par les initiatives de Jean de Coudenberg, prêtre dans trois églises à Saint Gilles d’Abbenbroeck, à Saints Pierre et Paul de Reimerswaal et à Saint Sauveur à Bruges et aussi secrétaire de Philippe le Beau. La mort de Marie de Bourgogne en 1482, les famines désastreuses, la guerre, et l’inflation inspirent Coudenberg à établir une confraternité honorant les Sept Douleurs de la Vierge dans ses trois églises autour de 1490. Philippe le Beau favorise l’initiative et promouvoir activement le culte par des textes de dévotion, des nouvelles confraternités, des représentations dramatiques et autres dévotions publiques. Philippe le Beau institue un concourt pour trouver des textes et musiques pour la nouvelle célébration car des nombreux offices avaient été écrits après que Coudenberg avait établi sa confraternité. Un jury composé des principaux religieux des Pays Bas, ainsi que François de Busleyden et Michel François de Lille jugent le texte de Pierre Verhoeven alias Mapso, le recteur du couvent des religieuses du Thabor à Malines, le plus approprié en 1495. Entre août 1494 et octobre 1495, Michel François a publié le texte de Verhoeven dans un appendice dans ses propres écrits au sujet des sept douleurs dans le Quodlibetica decisio imprimé à Anvers. Son travail dans une forme scolastique, défend la nouvelle dévotion, justifie la création d’une nouvelle Confraternité des Sept Douleurs, analyse le nombre des Douleurs de Marie et décrivant l’historique de ce nouveau culte. Les auteurs, que François cite sont Saint Ambroise, Saint Anselme, Aristote, Saint Augustin, Saint Bernard, Saint Bonaventure, Cicéron, le Concile de Bâle, Saint Jérôme, Origène, Richard de Saint Victor, Thomas d’Aquin et Saint Vincent Ferrier. Michel François de Lille s’identifie lui-même comme un élève d’Alain de La Roche, professeur comme lui de théologie à Cologne. Busleyden et François choisissent la mise en musique de Pierre Duwez, depuis longtemps chanteur à la chapelle ducale, sommelier de 1466 à 1470, clerc de 1470 à 1477 ensuite chapelain après la mort de Charles le Téméraire et enfin nommé après le premier chapelain, Nicolas Mayoul, chanoine de l’église collégiale Sainte Gudule, de l’église collégiale Saint Géry de Cambrai et de la cathédrale Notre Dame de cette ville et chanoine de l’église Notre Dame à Breda, dans une liste datée du 17 novembre 1492 au 30 septembre 1495, dans cette liste nous retrouvons pour la première fois Pierre de la Rue, comme la plus appropriée. Pierre Duwez reçut la troisième prébende à la collégiale Saint-Gommaire à Lierre, en 1492. Il reçut aussi la sixième prébende à la collégiale Sainte Gudule, de Bruxelles, le 10 mai 1494 et prévôt à l’église Notre Dame à Condé. Son nom n’apparaît plus dans la constitution de l’hôtel de Philippe le Beau en 1496. Il est remplacé par Jean Lauwier. François de Busleyden est membre dés sa fondation en 1498 de la confrérie de Notre Dame des Sept Douleurs en l'église Saint Géry à Bruxelles. Thomas de Plaine, par exemple, a fait placé son tombeau dans la chapelle de Notre Dame des Sept Douleurs dans l'église des Jacobins à Poligny en Franche-Comté. François de Busleyden fonde aussi une chapellenie dédiée à Saint-Jérôme à Saint Donatien à Bruges.

Donateur aux Chartreux

Il est aussi un grand donateur vis à vis des Chartreux. A la Chartreuse de Scheut à Anderlecht fondée en 1455, il offre au prieur Mathias Tsergoossens en 1499 une somme d'argent pour la construction et la dotation de la cellule O. Il fait aussi des donations à la Chartreuse Sainte-Catherine du mont Sinaï à Kiel près d'Anvers et à celle de Notre Dame de la Chapelle à Hérinnes près d'Enghien. A la même époque, il fait une donation à la Chartreuse de Louvain qui se trouve dans le diocèse de Liège pour la construction de la cellule du prieur. Il faut remarquer que cette fondation est la dernière dans les Pays-Bas et la première intra-muros dans nos provinces. Si je me suis intéressé plus particulièrement à cette dernière c'est pour deux raisons. La première est que sa fondation date de l'époque de François de Busleyden. La seconde est que nous retrouverons parmi les fondateurs et donateurs des personnages proches de ce dernier. L'un des fondateurs est Walter Waterleet, prévôt de Maubeuge, écolâtre de Sainte Gudule à Bruxelles, chanoine de Saint-Pierre à Louvain et ancien chapelain de Charles le Téméraire. Il est proche des Chartreux de Scheut. Il achète le terrain pour celle de Louvain le 19 décembre 1486 et pourvoi à la construction d'une cellule. Il est décédé en 1495. Un obit lui est consacré, dans l’ensemble de toutes les Chartreuses, comme grand bienfaiteur de l’Ordre à la date du 5 décembre. La première pierre est posée en 1489 par la duchesse Marguerite d'York, veuve du duc Charles le Téméraire, sans toute fois avoir reçu toutes les autorisations sollicitées. Il faut dire que cette dernière avait montré le plus vif intérêt pour cette fondation. En 1499, elle offre une certaine somme pour la construction d'une cellule. Mais aussi, elle prend à charge la construction d'une maison pour le prieur de la Chartreuse de Scheut. Dans une ancienne chronique de la Chartreuse de Louvain, nous retrouvons inscrit: sur son conseil et avec son aide, beaucoup d'établissements religieux tant d'hommes que de femmes furent réformés. Marguerite d'York voue une dévotion particulière à Colette de Corbie grande réformatrice des moniales de l'ordre franciscain, à savoir les Clarisses. Elle a fait restaurer l'autorité des Noirs Soeurs à Louvain qui s'occupaient d'un grand hôpital fondé en 1080. La duchesse s'est également appliquée à réformer le clergé séculier. Marguerite d'York s'est aussi préoccupée particulièrement de la réforme de l'ordre franciscain à Malines où elle résidait. Elle n'est pas étrangère à la désignation en 1480 comme supérieur des franciscains de Malines d'un religieux de grande autorité, Thierry de Munster. Il rétablit l'unité parmi ses frères qui pratiquèrent désormais une stricte observance et prennent le nom de Récollets. Marguerite d'York a aussi témoigné d'un vif intérêt pour l'université de Louvain. Elle était plus particulièrement en relation avec les maîtres de la Faculté de théologie. Elle institua un certain nombres bourses en faveur d'étudiants pauvres mais doués. Parmi les donateurs nous retrouverons aussi, Gilles de Platea. Il est théologien, grade obtenu à l'université de Louvain. Il fut choisi, avec le prieur des chartreux de Zelem, Nicolas de Leiden, par le prince-évêque de Liège, Louis de Bourbon, en 1474, pour être les visiteurs du nouveau prieuré augustinien de Notre Dame Ter Elze à Zichem dont la prieure était Marie van Linter. Il est admis le 9 novembre 1480 comme chanoine de Saint-Lambert et le 16 comme archidiacre de Hainaut. Il est aussi un des conseillers du prince évêque de Liège, Jean de Hornes. Il crée une fondation au collège du Château à Louvain où il avait été régent. Il est mort le 9 décembre 1489 en laissant un tiers de ses possessions au nouveau couvent sous certaines conditions. Nous retrouvons ensuite Simon de Sluis, médecin de Philippe le Beau. Il est chanoine de Saint-Lambert. Il est chanoine à Saint Donatien à Bruges en 1463 et il est prévôt de St-Rombout à Malines. Le 12 août 1474, il est élu prévôt mayeur de la cathédrale d'Utrecht. Il a aussi des prébendes à Notre-Dame de Courtrai, à Saint-Pierre à Lille et à Sainte Waudru de Mons. Il est prévôt à Sainte Pharaïde à Gand. Il est aussi un des conseillers de Jean de Hornes. Il est mort à Malines le 29 septembre 1499. Il avait fondé une bourse pour le collège Saint Yvon en 1499 et trois bourses pour l'étude de la théologie et du droit canonique. Nous avons le liégeois Conrard de Sart(o). Il est licencié en droit de l'université de Louvain. Il est reçu comme chanoine de Saint-Lambert le 19 novembre 1478 et y est nommé custode. Il est official de Liège en 1486. Il est abbé séculier de Notre-Dame de Namur et écolâtre à Saint-Pierre de Louvain. Il est prévôt de Saint Rombout à Malines. En 1488, il est recteur de l'université de Louvain. Par sa formation de juriste, il est nommé conseiller et maître des requêtes de Philippe le Beau. Il est mort en 1502 et enterré dans le choeur de l'église des Chartreux de Louvain. Il avait fondé une messe quotidienne et une bourse au collège du Saint-Esprit. Le dernier est Nicolas de Rutter. Il est conseiller de Philippe le Beau, suivant l'ordonnance de 1496 pour la constitution de l'hôtel de ce dernier, Nicolas de Rutter y est nommé maître des requêtes et commis des finances. Il est titulaire de divers titres ecclésiastiques dont ceux de chanoine de St-Donatien depuis 1485, chanoine et archidiacre de Brabant à Cambrai, commendataire perpétuel de la prévôté de Harlem, protonotaire apostolique, chanoine des églises collégiale de Saint Gommaire à Lierre, de Notre-Dame à Termonde et de Notre-Dame à Courtrai. Comme nous l'avons vu élu le 10 juin 1487, prévôt de Saint-Pierre à Louvain titre auquel est attaché la dignité de chancelier de l'université Il est élu évêque d'Arras suite au décès de Pierre de Ranchicourt. A la mort de ce dernier le Chapitre élit Jean Gavet. Mais Philippe le Beau fait connaître qu'il a un candidat, Nicolas de Rutter. De plus Jean, bâtard de Bourgogne, prévôt d'Aire et de Saint-Omer veut poser sa candidature. L'archiduc annonce que le pape Alexandre VI a nommé Antoine d'Albon mais qu'il lui refuse son agrément ainsi que Louis XII et le Parlement de Paris déclare nulle la nomination. Jean Gavet démissionne et le pape finit par accepter Nicolas de Rutter par bulle du 16 février 1502. Il est consacré le 7 août 1502 à Saint-Pierre à Louvain. Le même jour, il célèbre sa première messe à la Chartreuse de Louvain en présence de l'évêque suffragant de Liège Jean Bourgeois. Ce dernier avait consacré l'église des Chartreux le 18 juillet 1501 avec l'autre évêque suffragant Libert de Broechem. Après cette cérémonie, il prêche au peuple, chante la messe et accorde 40 jours d'indulgence. Le 23 juillet suivant, il consacre le cimetière. Suivant Jean Molinet dans ses chroniques, Nicolas de Rutter fait son entrée à Arras le 20 novembre 1502 accompagné d'une suite importante et de grands personnages dont Charles de Croÿ, prince de Chimay et Guillaume de Croÿ, seigneur de Chièvre et grand bailli du Hainaut. Nicolas de Rutter tient toutes les cérémonies que les évêques ont accoutumé de faire. Le prévôt, le doyen, les chanoines et les chapelains le reçoivent à Notre-Dame. Il est logé au palais épiscopal où a lieu 3 jours de fêtes. Il se préoccupe aussitôt de l'enseignement de la théologie à Arras. Il fut l'un des plus généreux donateurs d'oeuvres d'art à la cathédrale de vases sacrés, d'ornement et d'une statue en argent de saint Nicolas. Il fit même une curieuse fondation pour le nettoyage périodique des lutrins et autres objets de cuivre. Nicolas de Rutter fonde, en 1508 dans sa propre demeure le collège d'Arras à Louvain pour des étudiants pauvres. Nous lui devons le superbe vitrail de la vie de son saint patron et qui se trouvait dans le cloître de la Chartreuse dont je vais parler dans le chapitre suivant. Il est mort à Malines le 5 novembre 1509 et enterré dans le coeur de Saint-Pierre de Louvain.

A Localisation des différentes cellules des différents donateurs et évolution du bâti

Pour cette partie, je tiens à remercié Monsieur Robin Engels qui m'a permis d'utiliser comme source son mémoire: The former carthusian monastery in Leuven: architectectural and historical research et aussi le père capucin Stand Teund dont le monastère occupe les vestiges de l'ancienne Chartreuse.

Walter Waterleet offre 200 florins pour la construction de la cellule(Y), début de la construction le 25 mai 1492 et terminée le 11 novembre 1492. Simon de Sluis offre 200 florins pour la construction de la cellule(S) début de la construction en 1495. François de Busleyden offre 150 florins pour la construction de la cellule du prieur (†) début de la construction en 1499 et terminée l'année suivante. Marguerite d'York offre 200+150 florins pour la construction de la cellule(A) terminée en décembre 1500. Conrard de Sart(o) offre 300 florins pour la construction de la cellule(C) début de la construction en 1502 . Nicolas de Rutter offre pour la construction de la cellule(H) début de la construction en 1507. En face de la cellule, il fait placer un vitrail à 2 baies avec 8 panneaux racontant les scènes de la vie de son saint patron. Ils sont spécialement importants parce que 7 ont été sauvés. Mais ils sont dispersés dans plusieurs musées dans le monde mais dans un état impeccable. Nous avons:

1.La naissance de Saint-Nicolas au Victoria and Albert Museum de Londres

2. La consécration de Saint-Nicolas comme évêque de Myra au Metropolitan Museum of Art, New-York

3. Le miracle de la multiplication des grains au Metropolitan Museum of Art, New-York

4. Le sauvetage de 3 jeunes soldats de l'exécution par Saint-Nicolas, Burrel Collection, Glasgow

5. Mort de Saint-Nicolas avec un portrait du donateur agenouillé, Royal Ontario Museum, Toronto

6.Blason aux armes de Nicolas de Rutter et du diocèse d'Arras avec la devise de Rutter Aequo Animo, Victoria and Albert Museum, Londres

7. Saint-Nicolas donne à 3 filles pauvres leur dote, Collection privée aux Etats-Unis

8. Ce panneau contenait une longue inscription latine et aurait probablement disparu.

L'évolution du bâti: phase I : 1492-1497

                             phase II : 1498-1501

                             phase III :1502-1504

                             phase IV:1504-1508

B Epitaphes

Il se trouvait dans l'église de la Chartreuse plusieurs épitaphes, de François de Busleyden, Conrard de Sart(o), Nicolas de Rutter, Marguerite d'York

Les épitaphes de François de Busleyden: « {Moi} Busleyden, je suis le pontife de Besançon l'artisant de la paix bienfaisante, l'ennemi de Mars {la guerre} et l'amant des ducs. Le Luxembourg m'a donné à la terre, l'Espagne aux Parques mais s'est embellie d'hommes illustres. J'ai envoyé mon coeur à Besançon, j'ai laissé mes os à Tolède. Un roi bon et la patrie ont pleuré le mort. Ce que le diamant était pour Magnésie, le fidèle Achate pour Enée, ce que la bienfaisante Vénus était pour Mars, Egérie pour Numa, cela François de Busleyden l'était pour la patrie et pour le roi Philippe, rétablissant les traités, fuyant les guerres. Rendez donc tous les hommages et les devoirs à celui qui est dans le tombeau que , à bon droit, chacun reconnaît comme père ».

