Le karaté est basé sur des techniques de percussion utilisant l'ensemble des armes naturelles du corps (doigts, mains ouvertes et fermées, avants bras, pieds, tibias, coudes, genoux, tête, épaules...) en vue de bloquer les attaques adverses et/ou d'attaquer. Les techniques regroupent des parades, des esquives, des balayages, des projections et de clés. Des nuances de contenus techniques sont relativement marquées en fonction du style (shotokan, uechi ryu, wado ryu, shito ryu, goju ryu…).
Pour acquérir la maîtrise de ces techniques en combat, l'enseignement comporte trois domaines d'étude complémentaires : le kihon, les kata et le kumite.

A son époque, le monastère de Shaolin acquit la réputation de former les plus redoutables guerriers de Chine grâce à l’association d’un entraînement intense, physique et psychologique, ce qui représente véritablement les fondements des arts martiaux.
L’enseignement de ces techniques a été et est toujours secret. Sa
diffusion a été possible lors de l’invasion du temple de Shaolin qui a
forcé les moines à fuir dans toute la Chine et donc à diffuser ces
techniques. De nos jours, beaucoup de styles se disent toujours
d’inspiration de Shaolin …
Bodhidarma qui est le 28ème descendant de Bouddha et fondateur du Chan
… diffusa le bouddhisme en Chine. Le "Chan" est la traduction du Zen en
chinois…
Pour comprendre la naissance des arts martiaux, il faut garder à l’esprit que tout s’est fait constamment sur base d’échanges avec la Chine, en mélangeant de manière permanente les exercices physiques et la philosophie.

Il n’y a pas de trace écrite de la transmission de ces techniques à Okinawa qui est considéré comme le berceau du karaté tel qu'il est pratiqué aujourd’hui. Mais ce dont on est sûr c’est que ces techniques ont été apportées par les Chinois qui se sont installés sur l’île d’Okinawa.
Pourquoi est-ce que le karaté s’est développé sans armes ? En 1409, le roi Sho Hashi a unifié les territoires d’Okinawa et interdit la possession et l’usage des armes par crainte des révoltes populaires. 200 ans plus tard, soit en 1609, les armes ont à nouveau été confisquées par le gouvernement japonais. Cette interdiction a contraint les habitants à développer un mode de combat afin de pouvoir repousser les envahisseurs "à mains nues".
Pour ces raisons, les habitants d’Okinawa ont adapté les méthodes de combat chinoises reprises sous le nom de Okinawa-Te en développant des techniques de combat à mains nues (sans armes). Te signifiant "mains", Okinawa-Te signifiait donc les techniques de combat à mains nues d’Okinawa.

Deux grands courants sont apparus liés aux deux principales villes
d'Okinawa : Shuri (--> shuri-te) et Naha (--> naha-te). Un
troisième courant (--> tomari-te) s'est également développé,
combinant certaines techniques des 2 précédents, s'expliquant en partie
du fait de la situation géographique de sa ville d'origine, Tomari,
située entre Shuri et Naha.
Entre le XVIIIe et le XXe siècle, du fait que la pratique de cet art était interdite par l'occupant japonais, les cours avaient lieu en secret, de nuit dans des jardins fermés.
C'est Maître Funakoshi qui introduisit le karaté en 1922 sur l'archipel nippon en réalisant une démonstration devant l'empereur du Japon. Il est considéré aujourd'hui comme le père du karaté moderne.

Ce fût Chojun Miyagi, le père fondateur du Goju-ryu, qui se présenta le premier l'examen officiel de Maître Bushido devant les autorités du Dai Nippon Butokukai, organisme d'Etat japonais créé dans le but de contrôler tous les arts martiaux du pays. C'était la première fois qu'un Maître de karaté faisait cette démarche. Il obtint le titre de Kyoshi, le plus haut titre qui sera jamais donné à l'époque à un Maître de Karaté présentant cet examen. Grâce à lui, cet art martial faisait, en 1935, sa véritable entrée dans le Budo japonais.
Le développement des techniques du karaté et leur enseignement s'est fait aussi grâce à des maîtres tels que Sokon Matsumura (1809-1901) et Anko Itosu (1832-1916). Ce dernier a véritablement développé une véritable pédagogie du karaté Shotokan-ryu, créant les 5 premiers kata de base (Eian shodan, Eian nidan, Eian sandan, Eian yodan, Eian godan), à partir d'un kata d'origine, très long : kosokun dai (ou kushanku dai ou encore, kanku dai en japonais).
L’idéogramme utilisé pour écrire le mot "Kara" signifie "ce qui vient de l’étranger et plus particulièrement de la Chine", ce qui pourrait se traduire par "les arts chinois de la main".
En 1932, un nouveau style de karaté est apparu. Pour faire la distinction entre ce nouveau style de karaté et l’ancien "chinois", les Japonais ont décidé de prendre un idéogramme qui se prononçait de la même façon (Kara) mais signifiant "le Vide" pour donner finalement le nom que l’on utilise aujourd’hui à savoir "l’art des mains vides", l’art du combat à mains nues, sans armes...