La seconde: « Je suis luxembourgeois pour la patrie, je suis d'une race illustre, la lumière sera ici plus claire par notre éclat. Le grand roi Philippe d'Autriche s'est réjoui de mon apprentissage. Je l'ai suivi jusqu'en sol espagnol. J'ai réconcilié des rois, rédigé des traités de paix. J'ai servi de conseiller pour le roi et la patrie. Mars se plaint du coup, la mort cruelle se venge de celui qui se plaint. La mort m'a pris dans sa rage et celui la {Mars la guerre} revient. Tu as nommé un être exceptionnel et né pour orné les cours de hauts princes. Qui ne pourrait pas vénérer ce grand François de Busleyden, archevêque de Besançon, qui à lui seul fut plusieurs Nestor pour Philippe le fils du grand Maximilien, le père de Charles qui sera encore plus grand. Heureux serions nous si le sort n'avait pas été jaloux de cet homme sur terre. Quel grand bienfaiteur il était pour les études autant que pour les talents. Mais il a laissé deux frères Gilles un homme de jugement et de prudence admirable et Jérôme. »

L'épitaphe de Conrard de Sart(o): « Ici gît le premier qui fut enterré dans cette église Conrad de Sarto maître en médecine, licencié des deux droits, chanoine, custode de Liège également prévôt de Malines et... de Monsieur le Duc... fut érigé et doté... Il mourut en l'an de grâce 1502 le 6 février. Son âme repose en paix. »

Les épitaphes de Nicolas de Rutter: « Etranger, qui que tu sois de passage ici, arrête toi, regarde et lis si tu le souhaites combien j'étais important. Moi, le célèbre Nicolas de Rutter, était cette mystérieuse célébrité le pieux évêque d'Arras. Quel que soit le secret qu'a eu dans le passé le célèbre empereur trois fois anobli, j'en avais connaissance. Quand j'ai rempli le difficile travail de service de «chef», j'ai enseigné au peuple par mon exemple et par une langue puissante. Plus d'une fois, j'ai chassé (éloigné) l'ennemi sauvage de la bergerie, sans défense et de manière téméraire j'ai protégé les moutons. Et le plus grand souci a été pour moi d'amener les érudits et les bénis à respecter les autorités. J'ai construis cette chapelle à la gloire de Dieu et à la magnificence (éclat) de Louvain, le collège d'Arras. O affectueux divin Jésus qui par votre amour généreux triomphant des blessures, moi Nicolas, penché jusqu'au sol, avec insistance votre grâce que mon esprit rejoigne les étoiles. »

La seconde: « O femme tu aurais dit avoir lavé, séché et oint les pieds saints avec des larmes, des cheveux et de l'eau de rosés, par ce beau geste racheté vos péchés et ainsi signifiant que le corps du Seigneur devait être enterré, faites en sorte Sainte Dame que Rutter puisse avoir un doux repos dans cette chapelle qu'il a érigée pour vous. »

L'épitaphe de Marguerite d'York: « Dame Marguerite, épouse de Charles, Duc de Bourgogne. Je suis née Marjorie d'Angleterre avec une couronne importante appelée en tant que sœur du roi, fille de roi. Charles est mon époux, par la guerre, il a été tué en Bourgogne. Après, j'ai vécu veuve durant dix-neuf ans. Et qui étais-tu à cette époque ? C'était mon seul souci de favoriser hommes et femmes sacrés. Et en ce qui concerne les érudits. Je consacre mon souci aux érudits de l'Eglise, peu importe qui. Pour autant qu'ils aient reconnu la sainte loi. Que seraient pour elle les riches ? Et les élèves de Simon? Ils n'écoutaient pas bien. Cela n'allait pas qu'on confie (donne) à quelque chose qu'on enlève.

Pour moi, c'est comme ça convient. Le reste, ceux qui poursuivent sincèrement la même chose me le raconteront, ainsi que les bénis et les érudits. »

Comme nous allons le voir, nous retrouvons parmi les bienfaiteurs de la Chartreuse de Louvain un grand nombre de personnages qui ont côtoyé François de Busleyden.

Si François de Busleyden fut un grand donateur vis à vis des Chartreux, je crois que nous devons y voir une continuité entamée par les ducs et duchesses de Bourgogne et la cour par rapport à cet ordre pour leur grande spiritualité au sens stricte du terme. Comme nous l'avons vu, il faut aussi souligner ses rapports avec les Dominicains proche du pouvoir ducal mais à un titre plus politique.

Il faut aussi remarquer que durant son séjour à Tolède en 1502, avec l'archiduc et sa cour, François de Busleyden réside à l'abbaye Santa Maria de Montesion à San Bernardo. Cette dernière a été fondée en 1426 par Martin de Vargas ancien hiéronymite devenu moine cistercien à Piedra. Celui-ci, fort de l'appui du pape Marin V et désireux de revenir à une observance plus stricte des principes fondateurs de l'Ordre de Cîteaux, quitte Piedra pour fonder, avec onze compagnons, l'abbaye de Montesion et créer la Congrégation Cistercienne de Castille. Il meurt emprisonner en 1446. Le pape Calixte III, reconnaît, en 1455, la congrégation à laquelle seules adhérent alors Montesion, Valbuena et La Sierra. Il faut attendre la fin du XVème siècle pour que la réforme soutenue par les Rois Catholiques, retrouve vigueur. En 1500, nous retrouvons comme abbé commendataire Antoniotto Gentili-Pallavicini. Il fut le premier dataire d’Innocent VII. Son nom de famille était Gentili, auquel il ajoutait dès 1478, le nom de la famille génoise des Pallavicini. Presque toutes les bulles de Sixte IV qui le concernent lui donnent formellement le nom de clericus Januensis. Cependant voici que le plus ancien document que nous rencontrons à son sujet, nous donne des doutes de son pays d’origine. C’est une bulle adressée à « dilecto filio Antoniotto Gentili, clerico Januensis » et datée du 12 avril 1472. Jusqu’ici rien d’anormal, mais li y est dit : « tibi qui, ut asseris, de nobili genere ex utroque parente procreatus, ac regnorum Castelle et Legionis nationalis existis ». Comme il s’agit ici d’un bénéfice dans le diocèse de Séville, il n’est pas invraisemblable que, pour s’y créer un titre, Gentili-Pallavicini ait plutôt exagéré que réduit les liens qu’il pouvait avoir avec le royaume de Castille et Léon. Il n’y est pas né : car comment le trouverait-on si tôt à Gênes et comment ne le voit jamais qualifié d’Hispanus dans aucun document ? Il n’y a rien d’étonnant à ce que Gênes, remplie d’étrangers, comme tous les grands ports, eût donné asile à une famille castillane. C’est à Gênes que nous le rencontrons tout d’abord, c’est par Gênes qu’il arrive aux honneurs, puisqu’il les obtient de la faveur des papes Ligures : Sixte IV della Rovere et Innocent VIII Cibo. Ce dernier, n’étant encore cardinal, l’avait attaché à sa personne : ce fut donc un familier qu’il éleva en 1484 à la dignité de dataire. Les dignités ne manquent pas d’arriver ensuite. A peine nommé, Pallavicini qui a déjà reçu l’évêché de Vintimille reçoit deux abbayes et deux bénéfices en Espagne. Enfin dans le consistoire du 27 janvier 1486 il est proclamé absous de ses liens avec l’église de Vintimille et transféré au siège d’Orense, province de Braga. La même année, il résigne l’évêché de Tournai en faveur de Pierre Quick, le candidat choisi par Philippe le Beau. Pallavicini avait remplacé, à cette charge, Jean de Monissart qui avait été choisi par le pape, mais était décédé en 1484. Le titre de dataire est mentionné dans la collation du prieuré bénédictin de Saint Jean, à Gênes, en date du 25 mars 1488. Il le porte aussi dans toutes les autres lettres où il est nommé, dans toutes les provisions de bénéfices qu’il reçoit et notamment dans la bulle qui lui confère une prébende et un archidiaconé de l’Eglise de Séville. Antonitto Gentili-Pallavicini fut créer cardinal du titre de Sainte Anastasie, dans la promotion proclamée le 9 mars 1489 et cette nomination mit fin plus que probablement à son datariat.

V L'Homme d'Etat  le diplomate et le voyageur

A L'Homme d'Etat

Il est choisi par Maximilien d'Autriche mais surtout par Margueritte d'York veuve du duc de Bourgogne Charles le Téméraire comme précepteur du jeune Philippe le Beau, fonction qu'il remplit du 31 décembre 1483 à 1495. Il est conseiller de 1495 à 1502, maître des requêtes de l'hôtel en 1495, chef des finances à la suite de Philippe de Bourgogne-Beveren en 1497, premier maître des requêtes en 1498, de 1498 à 1499, il participe activement au gouvernement en l'absence de Philippe le Beau, conseiller domestique en 1500 et en fin chef du conseil aulique en juillet 1502 suite au renvoi de Henri de Berghes durant le voyage en Espagne.

B Le diplomate

Sans entrer dans les détails qui à seul pourraient être le sujet d'une communication. Nous le retrouvons mêlé aux évènements liégeois. Jean de Hornes, prince évêque de Liège, le 8 février 1486 de Cologne où il avait rencontré Maximilien d'Autriche qui se rendait à Francfort avec son père l'empereur Frédéric de Habsbourg pour se faire élire Roi des Romains, prononce une excommunication contre les La Marck et une mise en interdit de la capitale de la principauté suite aux violences dont furent victime trois prêtres de Maastricht et l'agression des demeures de certains chanoines le 19 juin 1485 mais aussi et surtout pour le pillage de l'abbaye de Saint-Trond dans la nuit de 19 au 20 janvier 1486 et dont l'abbé Antoine de Berghes frère de l'évêque de Cambrai fut ramené prisonnier à Liège et soumis à une rigoureuse captivité. Cette excommunication et mise en interdit est prise par Jean de Hornes sous les conseils de François de Busleyden, Simon de Sluis chanoine et coutre de Liège, prévôt de Saint Rombout à Malines, chanoine à Saint Donatien à Bruges, prévôt de Sainte Pharaïde à Gand, prévôt mayeur de la cathédrale d'Utrecht. Il est aussi pourvu des prébendes à Notre-Dame à Courtrai, à Saint-Pierre à Lille et à Sainte Waudru à Mons. Il est archidiacre du Condroz. Il est l'ancien conseiller et médecin du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, Jean d'Eynatten, docteur en droit canon, chanoine de Saint-Lambert, prévôt de Saint-Servais à Maastricht, chanoine de Sainte Gudule à Bruxelles, doyen de Notre-Dame à Courtrai. Il est aussi conseiller et maître des requêtes de Maximilien. Il figure dans un diplôme de 1486 où ce dernier accorde des privilèges à la ville d'Aix pour son couronnement et Gilles de Platea, il est théologien, grade obtenu à l'université de Louvain. Il est admis le 9 novembre 1480 comme chanoine de Saint-Lambert et le 16 comme archidiacre de Hainaut. En décembre 1488, il participe avec Baudouin de Lannoy gouverneur des villes de Lille, Douai et Orchies, Philibert de Veyré et le secrétaire maître Louis Conroy à un traité de neutralité pour ce qui est du commerce avec la France. Le 2 avril 1489, Englebert de Nassau, Philibert de Veyré dit La Mouche et François de Busleyden rencontrent à Tournai les représentants de Charles VIII en vue du futur pourparler de Francfort. Il accompagne Englebert de Nassau, Henri de Berghes et Philibert de Veyré dit la Mouche en juin 1489 pour rencontrer Maximilien en Allemagne. Ils sont envoyés à Mayence par ce dernier le 17 juin auprès des ambassadeurs du roi de France pour recueillir leurs propositions en vue du futur pourparler de Francfort le 22 juillet 1489. Les ambassadeurs de Charles VIII étaient Jean de Villers de la Groslaye, abbé de Saint Denis, Jean de Pontville, vicomte de Rochechouart, chambellan du roi et Pierre de Sacierges, doyen de Langres et maître des requêtes. En septembre, ils sont envoyés vers le roi de France, Charles VIII suite aux pourparlers de Francfort. Les représentants du Roi des Romains, Englebert de Nassau, Philibert de Veyré, François de Busleyden, Paul de Baenst, président de la chambre du Conseil de Flandre, Philippe de Contay, maître Jean Sauvage et maître Louis Conroy, son secrétaire, participent le 30 octobre au traité de Montil-lez-Tours. Francfort avait été un simple armistice entre Maximilien et Charles VIII. Montil-lez-Tours voit ce dernier reconnu en qualité de tuteur et mambour ou régent dans les pays de son fils. Traité conclu sous l'égide du roi de France. Le 20 mars 1490 à Rennes, François de Busleyden, Englebert de Nassau, Henri de Berghes et Philibert de Veyré participent aux négociations en vue du mariage projeté entre Maximilien et Anne de Bretagne avec son trésorier. Il est présent avec Englebert de Nassau et Charles de Vergier pour ce qui est des ambassadeurs de Maximilien avec ceux de Charles VIII, de Hermann de Hesse archevêque de Cologne, Guillaume IV duc de Julliers, les Hornes et les La Marck à Aix-la-Chapelle le 10 avril 1490 au traité de réconciliation entre le prince évêque et les La Marck. Le 24 avril, François de Busleyden reçoit des 7 églises secondaires de Liège une certaine somme d'argent pour sa participation à ce traité. Le 30, les magistrats, villes et quartiers de Tongres, Saint-Trond, Looz et Hasselt au nom de tout le pays de Looz s'engagent à payer dans un délais de 3 mois à Laurent du Blioul secrétaire du Roi des Romains la somme de 666 florins d'or à partager suivant des ordres d'Englebert de Nassau entre ceux qui sont intervenus dans les négociations de paix d'Aix-la-Chapelle. Dans une lettre datée du 7 décembre 1490, nous apprenons que la ville de Bruges fut imposée d’une contribution à titre de gratuité à offrir à certains personnages, du chef de la paix de Montil lez Tours et du chef de la paix de Damme, à savoir : 20000 florins à Englebert de Nassau, 1800 à Philippe de Nassau, 1400 à Hughes de Melun, 900 à Jean de Montfort, 900 au président de Flandre, 500 à François de Busleyden et 500 à Nicolas de Delf. En 1492, François de Busleyden, Englebert et Philippe de Nassau et Hughes de Melun rencontrent à l'Ecluse, Philippe de Clèves en rébellion contre Maximilien pour lui soumettre les clauses des différents traités de Francfort et Montil-lez-Tours. En juin 1492 à Malines, il est l'un des signataires avec le prévôt de Trèves. Dont j'ai effectué des recherches à son sujet pour connaître son identité. J'ai trouvé qu'il s’agit de Rudolphe d'Euschringen originaire de l'Eifel. Il est pourvu en 1487, du canonicat de Robert de La Marck, à Saint-Lambert à Liège, ses témoins prouvent qu'il est docteur ès arts d'Erfurt, docteur en droit civil de Ferrara et docteur en droit canon de Rome et qu'il a été professeur, recteur et vice-chancelier de l'université de Trèves. Sa réception a lieu en août 1488. Il est doyen de Saint Paulin et prévôt de Saint Siméon à Trèves, prévôt de Sainte-Croix à Mayence et recteur de la paroisse d'Echternach. Il est un proche de Maximilien et très estimé de Jean de Bade archevêque de Trèves. Il fonde, en 1486, et dote le monastère de la Sainte-Croix près de Bitburg et le voue à Sainte-Hélène. Il est mort le 5 mai 1505 et enterré dans le choeur de l'église du monastère qu'il a fondé. Ils sont donc signataires de la rémission accordée aux Liégeois par Maximilien et Philippe le Beau. Le pardon est général à condition que la guerre ne recommence plus. La signature de François de Busleyden se retrouve aussi sur le diplôme du 8 août suivant au sujet de la neutralité liégeoise. En octobre 1492, il reçoit ainsi que l'archiduc, Jean Carondelet, Albert de Saxe et Jean de Berghes, Jean de Honthem chancelier de Brabant, aux membres de la chancellerie de Brabant, Jean de Hornes, évêque de Liège, aux abbés, Arnoul Wijten de Parc et Guillaume Machiels d’Affligem et Alexandre de Nassau un bref du pape Alexandre VI pour défendre les immunités ecclésiastiques dans le duché de Brabant. Ce que le pape reproche à Busleyden le précepteur c'est de n'avoir pas combattu ou du moins de n'avoir pas dénoncé à Rome les empiètements commis sur l'autorité du Saint Siège et les immunités de l'Eglise. Le pape lui rappelle son devoir d'apprendre son élève à craindre Dieu et à l'honorer dans ses ministres. Dans les comptes de Simon Longin du 1er janvier au 31 décembre 1493, nous trouvons inscrit Messire François de Busleyden , prévôt de Liège, conseiller et maître des requêtes ordinaire de l'hôtel, et maître d'école de l'archiduc, pour sa pension et gages de 1,200 francs de 32 gros, comme conseiller et maître des requêtes, depuis le 13 août 1493. Dans ces même comptes, nous trouvons : A Maître Pierre Ancheman, secrétaire en ordonnances de l'archiduc, pour être parti de Lille le 29 mars 1493, par commandement de monsieur le duc de Saxe, lieutenant général, avec messieurs de Nassau , de Ravestein, prince de Chimai et autres du grand conseil étant lors en ladite ville, et être allé à Abbeville, où était le seigneur d'Esquerdes, afin de lui déclarer que , suivant l'issue de la journée tenue à Péronne entre les ambassadeurs du Roi et de l'archiduc et ceux du roi de France sur la matière de la paix et recouvrement de la personne de madame Marguerite d'Autriche, lesdits seigneurs renverraient leurs ambassadeurs à Péronne le jeudi après Pâques suivant , invitant le seigneur d'Esquerdes à s'y trouver ; (d'Abbe-ville, Ancheman se rendit à Melun et à Paris, où il attendit MM. les évêques d'Eystadt, marquis de Bade , seigneur de Walhain et autres ambassadeurs de l'Empereur et du Roi, aux-quels il déclara tout ce qui avait été fait et besogné à Péronne. Il se rendit ensuite dans cette dernière ville, où s'étaient rassemblés les ambassadeurs de l'archiduc, suivant la déclaration faite au seigneur d'Esquerdes, et les accompagna à Senlis, par-devers le roi de France, où étaient les ambassadeurs de l'Empereur et du roi des Romains, « sonbz lesquels il besoigna en toutes les escriptures et lettraiges qui furent expédiées touchant ladicte matière de paix , qui fut lors conclute audit lieu » de Senlis, obstant qu'il n'y avoit autre secrétaire avec lesdiz ambassadeurs adonnés à Péronne. » II revint avec madame Marguerite et lesdits ambassadeurs à Malines, où il arriva le 20 juin 1493. Nous retrouvons plus loin dans ces comptes : A messire Antoine Rolin, seigneur d'Aymeries, grand bailli de Hainaut, parti de Mons le 8 mai 1493, pour aller avec le comte de Nassau et autres ambassadeurs à Abbeville, où étaient les ambassadeurs du roi de France, afin de traiter avec eux sur ce qu'il restait à parfaire de la paix de Senlis; revenu le 29 mai ; parti de nouveau le 1er août pour Amiens, et retourné le 22 ; A maître Jean le Sauvage , conseiller au conseil de Flandre, parti d'Ypres le 10 mai 1493, pour aller, en compagnie du comte de Nassau, seigneur de Breda, à la journée tenue à Abbeville, avec les ambassadeurs du roi de France, afin de régler ce qui restait à parfaire de la paix de Senlis ; retourné le 28 mai. François de Busleyden est l'un des douze représentants de Maximilien et de Philippe le Beau à ce traité de paix de Senlis le 23 mai 1493 où l’on retrouve l’évêque d’Eichstätt, Wilhelm von Reichenau, précepteur de Maximilien et fondateur en 1472 de l’Université d’Ingolstadt, le marquis Christophe de Bade, les comtes Englebert de Nassau et Baudouin de Lannoy, les seigneurs Jean de Glyme, Antoine Rolin d’Aimeries et Wolfgang von Polhein, l’abbé, Jean Gosselet de l’abbaye bénédictine de Maroilles, Thomas de Plaine, Philibert de Veyré dit La Mouche et Jean de Montfort. Le Roi des Romains souhaite cette paix car il est à court d'argent et de moyens militaires. La population, même si ce n'est pas elle qui décide, désire ardemment qu'il soit mis un terme durable à ces conflits incessant entre la France et les territoires bourguignons. Je ne m'attarderai pas ici aux clauses de ce long texte. Mais il faut citer quelques points importants. Il y a la restitution de Marguerite à son père, vu le mariage entre Charles VIII et Anne de Bretagne, ce qui entraîne la restitution de la dot qui est le Charolais, la Franche-Comté, l'Artois, les seigneuries de Noyers, de Chaussin et Laperrière. Il y a aussi la liberté de circulation et de commerce sur terre et sur mer plus une amnistie générale réciproque. Pour ce qui est du duché de Bourgogne rien n'est décidé au grand dam de Maximilien. Pour ce qui est de Philippe le Beau et ses conseillers et en particulier le prévôt de Liège titre par lequel François de Busleyden est couramment cité dans les textes et chroniques d'époque tel que celle de Molinet, y sont bien moins sensible, bien que, comme nous le verrons dans la suite de l'exposé. Le coût de cette ambassade avait été supporté par des banquiers d’Augsbourg, les Fugger. Ces derniers en profitent pour ouvrir une succursale à Anvers qui consolide leur position en Europe du Nord. Vu le succès de ce traité pour Maximilien signifie finalement, pour ces banquiers, de nouvelles implantations en Hongrie, en Carinthie, en Thuringe, voir à la cour de Rome. Ce qui va leur permettre de prendre véritablement le monopole de la sidérurgie hongroise grâce à leurs mines de cuivre et d’argent dans cette région. Dans les comptes de Simon Longin se trouve encore cette information au sujet des suites du traité de Senlis : A messire Antoine Rolin, seigneur d'Aymeries, etc., parti de Mons le 12 novembre 1493, avec maître Thomas de Plaine, président du grand conseil, et Olivier du Buisson, receveur des aides de Hainaut, pour Chimai, où une journée devait être tenue avec les ambassadeurs du roi de France, afin de régler ce qui restait à parfaire de la paix de Sentis ; retourné le 5 décembre. Le 13 août 1493 à Malines, nous avons des lettres par lesquelles Engelbert, comte de Nassau et de Vianes, premier chambellan du roi des Romains, son lieutenant-général, ainsi que de l'Archiduc son fils, nommé messire Paul de Baenst, président du conseil de Flandre, Françoise van Busleyden, prévôt de la cathédrale de St. Lambert à Liège et de la collégiale de St. Donat à Bruges , Robert de Melun, écuyer, seigneur de Rouvy et Roland le Fèvre, receveur-général de Flandre, tous conseillers du prédit Archiduc, comme commissaires pour renouveler le magistrat de Gand. François de Busleyden est présent le 9 septembre 1494 à Louvain à l'inauguration de Philippe le Beau comme souverain de nos provinces. Au lendemain de cette dernière, on se préoccupe de lui composer un Conseil. Il faut distinguer le Grand Conseil chargé de l'administration générale du pays et le Conseil privé à caractère plus politique. Il est appelé à former un véritable organe de gouvernement. Ce Conseil privé est composé de 14 membres, dont 3 clercs que l'on appelle conseillers en robe longue pour les distinguer des seigneurs, conseillers en robe courte. François de Busleyden est l'un des trois clercs et fait figure d'un ardent nationaliste. Suivant l'ordonnance de l'hôtel de l'archiduc, François de Busleyden est tenu de se trouver toujours aux côtés de son élève et seigneur. Il lui est permis de prendre un repas et de le manger dans la chambre du premier chambellan. Cette autorisation n'est permise qu'au marquis de Bade, au seigneur de Ravenstein, au comte de Nassau, le prince de Chimay, les seigneurs de Beveren, de Berghes et de Beersel. En décembre de la même année, il accompagne les sires de Berghes et de Croÿ-Chièvre auprès du Roi des Romains, qui se trouve à Amiens, pour lui faire part de l'inauguration et de la prestation de serment de son fils. Le 11 décembre, Maximilien d’Autriche donne, à Amiens, des lettres " destat et atterminacion " à la ville de Bruges. Elles sont signées par le comte de Nassau, le prince de Chimay, le sire de Molembais, le président du Grand Conseil, Thomas de Plaines, le prévôt de Maastricht, Jean d’Eynatten et le prévôt de Liège, François de Busleyden, Thibaut Barradot, Hues du Mont. Ce document a été rédigé par Gérard Numan. L’obtention des ces lettres " destat " est due surtout à la constante énergie du bourgmestre de la commune, Jean van Praet, des desux trésoriers , Jacques Despaers et Jérôme Scrap, et du pensionnaire Me Jean Roegiers, qui négocièrent avec le prince et son conseil en les suivant partout, à Malines, Berg, Bréda, etc.. On leur avait d’abord expédié un projet, qui fut rejeté par les échevins. Ils firent si bien qu’ils obtinrent la réformation. En 1494, diverses sources signalent les randonnées effectuées par la garde de Maximilien sous le commandement de Louis de Vaudrey, franc-comtois. En octobre, elle est signalée aux environs de Metz, en novembre dans le Condroz. Jean de Hornes arme ses sujets et se rend à Huy pour la repousser aider par les garnisons de Montfort et de Logne. La troupe, toujours en mouvement, se jette sur les domaines d’Everard de la Marck, seigneur de Durbuy et d’Agimont, comte de Rochefort, haut avoué de Dinant et fidèle allié de Maximilien. Elle gagne Châtelet puis se lance sur la Hesbaye et surprend la ville de Tongres. Elle s’y fortifie et demande de l’aide à Maximilien. Le prince évêque fait occupé militairement les villes de Saint Trond et de Hasselt pour couper toute retraite aux intrus et la priver d’un secourt brabançon. La responsabilité du roi des Romains semble engagée dans cette équipée. La cause pourrait être la carence liégeoise dans certaines contributions levées dans l’Empire pour les charges incombant à celui-ci. Le prince évêque rentre à Liège, le 15 décembre, et fait décréter la levée d’un homme sur sept et se met à leur tête pour entreprendre le siège de Tongres. Il est aidé par Everard de la Marck et ses fils et il est rejoint par 500 hommes venus de Gueldre. Jean de Hornes demande raison à Maximilien. Ce dernier n’hésite pas à avouer pour siens les occupants de Tongres et à défendre qu’il leur soit fait aucun mal. Il envoie Jean de Berghes pour négocier un arrangement. Ce qui n’empêche pas l’évêque de poursuivre ses attaques. Ce n’est que par l’intervention de Marguerite d’York qu’une suspension d’armes est conclue du 11 au 25 janvier 1495. Jean de Hornes aurait promis à la duchesse de Bourgogne le payement de sa dot, dont l’Angleterre devait encore une grande partie. Des pourparlers s’engagent à Saint Trond puis à Malines et le 19 janvier un traité est conclu. Ce dernier est acté et conclu par François de Busleyden, Englebert de Nassau, Jean de Berghes, Baudouin de Lannoy, Thomas de Plaines, président du grand conseil, Jean Arnould, Martin Van Der Keelen, Simon de Julliers et Claude de Cilly. Le texte de ce traité nous éclaire sur le motif de cette prise de Tongres. Par le premier article, Jean de Hornes déclare se soumettre à ce que décideront au cours d’une conférence qui sera tenue à Aix la Chapelle, le Roi de Romains, les archevêques de Mayence, Berthold de Henneberg, Chancelier du Reich et de Cologne, Herman de Hesse, les ducs de Saxe, Frédéric le Sage de la Maison de Wettin, et de Juliers, Guillaume IV de la Maison de Hengebach;touchant la portion de subsides accordés au roy des Romains par les sujets de l’Empire, pour lesquels la dite prise de Tongres a été faicte audict et ordonnance de Mre les archevêques, ducs… " etc. De son côté, Maximilien se soumet à la décision de ceux-ci, touchant les dommages et intérêts que pourrait réclamer l’évêque. Moyennant quoi, Tongres sera évacué par ses occupants et l’armée liègeoise se retirera. Le 24 janvier, Louis de Vaudrey et ses hommes quittent la ville et où l’évêque entre immédiatement. La conférence prévue se tint à Cologne et non à Aix. Jean de Hornes s’y rendit en accompagnant le Roi des Romains, pour le protéger des embûches des Gueldrois. La sentence fut rendue le 17 mars. Le 25 janvier 1495, à Malines, François de Busleyden, comme notaire, authentifie le testament de Perkin Warbeck. En avril 1495, il représente le prince évêque de Liège à la Diète de Worms où l'on discute pour Liège du versement d'argent à côté de la prestation en nature pour les besoins de la défense commune et on y décide de la création de la Chambre impériale. Il y a peut être rencontré son compatriote, Petrus Jacobi Arlunensis qui accompagnait le comte Eberhard de Wurtemberg qui fut élever au rang de duc par Maximilien durant cette diète. Le 29 avril toujours à Worms, Maximilien ratifie les contrats de mariage entre son fils et Jeanne de Castille et de Marguerite sa fille et Dom Juan, prince des Asturies. Ces contrats sont remis à Francisco de Rojas, ambassadeur de Ferdinand d'Aragon et d'Isabelle de Castille. Le 5 novembre 1495 à Malines, Philippe et Marguerite ratifient sous serment le projet de mariage et d'alliance espagnole et délivrent l'acte de ratification à Francisco de Rojas. Celui-ci conclut les mariages en vertu de ses pouvoirs et les confirme sous serment. Nous retrouvons comme souscripteur François de Busleyden, docteur ès décrets, prévôt du Chapitre de Liège et de Saint Donatien à Bruges, conseiller de l'archiduc et notaire apostolique et impérial. Il fait entériner ces documents par les parties après leur avoir donné lecture ainsi que l'acte du pape Alexandre VI, du 26 juin 1493, portant dispense des empêchements pour consanguinité et parenté par alliance. Nous retrouvons parmi les témoins Engleber de Nassau, Jean de Berghes, Thomas de Plaines et Jean d'Eynatten. Après cela, Busleyden déclare avoir collectionné les 4 procurations, vérifié les sceaux et contrôlé les signatures devant témoins dont Christophe de Bade et Henri de Berghes, évêque de Cambrai. Francisco de Rojas conclu le tout, les archiducs Philippe et Marguerite étant présent en leur nom propre et Florian von Waldenstein au nom de Maximilien. L’ambassade envoyée en Angleterre, le 14 décembre 1495, pour préparer le traité commerciale entre la Flandre et l’Angleterre se composait de Philippe de Bourgogne, seigneur de Beveren, Paul de Baenst, président du conseil de Flandre, Robert de Melun, seigneur de Rosny, Daniel de Praet, chambellan et souverain bailli de Flandre, des conseillers, Jean de Courteville, écuyer tranchant, et Tomaso Portinari et Florent Hauwel, secrétaire en ordonnances. La lettre remise, à Bruxelles, par Philippe le Beau à ses ambassadeurs était signée par Englebert de Nassau, Baudouin de Bourgogne, Jean de Berghes, Guillaume de Croy, Baudouin de Lannoy, Jean d’Eynatten, prévôt de Saint Servais à Maastricht et François de Busleyden, prévôt de Saint Lambert à Liège et contresignée par Gérard Numam. Le 24 février 1496, à Londres, les mêmes ambassadeurs pour Philippe le Beau ratifient en présence des représentants anglais, Richard Foxe, évêque de Durham et custode du sceau privé, John Welles, vicomte, John Kendal, prieur de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem en Angleterre, William Warham, Maître de la Chancellerie, Chistopher Worswick, archidiacre de Richmont et John Risley, conseiller. François de Busleyden, Henri de Berghes, Charles de Croy, Englebert de Nassau, Philippe de Clèves, Philippe de Bourgogne, Jean de Berghes, Jean d’Egmond, Guillaume de Croy, Antoine Rolin, Baudouin de Lannoy et Jean de Touteville, capitaine de Bruges entérinent au nom de Philippe le Beau cet important traité commerciale entre la Flandre et l’Angleterre, ce traité dénommé aussi Intercursus Magnus. Les représentants du roi Henri VII d’Angleterre, pour ce traité, étaient le cardinal John Morton, archevêque de Canterbury, Richard Foxe, évêque de Durham et custode du sceau privé, Thomas Langton, évêque de Winchester, John Dinham, trésorier d’Angleterre, Thomas Grey, marquis de Dorset, John de Vere, comte d’Oxford, Edmund de la Pole, comte de Suffolk, Thomas FitzAlan, comte d’Arundel, Thomas Stanley, comte de Derby, George Talbot, comte de Shrewsbury, John Welles, vicomte, Egide Dabne et John Kendal, prieur de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem en Angleterre. Les points litigieux de ce traité seront négociés à Calais, le 18 mai 1499 par Henri de Berghes, Jean Le Sauvage, Daniel de Praet et Thomas de la Popoire, pour ce qui est des diplomates bourguignons et par Richard FitzJames, évêque de Rochester, William Warham, Maître de la Chancellerie, Richard Nanfan, lieutenant de Calais, Richard Hatton, John Turberville, Sampson Norton et Adrian Whethill, pour ce qui est des diplomates anglais. Englebert de Nassau, dans une lettre datée de Bruxelles du 8 avril 1496, s’engage à faire respecter le traité Intercursus Magnus. Le 11 avril 1496 au Palais de Bruxelles, l'archiduc ratifie son mariage et en donne acte à Francisco de Rojas en présence de témoins dont Busleyden et Jean de Berghes. Le 16 avril, à Namur, les Etats Généraux ordonnent le paiement de la somme de 350 florins aux seigneurs de Chièvres et de Berghes et à François de Busleyden, pour le voyage, par ordre des Etats des Pays-Bas, ils avaient à faire vers l’empereur au sujet de la réception de l’archiduc Philippe le Beau. En cette année 1496, Maximilien tante d'imposer ses vues et sa politique tant intérieure qu'extérieure à son fils. Philippe le Beau et son entourage « belge » ne l'entendent pas de la même façon. Maximilien veut que les Pays-Bas participent à l'effort de guerre tant en argent qu'en hommes. Mais au premier rang de la contestation, nous retrouvons le prévôt de Liège qui prône avec la France une entende de bon aloi dans la foulée du traité de Senlis. C'est dans ces conditions que Philippe le Beau quitte fin avril les Pays-Bas accompagné entre autre par François de Busleyden pour rencontrer son père en Allemagne. La rencontre a lieu à Ulm le 27 mai. Durant plusieurs jours des entrevues ont lieu entre le père et le fils flanqué de son ancien précepteur. Ils quittent Ulm en juin pour le Tyrol. Ils font une halte prolongée à Augsbourg. Les discutions reprennent à Innsbruck du 28 juin au 5 juillet, nouvelles rencontres du 2 au 4 août à Imst. Mais durant ces différentes rencontres se fait jour une différence profonde d'opinion entre le père et le fils surtout au sujet des relations avec le roi de France. Maximilien est opposé à touts rapprochements avec la France ce que soutient son fils. François de Busleyden devient aux yeux de Maximilien sa bête noire et le tient pour responsable de l'entêtement de l'archiduc. Il oblige ce dernier à se séparer au plus vite de ce traître. Cheminant vers Lindau où se tient la Diète, Philippe le Beau, le 24 août à Hall écrit une lettre à son père pour lui annoncer qu'il a donné congé pour 4 mois à Busleyden. Dans sa lettre, il fait remarquer que c'est à regret vu son affection pour un collaborateur aussi compétant et que son père est inspiré par de faux rapports à son sujet. François de Busleyden écrit dés le lendemain une lettre à Maximilien pour se justifier. Pourtant après avoir quitté son fils à Imst, Busleyden aurait accompagné Maximilien qui pendant plusieurs jours aurait tenté de le convaincre de changer d'avis vis à vis de la France. Mais déjà sur le chemin de retour, il retrouve, dés Cologne, ses fonctions dirigeantes. Le 19 octobre, il accompagne la princesse Jeanne qui se rend à Lierre à la rencontre de l'archiduc de retour d'Allemagne en vue de leur mariage. L'union de Philippe le Beau et de Jeanne de Castille est bénie à Lierre en la Collégiale Saint Gommaire par l'évêque de Cambrai, Henri de Berghes, le 20 octobre 1496. François de Busleyden y remplit la fonction de rapporter. Le 20 mai 1497, à Bruges, nous avons des lettres passées par devant Philippe Hanneton, secrétaire de l'archiduc, par lesquelles le révérend père François de Busleyden, prévôt de Liège, conseiller et maître des requêtes de l'hôtel du Duc, substitue à sa place Jérôme Lauwerin, comme second commissaire appelé à renouveler les magistrats de différentes villes de Flandre, le West-quartier du pays toutefois excepté. Le 12 juillet 1497 à La Haye, il est présent avec le comte de Nassau et le seigneur de Berghes à la signature de l'acte par Philippe le Beau au sujet de l'office de grand bailli de Hainaut attribué à Guillaume de Croÿ-Chièvres suite au décès d'Antoine Rolin d'Aymeries. Ce dernier fut inhumé dans l’église de la Chartreuse de Marly-lès-Valenciennes. Le 25 juillet suivant de La Haye, nous avons des lettres par lesquelles Philippe, duc de Bourgogne, comte de Flandre, nomme le comte de Nassau , seigneur de Breda, lieutenant-général de Flandre, conjointement avec ses conseillers messire François de Busleyden, prévôt de Liège, maître des requêtes de l'hôtel du Duc et chef de ses finances, Robert de Melun , chambellan, et Roland Lefèvre , trésorier du duc, pour renouveler le magistrat de Gand. Le 2 octobre 1497, à Bruxelles, Philippe le Beau affranchit du droit d'aubaine son secrétaire en ordonnance Hughes Oderne, prévôt à l'église collégiale Saint Vincent à Soignies, chanoine de Sainte Waudru à Mons, il touche une pension de 40 florins à Saint Martin de Midelbourg, curé à Alsen, près de Breda, au diocèse de Liège, un personnat à l’église d’Auskerque et chanoine à Besançon où l'on y retrouve les signatures de Thomas de Plaine chancelier, de Busleyden, de Thibaut Barradot premier trésorier et maître d’hôtel, Hues du Mont trésorier des domaines et finances et garde de l’Epargne, Roeland le Fevre trésorier des domaines et finances et de Gérard Numan, audiencier. Hughes Oderne se retrouve dans l’ordonnance de l’hôtel de Philippe le Beau en 1496 comme secrétaire pour le grand conseil avec Philippe Hanneton et Gilles Donrebeke pour les mois de janvier à juin. Dans l’ordonnance de Philippe le Beau pour la composition et le gouvernement de sa maison pendant son voyage en Espagne du 1er novembre 1501, Hughes Oderne demande sa résignation et il sera remplacé par Jacques Lauwerin. Le 6 août 1498, à Bruxelles, nous avons des lettres par lesquelles Philippe, archiduc d'Autriche et comte de Flandre, nomme le comte de Nassau , seigneur de Breda, lieutenant-général du pays (et en son absence maître Jean le Sauvaige, président du conseil de Flandre), messire François de Busleyden , prévôt de Liège et de St. Donat à Bruges, conseiller et son premier maître de requêtes (et en son absence Jérôme Lauwerin , conseiller receveur des aides), Robert de Melun, conseiller et chambellan , Roland le Fevre, trésorier (et en son absence maître Charles de la Porte, conseiller du conseil de Flandre), pour renouveler le magistrat de Gand et ouïr les comptes de la ville. Au moment où Maximilien d’Autriche décide d’une politique dure envers la France, le gouvernement de Philippe le Beau entame des négociations avec le nouveau roi de France, Louis XII. Elles aboutissent à la signature du traité, le 2 août 1498, à Paris, en présence d’Englebert de Nassau, de Philippe de Contay, seigneur de Forêt, gouverneur et capitaine d’Arras, de Jean Le Sauvage, président de Flandre, de Jean de Tinteville et de Laurent de Blioul, secrétaire et greffier de l’ordre de la Toison d’Or. Les ambassadeurs et députés de Philippe le Beau ont conclu avec le roi de France Louis XII que l’archiduc se rende à Arras pour rendre hommage au roi pour les comtés de Flandre et d’Artois comme prescrit lors du traité de Senlis en 1493. Mais aussi par cet accord, l’archiduc va jusqu'à abandonner ses intérêts dynastiques pour conserver la paix avec la France. Il renonce à faire valoir ses droits héréditaires sur la Bourgogne. Philippe le Beau ratifie cette accord, à Bruxelles, le 13 août suivant et contresigné par le prince de Chimay, les sires de Fiennes et de Beersel, François de Busleyden, Corneille de Berghes, Nicolas de Rutter et par l’audiencier des sceaux, Gérard Numan. Maximilien n’accepte pas ces décisions et fait pression sur son fils pour qu’il n’entérine pas l’abandon des territoires dont la France s’était emparée. L’attitude de son père place Philippe le Beau dans une situation difficile. Aussi, décide-t-il de réunir les Etats généraux à Bruxelles, le 15 décembre 1498. Il y adresse un discours pour s’expliquer des conclusions du traité de Paris. S’il a renoncé à faire valoir ses droits héréditaires sur la Bourgogne, c’est devant l’attitude menaçante de la France et par voix de conséquence c’est pour préserver les Pays-Bas de toutes guerres, comme il l’avait promis et donc de vivre en paix avec la France. Mais nous avons l’opposition de Maximilien à ce traité. C’est pourquoi, Philippe le Beau devant ce dilemme demande conseille aux Etats. Doit-il se défendre contre les injonctions de Maximilien et continuer à vivre en paix avec la France ou le suivre dans la voie qu’il préconise et donc de se lancer dans une guerre dont il ne minimise pas les inconvénients. Pourtant, l'année 1499 voit s'accomplir une formalité de la plus haute importance, quand l'archiduc effectue le voyage d'Arras pour la cérémonie d'hommage au roi de France comme comte de Flandre et d’Artois et pair du royaume, le 5 juillet 1499, dans les mains du chancelier Guy de Rochefort. Cet hommage a été conseillé à n'en pas douter par François de Busleyden. Car j'ai trouvé dans les Archives départementales du Nord à Lille plusieurs lettres à ce sujet. Nous avons une lettre du cardinal Georges d'Amboise datée du 13 mai de Montilz-sous-Blois à François de Busleyden, lui accusant réception de celle qu'il lui a fait remettre par le secrétaire, Philippe Hanneton, et l'assurant de ses bons offices près du roi. Une autre de Philippe de Clèves datée de Compiègne le 19 mai au sujet de la mission d'Hanneton auprès du roi de France et invitant l'archevêque de Besançon à conseiller Philippe le Beau de venir prêter hommage à Louis XII. Enfin nous avons une lettre de Busleyden à Philippe Hanneton lui transmettant les lettres de Georges d'Amboise qu'il a reçues en son absence et au sujet desquelles il devra délibérer avec le chancelier daté de Valenciennes le 15 juin. Durant la session des Etats de Franche-Comté à la date du 7 juin 1499 tenue à Salins et qui n’avait été sollicitée jusqu'à cette date que par Maximilien d’Autriche. L'archiduc Philippe avait atteint, le 22 juin 1498, sa vingtième année. Quoiqu'il eût déjà reçu par procureur le serment de ses vassaux de Bour­gogne, il fallait une prise de possession plus solennelle ; elle eut lieu, le 7 juin 1499, devant les Etats assemblés à Salins. Là furent lues ses lettres, où il prend le titre de duc et comte de Bourgogne. Ses commissaires chargés de le représenter étaient le gouverneur Jean de Chalon, prince d'Orange, le maréchal Guillaume de Vergy, le président du Parlement Jacques Gondran, Girard de Plaine, con­seiller et maître des requêtes, enfin le secrétaire du prince, Hugues Oderne. Le nom de l'archiduc fut acclamé par les Etats. Le livre des Evangiles ayant été placé sur une table, les commis­saires, la main étendue sur le livre sacré, jurèrent au nom du prince qu'il maintiendrait ses sujets dans tous leurs pri­vilèges et leurs libertés, qu'elles entretiendrait en bonne jus­tice et police, et les préserverait de foules et oppressions, comme l'avaient fait ses prédécesseurs, comtes de Bour­gogne. De leur côté, les députés firent, au nom du pays, le ser­ment d'être bons et fidèles sujets à leur souverain seigneur, de procurer en toutes choses son honneur et profit, et de révéler ce qui y serait contraire. Telle fut la clôture des derniers Etats du XVe siècle dans le comté de Bourgogne. Suite à cet événement, du 22 octobre 1499 au 17 juin 1500, François de Busleyden effectue un voyage en Charolais, dans les seigneuries de Noyers et Château-Chinon et en Franche-Comté. Le 16 novembre1499, Busleyden est salué au château de Gy par les autorités bisontines. Parmi les députés, nous retrouvons Etienne Despotot, seigneur de Dampierre-sur-Salon et de Mugnans, institué juge à Besançon en 1493 par Philippe le Beau, co-gouverneur en 1497. Comme nous l'avons vu, François de Busleyden prend possession de son siège épiscopale le 21 novembre 1499. Durant son séjour, il s'occupe de l'administration de son diocèse. Il fait reconstruire le château des archevêques à Gy. Il s'occupe également de réorganiser le domaine et les finances ducales ainsi que la justice. Il travaille à la « réintégration du domaine » et dresse les états des receveurs du comté de Bourgogne. Dans cette tâche, il est assisté par Maître Jean Wouters. Dont le père avait été chambellan et officier de cour de Charles le Téméraire, il entre très jeune comme officier domestique au service de Philippe le Bon puis de Charles le Téméraire, avant de devenir clerc de l’audiencier en 1472. Entré comme petit clerc à la Chambre des comptes de Malines peu avant sa suppression, il fait partie du personnel de la Chambre des comptes rétablie à Lille. Il devient, en 1480, contrôleur général des lois et officier de Flandre. Il revient à la Chambre des comptes, en 1482, comme auditeur ordinaire. Il accède à la maîtrise en 1499. Il deviendra président 15 ans plus tard. Il était seigneur de Hallebast et de Brouck. Son mariage avec la fille d’un chevalier du Saint Sépulcre, burgrave et comte palatin du sacré palais du Latran et du consistoire impérial, est exceptionnel. François de Busleyden s’occupe également de l'institution du Parlement de Dole en février 1500. Lors de cette réorganisation du Parlement, nous retrouvons Despotot nommé premier conseiller. Pour ce qui est du Charolais, ce comté était divisé en quatre baronnies. Nous avons Mont-Saint-Vincent qui fut donné en viager avec Marizy, le 16 octobre 1501, par Philippe le Beau à Philibert de Veyré dit « La Mouche » en récompense des missions accomplies et en dédommagement des frais supportés, ensuite Lugny aux mains des Lévis, ensuite Joucy aux mains des Rochebaron et enfin Digoine aux mains des Damas Nous avons aussi pour le Charolais, Philippe le Beau qui accorde à Pierre de la Guiche quatre foires franches qui se tiennent à Saint Bonnet de Joux. Le père de ce dernier, Claude de la Guiche, avait pris le parti de Marie de Bourgogne, fut détenu un an prisonnier à Blois ; son château fut pillé et saccagé, avec dispersion des titres, en 1478. Son fils, Pierre, accompagna Charles VIII à Naples et fut chambellan et ambassadeur de Louis XII et bailli de Mâcon. En 1495, le cardinal, Georges d’Amboise, favorisa le mariage de Pierre de la Guiche avec sa nièce, Françoise de Chazeron fille d’Antoine de Chazeron et d’Anne d’Amboise. Pierre de la Guiche était seigneur de Chaumont dans la commune actuelle de Saint Bonnet de Joux et aussi seigneur Sivignon dans la commune de Suin après que Raimond de l’Espinasse lui en fit don. Son frère, Jean, qui ne s’était pas marié et qui avait servi le duc Charles le Téméraire et ensuite les rois de France, Charles VIII et Louis XII, lui laissa sa seigneurie de La Guiche. Pierre de la Guiche fit rebâtir un magnifique château à Chaumont. L’oncle de son épouse, Jacques d’Amboise abbé de Cluny et prieur commendataire du prieuré bénédictin de Perrecy, y fit bâtir, en 1505, une grosse tour, appelée d’Amboise. Philippe le Beau par un décret daté du 22 septembre 1500 réduit de façon drastique les compétences juridictionnelles acquises du conservateur des privilèges de l'université de Louvain, ainsi d'ailleurs que celles du recteur de la même institution. François de Busleyden intervient en faveur de l'Alma Mater. Cette dernière fera exception à l'abolition de toutes délégations conservatoires octroyées par décision pontificale dans l'ensemble des Pays-Bas. Qui se concrétisera par une forme de concordat le 17 décembre suivant et promulguée par lettres princières du 21 décembre. Le 6 octobre 1500, nous avons un mandement de l’archiduc au trésorier général des finances renouvelant la pension de 2000 livres accordée à François de Busleyden, cité comme archevêque de Besançon et comme « conseiller domestique », déjà assignées par patentes du 28 septembre 1499 et authentifiée par Hanneton. Suite au décès de Miguel le 22 juillet 1500, petit-fils de Ferdinand et Isabelle, ce qui fait de Jeanne l'héritière des couronnes paternelles et maternelles. Philippe et Jeanne ont explicitement mandaté François de Busleyden et Philibert de Veyré à cette fin. Ils partent en Espagne le 1 novembre 1500 et reviennent le 14 juin 1501 chargé de cadeaux. On peut légitimement penser, vu qu’ils ont quitté la cour espagnole, fin mars 1501, et que les fiançailles entre Charles de Luxembourg et la princesse Claude ont été décidées très rapidement en accord avec les Ferdinand et Isabelle, qu’ils sont passés par Paris pour les préparer sur le chemin de retour vers les Pays-Bas. Ils sont à peine de retour à Bruxelles qu'ils repartent le 28 juin accompagné par Guillaume de Croÿ, Nicolas de Rutter et Pierre Lesseman pour ce rendre à Lyon où se trouve Louis XII et Anne de Bretagne pour négocier tant la paix franco-bourguignonne que le mariage entre Charles de Luxembourg, futur Charles Quint, et la princesse Claude. Le 3 août, Louis XII écrit à Philippe le Beau au sujet de la prise de l'abbaye de Saint Amand par Jean de Lille et Philippe de Belleforiere pour qu'ils soient punis. Le monarque français attache une grande importance à la conservation de cette seigneurie et du monastère. François de Busleyden présent à la cour française, répond que cette prise n'était pas de la volonté de l'archiduc. Le 9 août, Jean de Chalon, prince d'Orange, négociateur de Louis XII fait comprendre à Busleyden chef de l'ambassade bourguignonne que Michel Le Grand, secrétaire du roi, a mal interprété en ce qui concerne la restitution du duché de Bourgogne. Restitution qui  n'est pas à l'ordre du jour. Ce qui avait mi-François de Busleyden dans une joie indescriptible. Le traité de mariage est signé le 10 août. Comment peut-on expliquer ce traité à la vue d’un document rester longtemps méconnu ? Il s’agit d’une déclaration signée à Lyon, le 30 avril 1501, par Louis XII, selon laquelle il déclarait à l’avance nul tout accord matrimonial de sa fille avec un autre que le duc de Valois Angoulême, le futur François Ier. Cette déclaration avait été inspirée par le maréchal, Pierre de Gié qui avait fait valoir la justesse de ses vues. Mais alors pourquoi ce revirement ? Un événement semble avoir été décisif : la conquête rapide par les Français du royaume de Naples en juillet 1501. Après cette conquête, Maximilien avait opéré un rapprochement avec la France. De son côté, Louis XII cherchait à obtenir de l’Habsbourg l’investiture formelle du duché de Milan, fief impérial. Pierre de Gié pensait que la situation dans le napolitain n’allait peut-être pas rester aussi simple et qu’il allait falloir compter avec la rivalité des Hispano-Aragonais. C’est ainsi que sous l’instigation d’Anne de Bretagne mais aussi de Georges d’Amboise, les Français eurent l’idée de se concilier les deux puissants grands-pères, Maximilien et Ferdinand, en proposant le mariage entre Charles de Luxembourg et Claude de France, qui apporterait en dot à leur petit-fils, outre le Milanais, l’Astenan et le Napolitain, le duché de Bretagne, le duché de Bourgogne et même le comté de Blois. Ce qui ramenait le royaume de France aux frontières du temps de Charles VII. L’attitude de la reine Anne se comprend aisément. Parfaitement indifférente aux intérêts français voir peut-être secrètement hostile à ceux-ci, il faut garder à l’esprit son mariage manqué avec Maximilien et celui forcé par les armes avec Charles VIII, elle voyait là un moyen de couper les liens fragiles qui unissait la Bretagne au royaume. Son duché éviterait ainsi à l’avenir tout nouveau risque d’absorption et retrouverait cette espèce de quasi-indépendance qu’il avait connue dans les siècles précédents. Pour ce qui est de Georges d’Amboise, on discerne plus ou moins les raisons qui ont dû le pousser à faire servir, lui aussi, son influence en ce sens : son dévouement à la reine Anne, mais aussi sa volonté toute personnelle de devenir pape, mais aussi et surtout la volonté de contrecarrer la puissance discrète mais influente du maréchal de Gié. François de Busleyden est l'un des signataires de l'acte de mariage entre Marguerite et le jeune duc Philibert de Savoie à Bruxelles le 26 septembre 1501. Nous le retrouvons aussi, durant cette année 1501, comme exécuteur testamentaire d’Olivier de la Marche. Après plusieurs tergiversations de Philippe le Beau pour se rendre en Espagne pour prendre possession de son futur héritage dont Jeanne impute ces différents reports de départ à l'ancien précepteur de son époux. Il faut dire que le courant ne passe pas entre ces deux personnages. Jeanne s'en plaid à un ambassadeur espagnol. Elle reproche à l'archevêque de Besançon son influence si pas sa mainmise sur Philippe le Beau. Louis XII ayant eut connaissance de ce projet de voyage, propose au jeune archiduc de traverser la France. Il envoie à cette fin le seigneur de Belleville le 15 septembre 1501. Une partie des conseillers sont opposés à ce projet et à leur tête Charles de Croÿ, prince de Chimay qui rappelle les longs et sanglants démêlés entre les Maisons de France et de Bourgogne. Nous avons les favorables et à leur tête François de Busleyden qui prend la parole en ces termes « Que depuis 4 siècles les rois de France n'aient cessé d'en vouloir à notre puissance et à nos libertés, je ne m'en ébahis point; qu'aujourd'hui leurs desseins soient encore les mêmes, je le veux bien. Nous en ferions tout autant à leur égard si nous le pouvions. Où sont les rois, les princes, les républiques, qui ne cherchent pas à agrandir leur renommée? La cupidité et l'ambition sont rependues partout: c'est la passion des petits comme des grands; mais est-ce à dire qu'à côté de ces vices il ne puisse y avoir de nobles penchants et des sentiments généreux? La bonne foi et la grandeur d'âme ne sont pas tout à fait exilées d'ici-bas. C'est calomnier le genre humain que de considérer les haines comme héritage qui se perpétue de race en race. J'aime mieux, pour mon compte, cette parole du Sage: « Que vos haines soient mortelles, et vos amitiés immortelles! » Louis XII, dites-vous, a le coeur trop haut pour ne pas vouloir venger l'injustice faite à ses ancêtres; et moi je dis que s'il a le coeur grand, il ne se vengera point. La vengeance est le propre des faibles. Charles d'Orléans, le père du roi actuel, qui avait une cause si légitime, et pour ainsi dire si sainte, de haïr les princes de Bourgogne, se réconcilia pourtant avec Philippe le Bon et demeura son ami fidèle, malgré les murmures des grands seigneurs. Tous les rois de France ne sont pas des Louis XI, soyez-en sûrs. Qu'avons-nous à nous plaindre de Louis XII? Nous n'avons, nous autres Flamands, qu'à nous en louer. On s'étonne que ce prince veuille conserver son empire dans la situation où il l'a trouvé; mais c'est le devoir imposé à tout monarque qui veut maintenir la tranquillité publique, et préserver les fortunes particulières de ces atteintes perturbatrices si funestes aux états. Peut-on croire que le roi Louis, en détenant notre prince contre la foi jurée, voulût souiller sa mémoire d'un opprobre éternel et attirer sur la France l'indignation de tous les princes chrétiens? Non, ce n'est pas dans ces intentions basses et perfides qu'un si grand roi a offert son alliance à Monseigneur, et l'a invité à passer par son royaume. Je ne vois dans cette offre que l'expression d'une amitié sincère et pure. Nous connaissons tous le roi de France: nous savons comment il s'est comporté à l'égard du prince notre maître. Après les témoignages réciproques d'une amitié bienveillante, la paix est venue, bienfait immense: déjà les plaies que nous a faites la guerre se cicatrisent, les haines s'apaisent. Ce que vous paraissez craindre est indigne du caractère magnanime de Louis, le meilleur prince peut-être de l'époque actuelle. Personne plus que lui ne hait la fourberie, l'astuce et tous les hypocrites détours. On sait avec quel soin il attire à lui les gens de bien. S'il était vindicatif aurait-il fait au duc René de Lorraine cette noble repartie: « Ce n'est pas au roi de France à venger les querelles du duc d'Orléans? » Vous demandez pourquoi il insiste si fortement afin que Monsieur l'archiduc prenne sa route par la France? La réponse est facile: c'est dans l'espoir de cimenter de plus en plus l'affection qui unit ces deux princes; c'est aussi, je le crois, pour intéresser l'archiduc aux démarches que fait maintenant le roi à l'effet d'obtenir de l'empereur l'investiture du duché de Milan ». Philippe le Beau, vu l'influence de son ancien précepteur sur lui, accepte la proposition de Louis XII le 20 septembre. Début novembre, l'archiduc ratifie un important accord fiscal avec le clergé du comté de Hainaut. Où nous retrouvons le gratin du pouvoir composé de dignitaires laïques et ecclésiastiques, le maître des requêtes Gérard de Plaines, le trésorier général des finances Jérôme Lauwerin, le chancelier Thomas de Plaines ensuite des chevaliers de la Toison d'or ou futur membre de l'ordre, Christophe Ier, marquis de Bade et cousin de Maximilien, Englebert II, comte de Nassau lieutenant général, Jean III, seigneur de Berghes, premier chambellan, Claude de Neufchâtel, seigneur de Fay, maréchal de Bourgogne, Corneille de Berghes, seigneur de Zevenbergen, Henri III de Withem, seigneur de Beersel, second chambellan, Philibert de Veyré dit La Mouche, Nicolas de Rutter, prévôt de Louvain et futur évêque d'Arras, Conrard de Sart(o), prévôt de Malines, Philibert Naturel prévôt d'Utrecht futur chancelier de la Toison d'or et enfin François de Busleyden. Il ne manque à cette liste que Henri de Berghes, chef du conseil aulique. Corneille de Berghes, comme seigneur de Terschelling, envisage de faire valoir ces droits seigneuriaux sur l’île, en opposition avec ses prédécesseurs. Mais, François de Busleyden, comme prévôt de Saint Donatien, a également des droits seigneuriaux sur Terschelling. Le 3 novembre, Philippe le Beau attribue la seigneurie avec tous ses droits annexes à Corneille de Berghes, à condition que, François de Busleyden reçoive une rente annuelle de 25 florins comme dédommagement. Un acte de désignation est établi par André van Wytenhove, notaire du diocèse de Cambrai, par François de Busleyden, archevêque de Besançon et prévôt de Saint Donatien à Bruges, de Philibert Naturelle comme médiateur dans l’affaire entre lui et Corneille de Berghes, chevalier. Il faut remarquer que Henri de Saxe avait pillé, en 1499, Terschelling. Les insulaires avaient demandé le soutient de Philippe le Beau, comme comte de Hollande. En 1500, il avait nommé Jean d’Egmond comme détenteur des villes des Pays-Bas et de la Zélande. En outre, il avait confirmé leurs privilèges pour leur bien-être économique et pour promouvoir leur commerce. Chose qui avait déjà été faite par ses prédécesseurs. Le départ pour l'Espagne se fait le 4 novembre. Le 11 novembre, ils logent au château de Boussu dont le seigneur Philippe de Heinnin est l'écuyer chambellan de François de Busleyden. Le 18 novembre, on prie pour lui à Besançon pour son heureux voyage en Espagne. Ils arrivent à Blois le 7 décembre où se trouve Louis XII. Pendant que les souverains passent leurs journées à la chasse et à différents amusements. Durant une semaine, Busleyden, Henri de Berghes son frère Jean, Guillaume de Croÿ et le légiste Nicolas de Rutter négocient avec ceux du roi de France. Le traité est conclu le 13 décembre. Philippe le Beau confirme par serment solennel avec le roi de France, en son nom et en celui de son père le traité de Trente. Une messe solennelle est célébrée à cette occasion par les cardinaux Georges d’Amboise, Philippe de Luxembourg et Giovanni Antonio di San-Giorgio, jurisconsulte, théologien, professeur à Pavie, référendaire apostolique, évêque d’Alessandria, d’Albano, de Parme, de Frascati, auditeur de rote, mais aussi par l’archevêque de Sens Tristan de Salazar, l’évêque d’Albi, Louis d’Amboise, l’évêque de Langres, Jean d’Amboise, l’évêque de Castres, Charles de Martigny, l’évêque de Poitiers, Pierre d’Amboise, l’évêque du Puy, Geoffroy de Pompadour, l’évêque de Tournai, Louis Pot, l’évêque de Lodève, Guillaume Briçonnet, l’évêque de Bayeux, René de Prie et l’évêque de Sisteron, Laurent Bureau pour ce qui est des ecclésiastiques du roi de France. Pour Philippe le Beau, nous avons l’archevêque de Besançon, l’évêque de Cambrai, Henri de Berghes, l’évêque de Cordoue, Juan Rodriguez Fonseca, l’évêque de Malaga, Diego Ramírez de Villaescusa de Haro, l’évêque d’Arles, Jean Ferrier, l’évêque de Voltera, Francesco Soderini et l’évêque de Novare, Gerolamo Pallavicini. Ce dernier est-il un parent du cardinal Antoniotto Gentili-Pallavicini cité plus haut ? Le voyage reprend pour l'Espagne. Le 5 février 1502, ils arrivent à Burgos. Le 27 avril, à Madrid, François de Busleyden, Philibert de Veyré et plusieurs gentilshommes vont à la rencontre de Diego Hurtado de Mendoça, duc de l’Infantado, marquis de Santillana. Le 3 mai, à Ólias, l'archiduc est atteint de la rougeole. Il envoie l'archevêque de Besançon, Philibert de Veyré et Jean de Luxembourg-Ville auprès d'Isabelle pour la dissuader de venir le voir. Même si le 22 mai est mis un terme à la réunion des Cortès à Tolède. Une série de membres de la noblesse castillane vienne prêter serment en personne entre le 29 mai et le 19 juillet. Le tout est consigné dans des écrits officiels en présence de témoins, à côté de seigneurs et d'ecclésiastiques espagnols on retrouve aussi des bourguignons dont François de Busleyden. Le 23 juillet, une dispute éclate entre l'archiduc et Jean de Berghes au sujet d'un rapprochement avec la France au détriment de l'Angleterre. Idée inspirée à n'en pas douter par Busleyden qui est un partisan farouche de la paix avec la France. Cette dispute aboutit au retour forcé et sans délais du clan « anglophile » composé par Jean de Berghes, son frère Henri, son jeune neveu Maximilien et le bâtard Philippe de Bourgogne. Suite au renvoi de l'évêque de Cambrai, la fonction du chef du conseil aulique échoit à Busleyden. Malheureusement pour lui, il ne jouit guère de cette fonction. Il tombe malade de la fièvre le 16 août. Sentant sa fin venir, il fait venir son ancien élève le lundi 22 et s'entretiennent seul à seul. Le lendemain, François de Busleyden meurt au couvent de San Bernardo près de Tolède. Suivant ses dernières volontés, il est enterré dans l'église du monastère du Montesion dans une chapelle tenante au choeur. Il donne au monastère 2500 florins pour sa sépulture en albâtre et la couvrir d'un grand poêle de velours noir et de satin cramoisi. Il donne aussi 50 aulnes de velours, ce qui fait +/- 37 mètres, pour les ornements liturgiques. Sa mort n'est apprise à Besançon que le 22 septembre suite aux lettres de Philippe le Beau présentant comme successeur aux suffrages du Chapitre Antoine de Vergy. Son coeur quand à lui est transporté en la cathédrale Saint Etienne à Besançon et ne sera placé dans un cénotaphe que le 25 octobre 1510. Le 11 mars 1504, une donation est faite pour son obit à la collégiale Sainte Gudule de Bruxelles, qui doit être célébré le 23 août.

Ses frères, Jérôme, Gilles et Valérien, donnent en commun une rente de 33 fl., 26 gros, 8 pennick et 4 maldres de blé au couvent des Carmes à Arlon pour les anniversaires de leur père et mère et pour leur frère François, Fondations: le Couvent est oblige de chanter par chacune semaine deux messes grandes à la chapelle de Ste Croix, l'une tous les mardis de requiem, l'autre tous les vendredis de S. Cruce, nos autem opportet etc..., priant Dieu pour leurs pere et mere et Illustrlssime Mr Franchois, archevesque de Besançon leur frere. Item une messe quotidienne auparavant la messe grande conventuelle en leur ditte chappelle; item pour trois anniversaires ä celebrer par chacun an, avec cinq basses messes ä chacun jour des dits an. Le premier an. avec cinq messes basses se doit dire le 19 du mois de may, priant Dieu pour l'äme de Valerian Bausleiden; le deuxieme avec cinq messes basses, le 23 d'aoust, veille de St Bartholome apostre..., pour l'äme d'Illustrissime Seigneur Mr Francois de Bausleiden, archevesque de Besancon; le troisieme, avec cinq messes basses, le 13 septembre, veille de l'Exaltation Ste Crois, pour l'äme de dame de Gierch, leur mere (sie). A condition que ä chaque jour des dits anniversaires, le C. est oblige mettre sur leiws sepultures en leur chapelle cinq chandelles, chacune d'une livre, et deux sur l'autel; la veille de chaque jour des dits anniversaires chanter les vigilles des morts. Apres que la messe grande des dits anniversaires serat achevee et les cinq messes basses celebrez, les religieux doivent aller sur leur dite sepulture, chanter les commendasses. Texte de Jules Vannerus au sujet du Cartulaire des Carmes d‘Arlon dans Annales de l‘Institut Archéologique du Luxembourg, Tome LXXIV Année 1943, mais aussi dans le couvent du même ordre à Marche en Famenne et à l’abbaye bénédictine Saint Martin à Trèves.

Nous avons aussi dans le texte de J. Vannerus ceci : Les fondations et obligations à la chairge du Couvent, scavoir les messes, anniversaires et autres fondations pieuses. Prime, les fondations pour lesquelles le Couvent reçoit annuellement les rentes et revenus. Nous avons à la date du 27 mai : An. de Monsieur François de Bauschleiden, lequel a donne particulièrement pour cest an. 14 s. de rente à Bebing. Et à la date du 27 août, nous avons Second an. Avec cinq messes basses et le Libera, pour l’âme de l’Illustrissime Sr. François de Bauschleiden, archevêque de Besançon ; lesquels ont donnez beaux biens comme se peut veoir à la fin de ce registre.

Fondations des Messieurs les Bauschleiden.

Premierement ont fonde et ordonne une messe par chascun jour à perpetuite, ä dire et celebrer immediattement la messe conventuelle à l'autel Saincte Croix.

Item tous les mardis de l'an, à perpetuite, à la ditte chapelle, une messe de Requiem.

Item par chacun vendredi, ä perpetuite, ä icelle chappelle, une messe grande de la Ste Croix.

Item, trois an. par chascun an à tousjours, l‘un pour l'âme du pere, avec cinq messes basses; le deuxiesme pour 1'äme de la mere, avec 5 messes basses, et le troisiesme pour l'äme de Illme Sgr. Francois de Bauschleiden, avec 5 messes basses. A condition de par le C. donner et livrer les chandelles, les dits jours en donner cinq d'une livre sur leur sepulture et deux d'une Ib. sur l'autel. A la fin des messes, tous les religieux (devront) aller sur leurs sepultures chanter les commandasses. Trois chandelles à allumer ä icelle chapelle devant les imaiges de la Vierge Marie, de Ste Catherine et de Ste Barbe, ... leur chapelle. Pour lesquelles fondations ont donn" les biens, rentes et heritaiges que s'ensuit:

Les biens et heritaiges provenant des Srs de Bauschleiden: Prime Illus Sgr Francois, archevesque de Besançon, Egidius et Valerien de Bauschleiden, freres, ont donne les parties suivantes: la cense de Weillier, jardins, terres, prets et aissances; la cense de Sesseling, jardins, terres et prairies; le vivier de Stockum, avec la prairie y joindante.

En diverses parties ont donne par chascun an 33 fl. de Rhin, faisant a la monnoie de Brebant à la S. de 46 fl. 4 souls; item 4 maldres de grain, moitie avaine (aj. ä Uding); 4 livres de cire de rente; 16 fl. 16 s. monnoye Brebant. Desquelles donnations et biens le C. profite ann. des biens de Weiller et Sesseling, du vivier et pret de Stockum; item des 4 ml. de grain (aj. ä Uding) et d'environ de 8 ä 10 fl. de rente annuelle. Du reste et surplus, je ne trouve pourquoy le C. ne regoit ann. les rentes

C Personnes au service de François de Busleyden

Nous trouvons Jeannet de Rogierville, clerc de l’archevêque ensuite Philippe de Boussu, écuyer chambellan et enfin Edouard Trottin comme valet de chambre.

D Hypothèses au sujet d’un voyage

J’ai pris comme exemple le voyage de Bruxelles à Lyon en juin 1501. J’ai utilisé le programme Auto route de Microsoft pour réaliser cette ébauche d’itinéraire. J’ai supprimé la fonction auto route, évidement, demandé de me calculer le chemin le plus court et à une vitesse moyenne de 9 km/h. J’ai pris comme exemple le service des postes mis en place par Philippe le Beau. Ce dernier a confié ce service à la famille Tassis, déjà implantée en Italie, en Allemagne et en France. On avait calculé que le courrier devait mettre douze jours en été et quatorze jours en hiver pour aller de Bruxelles à Tolède. A la vue des premiers résultats, je crois que l’expérience est assez probante. J’arrive à une distance parcourue de +/- 680 km Le programme me fait passer par Hal, Mons, Maubeuge, Reims, Chalons sur Marne, Troyes, Dijon, Beaune, Chalon sur Saône, Mâcon et enfin Lyon. A cette vitesse moyenne, j’arrive à +/- 6 étapes et à une distance parcourue par jour de +/-105 km pour une durée de chevauchée de +/- 12 heures. En rapportant cette distance moyenne, j’arrive à établir les étapes. La première, je la situe à Mons ou plutôt au château de Boussu, dont le seigneur est Philippe de Heinnin l'écuyer chambellan de François de Busleyden. Il faut aussi souligner que Philippe le Beau fit étape dans ce château durant son premier voyage en Espagne. La deuxième, je la fixe à Reims, la troisième à Troyes, la quatrième à Dijon, la cinquième à Mâcon et enfin Lyon. J’ai fixé ces étapes dans ces villes pour une question d’hébergement. Ces dernières sont d’une certaine importance. On peut supposer légitimement qu’un personnage de l’importance de Busleyden et de son entourage ainsi que de sa mission diplomatique devait être attendue dans ces villes. Le voyage n’était certainement pas imprévu et devait avoir été planifié à l’avance. Pour ce qui est justement de l’hébergement dans ces villes, plusieurs possibilités s’offrent à nous. Je les fixe dans le milieu ecclésiastique. Nous avons soit l’hébergement dans le palais épiscopal, soit dans une abbaye et enfin dans un couvent des Dominicains. Ma préférence va pour ces derniers, je l’avoue, vu les liens étroits entre cet ordre et la Maison de Bourgogne. Mais aussi, les Dominicains possédaient un couvent dans chacune de ces villes. Autre hypothèse de logement, nous avons aussi les chartreuses vu les liens personnels de Busleyden avec cet ordre. Sur l’itinéraire, nous en retrouvons deux voir trois. Elles se situent à Troyes, à Dijon (Champmol) et à Beaune (Fontenay). J’envisage consulter les archives de ces couvents et de ces chartreuses pour voir si on ne trouve pas justement une trace de ce passage. Je profite de cet exposé pour montrer l’importance de la création d’un logiciel reprenant les voies de communications ainsi que les différents établissements religieux et hospitaliers au bas Moyen Âge. Ce logiciel permettrait une nouvelle approche et une nouvelle lecture concrète de l’Homme et le voyage à cette époque.

VI François de Busleyden et Erasme

Erasme était le secrétaire de l'évêque de Cambrai, Henri de Berghes, fonction que Busleyden avait remplie avant lui. Dans la correspondance de l'humaniste, nous retrouvons plusieurs lettres où il parle de l'archevêque de Besançon. Dans l'une écrite de Louvain en septembre 1502 à Guillaume Hermansz, il écrit « La mort ou plutôt le poison, a enlevé Batt puis l'archevêque de Besançon en qui était mon plus grand espoir » Erasme compose un Panégyrique pour Philippe le Beau rentrant d'Espagne et le lit devant le prince le 6 janvier 1504. Il y écrit « Le genre d'homme que vos délices d'Altesse à avoir comme conseiller n'est abondement prouvé que par un seul nom, que de François de Busleyden, archevêque de Besançon, de mémoire bénie, qui était votre guide et mentor dans l'enfance et votre tuteur dans le bien, un homme naît entièrement pour la gloire et les choses les plus hautes, formé pour le servie de son pays, façonné pour l'ornement d'une cour princière, le don du Ciel, en fait, à conserver, pardonner et améliorer la grandeur de votre royaume. Il était certes à vous ce que Nestor était à Agamemnon etc. ». A la vue de ces deux textes, nous pouvons voir dans quelle estime était porté Busleyden tant par Erasme que par l'archiduc. Il existait deux épitaphes de François de Busleyden dans l'église des Chartreux de Louvain et attribuées à Erasme. « {Moi} Busleyden, je suis le pontife de Besançon l'artisan de la paix bienfaisante, l'ennemi de Mars {la guerre} et l'amant des ducs. Le Luxembourg m'a donné à la terre, l'Espagne aux Parques mais s'est embellie d'hommes illustres. J'ai envoyé mon coeur à Besançon, j'ai laissé mes os à Tolède. Un roi bon et la patrie ont pleuré le mort. Ce que le diamant était pour Magnésie, le fidèle Achate pour Enée, ce que la bienfaisante Vénus était pour Mars, Egérie pour Numa, cela François de Busleyden l'était pour la patrie et pour le roi Philippe, rétablissant les traités, fuyant les guerres. Rendez donc tous les hommages et les devoirs à celui qui est dans le tombeau que, à bon droit, chacun reconnaît comme père ». La seconde « Je suis luxembourgeois pour la patrie, je suis d'une race illustre, la lumière sera ici plus claire par notre éclat. Le grand roi Philippe d'Autriche s'est réjoui de mon apprentissage. Je l'ai suivi jusqu'en sol espagnol. J'ai réconcilié des rois, rédigé des traités de paix. J'ai servi de conseiller pour le roi et la patrie. Mars se plaint du coup, la mort cruelle se venge de celui qui se plaint. La mort m'a pris dans sa rage et celui la {Mars la guerre} revient. Tu as nommé un être exceptionnel et né pour orné les cours de hauts princes. Qui ne pourrait pas vénérer ce grand François de Busleyden, archevêque de Besançon, qui à lui seul fut plusieurs Nestor pour Philippe le fils du grand Maximilien, le père de Charles qui sera encore plus grand. Heureux serions nous si le sort n'avait pas été jaloux de cet homme sur terre. Quel grand bienfaiteur il était pour les études autant que pour les talents. Mais il a laissé deux frères Gilles un homme de jugement et de prudence admirable et Jérôme. »

VII Que nous a laissé François de Busleyden

A) Il existe plusieurs manuscrits lui ayant appartenu, nous avons un missel à ses armes qui se trouve à la Bibliothèque municipale de Besançon. Nous avons un manuscrit en latin datant du deuxième quart du XVème siècle et aurait été réalisé à Bologne: 12.5x9 inches. C'est un exemplaire sur papier qui contient la Conjuration de Catilina et la Guerre de Jugurtha de Salluste. Il porte au recto du quatrième folio de garde antérieur l'ex-libris suivant: « Protinet (sic) Francisco de Busleyden Liber Iste ». Il contient des armes au f°. 1r qui semblent ne pas être celles de Busleyden. Ce manuscrit se trouve à la Bodleian Library à Oxford. La Bibliothèque royale de Belgique à Bruxelles possède un manuscrit du XIIème siècle contenant les Comédies de Térence, où François de Busleyden a écrit qu’il l’a reçu le 18 mai 1498 de maître Jean Isembart, chanoine et écolâtre de la collégiale Sainte Gudule à Bruxelles, repris dans l’obituaire de cette église au 28 novembre. Les deux hommes se connaissaient : ils étaient tous les deux chanoines à Sainte Gudule, église dont Busleyden était en outre trésorier. Mais aussi, maître Jean Isembar était sommelier de l’oratoire de Philippe le Beau toujours compté à 9 sols au moment de la constitution de l’hôtel de ce dernier en 1496. Isembart est élu en 1498 comme chanoine de Saint Donatien à Bruges où Busleyden y était prévôt du chapitre. Peut-on y voir un don de Jean Isembart pour son élection à ce titre? Et les 3 tomes de Tite-Live lui ayant appartenu, on y relève l’ex-libris de François de Busleyden qui dit les avoir reçu en don de Charles de Saveuse, seigneur de Souverain Moulin, à Bruges, en l’an 1497. Il est pensionnaire de 400 florins au même titre que François de Busleyden mais lui de 600 florins au moment de la constitution de l'hôtel de Philippe le Beau en 1496. Les enluminures auraient une origine de région de Rouen. J'ai eu le privilège de pouvoir les consulter grâce à Madame Céline van Hoorebeghe de la Bibliothèque royale. Nous avons encore un manuscrit de Cicéron : Des Office datant de la fin du XVème siècle +/- 1488 et qui se trouve à El Escorial, Bibliotheca del Monasterio de San Lorenzo. Le tableau au verso du f° 1 représente François de Busleyden donnant la leçon à Philippe le Beau. On peut envisager que ce manuscrit a été offert par Busleyden à Philippe le Beau.

Pour ce qui est du missel de Besançon, j'ai pu retracer l'histoire de ce manuscrit. Ce missel avait été commandé par l'archevêque Charles de Neufchâtel avant sa mort au libraire/éditeur bisontin Jean Turgis déjà cité et terminé par ce dernier pour François de Busleyden vu les ajouts de ses armes dans ce manuscrit. A ce jour aucune étude n'a été réalisée au sujet de ce missel. Pourtant, en consultant les Archives départementales du Doubs, j'ai pu retracer les liens entre Jean Turgis et le chapitre métropolitain de Besançon. Le chapitre s'engage à procurer auprès de l'archevêque et à ses officiés toutes les faveurs possibles au marchand Jean Turgis pour les missels et bréviaires récemment confectionnés à Paris par ses soins, celui-ci ayant expédié avant la mise en vente deux missels au défunt archevêque, Charles de Neufchâtel, et aux deux cathédrales en date du 26 octobre 1498. Nous avons ensuite une démarche pour faire réintégrer dans l'église le missel légué par l'archevêque défunt étant encore entre les mains de Jean Turgis en date du 27 mars 1499. Une quittance est délivrée le 28 mars suivant à Jean Turgis pour la remise du missel légué par Charles de Neufchâtel. Le 14 avril de la même année, Jean Turgis remet le missel imprimé sur parchemin, à Paris. Ce dernier faisait imprimer certains ouvrages pour lui par des imprimeurs parisiens de l’époque. Il effectue des démarches auprès de François de Busleyden et de ses officiés pour s'assurer le monopole des bréviaires à l'usage de Besançon à l'exclusion de tous autres bréviaires entrepris par d'autres marchands et cela en date du 8 mai 1499.

B) La partie centrale du château des archevêques à Gy et ses armoiries dans le palais épiscopal de Besançon.

C) Il existe une pierre votive le représentant et provenant de la cathédrale Saint Donatien de Bruges et qui se trouve actuellement dans la chapelle de Notre-Dame des Aveugles dans cette même ville mais malheureusement dans un triste état.

D) J'avance l'hypothèse que le donateur du vitrail de la Vierge en la Collégiale des Saints Pierre et Guidon à Anderlecht n'est autre que François de Busleyden. Je me base sur différents éléments.

1 François de Busleyden est chanoine à Anderlecht depuis 1490

2 Pour ce qui est de la présence de Saint-Servais, nous pouvons y voir un rapport avec la principauté de Liège, où Busleyden y a joué un certain rôle comme nous l'avons vu. Par exemple, nous retrouvons ce saint dans le graduel de la Chartreuse de Liège dans la partie consacrée aux principales fêtes liégeoises. Mais aussi, ce saint, lors du concile de Rimini en 359, défendit avec énergie la foi catholique devant l’arianisme qui refusait le dogme de la Trinité.

3 Pour ce qui est de la présence de Saint-Jérôme, nous ne devons pas y voir un saint patron mais le prendre pour ce qu'il est, c'est à dire, le patron des exégètes, des érudits, des philologues et des professeurs. Comme je l'ai dit, il a étudié dans différentes universités et il a été le précepteur de Philippe le Beau. Il a fondé à Saint Donatien à Bruges une chapellenie dédiée à ce saint. Ce saint se retrouve sur la pierre tombale d'Isabelle de Musset, sa mère, à Marville.

4 Pour ce qui est de la Vierge, il fut, comme nous l’avons vu, l'un des promoteurs du culte à Notre-Dame des 7 Douleurs à la cour de Philippe le Beau.

E) Nouvelles hypothèses au sujet d’un vitrail se trouvant à Bramley, Grande-Bretagne, et provenant de la Chartreuse de Louvain

La chartreuse de Louvain possédait un nombre important de vitraux de très grande qualité. Ceci semble même avoir été la collection la plus impressionnante du Brabant. La galerie du grand cloître et celle du petit cloître avaient des fenêtres côté jardin, garnies de verre coloré. L’église possédait de larges fenêtres dotées de panneaux de verre peint entre les contreforts. Et finalement toute l’aile gauche, comprenant la sacristie, la chapelle et la salle du chapitre, était décorée de fenêtres en vitraux colorés. Tous les vitraux représentaient des scènes religieuses ou de dévotion, ainsi que des représentations ou des références concernant leurs donateurs. D’emblée deux remarques importantes sont à faire.

Dû à l’abstraction de tout besoin temporel, inhérent à la vie cartusienne, il était normal, que les chartreuses soient dépourvues de toute décoration ou de splendeur architecturale. Éprouver de la beauté dans une chose profane n’était pas permis, seul Dieu pouvant être beau. L’architecture d’une chartreuse avait toujours pour base un plan de construction rationnel, complété d’éléments sobres. Pas de décoration, ni de luxe, pas d’éléments architecturaux écrasants. Propre, pur, sobre. Puisque les fondateurs du monastère payaient pour la construction d’une cellule, ainsi que pour les baies des galeries du cloître lui faisant face, ils avaient deux possibilités pour rappeler aux moines leurs bonnes actions. D’une part, ils érigeaient des reliefs, œuvres en pierre de taille, illustrant leurs générosités ou des plaques commémoratives munies d’inscriptions et d’autre part, ils pouvaient payer pour de beaux vitraux, représentant le même type d’images, dans les baies en face des cellules. Éclairés par la lumière du jardin, les panneaux rappelaient au moine son devoir de prier pour le salut de son bienfaiteur.

Deuxièmement, il faut souligner que le moine chartreux est entièrement englobé par l’architecture de la chartreuse, et ce pour sa vie entière. Il vit dans sa propre cellule, où il passe la plus grande partie de son temps entouré de quatre murs. Le jardin dans lequel il travaille ou médite est entouré de hauts murs aveugles. Son seul chemin le mène à travers la galerie du cloître, de sa cellule vers l’église, et parfois dans le petit cloître pour se rendre au réfectoire, la librairie ou la salle du chapitre. Il est entièrement entouré d’éléments de construction. Dans un sens, les vitraux empêchent le moine d’entrer en contact avec le monde extérieur. Son regard est encore bloqué par d’autres images sacrées. Chaque jour il lit la bible, en marchant dans la galerie du cloître. Il n’y a donc aucune interruption dans sa concentration religieuse. Ce sont probablement les raisons pour lesquelles l’histoire des vitraux de la chartreuse de Louvain est si importante.

Je me suis lancé dans le projet de répertorier tous les vitraux provenant de la Chartreuse de Louvain. J’ai été rejoins dans celui-ci par Madame Jacqueline Fossaert et Monsieur Francis Timmermans. En consultant les différentes sources à notre disposition dont le mémoire de Monsieur Robin Engels et des articles qui nous ont été fournis par Mesdames Yvette Vanden Bemden, spécialiste belge du vitrail, et Isabelle Lecocq responsable du service d’étude du vitrail de l’IRPA à Bruxelles, mon attention a été attirée par un panneau se trouvant à Bramley en Grande-Bretagne. Ce dernier représente un ecclésiastique agenouillé devant un prie-dieu avec un livre ouvert et présenté par un saint, comme nous pouvons le voir sur cette photo. A ce jour, on supposait que cet ecclésiastique était Thierry Persijn, prieur à la Chartreuse de Louvain du 17 mars 1525 jusqu’à sa mort à Delft le 22 octobre 1532. Je me suis renseigné auprès de spécialistes car j’étais intrigué par sa tenue guère en rapport avec un prieur chartreux. Il ne peut être question d’un prieur d’une Chartreuse vu les habits porté par le personnage du panneau mais plutôt un évêque ou un archevêque avec ses attributs, la mitre et la crosse. J’ai consulté la liste des donateurs et bienfaiteurs ecclésiastiques, comme je l’ai dit plus haut. Dans cette liste, nous ne retrouvons que deux hommes d’Eglise de cette importance. Le premier est Nicolas de Rutter dont on a déjà retrouvé ses vitraux. Le deuxième est François de Busleyden. J’ai comparé les donateurs des vitraux d’Anderlecht et de Bramley et une ressemblance indéniable m’est apparue. Celui du panneau de Bramley semble plus âgé que celui d’Anderlecht. Cela peut s’expliquer facilement. Busleyden a été élu comme chanoine d’Anderlecht en 1490. Il fut donateur de la cellule du prieur en 1499. Ce qui fait près d’une dizaine d’années de différence entre les deux donations. La représentation de Marie-Madeleine, sur l’agrafe, ne peut expliquer à elle seule que se soit forcément un prieur de Louvain. Cette dernière se retrouve aussi sur la pierre votive à Bruges et représentant François de Busleyden agenouillé au pied de la Croix avec Marie-Madeleine comme dit plus haut. Il faut aussi souligner que le nom de la Chartreuse de Louvain est Sainte Marie Madeleine au pied de la Croix. En observant attentivement la pierre votive, nous retrouvons certains détails identiques avec le panneau, dont le donateur agenouillé avec la crosse entre les mains et la mitre déposée sur un coussin. Mais en observant encore plus attentivement, on peut encore remarquer de la dorure sur la chape et sur la mitre. Cette couleur se retrouve aussi sur le panneau. Il faut aussi souligner certaines remarques importantes. D’après les spécialistes des vitraux, le panneau de Bramley aurait été réalisé vers 1520. Ils se basent sur les décors de bordure. Mais, ils reconnaissent que les visages et le décor central sont gothiques. Plusieurs hypothèses s’imposent, soit le carton a bien été réalisé vers 1500 mais n’a été élaboré que vers 1520 et mis par la même occasion au goût du jour, soit le décor de bordure provient d’un autre panneau et serait une juxtaposition au moment de sa mise en place à Bramley.

F) J'avance les hypothèses au sujet de l'identité du personnage de la peinture attribuée à Simon Marmion « Un chanoine présenté par Saint-Jérôme, Philadelphie, Philadelphia Museum of Art, U.S.A. ». Le chanoine représenté n'est autre que pour moi François de Busleyden. Je me base sur deux choses. La première est que la ressemblance des traits entre le donateur du vitrail de la Vierge d'Anderlecht et le chanoine de la peinture est saisissante. La seconde est la composition stylistique du vitrail et de la peinture. Nous retrouvons une composition  presque identique entre les deux oeuvres, un chanoine agenouillé présenté par Saint-Jérôme. Pour ce qui est de la présence de ce dernier, j'avance les mêmes hypothèses que pour le vitrail. Une question vient à l'esprit. Quand  et à quelle occasion, cette peinture aurait été réalisée? Je me base sur les faits historiques. En septembre 1489, Englebert de Nassau, Philibert de Veyré dit La Mouche et François de Busleyden sont envoyés en France pour participer au traité de Montil-lez-Tours comme je l'ai dit plus haut. Suivant Jean Molinet qui écrit dans ses chroniques, « En ce tempz, le comte de Nassau, La Mouche, le prevost de Liège, le president de Flandres et aultres qui seront cy après nomméz furent envoyéz vers le roi de France pour parfait de la paix faite à Francfort et pour faire l'accord de Flandres. Si passèrent par Valenciennes, où ceulx de la ville, voeullas complaire audit comte digne d'estre honorét, festoyét et conjoyt, tant pour le retour de son emprisonnement que pour la recouvrance de bonne paix, de laquelle il avoit l'entremise, lui firent ung banquet fort sumptueux, où furent jouèes aucunes moralités servans à propos de sa joyeuse revenue ». C'est au moment de se passage par Valenciennes que j'avance l'hypothèse que François de Busleyden aurait pu commandé cette peinture à Simon Marmion, peintre actif dans cette ville. Ce dernier aurait-il été recommandé par Marguerite d'York? Il faut aussi souligner que cette peinture si elle représente bien François de Busleyden et commandée durant son séjour à Valenciennes en septembre 1489 serait l'une des dernières oeuvres de Simon Marmion, vu que ce dernier meurt le 24 décembre de la même année. Cette peinture qui à la base était un diptyque ou un triptyque aurait pu servir de modèle pour la réalisation du vitrail d'Anderlecht. Mais un doute subsiste. Il s’agit du vitrail derrière le donateur. Nous y trouvons représenter un blason surmonté d’un chapeau de cardinal. Ce dernier n’est pas celui de la famille Busleyden. Certains historiens de l’art y ont vu le blason de Philibert Hugonet, évêque de Mâcon et frère du chancelier Guillaume Hugonet exécuté par les gantois en 1477 et dont la veuve Louise de Laye continua à soutenir le parti de Marie de Bourgogne, élu cardinal le 7 mai 1473 par le pape Sixte IV, parti pour l’Italie en 1477, nommé par le pape légat du Saint-Siège pour le patrimoine de Saint Pierre, fixa sa résidence à Viterbe, protecteur des belles lettres, décédé le 11 septembre 1484 et enterré à Santa Maria dell Popolo à Rome. Après vérification, cette idée ne peut être retenue, sauf si. Mais, je ne suis pas un spécialiste en héraldique, la seule chose qui pourrait étayer cette idée serait une composition peu probable de deux blasons , celui de la famille Hugonet et celui de la ville de Mâcon. Il est surmonté d’une banderole avec le mot « Placet ». Dans le coin inférieur droit, nous avons une rosasse avec ce qu’il me semble être les initiales FB, comme nous le verrons sur la photo. Une question vient à l’esprit. Pourquoi avoir représenté le blason hypothétique de Philibert Hugonet et non celui du donateur? Si ce dernier est bien François de Busleyden, quel aurait pu être ses rapports avec ce cardinal. Doit-on y voir un signe de remerciement pour une faveur obtenue par ce cardinal envers ce donateur, ou, plus simplement, un signe d’amitié entre ces deux personnages. Dans l’état actuel de mes recherches, je ne peux y répondre.

Cette peinture, peut-elle être attribuée à Simon Marmion ? Pourquoi cette question ? J’ai consulté le médecin légiste, de ma région, le docteur Serge Lambert pour lui demander si le donateur du vitrail d’Anderlecht et le chanoine de la peinture était la même personne. Il m’a certifié que c’est bien le même individu. Tout serait bien dans le meilleur du monde, si en consultant très attentivement la peinture, le docteur Lambert arrive à une conclusion remettant fondamentalement en question l’attribution de cette peinture à Simon Marmion. Je m’explique. Pour lui, l’âge approximatif du chanoine est de 45 à 50 ans. Il arrive à cette conclusion en se basant sur deux choses, la première est les veines des mains et la deuxième est le visage. Pour ce dernier, il avance même que le personnage est soit malade ou a été malade et/ou a eu une activité laborieuse très importante. Vu que le docteur Lambert trouve que le donateur du vitrail et le chanoine de la peinture sont la même personne, pour moi François de Busleyden, l’attribution de la peinture à Simon Marmion pause problème. Comme, je l’ai dit plus haut l’âge approximatif du chanoine de la peinture est de 45 à 50 ans et si ce dernier est bien François de Busleyden né entre 1455 et 1460, un calcul rapide place la réalisation de cette peinture dans la seconde moitié des années 90 du 15ème siècle près de 10 ans après le décès de Simon Marmion. La peinture aurait-elle été réalisée par un suiveur de ce dernier? Mais alors une question vient à l'esprit qui? Il pourrait être question de Michel Clauwet fils de la sœur de Simon Marmion et peintre à Valenciennes, actif à partir de 1491, ou bien Marion Marmion, la fille de Simon mais aussi Mille Marmion le frère de Simon. Cette peinture aurait pu être commandée à l’un de ces derniers durant le séjour de François de Busleyden dans cette ville en juin 1499. Monsieur Forgeur, de Liège, m’a aussi attiré mon attention sur deux choses. La première est la devise. Placet seul ne veut rien dire. Elle devrait être Sicut Deo placet. La deuxième est la couleur du chapeau surmontant le blason. Monsieur Forgeur me signale que la couleur d’un chapeau d’un cardinal est rouge et non noire ou grise comme sur la peinture. Je crois savoir que cette peinture a subi une restauration. Avant cette dernière le chapeau était-il bien gris ou violet ? Car si il était violet, à la base, cela signifierait qu’il devrait être question d’un protonotaire apostolique. Je pense qu’une remise en question de la piste Simon Marmion devrait être sérieusement pensée et que des études très approfondies de cette peinture par des spécialistes devraient être réalisées, à la vue de ces éléments.

G) François de Busleyden, parmi d'autres immeubles, possédait à Malines une grande maison avec dépendances et jardins, située dans la rue des Vaches. Cette propriété avait été acquise en 1494 par ce dernier. La ville, voulant reconnaître certains services qu'elle avait obtenus par l'intervention du prévôt de Liège, lui fit hommage d'une partie de terrain contigu à sa demeure en 1496. Nous pouvons voir dans cette reconnaissance la participation de François de Busleyden au traité commerciale, Intercursus Magnus, entre l’Angleterre et la Flandre où nous y retrouvons justement incluse la ville de Malines parmi les autres ville flamandes.Quand François de Busleyden meurt à Tolède en 1502, ses trois frères recueillent sa succession. Valérien de Busleyden, receveur général du Luxembourg et Gilles, président de la chambre des comptes à Bruxelles cèdent à leur frère Jérôme, par acte du 19 janvier 1505, chacun leur tiers de co-propriété dans l'immeuble délaissé par l'archevêque de Besançon. Jérôme fit construire, à la place, le palais qui existe toujours.

H) Il se trouve au musée d’Uden, un calice provenant de l’église de Schijndel qui avait été offert par François de Busleyden en 1502 et réalisé par un orfèvre d’Anvers à William van Enckenvoirt. Sur ce calice se trouve cette inscription : REVERENDISSIMUS + IN / CHRISTO + PR (pour presbytère ou pasteur) DOMINUS / FRANCISCUS + DE / BVSLEIDEN + ARCHIEPIscopus / BISOnTINensis . ME . DEDIT / ECCLESIE . IN . SCINDEL / Anno. 1502. Information communiquée par : Prof. dr. Arnoud-Jan A. Bijsterveld, Hoogleraar Cultuur in Brabant, Universiteit van Tilburg, Faculteit Sociale Wetenschappen, Departement Sociologie, kamer P 1.187 (dezelfde kamer, ander nummer!), Postbus 90153, NL-5000 LE Tilburg, tel. (0)13-4662283, fax (0)13-4663002, e-mail a.j.a.bijsterveld@uvt.nl

Pour ce qui est de l’orfèvre ayant réalisé ce calice, je crois avoir trouvé une piste. Dans l’inventaire de la vaisselle dressé après le décès de François de Busleyden, nous y retrouvons en plus des objets courrant, une image de Notre Dame bien ouvrée dorée couronnée et décorée de plusieurs perles et autres pierres précieuses pesant 3 marcs 5 onces et 10 deniers. Mais aussi cette indication qui a son importance, maître Liévin van Lathem son orfèvre reçoit 40 marcs de cendrée au prix de 11 livres 12 sols le marc soit 464 livres. A la vue de cette information, on peut légitiment penser que l’orfèvre qui a réalisé le calice offert par Busleyden à l’église de Schijndel soit Liévin van Lathem. Mais qui était ce van Lathem ? Il était le fils du peintre anversois Liévin van Lathem connu aussi sous Liévin d’Anvers décédé vers 1493. Le fils aîné de ce dernier, Jacques, fut aussi peintre. Nous retrouvons les deux frères dans l’ordonnance de 1496 au sujet de la constitution de l’hôtel de Philippe le Beau comme valets de chambre l’aîné comme peintre officiel de la cour et le second comme orfèvre et graveur de sceaux. Liévin van Lathem avait épousé Elisabeth Staes dont ils eurent un fils du prénom de Liévin et qui fut aussi orfèvre. Liévin avait conservé à Anvers, la propriété de la maison dite de Pennen, moitié de l’avoir héritée de ses parents et moitié par cession de son frère Jacques. Il est cité pour la première fois comme orfèvre de Philippe le Beau, à propos d’un joyau que ce prince voulait envoyer à « un certain personnage, dont il ne veut autre déclarations ici être faite ». Il exécuta ensuite des émaux sur des flacons et des pots d’argent que l’archiduc donna aux ambassadeurs du roi de France, en 1497 ; puis en 1499, un fourreau d’argent doré, magnifiquement émaillé pour y mettre l’épée que Philippe faisait porté devant lui lors de cérémonie. En 1501, il reçu des sommes importantes pour des pièces d’orfèvreries destinées aux deux capitaines et aux quarante et un archers de la garde et pour la vaisselle livrée à Philippe le Beau à l’occasion de son premier voyage en Espagne.

I) Je me suis rendu à Tolède pour effectuer mes recherches à son sujet et rechercher son tombeau. Ce dernier n'existe plus si même il a jamais existé. Mais chose plus importante son cercueil contenant son squelette existe toujours. Ce qui permettrait, chose que je souhaite le plus vivement, une étude anthropobiologique pour avoir une idée de son âge à son décès si possible la cause de son décès voir même une reconstitution de son visage sur base de son crâne.

VII François de Busleyden et l’humanisme

A la vue des manuscrits ayant appartenu à François de Busleyden, les éloges d’Erasme après la mort de ce dernier et la fondation par son frère Jérôme, qui lui vouait une véritable admiration, du Collège des trois langues à Louvain, je pense que l’on peut y voir un esprit humaniste de François de Busleyden.

Le manuscrit « Des devoirs » de Cicéron et cette touchante représentation de Busleyden donnant la leçon au jeune Philippe le Beau agenouiller à ses côtés, je pense que ce manuscrit a été offert par le précepteur à son illustre élève. On doit y voir dans le choix de cet ouvrage l’intérêt de Busleyden pour le droit. Cicéron n’était-il pas un illustre orateur et avocat ? On peut aussi y voir par ce choix, un manuel de bonne gestion de l’Etat pour le futur souverain mais aussi une intimité profonde entre Busleyden et Philippe le Beau comme un cadeau d’un père à son fils pour ses futures tâches comme homme d’Etat. Ici déjà, nous voyons pointer l’importance que prendra Busleyden au moment où Philippe le Beau deviendra le souverain de nos provinces sur sa conscience et son pouvoir de décision.

Pour ce qui est du manuscrit au sujet de la Conjuration de Catilina et de la Guerre de Jugurtha par Salluste, cet ouvrage doit être pris comme une référence au rôle que doit jouer un homme d’Etat. Salluste dans la Guerre de Jugurtha y montre sans détours son aversion pour l’aristocratie sénatorial romaine qu’il taxe d’incompétence dans sa gestion du conflit. L’auteur n’est guère plus tendre avec le vainqueur puisqu’il décrit Marius comme un démagogue dénué de la vigueur morale et de l’envergure politique nécessaire à tout homme d’Etat. En ce qui concerne la Conjuration de Catilina, c’est l’occasion pour Salluste de réfléchir sur les causes de l’érosion des valeurs romaines.

En ce qui concerne les Comédies de Térence, on peut y voir un goût pour les belles lettres latines et pourquoi pas pour un humour raffiné. Justement Térence était pratiqué par le mouvement de réforme spirituelle fondé par Gérard Groote (1340-1384) à la fin du XIVe siècle à Deventer, renforcé et organisé par Florent Radewijns, chanoine à Utrecht. Ce mouvement est connu sous le nom de Devotio moderna. Cette dernière rejetait la philosophie scolastique fondée sur Aristote et sa vanité qui était la méthode d’enseignement dans les universités à cette époque en se démarquant de cette dernière ses membres voulaient mener une vie pleinement consacrée à Dieu, selon le modèle de l’Eglise primitive, en pratiquant la vie commune, en travaillant pour gagner leur pain, tout en s’adonnant à la prière, à la lecture et à une méditation inspirée par l’imitation de la vie et de la passion du Christ. La Devotio moderna invitait à un retour aux sources : la Bible, le Nouveau Testament. Elle revenait aux mystiques médiévaux, mais surtout aux Pères de l’Eglise : Jérôme et Augustin, auxquels plus d’une maison était vouées. Comme, je l’ai déjà souligné, François de Busleyden vouait un culte particulier à Saint Jérôme. La Devotio moderna joua un rôle important dans la rénovation religieuse et spirituelle du XVe siècle. On peut y inclure dans cette rénovation la dévotion à Notre Dame des sept douleurs. Comme nous l’avons vu dévotion où Busleyden prit une part active dans son développement. La Devotio moderna pratiquait comme je l’ai dit les auteurs classiques en plus de Térence, on peut citer Virgile, Horace, Juvénal etc. Deux branches se formèrent dans le mouvement à la fin du XIVe siècle : d’une part les frères et les soeurs de la vie commune, qui ne prononçaient pas de vœux et qui de ce fait furent soupçonnés d’hérésie ; d’autre part la congrégation des chanoines réguliers de Windesheim, proche des chanoines de Saint Augustin, à laquelle se rattachaient aussi des chanoinesses. Frères et chanoines s’étaient établis en communautés qui associaient vie active et vie contemplative. Au titre de la vie active, ils se donnèrent bientôt pour vocation, entre autres, d’ouvrir à l’usage des enfants des écoles où, soumis à une stricte discipline et à un encadrement religieux attentif, ceux-ci seraient instruit des bases de la grammaire et de la logique en même temps que formés à une vie religieuse plus personnelle directement nourrie de la lecture de la Bible et de la pratique de l’oraison. Les premières grandes écoles des Frères de la Vie commune furent celles de Deventer et de Zwolle, par la suite, elles se multiplièrent dans les Etats bourguignons, les Frères s’installèrent dans des villes universitaires comme Louvain et même Paris. On sait qu’ils comptèrent parmi leurs élèves nombre de futures figures de l’humanisme septentrional, tel que Nicolas de Cuse auteur de la Docte Ignorance publiée en 1440 et basée sur une approche platonicienne. Il y défend une théorie de la structure du monde qui s'oppose à la représentation aristotélicienne traditionnelle. Le principe fondamental de sa philosophie est la thèse de la « coïncidence des opposés », selon laquelle le maximum et le minimum se confondent en Dieu, qui est l'infini absolu. Ce principe le conduit à développer l'idée que l'univers est infini, qu'il ne possède ni centre ni circonférence, thèse qui préfigure celles que Giordano Bruno formulera un siècle plus tard. L'homme est le point d'aboutissement de la création, mais étant un être fini, il lui est impossible de penser correctement l'infini. Cependant, les mathématiques permettent de le concevoir par approximation, et de penser la coïncidence des contraires. Cette dernière idée, qui est le cœur même de la pensée de l'infini, a pour conséquence une remise en cause de la logique aristotélicienne fondée sur la non-contradiction. Parmi d’autres élèves, nous retrouvons le non moins célèbre Erasme. Malgré l’austérité de la discipline imposée aux enfants, on peut porter au crédit des Frères de la Vie commune un certain nombre d’innovations pédagogiques dont la plus remarquable fut sans doute la création de véritables classes de niveaux. La Devotio moderna par ses principes allait à la rencontre de ceux de l’humanisme. Enfin, François de Busleyden en plus d’être un humaniste était aussi imprégné de l’esprit de la Devotio moderna. 

IX Texte de Molinet

Dans un poème A Nicolas de Ruttre probablement rédigé à l'avènement de ce dernier comme évêque d'Arras, Jean Molinet compare Ruter et François de Busleyden, tous deux natifs du duché de Luxembourg (les deux chirons yssus de Luxembourg), à deux chirons (des cierges) qui éclairent de leur clarté fort rice les maisons, posteaux, chambres, salles, chasteaux, tours et cresteaux de Bourgoigne et d'Austrice (Dupire 1936-1939, t. I, p. 386-388)

 v. 1 (p. 386): "La triumphant arche ducale rice,

Noble ediffice et de grant renommee,

Fut carpentee en la maison d'Austrice,

(v. 4) Par artifice et diligent service;

Clere et sans vice, au siecle bien aymee,

Bien ordonnee a esté mainte annee

Et luminee, en court, chapelle et bourg,

(v. 8) Par deux chirons yssus de Luxembourg" [...]

(v. 17) Luxembourg est, s'il est interpretté,

Vive clarté en bourg ou en maison;

(p. 387, v. 19) Maistre Franchoys, natif de la ducé,

Au redoubté duc aprint l'abc;

S'en a esté digne de Besançon.

L'autre chiron est de fort grand renom.

Il a a nom l'evesque Nicolas

(v. 24) Quy d'Arras est esport, joye et soulas.

(v. 25) Deux chirons sont, deux chandeilles ardans,

Deux corps plains d'ans, deux chandelabres beaux,

Deux croissans d'or, deux rayons sintillans,

Deux torsins blans, deux olives plaisans;

Deux lampes sans macule ey deux flambeaux;

Maisons, posteaux, chambres, salles, chasteaux,

Tours et cresteaux de Bourgoigne et d'Austrice

(v. 32) Sont eclairiez de leur clarté fort rice"

Texte fourni par Madame Céline Van Hoorebeeck

Dans ses chroniques, Jean Molinet écrit au sujet de François de Busleyden : François de Busleyden, digne archevsque de Besançon, lequel en son tempsz avoit esté maistre d’escole de mondit seigneur l’archiduc. Par ses merites et vertus, il avoit eubt grans honneurs et gros benefices, tellement qu’il estoit en train de recepvoir le chapeau rouge. Il donnoit adresse en court à toutes gens de quelque estat qu’ilz fussent, puis qu’ilz lui sambloyent dignes d’estre promeus et avanciéz, et fut grandement regreté de ceulx souverainement qui, par son ayde et bonne assistence, estoyent parvenus à chief de leurs désirs. Par se court texte, nous pouvons remarquer l’influence de François de Busleyden et l’on peut légitimement penser que certaines personnes lui étaient redevable de leur promotion. 

X Conclusion

En conclusion, Erasme dans sa lettre de février 1504 à Jean Desmarais porte-parole de l'université de Louvain, le remerciait pour ses suggestions pour le Panégyrique. Il lui écrivait cette phrase « Au cours de ma rédaction, tu m'as proposé plus d'une suggestion, entre autres celle-ci dont je me suis emparé avec joie, de faire, du très révérend François de Busleyden, archevêque de Besançon, un homme qu'on ne louera jamais assez, une mention élogieuse qui dans la mesure où je le puis, protégé sa mémoire contre l'oubli et la poussière. ». J'espère que mon exposé aura permis de faire sortir François de Busleyden de l'oubli et de la poussière de l'Histoire.

Les sources : cliquez ici

Galerie de photos

Textes plus détaillés de mes différentes hypothèses :

1. Hypothèses du vitrail de la Vierge de la collégiale d'Anderlecht : cliquez ici

2. Hypothèses de la peinture du chanoine présenté par Saint Jérôme : cliquez ici

3. Hypothèses au sujet du missel de la Bibliothèque Municipale de Besançon ( MS.77) : cliquez ici

4. Hypothèses au sujet du vitrail de Bramley, Grande-Bretagne : cliquez ici

5. Hypothèses au sujet de l'orfèvre qui a réalisé le calice d'Uden : cliquez ici

6. Hypothèse au sujet de la tapisserie de Notre-Dame du Sablon : cliquez ici

7. L'affaire Édouard Trottin : cliquez ici

Autres recherches

François de Busleyden et la condamnation du nominalisme à l'Université de Paris en mars 1473: cliquez ici

Michel François de Lille, Père Dominicain et confesseur de Philippe le Beau et à ce titre évêque de Silivri: cliquez ici

Liste des chanoines de la collégiale des Saints Pierre et Guidon à Anderlecht : cliquez ici

Liste des chanoines forains de la collégiale Sainte-Waudru de Mons : cliquez ici

François de Busleyden et la musique : cliquez ici

Le Grand Conseil en 1496 : cliquez ici

Les finance en 1496 : cliquez ici

La Chapelle de Philippe le Beau en 1493 : cliquez ici

La Chapelle de Philippe le Beau en 1496 : cliquez ici

Archives du Vatican au sujet de François de Busleyden : cliquez ici

Liste des pensionnaires de l'hôtel de Philippe le Beau : cliquez ici

Les Maîtres des requètes en 1501 : cliquez ici

La Grande Chapelle en 1501 : cliquez ici

Les ecclésiastiques à Blois en décembre 1501 lors du séjour de Philippe le Beau auprès du roi de France, Louis XII : cliquez ici

Les doyens, chantres et chanoines à Saint Donatien élus sous François de Busleyden : cliquez ici

Evènements au sujet des chanoines de Saint Lambert durant la prévôté de François de Busleyden : cliquez ici

L'organisation de la cathédrale Saint Lambert de Liège durant la prévôté de François de Busleyden : cliquez ici

Liste des chanoines de Saint Lambert élus durant la prévôté de François de Busleyden : cliquez ici

Archives du Vatican au sujet de François de Busleyden : cliquez ici

François de Busleyden et Saint Pons de Thomières : cliquez ici

Philippe le Beau, sa cour et François de Busleyden en Val de Loire en 1501 : cliquez ici

Itinéraire de Philippe le Beau, sa cour et François de Busleyden durant le premier voyage en Espagne : cliquez ici

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© Samuël Lucas Mis sur la toile le 01 janvier 2007